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mardi 16 mars 2021

Looker de Michael Crichton (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Quel rapport peut-il y avoir entre Halloween 3: Season of the Witch de Tommy Lee Wallace (1982), Videodrome de David Cronenberg (1983), They Live de John Carpenter (1988) et Looker de Michael Crichton (1981) ? Dans le premier, des masques vendus aux enfants sont équipés de puces prévues pour réagir à une publicité diffusée la nuit d'Halloween. Leur créateur Conal Cochran ayant pour but de tuer les enfants ainsi que tous ceux qui sont à proximité. Dans le second, le théoricien des médias Brian O’Blivion veut asservir l'humanité grâce à l'emploi d'ondes électromagnétiques par l'entremise de Transmissions hertziennes. Dans le troisième, la présence d'une civilisation extraterrestre sur le sol américain est dissimulée grâce à l'utilisation d'un signal émis par une antenne de télévision. Et enfin, dans le dernier, il s'agit ni plus ni moins pour le directeur de l'entreprise de recherche Digital Matrix spécialisée dans l'étude des mécanismes de la perception, que de manipuler les masses à travers l'hypnose et divers spots télévisés. On l'aura compris, le point commun entre ces quelques exemples, c'est la télévision. Cet objet de la vie courante qui s'est installé chez nous et qui grâce à la diffusion d'un courant électrique ou d'une onde (et désormais grâce à Internet) permet de suivre nombre de programmes. Des plus stupides aux plus divertissants ou culturels...


Écrivain, réalisateur et scénariste américain mort à seulement soixante-six ans, on doit à Michael Crichton quelques bijoux de la littérature et du septième art notamment consacrés à la science-fiction. On lui doit en effet les romans The Andromeda Strain en 1969, L'Homme terminal en 1972, Sphère en 1987 ou Timeline en 1999. Côté cinéma, outre les scénarios de Jurassic Park de Steven Spielberg en 1993 ou celui de Twister Jan de Bont en 1996, Michael Crichton est lui-même passé derrière la caméra à plusieurs reprises (Mondwest en 1973, Morts Suspectes en 1978, etc...) et notamment en 1981 avec Looker tiré de son propre scénario. Dans ce long-métrage étonnant, il y décrit d'une certaine manière et de façon visionnaire, ce qui attend l'humanité quelques décennies plus tard. Celle des réseaux sociaux et des médias qui plus que jamais, manipulent la pensée. Mais à l'époque, pas d'Internet. Michael Crichton conçoit la chose à travers le média le plus couramment utilisé en ce temps là : la télévision. Dans le rôle principal, l'acteur Albert Finney qui la même années (nous sommes alors en 1981), brillera dans l'excellent film d'épouvante Wolfen de Michael Wadleigh. Ces deux œuvres se rapprochent d'ailleurs sensiblement dans leur concept d'enquête menées d'un côté dans un univers de science-fiction et de l'autre dans un cadre horrifique...


Looker oppose un chirurgien enquêtant sur la mort de trois de ses anciennes patientes et par extension, sur une drôle d'entreprise à laquelle avaient justement collaboré les trois femmes en question. Face à lui, l'acteur James Coburn dans le rôle de John Reston, le patron de Digital Matrix. Si aujourd'hui les effets-spéciaux ont pris un sérieux coup de vieux, il n'est pas déraisonnable de lui trouver un certain charme désuet. Car malgré ce menu défaut, Michael Crichton, comme à son habitude, parvient à maintenir l'intérêt grâce à l'enquête menée par le principal protagoniste. Si Looker ne déborde pas d'action, le réalisateur sait à quel moment faire intervenir les rebondissements pour que l'on ne s'ennuie pas. Looker mérite d'être redécouvert et surtout pas d'être méprisé comme il le fut à l'époque de sa sortie. Il sera surtout l'occasion de constater à quel point le réalisateur avait une vision éclairée de l'avenir...

