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mardi 16 juin 2026

Mauvaise pioche de Gérard Jugnot (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Tout débute en 2011 lorsque sont retrouvés sous la terrasse de leur demeure, Agnès Dupont de Ligonnès, sa fille Anne, ses trois fils Arthur, Thomas et Benoït ainsi que le chien de la famille. Quant au père, Xavier ? Il disparaît, tout simplement, après avoir été filmé pour la dernière fois dans le Var quelques jours plus tard. L'homme s'est-il suicidé ? Est-il l'auteur du quintuple homicide ? Toujours est-il que pour la police, il demeure encore aujourd'hui comme le principal suspect... Si la mini-série télévisée de Pierre Aknine Un homme ordinaire reste l'adaptation du fait-divers la plus fidèle, certains longs-métrages cinématographiques font étonnamment penser à l'affaire. À commencer par Paul Sanchez est revenu ! de Patricia Mazuy en 2018. Sur un ton déjà nettement plus cynique, la comédie noire de Christophe Meurisse Les Pistolets en plastique fait elle aussi référence à cette même affaire. Dernier film en date à s'inspirer du quintuple homicide et à la disparition du principal suspect, Mauvaise Pioche de Gérard Jugnot l'aborde par contre sur un ton beaucoup plus léger... Sorti le 1er Avril dernier sur les écrans français, le long-métrage met en scène le réalisateur lui-même, célèbre pour avoir partagé durant un certain nombre d'années la même existence professionnelle et privée que les autres membres de la troupe du Splendid. Une carrière d'acteur qui s'est rapidement transformée pour devenir celle, multi-tâches, d'un cinéaste complet. Entre production, réalisation, écriture et interprétation. Se plaçant ainsi pour la première fois derrière la caméra en 1984 avec Pinot simple flic et signant ponctuellement de petites pépites à l'image de Une époque formidable en 1991 et Monsieur Batignole en 2002... Offrant en contrepartie de ses diverses apparitions dans Babysitting, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon et Alibi.com 2 de Philippe Lacheau l'opportunité à celui-ci d'apparaître dans son dernier long-métrage dans le rôle du Capitaine de police Grégory Vassilian, Gérard Jugnot réunit autour de lui une importante équipe d'interprètes de toutes générations. Si Josiane Balasko n'apparaît que lors d'une très courte mais drôlatique séquence s'amusant de l'usage des filtres dont sont friands les consommateurs de selfies et de réseaux sociaux, Thierry Lhermitte porte les traits du maire de Mimet et du Président de l'association des Amis de Napoléon à laquelle appartient justement Serge Martin qu'incarne donc Gérard Jugnot... 

 

S'apprêtant à prendre l'avion à l'aéroport de Gènes pour retourner en France, celui-ci est arrêté par les douaniers qui le confondent rapidement avec Durant de Solilesse. Un homme dont la famille a été assassinée et qui depuis a disparu. Certains éléments laissent à penser que ce dernier se cache désormais sous les traits et le nom de Serge Martin. En France, Le Commissaire Taillade (Jean-Pierre Darroussin) rêve de boucler cette affaire insolvable qu'il traite depuis des années avant de prendre sa retraite. C'est pourquoi il envoie le Capitaine Grégory Vassilian chercher le suspect à son arrivée en France. Lâchant l'information auprès de l'ambitieuse journaliste Léa Paoli (Reem Kherici) avec laquelle il espère dîner, le flic provoque une véritable tornade autour de Serge Martin... Si Mauvaise Pioche n'est clairement pas la comédie de l'année et sans doute encore moins la meilleure qu'ait conçu Gérard Jugnot ainsi que ses deux scénaristes Frédéric Hazan et Serge Lamadie, le film n'en est pas moins relativement divertissant. Aidé par une distribution qui voit donc apparaître à l'écran Zabou Breitman dans le rôle de l'amoureuse transite de notre héros, la propriétaire du café de Mimet prénommée Michèle, Philippe Duquesne, en client de l'établissement vissé au zinc, François Bureloup, dans le rôle de Maxence, le meilleur ami de Serge, l'acteur/Personnage sera plus tard en contact avec de nouveaux protagonistes. Tels François Morel dans le rôle de Jean, un co-détenu avec lequel il partagera la même cellule de prison ou bien Laurent Gamelon qui dans cette comédie interprète de son côté un gardien de prison... Mauvaise Pioche est l'occasion pour Gérard Jugnot d'établir toute une liste de défaillances propres à notre société. Où un innocent est malencontreusement confondu avec un assassin. Allant même jusqu'à aller en prison pour avoir accidentellement blessé un policier (en l'occurrence, le Capitaine Grégory Vassilian). Détaillant ainsi, de manière volontairement légère, la vie en taule. S'ensuit le traitement d'une certaines partie des habitants du village dont est originaire notre héros et qui malgré son innocence restent persuadés qu'il n'est pas tout blanc. Méchamment arriviste, la journaliste Léa Paoli ''informe'' les spectateurs au dépit du bon sens, sans le moindre scrupule et sur la base de ''preuves'' pas toujours très convaincantes... Et au beau milieu de ce tohu-bohu, Serge, que certains soutiennent, à l'image d'une Zabou Breitman que l'on a tellement pris l'habitude de découvrir ces dernières années sous des apparences froides que son personnage paraît ici peu vraisemblable. Bref, une comédie sympa, qui cherche parfois sans doute un peu trop à ressembler aux œuvres de la Bande à Fifi mais qui reste finalement plaisante à regarder... une fois...

