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lundi 30 décembre 2024

Lust of the Dust de Paul Bartel (1985) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À l'origine, la mise en scène du sixième long-métrage de Paul Martel devait être confiée au réalisateur américain John Waters. L'un des grands pontes du cinéma trash des années soixante-dix, auteur de Mondo Trasho, de Pink Flamingos, de Female Trouble ou encore de Desperate Living, lequel s'assagit quelques peu les décennies suivantes et refusa donc de mettre lui-même en scène Lust of the Dust, invoquant le fait qu'il n'était pas l'auteur du script. Son écriture ayant donc été confiée au scénariste Philip John Taylor. Paul Martel se retrouve alors aux commandes de cette parodie ''musicale'' de western. Mais que ceux qui n'apprécient guère que des chansons viennent pervertir le récit se rassurent. Celles-ci ne sont qu'au nombre de trois ou quatre et s'avèrent relativement courtes. L'essentiel est donc ailleurs. Dans ce ton très léger imprimé par des dialogues souvent absurdes et parfois crus qui auraient parfaitement collé au style de John Waters. Au départ, le Chili Verde est le nom donné à une tomate cultivée à l'origine aux États-Unis par le producteur Tom Wagner. Il s'agit ensuite de celui donné à une recette mexicaine à base de porc effiloché, de coriandre, de sauce Salsa Verde et de piment connu sous le nom de Jalapeños. Mais dans le cas de Lust of the Dust, il s'agit avant tout d'un petit coin perdu du Mexique où vont être réunis des protagonistes dont l'ambition première sera de mettre la main sur un trésor caché depuis des décennies. Tout commence par la rencontre entre Rosie Velez et Abel Wood. Alors que la première marche dans le désert, à l'agonie, le second lui vient en aide in-extremis. L'un et l'autre font route ensemble vers Chili Verde. Muet, l'on ne connaît pas encore les motivations d'Abel. Quant à elle, Rosie espère y trouver un emploi de chanteuse afin de gagner sa vie. Lorsque le duo débarque en ville, il n'y a pas âme qui vive. Dans le saloon tenu par Marguerita Ventura (Lainie Kazan), ils sont accueillis par Big Ed (Nedra Volz), une toute petite femme qui rêve de pouvoir un jour quitter les lieux pour une vie meilleure. Les habitants du village arrivent alors et parmi eux, Bernado (Henry Silva). Un cow-boy qui prend très rapidement Abel en grippe. Plus tard, c'est au tour de Hard Case Williams (Geoffrey Lewis) de débarquer avec ses hommes. Tout ce petit monde n'a qu'un seul objectif : mettre la main sur le fameux trésor, quitte à ce que chacun d'entre eux élimine la concurrence... Sachant que le film devait à l'origine être réalisé par John Waters, Lust of the Dust devait au départ réunir deux des interprètes iconiques de l'univers particulièrement trash du cinéaste originaire de Baltimore.


Le rôle de Big Ed confié à l'actrice Nedra Volz devait revenir à Edith Massey dont l'essentiel de la carrière tourna autour de différents projets tous mis en scène par son mentor. Mais son décès survenu le 24 octobre 1984 à l'âge de soixante-six ans changea la donne. C'est ainsi qu'elle fut donc remplacée par Nedra Volz qui incarne ici une serveuse de bar finalement très convaincante. L'autre icône du cinéma de John Waters reste bien évidemment Harris Glenn Milstead, plus connu sous le nom de Divine. Une célébrissime drag-queen, chanteuse et surtout actrice d'un nombre important d’œuvres réalisées par John Waters. Dont un certain Polyester dans lequel elle (ou il, c'est selon votre bonne volonté) interprétait cinq ans avant la sortie de Lust of the Dust, le rôle de Francine Fishpaw, mère d'un fils fétichiste, d'une fille extravertie et épouse d'un mari adultère et pornographe dans une comédie, la toute première projetée sur grand écran en Odorama. Le mari en question était à l'époque incarné par l'acteur Tab Hunter. Celui-là même qui incarne dans le cas présent le rôle d'Abel Wood. L'occasion pour les deux interprètes de se retrouver devant la caméra pour la seconde fois de leur carrière. En comparaison des budgets dont il bénéficiait généralement, Paul Bartel pu compter sur une enveloppe de deux millions et demi de dollars. Permettant ainsi au réalisateur de faire construire un décor propre au Far West et de réunir quelques jolies têtes d'affiche comme Henry Silva ou Geoffrey Lewis. Cette chasse au trésor irrévérencieuse à laquelle l'américain convie ses personnages et par la même occasion les spectateurs est un sympathique défouloir où certains codes du genre sont respectés. Comme le lieu de l'action, entre désert, bled paumé, l'inévitable saloon et ses bagarres à coups de chaises dans le dos, sable soulevé par le vent, les poursuites à cheval, les affrontements entre cow-boys, les fusillades, Tab Hunter incarnant carrément un ersatz de Clint Eastwood à l'époque où ce dernier incarnait l'homme sans nom des excellent western-spaghettis signés du réalisateur italien, Sergio Leone. Bref, si Lust of the Dust reste techniquement très modeste, le plaisir est là. Et c'est bien là l'essentiel...