 

mercredi 21 mars 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (8)

Comme promis, je vous propose un article (pas tout à fait) entièrement consacré à la lycanthropie. Aux Loups-garous. A ces grosses bêtes à poils qui lors des nuits de pleine Lune hurlent et dévorent ceux qui ont le malheur de croiser leur route. Le premier long-métrage dont j'aimerais parler est Le Loup-garou de Londres. L'un des meilleurs dans sa catégorie et sans aucun doute, l'un des plus célèbres également. Réalisé par le cinéaste américain John Landis, réalisateur éclectique, auteur de The Blues Brothers, Un Fauteuil pour Deux, Série Noire pour une Nuit Blanche ou encore Cheeseburger Film Sandwich. Si An American Werewolf in London est si réputé, c'est avant tout parce qu'il eut l'insigne honneur de présenter ce qui allait demeurer jusqu'à présent, comme la plus belle transformation d'un homme en loup-garou. Un travail remarquable que l'on doit à l'un des plus grands spécialistes en matière d'effets-spéciaux de maquillage, le new-yorkais Rick Baker. Une scène de quelques minutes seulement mais qui fait définitivement partie de la légende. Une épreuve physique que le spectateur pourra tout autant que la victime de cette malédiction, ressentir dans sa propre chair. Mains, pieds, torse, oreilles, visages, le corps tout entier de l'acteur David Naughton sera recouvert de latex pour les besoins de cette impressionnante transformation. L'ouvrage de Rick Baker marquera tellement les esprits qu'il recevra l'Oscar des meilleurs maquillages en 1982 ainsi qu'un prix similaire à l''Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur la même année. Anecdote intéressante : c'est en découvrant le film et la fameuse scène de transformation que le chanteur pop Michael Jackson eut l'idée d'engager John Landis à la réalisation de son clip Thriller. On ne sera d'ailleurs pas étonnés d'apprendre que le maquilleur participa lui-même à la conception des nombreux maquillages parsemant ce clip vidéo anthologique.
Outre l'excellent casting, Le Loup-garou de Londres propose une intrigue simple, ponctuée de moments horrifiques très marquants (le passage dans les landes ou celui situé dans le métro londonien) à d'autres davantage versés dans l'humour. A ce titre, le film peut se targuer d'accumuler des ruptures de ton étonnants et dont l'un des points culminants demeure lorsqu'àprès avoir massacré six personnes au hasard sous sa forme monstrueuse, David fuit le zoo où il s'est réveillé entièrement nu. On passe donc de l'angoisse au rire et ce, grâce à la mise en scène intelligente de John Landis qui ne sacrifie jamais un courant au profit d'un autre. Malgré la différence séparant ces deux genres, il demeure une certaine homogénéité dans la succession de scènes. Outre la transformation, il demeure un autre effet redoutablement efficace se situant dans le personnage incarné par l'acteur Griffin Dunne ( le galérien noctambule de After Hours de Martin Scorsese, c'est lui), lequel, zombifié après avoir perdu la vie au début du film, erre tel un mort-vivant se décomposant à mesure que son personnage apparaît à l'écran. Le Loup-garou de Londres est une excellente réussie qui malgré ses trente-sept ans n'accuse pas son âge. Tout au plus pourrons-nous lui reprocher un manque de rythme lors du passage un 'poil' trop long se déroulant au chevet de David mais à part cela, le film de John Landis est parmi les deux ou trois meilleurs films de loups-garous de toute l'histoire du cinéma fantastique. A découvrir donc pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore. A noter qu'une suite infâme fut réalisée longtemps après par le cinéaste britannique Anthony Waller. Une production franco-britannico-américano-néerlando-luxembourgoise, rien que cela, ce qui n'empêcha pas Le Loup-garou de Paris d'être incroyablement mauvais. A croire que les loups-garous n'étaient pas encore en mesure de s'adapter au climat parisien... ❤❤❤❤❤❤❤💔💔💔