 

mardi 4 juillet 2017

Boucles Temporelles dans les Séries Télévisées II



Pour ce second article consacré aux boucles temporelle, c'est au tour de l'épisode quatre de la quatrième saison de la série policière française Cherif (du nom de son personnage principal interprété par l'acteur algérien Abdelhafid Metalsi) d'être mis en avant. Une série qui à l'origine n'a pas pour vocation de proposer des intrigues mâtinées de fantastique mais qui à l'occasion de son trente-deuxième épisode nommé La Mort de Kader Cherif va tourner autour du sujet qui nous intéresse ici. Une boucle temporelle mettant en scène le commissaire Cherif au cœur d'une enquête qui n'aura rien de commun avec celles qu'il a pour habitude d'élucider. Comme dans toute bonne histoire tournant autour de ce curieux phénomène, l'événement se produit parce que le héros lui-même y est directement confronté. Qu'il s'agisse d'une expérience scientfico-militaire qui tourne mal (comme dans l'épisode Déja-Vu de la série Au-Delà du Réel, l'aventure Continue), d'une action devant mener le héros à sauver l'un de ses proches (comme nous le verrons dans un prochain article consacré à l'épisode Un Journal sans Fin de l'excellente série américaine Demain à la Une), ou comme ici parce que lui-même est en danger, la boucle temporelle semble étroitement liée à ses personnages.
L'une des particularités de cet épisode est le rapport entre le héros et cette vieille femme qui traverse l'écran à diverses reprises et que l'on reconnaît immédiatement comme étant liée aux événements qui vont avoir lieu durant cette interminable journée durant laquelle le commissaire Cherif va revivre sans cesse les mêmes événements. Autre point commun entre cet épisode et le phénomène de la boucle temporelle abordé ailleurs au cinéma et à la télévision, le fameux paradoxe temporel définissant la problématique du voyage dans le temps. Puisqu'à partir du moment où le plus petit acte est commis dans l'intention de modifier les événements à venir (ici, sauver sa propre peau ainsi que celles de deux autres individus), on constate une nouvelle fois que ceux-ci ne font que dévier un destin de toute manière immuable. Du moins sur le papier puisqu'on s'en doute, la fin tragique qui renvoie perpétuellement le héros à revivre sans cesse la même journée trouvera une fin heureuse.
Du point de vue de la mise en scène et de l'interprétation, La Mort de Kader Cherif demeure irréprochable. Un Abdelhafid Metalsi et une Carole Bianic parfaits et des seconds rôles impeccables (Francis Renaud et Guilaine Londez). Un hommage appuyé à l'excellent Un Jour sans Fin (le réveil en musique) et des changements de ton parfois radicaux entre l'humour un peu lourdingue du brigadier-chef Joël Baudemont (l'excellent François Bureloup) et le face à face entre le commissaire Cherif et l'individu tentant de se suicider. Le seul petit regret que l'on pourrait émettre est l'absence de points de vue différents lors de la reprise des événements. on appréciera tout de même l'écriture intelligente de cet épisode qui parvient à rendre crédible l'hypothèse selon laquelle il serait possible d'imaginer pouvoir manipuler ce destin que certain considèrent immuable. le réalisateur s'amuse à jouer avec les différents éléments mis en place durant le véritable parcours du combattant auquel se livre le héros de cette série. Il y place en effet divers éléments que le commissaire Cherif s'emploiera à modifier afin d'atteindre le but réel de cette aventure: que cette journée puisse enfin s'accomplir pleinement et que le jour d'après ne soit plus un éternel recommencement. Mission réussie pour La Mort de Kader Cherif. Nous verrons dans le prochain article que déjà bien avant Cherif, certaine séries s'étaient employées à faire de leur épisode consacré à une boucle temporelle, un spectacle hautement addictif...
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