 

lundi 16 décembre 2024

Scenes from the Class Struggle in Beverly Hills de Paul Bartel (1989) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour son avant-dernier long-métrage cinématographique, le réalisateur, scénariste, acteur et producteur américain Paul Bartel s'est ''dangereusement'' approché de l'univers trash et décalé propre à son compatriote John Waters dont certaines œuvres signées dans les années quatre-vingt, quatre-vingt dix et 2000 ont frayé avec la classe américaine dite respectable (Polyester en 1981, Serial Mother en 1994). Du moins en apparence puisque de ces univers aseptisés, couleurs bonbons et bigots, l'un comme l'autre en ont fait le terrain de jeu d'études sur le comportement humain. Scenes from the Class Struggle in Beverly Hills (ou, Scènes de la lutte des classes à Beverly Hills), Paul Bartel dresse le portrait hétéroclite d'une famille aisée, ainsi que des compagnes (compagnons) et des employés qui partagent leur existence. Un panel de personnalités allant de la veuve au couple divorcé, en passant par leur progéniture et les domestiques. Comme des animaux en cage réunis le temps d'un week-end exposant leurs travers cachés sous les apparences de l'aisance financière, Clare, Lisabeth, Howard, Peter, sa fiancée To-Bel et les enfants Zandra et Willie vont être réunis pour une sarabande de sexe où les amants et les amours se retrouveront interchangeables. Avec Scenes from the Class Struggle in Beverly Hills, Paul Bartel s'amuse à décortiquer le quotidien et les préoccupations de chacun de ces nantis. Sans oublier de développer chacun des caractères même s'il doit souvent sacrifier le réalisme au profit de la caricature. Clare Lipkin (Jacqueline Bisset) vient de perdre son époux Sidney (Paul Mazursky) dans de bien curieuses conditions. Ce qui n'empêche pas le fantôme de ce dernier d'apparaître à l'image à deux ou trois occasions. Cette jolie blonde de trente-cinq ans qui suit des cures d'amaigrissement dans l'établissement tenu par le Docteur Mo Van De Kamp (incarné au compte-goutte par Paul Bartel lui-même) est une ancienne star de Sitcom qui espère bientôt retrouver les plateaux de télévision. Elle accueille chez elle sa voisine et meilleure amie Lisabeth Hepburn-Saravian (Mary Sharkey) dont l'ex-mari Howard (Wallace Shawn) a préféré se séparer pour une autre poule avant qu'il ne se décide à réapparaître justement ce week-end là, la queue entre les jambes. Vient ensuite Peter (Ed Begley Jr.), le frère de Lisabeth, au bras duquel débarque sa nouvelle petite amie To-Bel (Arnetia Walker) qu'il ne connaît que depuis quelques jours.


Du côté des enfants, le casting est déjà beaucoup plus aride puisque seuls Rebecca Schaeffer et Barret Oliver apparaissent respectivement à l'image dans les rôles respectifs de Zandra Lipkin et Willie Saravian. Puis viennent les employés incarnés par Ray Sharkey, Robert Beltran et Edith Diaz. Les deux hommes incarnent Frank et Juan. Le premier est aux services de Lisabeth et le second à ceux de Clare. Alors que Juan est menacé par un gangster de finir accroché au par-choc de sa voiture s'il ne rembourse pas sa dette de cinq-mille dollars au plus tard le lundi qui vient, Frank lui offre gracieusement la somme en question... mais lui demande en contrepartie d'accepter un pari. L'un et l'autre devra séduire l'employeuse respective à l'issue de quoi le vainqueur.... enfin, vous découvrirez ceci par vous-même. Sans égaler les grandes comédies de mœurs américaines des années quatre-vingt ou même l’irrévérence propre au cinéma de John Waters, Scenes from the Class Struggle in Beverly Hills assure malgré tout le spectacle. Les femmes sont superbes et certains interprètes masculins délicieusement aux abois. Une comédie faussement érotique puisque la nudité s'arrête à quelques plans de la poitrine appartenant à Mary Sharkey. Si l'objectif de Paul Bartel était de choquer son public, le film est, de ce point de vue là, raté. On est loin ici des petits budgets qui s'élevaient à cinq-cent mille dollars puisque Scenes from the Class Struggle in Beverly Hills bénéficia de la coquette somme de trois millions de dollars et demi. De quoi s'offrir un décor digne de cette famille peu encline à respecter l'ordre établi par chacun des couples qui en font l'institution. Ici, tout le monde couche avec tout le monde. Quel que soit l'âge et même, parfois, quel que soit le sexe ! Si le long-métrage se veut subversif, l’irrévérence semble avoir malheureusement beaucoup de mal à pousser la porte d'entrée pour s'y vautrer. Sympa, sans plus...

