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mardi 27 juin 2017

S-F Années 50: War of the Satellites de Roger Corman (1958) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Pour les membres du programme spatial des Nations-Unies, c'est l'incompréhension. C'est la dixième fois qu'un satellite est envoyé dans l'espace et qu'il explose sans aucune explication. Alors que le concepteur du projet, le Docteur Pol Van Ponder est cette fois-ci bien décidé à embarqué dans le prochain vol, l'un des représentants de l'ONU, Jason Ibn Akad, met tout en œuvre pour que cesse le projet connu sous le nom Sigma. Comme pour étayer les propos de ce dernier, un étrange objet venu des étoiles tombe sur le sol américain. Une sorte de sonde sur laquelle et inscrit un message en latin à l'attention des humains et qui indique très précisément que si l'homme ne cesse de vouloir envoyer des satellites afin d'explorer l'univers, ceux-ci seront irrémédiablement détruits comme les précédents.
Une nuit, Pol Van Ponder reçoit un coup de téléphone de l'un de ses proches lui conseillant de se rendre aussitôt à une réunion de l'ONU où est débattu la continuité ou l'abandon du projet. Malheureusement pour lui, Van Ponder meurt dans un accident de voiture. Lors de la réunion, le virulent Jason Ibn Akad est interrompu dans son discours et tout le monde apprend avec stupeur la disparition du chef du projet Sigma. C'est alors que réapparaît Van Ponder. Contrairement à ce que viennent d'apprendre les membres de l'ONU, l'homme est bien vivant et toujours décidé à monter à bord de la future navette aux côtés de son ami Dave Boyer et de Sybil Carrington qui voue une adoration au Docteur Van Ponder...

Producteur de plus de quatre-cent longs-métrages et réalisateur d'une cinquantaine de films, Roger Corman fut l'un des grands maîtres de la série B fauchée américaine. Surtout spécialisé dans les films d'horreur à petits budgets, il n'en est pas à son coup d'essai en matière de science-fiction lorsqu'il réalise en 1958 le film War of the Satellites puisque trois ans plus tôt il tourna Day the World Ended puis l'année suivante It Conquered the World. Réalisé deux ans après l'excellent Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel, War of the Satellites aborde déjà l'épineux sujet de l'existence et des méfaits de l'humanité sur son propre sol. Une maladie qui selon les extraterrestres du film doit être interdit de toute forme d'exploration spatiale. Un message d'avertissement qui sera fort logiquement et officiellement perçu comme un canular par le principal protagoniste dont l'arrêt du projet Sigma est évidemment inconcevable malgré une preuve tangible sur les origines extraterrestres de l'objet écrasé sur Terre : la sonde sur laquelle est gravé le message en latin (langue qui laisse supposer que tout ceci n'est qu'une vague fumisterie organisée sur Terre et visant l'arrêt de toute exploration spatiale) semble en effet avoir été façonnée à l'aide d'un métal inconnu sur notre planète.

Si le sujet est passionnant et l'exploration spatiale prometteuse, le résultat lui, est assez navrant. Le budget minimaliste expliquant sans doute cela, on est pas étonnés de découvrir une suite d'événements assez tristes. Dès lors que le satellite à bord duquel Van Ponder, Dave Boyer et de Sybil Carrington sont montés à bord a quitté le sol terrestre, le film tourne en rond et devient très vite ennuyeux. Roger Corman reprend l'un des aspects les plus intéressants du Invasion of the Body Snatchers de Don Siegel. Son principal protagoniste ne semble en effet pas être celui auquel croit son entourage. De même que les spectateurs qui apprennent très vite que le Van Ponder embarqué à bord de la navette n'est pas celui auquel on pense. Il n'y a donc en définitive aucun mystère entourant le personnage que l'on comprend très vite appartenir à l'espèce extraterrestre ayant tenté de convaincre l'humanité de cesser toute exploration spatiale.
Malgré une idée de départ fort intéressante, Roger Corman exploite peu le filon qui se profile devant lui et fait du scénario écrit à six mains par Jack Rabin, Irving Block et Lawrence L. Goldman, une petite production sans envergure...

