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vendredi 17 mai 2019

The Food of the Gods de Bert I. Gordon (1976) - ★★★★★☆☆☆☆☆



On aurait pu croire le cinéaste Bert I. Gordon définitivement perdu dans les affres du navet depuis la sortie de son infâme Village of the Giants, et pourtant, l'auteur du réussi Earth vs. The Spider en 1958 semblait encore capable de soubresauts. Pour ne rien changer à l'affaire et aborder une énième fois le thème de l'animal géant, l'américain s'inspirait une seconde fois de l'ouvrage de l'écrivain H. G. Wells, La Nourriture des dieux après s'en être très librement inspiré pour Village of the Giants, détail que j'avais oublié de préciser dans l'article qui lui était consacré. En même temps, on s'en fiche un peu, non ? Vu que le film était vraiment merdique ! The Food of the Gods (moins poétiquement traduit chez nous sous le titre Soudain... les monstres) demeure probablement le film le plus connu de son auteur. Du moins, l'un de ceux qui se laissent encore regarder sans une totale indifférence (ce qui n'est pas le cas du putride, je vous laisse deviner... Village of the Giants).

Pour fêter dignement cette nouvelle adaptation du roman de l'écrivain britannique, Bert I. Gordon convie quelques visages bien connus du cinéma américain et britannique à participer à ce projet pas tout à fait définitif ni testamentaire puisque l'année suivante, il en remettra une couche supplémentaire avec Empire of the Ants. Ne vous attendez pas à y voir circuler des méga-stars, plutôt des petites vedettes de la télévision et du cinéma. Ida Lupino qui à deux occasions fut l'un des personnages secondaires de deux épisodes de la fameuse série policière Columbo (Accident en 1972 et Le Chant du Cygne deux ans plus tard). La britannique Pamela Franklin qui interpréta notamment la voyante hystérique de The Legend of Hell House de John Hough (elle joua également dans Necromancy, déjà réalisé par Bert I. Gordon en 1972). Et puis, dans le rôle principal, l'acteur américain Marjoe Gortner dont le visage ne nous est pas inconnu puisqu'il incarna un sinistre individu dans Earthquake de Mark Robson en 1974 et tint le rôle de Akton dans Scontri Stellari oltre la Terza Dimensione du cinéaste italien Luigi Cozzi.

Fauché comme les blés, The Food of the Gods n'est cependant pas le gros navet qu'il aurait pu devenir, surtout à la suite de l'immonde Village of the Giants. Preuve que le cinéaste jouait au yoyo d'un point de vue qualitatif et qu'après un très mauvais film, il était capable de se ressaisir et signer une honorable série B. Contrairement à Village of the Giants dont l'intrigue faisait suite à l'invention d''un petit génie de la chimie, ici, la substance ingérée, au hasard par des guêpes, des poulets et plus encore, des rats, semble provenir d'une origine inconnue et semble même pourquoi pas être directement offert par Dame Nature. Maquettes, incrustations de créatures terrestres dont la taille est revue à la hausse, The Food of the Gods ne lésine pas sur les effets-spéciaux même si dans l'ensemble, on sent bien qu'aucune amélioration n'a été apportée depuis le Earth vs. The Spider de 1958. Assez pesant durant la première moitié (comprendre, chiant), Bert I. Gordon s'en donne à cœur joie lors de la seconde au centre de laquelle les rats géants envahissent littéralement l'écran. Si l'incrustation des rats n'est pas la plus ridicule, celle des guêpes en revanche, est pitoyable. La couleur n'apporte absolument rien au genre, et même, bien au contraire, elle exhibe très clairement les problèmes de raccord entre les décors, les personnages et les créatures qu'ils sont censés combattre. Si The Food of the Gods est le film le plus connu de son auteur, il n'en est pas pour autant le meilleur. Dans l'ensemble, un film relativement décevant...

mercredi 1 février 2017

Piranhas de Joe Dante (1978) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après le succès phénoménal rencontré par Steven Spielberg en 1975 avec Les Dents de la Mer, le cinéaste américain a fait des émules. Et notamment Joe Dante, qui sur un scénario écrit par John Sayles a réalisé trois ans plus tard Piranhas. Cette fois-ci, plus de requin blanc géant traquant ses proies aux abords de la plage d'Amity (ville fictive créée pour l'occasion), mais une nuée de piranhas mutants dont la particularité est de pouvoir nager dans des eaux aussi bien salées que douces. Une jeune femme, Maggie McKeown enquête sur la disparition de deux jeunes gens en compagnie d'un certain Paul Grogan quand, par erreur, ils relâchent un banc de poissons carnivores enfermés jusque là dans un bac immergé dont les eaux étaient retenues par un barrage.

Une fois libérés, les piranhas s'attaquent à tout ce qu'ils croisent. En descendant le fleuve, ils s'approchent dangereusement d'un camp de vacances auquel participe la propre fille de Paul, mais également d'une station balnéaire qui vient d'ouvrir ses portes. Cette dernière est le lieux de festivités et grouille de monde. Cependant, malgré les avertissement de Paul et Maggie, le responsable Buck Gardner décide de laisser les convives s'amuser dans l'eau. Jusqu'à ce que le pire arrive...

Oubliez tout de suite le remake réalisé en 2010 par le cinéaste français Alexandre Aja et replongez-vous plutôt dans l'ambiance des années soixante-dix avec ce troisième long-métrage de Joe Dante, cinéaste qui n'a eu de cette d'enchanter les salles obscures et le grand public grâce à des œuvres devenues depuis, de petits classiques : Hurlements en 1981 (qui demeure l'un des deux meilleurs films sur la lycanthropie), Gremlins en 1984 et sa suite six ans plus tard, ou bien encore L'Aventure Intérieure en 1987 qui n'est autre que le remake du Voyage fantastique de Richard Fleischer réalisé en 1966.

Piranhas a certes pris un coup de vieux mais demeure encore aujourd'hui une honnête production horrifique. Ce qui peut surprendre encore plus que tout le reste se situe au niveau des scènes d'attaque, pour l'époque, particulièrement violente, Joe Dante n'hésitant pas à donner en patûre aux poissons carnivores, des enfants. Et pas qu'un peu. La plupart des effets sont simplistes. De gros bouillons sanglants, des poissons agités de manière frénétique et de terribles cris de souffrance. Il n'en faut pas plus pour que l'effet recherché fonctionne. On regrettera que les quelques effets vraiment gore ne nous soient exhibés que trop brièvement (la tête partiellement dévorée), mais à part cela, le film maintient un bon rythme.

On retrouve parmi les interprète l'actrice britannique Barbara Steele, plus connue pour sa participation à un certain cinéma gothique italien dans les années soixante, Heather Menzies qui fut entre autre Jessica 6 dans la série culte américaine L'Âge de Cristal, ou bien l'acteur Dick Miller qui joua dans bon nombre d’œuvres réalisées par Joe Dante, le cinéaste ayant apparemment l'habitude de fidéliser ses interprètes. Un film qui n'avait vraiment pas besoin d'un remake, et sans doute encore moins d'une suite, titrée Piranha 2 - Les Tueurs volants, et réalisée à l'époque par un « petit nouveau » du nom de James Cameron. Malgré son âge (qu'il accuse sous certains aspects), Piranhas premier du nom demeure l'un des meilleurs films de sa catégorie, et ce, presque quarante ans après sa sortie...
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