 

dimanche 15 décembre 2024

Private Parts de Paul Bartel (1972) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Véritable cinéaste culte, le réalisateur, scénariste, acteur et producteur américain Paul Bartel fut l'auteur de quelques œuvres cinématographiques devenues au fil des décennies de véritables mythes pour les cinéphiles. La course à la mort de l'an 2000 en 1975 auquel son grand ami Roger Corman offrit une suite tardive en 2017 en produisant La course à la mort de l'an 2050 de G.J. Echternkamp. Cannonball ! en 1976, dont la thématique sera reprise par trois fois à travers L'équipée du Cannonball de Hal Needham en 1981 ainsi que dans ses deux séquelles. Ou encore, l'absurde et néanmoins cultissime Eating Raoul en 1982. Mais remontons un peu dans le temps jusqu'en 1972. Année qui voit surgir sur grand écran le premier long-métrage d'un cinéaste hors-norme et qui malgré des moyens financiers rudimentaires parviendra à monter des projets très intéressants parmi lesquels l'on trouve donc Private Parts. Un drôle de film se déroulant très majoritairement entre les murs d'un hôtel tenu par une vieille dame du nom de Martha Atwood (Lucille Benson). Une propriétaire qui accueille plutôt froidement sa nièce Cheryl Stratton (Ayn Ruymen) descendue en ville pour quelques jours après avoir volé le portefeuille de son ancien colocataire. Le King Edward Hotel a pour habitude d'accueillir d'étranges clients. L'on y trouve son ancienne propriétaire, une vielle femme sénile qui passe son temps à chercher une certaine Alice et à nettoyer son dentier. Un révérend pédéraste du nom de Moon (Laurie Main) ou encore un photographe prénommé George (John Ventantonio) et qui n'est autre que le fils de Martha. Contre mauvaise fortune bon cœur, celle-ci accepte finalement d'abriter sa nièce dans l'une des chambres de cet hôtel plutôt sordide à une condition: que Cheryl ne se promène surtout pas dans les couloirs lorsque vient la nuit. Et l'on comprend rapidement pour quelle raison. George semble être effectivement atteint de troubles psychiatriques et son comportement ne serait pas étranger à la disparition d'Alice, cette jeune femme qui a disparu très peu de temps auparavant. Quant à elle, Cheryl aimerait qu'on la considère comme une femme et non plus comme une enfant. En apprenant que la chambre mitoyenne à la sienne abrite son cousin, elle se montre de plus en plus curieuse et pressente et contre l'avis de sa tante, la jeune femme décide de passer outre ses recommandations...


S'il est tout d'abord difficile de définir dans quel registre s'inscrit Private Parts, certains éléments du récit laissent entendre que l'on entre de plain-pied dans un univers où le cynisme prend une place prépondérante. Comme nous allons le découvrir et donc le comprendre assez rapidement et tout au long de l'histoire, le premier long-métrage de Paul Bartel, Private Parts devait à l'origine être financé à hauteur de soixante-cinq mille dollars mais devant l'engouement du producteur Gene Corman qui n'était autre que le jeune frère de Roger Corman, le long-métrage bénéficiera finalement d'une somme plus importante. Écrit par les scénaristes Philip Kearney et Les Rendelstein, le film fut à l'origine envisagé par son auteur comme un pur film d'horreur avant qu'en plein tournage, Paul Bartel ne se décide à lui donner un ton humoristique. Il s'agit donc ici d'une comédie horrifique très spéciale où l'on perçoit très clairement les diverses aspirations du cinéaste qui signe donc une œuvre gigogne. Passant ainsi d'une scène de décapitation à des séquences totalement absurdes comme lors de ce final où la police observe une attitude totalement détachée face à la découverte de deux cadavres ! Principalement incarné par la très jolie Ayn Ruymen qui débutait ici sa carrière, Private Parts évoque l'étrange émancipation d'une jeune femme au contact d'un psychopathe dont les étranges motivations ne seront concevables qu'une fois la révélation concernant l'identité de genre de George nous sera révélée. Le film est l'occasion de suivre des personnages plus barrés les uns que les autres. Entre Martha qui élève un rat comme s'il s'agissait d'un chien ou d'un chat, les locataires de l'hôtel qui tous adoptent une drôle d'attitude, un George complètement dément, un révérend pervers et même, une Cheryl dont on ne sait jamais si l'on doit la considérer comme une jeune femme ayant trop tôt quitté le monde de l'enfance ou s'il s'agit d'une véritable salope au vu des ''sacrifices'' qu'elle consent à adopter vis à vis de son cousin. Un poil de nudité (la séquence de la douche), de sang (la décapitation), de mystère (mais qui peut se cacher derrière le visage de George) mais surtout, une énorme rasade de dérision pour un premier film qui vient immédiatement rejoindre le statut de film mythique aux côtés des œuvres à venir de Paul Bartel que beaucoup de cinéphiles tiendront comme autant de longs-métrages cultes !