mercredi 1 février 2017

Piranhas de Joe Dante (1978) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après le succès phénoménal rencontré par Steven Spielberg en 1975 avec Les Dents de la Mer, le cinéaste américain a fait des émules. Et notamment Joe Dante, qui sur un scénario écrit par John Sayles a réalisé trois ans plus tard Piranhas. Cette fois-ci, plus de requin blanc géant traquant ses proies aux abords de la plage d'Amity (ville fictive créée pour l'occasion), mais une nuée de piranhas mutants dont la particularité est de pouvoir nager dans des eaux aussi bien salées que douces. Une jeune femme, Maggie McKeown enquête sur la disparition de deux jeunes gens en compagnie d'un certain Paul Grogan quand, par erreur, ils relâchent un banc de poissons carnivores enfermés jusque là dans un bac immergé dont les eaux étaient retenues par un barrage.

Une fois libérés, les piranhas s'attaquent à tout ce qu'ils croisent. En descendant le fleuve, ils s'approchent dangereusement d'un camp de vacances auquel participe la propre fille de Paul, mais également d'une station balnéaire qui vient d'ouvrir ses portes. Cette dernière est le lieux de festivités et grouille de monde. Cependant, malgré les avertissement de Paul et Maggie, le responsable Buck Gardner décide de laisser les convives s'amuser dans l'eau. Jusqu'à ce que le pire arrive...

Oubliez tout de suite le remake réalisé en 2010 par le cinéaste français Alexandre Aja et replongez-vous plutôt dans l'ambiance des années soixante-dix avec ce troisième long-métrage de Joe Dante, cinéaste qui n'a eu de cette d'enchanter les salles obscures et le grand public grâce à des œuvres devenues depuis, de petits classiques : Hurlements en 1981 (qui demeure l'un des deux meilleurs films sur la lycanthropie), Gremlins en 1984 et sa suite six ans plus tard, ou bien encore L'Aventure Intérieure en 1987 qui n'est autre que le remake du Voyage fantastique de Richard Fleischer réalisé en 1966.

Piranhas a certes pris un coup de vieux mais demeure encore aujourd'hui une honnête production horrifique. Ce qui peut surprendre encore plus que tout le reste se situe au niveau des scènes d'attaque, pour l'époque, particulièrement violente, Joe Dante n'hésitant pas à donner en patûre aux poissons carnivores, des enfants. Et pas qu'un peu. La plupart des effets sont simplistes. De gros bouillons sanglants, des poissons agités de manière frénétique et de terribles cris de souffrance. Il n'en faut pas plus pour que l'effet recherché fonctionne. On regrettera que les quelques effets vraiment gore ne nous soient exhibés que trop brièvement (la tête partiellement dévorée), mais à part cela, le film maintient un bon rythme.

On retrouve parmi les interprète l'actrice britannique Barbara Steele, plus connue pour sa participation à un certain cinéma gothique italien dans les années soixante, Heather Menzies qui fut entre autre Jessica 6 dans la série culte américaine L'Âge de Cristal, ou bien l'acteur Dick Miller qui joua dans bon nombre d’œuvres réalisées par Joe Dante, le cinéaste ayant apparemment l'habitude de fidéliser ses interprètes. Un film qui n'avait vraiment pas besoin d'un remake, et sans doute encore moins d'une suite, titrée Piranha 2 - Les Tueurs volants, et réalisée à l'époque par un « petit nouveau » du nom de James Cameron. Malgré son âge (qu'il accuse sous certains aspects), Piranhas premier du nom demeure l'un des meilleurs films de sa catégorie, et ce, presque quarante ans après sa sortie...

mercredi 18 janvier 2017

La Quatrième Dimension de John Landis, Steven Spielberg, Joe Dante et George Miller (1983) ★★★★★★☆☆☆☆



La Quatrième Dimension est sans doute la série télévisée américaine de science-fiction la plus célèbre et probablement parmi les meilleures de toute l'histoire de la télévision mondiale. Diffusée pour la première fois entre le 2 octobre 1959 et le 19 juin 1964 sur le réseau CBS, elle est constituée de 138 épisodes de 25 minutes et 18 épisodes de 50. En 1985, trois cinéastes américains et un réalisateur australien décident de s'unir afin de transposer sur les écrans de cinéma, quatre épisodes de la série, le film débutant par un prologue réalisé par John Landis, le réalisateur du Loup-Garou de Londres.