Wolfen quant à lui est un long-métrage un peu à part dans la filmographie consacrée à la lycanthropie puisque davantage que des loups-garous, le récit tourne autour d'une bande de loups s'attaquant aux habitants de New-York, de jour, comme de nuit. À la différence du mythique individu se transformant en animal lors des nuits de pleine Lune, le film propose une relecture laissant supposer que l'on est face à un ou plusieurs individus atteints d'une malédiction proche de celle du Loup-garou de Londres ou de Hurlements. Si dans la forme, Wolfen mêle policier, horreur et fantastique, dans le fond, il s'agit surtout pour le cinéaste Michael Wadleigh de dresser le portrait d'une Amérique colonisée par l'homme blanc. Une terre appartenant autrefois aux amérindiens, lesquels sont désormais symbolisés à travers les créatures qui hantent la ville et vengent l'extermination de leur ancêtres par le sang. Celui de l'homme blanc. L'acte d'expropriation est ici matérialisé à travers des immeubles effondrés, détruits pour qu'y surgisse à la place, de nouveaux ensembles au profit de l'unique homme blanc. Les indiens d'Amérique ayant été déchus de leur biens n'ont plus désormais que leurs coutumes et l'alcool auxquels se raccrocher. Ridiculisé, l'homme blanc génère finalement à lui seul les soupçons tournant autour de l'identité du ou des tueurs. Dewey Wilson (l'acteur Albert Finney) enquête auprès de de la psychologue Rebecca Neff (Diane Venora) sur une série de meurtres dont furent les premières victimes un promoteur immobilier et son épouse. Entre rationalisation des événements et coutumes indiennes ancestrales, Wolfen hésite jusqu'au bout à livrer les clés du mystère. Filmé à la première personne, l'agresseur qui devient par la même occasion invisible aux yeux du spectateur est hypothétiquement décrit comme un loup lors de l'autopsie de l'une des victimes sur laquelle ont été retrouvés des poils. Adapté du roman de Whitley Strieber, The Wolfen, le film de Michael Wadleigh est une intéressante parabole sur le sort accordé aux indiens d'Amérique mais n'oublie pas d'y injecter dans son intrigue, une bonne dose de séquences horrifiques particulièrement convaincantes.
En effet, les scènes gore ne manquent pas, entre membres arrachés et décapitations. En grande partie tourné dans des lieux sinistrés de la ville de New York, une partie de celle-ci a de plus été fermée au public durant le tournage lorsque pour les besoins de l'intrigue, plusieurs loups y ont été lâchés. Parfois mystique, souvent angoissant, jamais ennuyeux, Wolfen livre un message d'humanité sur l'identité et le déracinement. Un classique du genre à redécouvrir d'urgence...❤❤❤❤❤❤❤💔💔💔

Pour terminer, on passe à tout à fait autre chose avec Serial Lover du cinéaste français James Huth. Rien qu'à l’énoncé du titre, on se doute déjà du contenu de ce qui se révèle être une comédie à la tête de laquelle on retrouve l'humoriste et actrice Michèle Laroque. Entourée d'une belle brochette d'acteurs français, elle incarne le rôle de Claire Doste, Directrice des Editions Dangereuses, un peu triste à l'idée de fêter ses trente-cinq ans alors qu'elle n'a pas encore choisi celui de ses ex amants qui partagera sa vie. C'est pour quoi un soir, la jeune femme invite à dîner Charles, Chichi, Hakim et Sacha, les anciens amants en question parmi lesquels se trouve sûrement le futur homme de sa vie. Mais alors que la soirée a débuté depuis un moment, l'un des convives meurt, tué accidentellement par Claire dans la cuisine. Après avoir caché le corps dans le réfrigérateur, Claire doit non seulement composer avec les trois autres mais doit se montrer méfiante car les inspecteurs Cellier et Helgen fouillent au même moment tous les appartements de l'immeuble à la recherche de deux cambrioleurs...
Serial Lover laisse une très étrange impression. Entre le sentiment de s'être fait arnaquer et celui d'avoir passé un moment totalement déjanté en compagnie d'une horde de seconds rôles sympathique, le spectateur a le choix de classer le film James Huth dans le registre du nanar ou de la comédie macabre assumant sa 'Zéditude'. Décors typiques des années quatre-vingt à base de néons et de meubles façon 'Ikea' et comportements étranges de la part de certains interprètes, nul doute que l'on est en présence d'un Objet Filmique Non Identifié. Si la première partie est poussive et donne envie de fuir une œuvre que l'on aura un peu trop tôt fait de considérer comme une niaiserie mal scénarisée, mal dirigée, mais aussi, mal interprétée et lorsque les morts commencent à s'enchaîner et que Michèle Laroque se doit d'assurer malgré la présence inattendue de dizaines d'invités surprises et des très collants inspecteurs incarnés par Albert Dupontel et Didier Bénureau, le film prend une tournure plus sympathique. Au hasard, on retrouve les acteurs Michel Vuillermoz, Zinedine Soualmen, Isabelle Nanty (totalement barrée), ou encore les membres de la troupe des Robins des Bois au complet. Au final, une comédie très, très, très légère mais qui met de bonne humeur. Toutefois, mieux vaut ne pas en abuser...❤❤❤❤❤💔💔💔💔💔
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