 

lundi 14 novembre 2022

Cannonball de Paul Bartel (1976) - ★★★★★☆☆☆☆☆




Le Cannonball fut à l'origine une course de voitures tout à fait illégale qui consistait pour les pilotes à traverser le continent nord-américain d'est en ouest dans les années soixante-dix. C'est sur ce postulat que démarre le film éponyme que réalisa le cinéaste et acteur américain Paul Bartel en 1976, soit un an après avoir déjà mis en scène une course de bolides avec La course à la mort de l'an 2000. Mais ici, il abandonne le côté post-apocalyptique et met en scène une compétition lors de laquelle des pilotes chevronnés vont devoir traverser les États-Unis le plus rapidement possible. Et ceci, en employant tous les moyens, légaux ou non ! Paul Bartel retrouve dans le rôle principal de Coy « Cannonball » Buckman l'acteur David Carradine qu'il avait déjà dirigé l'année précédente. Mais alors que le propos de La course à la mort de l'an 2000 ne servait que de prétexte pour étaler à l'image des séquences proprement hallucinantes (dont d'innocentes victimes de la course qui étaient volontairement écrasées par les concurrents), le scénario de Cannonball semble avoir été vidé de toute substance puisqu'il ne se résume qu'à la course elle-même. Oh, le film évoque bien la concurrence qui existe entre le personnage principal et son rival Cade Redman (l'acteur Bill McKinney) et présente des personnages secondaires souvent extravagants mais au fond, quel intérêt peut-il y avoir à assister à cette course dont la violence ne sera disséminée qu'au compte-goutte ? Outre les deux hommes, l'on découvre que sont en compétition trois jeunes et jolies serveuses à bord d'une camionnette, le pilote d'origine allemande Wolfe Messer (l'acteur James Keach), lequel est un brin nostalgique de la Seconde Guerre Mondiale même si aucun oripeau ne vient confirmer certains de ses propos, deux jeunes adultes, amoureux et installés à bord du véhicule paternel de la demoiselle ou encore l'afro-américain Beutell (Stanley Bennett Clay), lequel est affligé dans le doublage français d'un fort accent africain tandis que l'une des trois serveuses l'affuble du surnom de ''Blanche Neige''...


Autant dire qu'il souffle sur Cannonball un vent de liberté qui n'existe plus. Les commissions et réseaux ''populaires'' sont aujourd'hui tels que tout propos devient désormais le sujet ''d'études préliminaires'' afin de savoir s'il est acceptable ou non de les prononcer ! Le ton du long-métrage est léger. Du moins, jusqu'à un certain point car même si la plupart des séquences prêtent à sourire (comme ce jeune guitariste accompagné de sa ''maman'' à bord de l'un des véhicules, persuadés tout deux de son talent de compositeur et d'interprète), le film prend un virage à trois-cent soixante degrés à un quart-d'heure de sa conclusion avec son impressionnant et très sanglant carambolage. Paul Bartel semble en outre prendre beaucoup de plaisir à dessiner les contours d'une autorité policière pas très finaude. Entre les deux motards qui se laissent séduire par les trois serveuses avant d'être abandonnés à leur triste sort sur le bas côté de la route et un troisième représentant de la loi qui plus tard se fera avoir dans des conditions différentes mais tout aussi humiliantes, le réalisateur se complaît dans l'avilissement de l'uniforme ! Si les véhicules s'entrechoquent, si les sorties de route ne sont pas rares, si les filles sont jolies et si les habitants des régions visitées sont montrés comme des ploucs, le long-métrage montre malheureusement très rapidement ses limites. La course a beau traverser l'Amérique du nord de part en part, les paysages parcourus se ressemblent malheureusement tous. Il est à noter qu'à partir de 1981 fut lancée la réalisation d'une trilogie portant sur le même sujet bien qu'elle n'ait pas d'autre lien direct avec le long-métrage de Paul Bartel. Le réalisateur Hal Needham réalisa en 1981 et 1984 L'Équipée du Cannonball et Cannonball 2 (Cannonball Run 1 et 2) tandis que Jim Drake se chargera de la mise en scène de Cannonball 3 (également connu sous le titre original Speed Zone!) cinq ans plus tard...