C'est lui-même qui ensuite transpose à l'écran La Grandeur du pardon qui, contrairement à sa version, se situait lors de sa réalisation par Buzz Kulik en 1961, le 6 août 1945 dans l'archipel des Philippines. Cette fois-ci, pas d'officier désireux d'envoyer sa section massacrer des japonais retranchés dans une grotte mais un homme qui ne supporte pas l'idée qu'un autre aie bénéficié d'une promotion qu'il espérait obtenir. Propos racistes envers les noirs, les asiatiques, et les juifs, le voilà projeté durant la seconde guerre mondiale, en terrain occupé par l'allemand et confondu avec l'un de ces derniers. Pourchassé, blessé, il se retrouve ensuite aux mains des membres du Ku Klux Klan qui tentent de le pendre, le prenant pour un noir. Puis c'est dans les rizières du Vietnam qu'il est projeté, l'armée américaine passant par là le prenant à son tour pour l'ennemi. Puis, retour au temps des nazis où il est transféré dans un camp en partance pour les camps. John Landis réalise une section qui aurait sans doute mérité d'être un peu plus étoffée mais qui ne laisse déjà plus aucun doute sur le message véhiculé.

Le second segment est l’œuvre du cinéaste Steven Spielberg. Sans doute le plus faible d'entre tous et d'une manière générale, le plus ennuyeux. Un sketch dégoulinant de bons sentiments à l'attention des familles. Adapté de l'épisode Jeux d'Enfants réalisé par le cinéaste Lamont Johnson en 1962, ce segment ne vaut en réalité que pour la présence de l'excellent acteur noir Scatman Crothers qui joua le rôle de Dick Halloran dans l'adaptation de Shining de Stephen King par l'immense Stanley Kubrick. Se situant dans une maison de retraite, le rythme qui nous est infligé reflète finalement assez bien toute la tristesse du temps qui passe dans cette institution où chaque patient n'a rien de mieux à faire que d'attendre la mort. Un sentiment que l'on partage tant l'ennuie que l'on ressent devant ce segment est pesant.

C'est ensuite au tour de Joe Dante de s'amuser à adapter un épisode de la série originale. Contrairement à Steven Spielberg qui ne s'est contenté que de proposer un portage couleur de l'épisode qu'il a adapté, Joe Dante, lui, a réinventé le sujet de C'est une Belle Vie pour en faire un segment cartoonesque étrange et plutôt réussi. Alors que le gamin de l'épisode réalisé en 1961 par le cinéaste James Sheldon était tout à fait détestable, celui de Dante demeure sympathique malgré l'emprise qu'il a sur ses proches. Lui-même détenteur d'un pouvoir le rendant capable de donner vie à tout ce qui lui passe par la tête, il vit auprès de ses deux sœurs (dont l'une n'a plus de bouche), de ses parents et d'un oncle, dans une demeure à l'architecture totalement délirante que n'aurait pas renié le Lewis Carroll des Aventures d'Alice au pays des merveilles. On notera pour l'époque d'excellents effets-spéciaux permettant au cinéaste de donner vie à des personnages de dessins-animés. Une très belle réussite.

Quatrième et dernier segment réalisé cette fois-ci non pas par un cinéaste américain mais par le célèbre australien George miller (au hasard, les quatre Mad Max et Les Sorcières d'Eastwick), l'adaptation de l'épisode Cauchemar à 20 000 pieds réalisé en 1963 par le cinéaste Richard Donner est une belle réussite. Et ce, grâce à l'interprétation du génial John Lithgow. A bord d'un avion, un homme angoissé découvre que sur l'aile gauche de l'engin une créature tente de détruite les moteurs. Bien évidemment, personne n'est prêt à le croire. Le segment de George Miller est similaire à l'épisode original. John Lithgow campe merveilleusement bien ce passager perdant pied, jusque dans les derniers instants, lors de l'atterrissage, et révélant la réalité des événement s'étant produits durant le vol...

Dans l'ensemble, si la version cinéma de La Quatrième Dimension est plutôt réussie, elle n'atteint tout de même pas la qualité de la série originale mais demeure tout de même généralement un bel effort...

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