samedi 12 novembre 2022

La Course à la mort de l'an 2000 de Paul Bartel (1975) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Mettons de côté tout ce qui a été réalisé jusque là et remontons jusque dans les années soixante-dix et quatre-vingt pour y découvrir que les sports furent parfois le théâtre de quelques longs-métrages d'anticipation devenus parfois cultes. La mode des sports extrêmes où la mort rôde sur le chemin des athlètes semble avoir connu un engouement dès l'année 1975 puisqu'au beau milieu des seventies les spectateurs virent éclore quelques pellicules particulièrement gratinées. Rollerball de Norman Jewison, Les gladiateurs de l'an 3000 conjointement réalisé par Allan Arkush , Nicholas Niciphor et Roger Corman et puis, bien évidemment, l'improbable La Course à la mort de l'an 2000 de Paul Bartel. La décennie suivante ne sera pas en reste puisque les États-Unis et la France exploiteront à quelques années d'intervalle, des types de jeux télévisés étonnamment similaires. Outre-atlantique sera réalisé Running Man sous la houlette de Paul Michael Glazer (le célèbre flic brun et frisé de la série Starsky et Hutch) et dans l'hexagone, Le Prix du danger sous celle du réalisateur français Yves Boisset... Mais revenons en 1975 avec La Course à la mort de l'an 2000 de Paul Bartel sorti sur le territoire américain sous le titre Death Race. Une œuvre au contenu invraisemblable. Du moins, de nos jours puisque l'on aurait du mal à imaginer que certains aspects du scénario puissent être mis en pratique alors que la bienséance est désormais de mise. Imaginez donc un long-métrage dans lequel une course de voiture constituée de cinq bolides permettrai aux pilotes d'engranger des points chaque fois qu'il écraseraient un piéton. Pour corser le propos et le rendre encore plus provocateur, femmes, enfants et vieillards rapporteraient beaucoup plus de points que d'écraser des hommes. Et là, vous vous dites : nooooon ! Ils n'oseraient tout de même pas filmer la mort de celles et ceux dont la préservation est moralement prioritaire à celle des individus de sexe masculin ? Et bien si, très chers lecteurs. Et dans le genre, le film de Paul Bartel met la barre très haut. Du moins, pour l'époque puisque les corps s'embrochent sur des piquets, se font rouler dessus et autres joyeusetés. Tout ceci dans la bonne humeur de commentateurs jubilant chaque fois que l'un des pilotes ôte la vie d'un badaud !


Pour son second long-métrage après la comédie horrifique Private Parts signée trois ans auparavant, le réalisateur originaire de New York se paie le luxe d'un casting trois étoiles puisque les deux principaux représentants de cette course à la mort située dans un futur dystopique ne sont rien moins que Sylvester Stallone qui l'année suivante connaîtra un succès mondial en incarnant le plus célèbre boxeur de l'histoire du cinéma ainsi que David Carradine qui entre 1972 et cette année 1975 fut la vedette de la série Kung-Fu. Et s'il en demeure certains qui se posent la question qui de la boxe ou de cet art martial l'emporte, la réponse se trouve justement dans La Course à la mort de l'an 2000 puisque les deux hommes s'y affronteront. Bon, il est vrai que de parler de Kung-fu est un brin exagéré puisque l'un et l'autre des deux hommes useront tout d'abord de leurs poings mais face à Kwai Chang Caine dit ''Petit Scarabée'', Rocky Balboa ne fera pas le poids et se retrouvera au tapis. Preuve aussi qu'une musculature développée n'est pas le signe d'une supériorité physique. Mais passons. C'était il y a plus de trente ans et dans mon souvenir, le long-métrage de Paul Bartel était demeuré comme une œuvre parfaitement jouissive. Non pas que de voir d'innocentes victimes était réjouissant (quoique!) mais par sa folie, son énergie (le film est en effet essentiellement constituée de séquences mettant en scène les bolides) et certains détails proprement hallucinants (le véhicule arborant une croix gammée, l'engouement du public, les infirmières volant dans les airs au contact des pare-chocs etc...), le film se montrait particulièrement créatif et provocateur. Mais ça, c'était il y a bien longtemps. Car si le message moral (car message il y a) laissé derrière lui évoque les dérives de notre société et des prises de conscience qui au final s'avéreront justes, le scénario est plutôt faiblard...


Voire même souvent inexistant. À contrario, il est amusant de redécouvrir aujourd'hui La Course à la mort de l'an 2000 puisque d'une certaine manière, la pratique consistant à écraser et tuer de pauvres innocent fait désormais partie de notre quotidien. Là où les motos ont remplacé les bolides lors de rodéos urbains et là où la presse a remplacé les show télévisés et les arènes de plein air, le prix à remporter n'est évidemment pas le même. C'est qu'il faut garder un minimum de morale, tout de même. Du moins, jusqu'au jour où de tels crimes ne seront punis que par quelques réprimandes (hein ? Quoi ? C'est déjà le cas ? Ou ? En France ? Merde alors !!!) et non plus par de la prison ! De nos jours, redécouvrir le film de Paul Bartel aura sans doute très légèrement moins d'effets que de se goinfrer de mousse au chocolat pour se retrouver au final avec une bonne grosse crise de foie. Pas déplaisant à revoir mais plutôt (et surtout) très décevant. Le film a beau être culte, il faut surtout l'avoir connu à l'époque de sa sortie ou du moins dans la décennie qui suivit sa projection en salle car de nos jours, la folie s'étant emparée des hommes, peu seront les spectateurs qui feront la grimace devant le propos du film. Si d'un côté La Course à la mort de l'an 2000 semble être à proprement parler visionnaire, il a en revanche assez mal vieilli. Par le passé, un monument provocateur mais aujourd'hui, un objet passablement désuet...

 

mercredi 26 janvier 2022

Amis Publics de Pascal Bourdiaux (2015) - ★★★★★☆☆☆☆☆




Fut une époque où nous eûmes Louis de Funès, Bourvil, Fernandel et Pierre Richard même si ce dernier se fait plus rare qu'à une certaine époque bénie où la comédie française avait un sens. Aujourd'hui, nous avons Kev Adams. On ne citera pas Michael Youn qui à plutôt réussi à se refaire une santé dans des productions au ton qui en général diffèrent très nettement du monceau de conneries post-Morning Live dont il fut acteur et parfois-même, réalisateur. Concernant Kev Adams, son cas semble déjà nettement plus grave. Il n'y a guère que le public généraliste (et boutonneux) pour y trouver de quoi satisfaire son amour pour l'humour qui tâche à force de sonder dans les puits de l’indigence la plus navrante. Mais dès lors que du généraliste l'on passe au spécialiste, le son de cloche est, allez savoir pourquoi, différent ! Pour celles et ceux qui auraient la mémoire courte et qui par masochisme désireraient que l'on ravive de douloureux souvenirs, rappelons tout de même que le bonhomme a parcouru de long en large des purges telles que Les Nouvelles Aventures d'Aladin en 2015, Alad'2 de Lionel Steketee en 2018, All Inclusive de Fabien Onteniente l'année suivante et tout récemment Haters de Stéphane Marelli. Autant dire que si vous comptez libérer un peu de pression crânienne en vous délestant d'une certaine quantité de neurones (avec, sans doute pour conséquence, un arrêt de travail de plusieurs semaines pour cause de régression mentale), c'est ici que ça se passe. Mais avant de le brûler définitivement sur un bûcher ou de le découper en morceaux avant de disperser chaque pièce en différents endroits de notre planète, il doit bien y avoir un ou deux longs-métrages qui lui permettraient d'échapper à la potence.... non ? Fiston de Pascal Bourdiaux ? Ouais, ça se regarde avec un certain plaisir avant de devenir au bout de quelques mois comme le souvenir incertain d'un ''truc'' que l'on aurait été voir au cinéma sans pour autant en être totalement convaincu ! Et puis, bizarrement, loin de ses expressions hébétées, surgit de nulle part l'affiche et le synopsis de Amis publics d'Édouard Pluvieux... Quand on a un nom pareil, on n'imagine pas autre chose qu'un drame. Au pire une comédie dramatique, mais certainement pas une comédie tout court. Alors, Kev Adams aurait-il réussi, ne fusse que sur une très courte durée, à prendre la même voie que Michael Youn ? Cela avant qu'il ne se recroqueville à nouveau dans ce long dédale en forme de coquille d'escargot où n'est accordée la miséricorde qu'à ceux qui insufflent un peu d'intelligence dans le septième art ?



''- Mon frère va mourir d'un cancer''

''- Merde! C'est grave ?''



Si Amis publics part d'un bon sentiment en évoquant la décision d'un groupe d'amis de faire prendre forme au rêve du frère de l'un d'entre eux dont les jours sont comptés (Ben, qu'interprète Paul Bartel, est en effet atteint d'un cancer), le message s'avère on ne peut plus douteux puisque derrière ce titre se cache cette formule qui sied aux criminels les plus dangereux en la détournant. On pense évidemment à ces ennemis publics qui font les choux gras des médias et qui dans le cas présent est légitimé à travers un braquage de banque. Si tant est que ce dernier soit à l'origine monté de toute pièce, on peut effectivement trouver l'idée quelque peu dérangeante. Encore que traitée sous le mode de l'humour, la chose s'avère déjà beaucoup moins choquante. D'autant plus que la tournure que prennent les événements tente surtout de mettre en avant l'amour et l'amitié d'un jeune adulte et de ses amis pour son jeune frère. Édouard Pluvieux joue sur la corde sensible en y parvenant étonnamment moins que d'autres sujets beaucoup moins graves. Sans être un odieux plaidoyer légitiment la violence, ce rêve absurde sera l'occasion de quelques séquences plutôt amusantes bien que le réalisateur et ses scénaristes John Eledjam, Grégory Boutboul et, oui, Kev Adams lui-même, peinent à rendre véritablement captivant ce faux braquage qui tourne à l'événement national. L'humoriste et acteur abandonne le costume du bouffon et arbore un visage nettement moins détestable que celui auquel il nous avait souvent habitué jusque là. Malheureusement pour Kev Adams, on retiendra d'abord l'interprétation de Paul Bartel et les singeries de leurs comparses. Ce qui pour sa situation ne résout au fond pas grand chose. C'est à se demander si Kev Adams ne serait pas maudit. Sans doute moins à l'aise au premier qu'au second plan, il n'a sans doute jamais été aussi bon que lorsqu'il ne tient pas la vedette (Sac de billes de Christian Duguay). À noter la présence à l'écran de l'acteur Vincent Elbaz...

mercredi 1 février 2017

Piranhas de Joe Dante (1978) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après le succès phénoménal rencontré par Steven Spielberg en 1975 avec Les Dents de la Mer, le cinéaste américain a fait des émules. Et notamment Joe Dante, qui sur un scénario écrit par John Sayles a réalisé trois ans plus tard Piranhas. Cette fois-ci, plus de requin blanc géant traquant ses proies aux abords de la plage d'Amity (ville fictive créée pour l'occasion), mais une nuée de piranhas mutants dont la particularité est de pouvoir nager dans des eaux aussi bien salées que douces. Une jeune femme, Maggie McKeown enquête sur la disparition de deux jeunes gens en compagnie d'un certain Paul Grogan quand, par erreur, ils relâchent un banc de poissons carnivores enfermés jusque là dans un bac immergé dont les eaux étaient retenues par un barrage.

Une fois libérés, les piranhas s'attaquent à tout ce qu'ils croisent. En descendant le fleuve, ils s'approchent dangereusement d'un camp de vacances auquel participe la propre fille de Paul, mais également d'une station balnéaire qui vient d'ouvrir ses portes. Cette dernière est le lieux de festivités et grouille de monde. Cependant, malgré les avertissement de Paul et Maggie, le responsable Buck Gardner décide de laisser les convives s'amuser dans l'eau. Jusqu'à ce que le pire arrive...

Oubliez tout de suite le remake réalisé en 2010 par le cinéaste français Alexandre Aja et replongez-vous plutôt dans l'ambiance des années soixante-dix avec ce troisième long-métrage de Joe Dante, cinéaste qui n'a eu de cette d'enchanter les salles obscures et le grand public grâce à des œuvres devenues depuis, de petits classiques : Hurlements en 1981 (qui demeure l'un des deux meilleurs films sur la lycanthropie), Gremlins en 1984 et sa suite six ans plus tard, ou bien encore L'Aventure Intérieure en 1987 qui n'est autre que le remake du Voyage fantastique de Richard Fleischer réalisé en 1966.

Piranhas a certes pris un coup de vieux mais demeure encore aujourd'hui une honnête production horrifique. Ce qui peut surprendre encore plus que tout le reste se situe au niveau des scènes d'attaque, pour l'époque, particulièrement violente, Joe Dante n'hésitant pas à donner en patûre aux poissons carnivores, des enfants. Et pas qu'un peu. La plupart des effets sont simplistes. De gros bouillons sanglants, des poissons agités de manière frénétique et de terribles cris de souffrance. Il n'en faut pas plus pour que l'effet recherché fonctionne. On regrettera que les quelques effets vraiment gore ne nous soient exhibés que trop brièvement (la tête partiellement dévorée), mais à part cela, le film maintient un bon rythme.

On retrouve parmi les interprète l'actrice britannique Barbara Steele, plus connue pour sa participation à un certain cinéma gothique italien dans les années soixante, Heather Menzies qui fut entre autre Jessica 6 dans la série culte américaine L'Âge de Cristal, ou bien l'acteur Dick Miller qui joua dans bon nombre d’œuvres réalisées par Joe Dante, le cinéaste ayant apparemment l'habitude de fidéliser ses interprètes. Un film qui n'avait vraiment pas besoin d'un remake, et sans doute encore moins d'une suite, titrée Piranha 2 - Les Tueurs volants, et réalisée à l'époque par un « petit nouveau » du nom de James Cameron. Malgré son âge (qu'il accuse sous certains aspects), Piranhas premier du nom demeure l'un des meilleurs films de sa catégorie, et ce, presque quarante ans après sa sortie...

samedi 4 août 2012

Ciné Fast-Food: Eating Raoul de Paul Bartel (1982)

 
Paul et Mary Bland rêvent d'ouvrir un restaurant. Lui vend du vin mais termine au chômage après avoir commandé des bouteilles hors de prix sans en avoir parlé avant à son patron. Quand à Mary, elle est infirmière et n'obtient pas le crédit nécessaire auprès de son banquier. Ce dernier est un véritable obsédé sexuel qui fait des avances à la plantureuse et séduisante jeune femme qui l'éconduit. D'ailleurs, le monde semble fourmiller de pervers. A l'étage de l'immeuble dans lequel vivent Paul et Mary, certains voisins organisent des soirées échangistes. L'un des participants s'égare un jour devant leur porte et s'incruste chez eux avant de sauter sur Mary. Paul s'interpose entre sa femme et l’intrus. Les deux hommes en viennent aux mains mais Mary intervient ensuite en assommant l'échangiste à coup de poêle. Ce dernier meurt et le couple décide de lui faire les poches avant de s'en débarrasser en le jetant par le conduit menant jusqu'aux poubelles du rez de chaussée.


Ne sachant toujours pas comment faire pour se procurer la caution de vingt mille dollars qui leur permettrait d'acquérir leur futur restaurant, Paul et Mary échafaudent un plan qui les aiderait à gagner beaucoup d'argent en un temps record. Après s'être débarrassés d'un second obsédé sexuel le lendemain et dans des conditions identiques, le couple passe une annonce dans un magasine apprécié des amateurs de sexe en tous genres afin d'attirer ces derniers dans un piège. Promettant d'assouvir tous les fantasmes de leurs futures victimes, Paul et Mary n'auront en réalité d'autre objectif que celui de tuer et voler tout ceux qui viendront sonner à leur porte.


Puisqu'il s'agit d'une entreprise particulièrement périlleuse, ils vont faire appel à un serrurier afin de sécuriser leur appartement. En l’occurrence, celui qu'ils contactent se nomme Raoul. S'il paraît tout d'abord sérieux et honnête, il se révèle être en vérité un parfait escroc qui:la nuit s'introduit dans les appartements des clients auxquels il a loué ses services à l'aide d'un double des clés.

Lorsqu'il pénètre dans celui des Bland, il découvre allongé dans la cuisine, la seconde victime de Paul et Mary. Raoul leur propose alors de s'associer à eux, de partager l'argent, et de débarrasser ses nouveaux complices de leurs encombrants cadavres. S'il acceptent, ils ne se doutent pas qu'en plus d'empocher la moitié des gains , Raoul revend les corps à une fabrique d'aliments pour chiens et les voitures victimes à des types peu scrupuleux. 

De plus, ce dernier tombe amoureux de Mary, qui d'abord lui résiste, et décide de se débarrasser de son encombrant rival... 


Tourné dans des conditions particulières, le film de Paul bartel, malgré ses évidents problèmes de budget, se regarde avec un certain plaisir. Mélangeant avec un certain bonheur la comédie et l'horreur (ici suggérée), "Eating Raoul" ravira les amateurs de pellicules indépendantes (au hasard "Basket Case" de Frank Henenlotter, "Pink Flamingos" de John waters ou bien "Welcome To The Dollhouse" de Tod Solondz). La somme de 500 000 dollars représentant le budget total n'ayant pas été réunie en une seule fois, le film fut tourné en peu de jours mais sur une période d'un an, les scènes ayant été réalisées chaque fois que les fonds le leur permettaient. Proche de l'amateurisme, le film dégage tout d'abord une étrange sensation de malaise. Un peu comme lorsque l'on se promène seul dans un pays dont on ne maîtrise pas la langue. Mais Paul bartel et Mary Woronov insufflent tant de conviction dans leur projet que l'on adhère finalement très vite à l'aspect rudimentaire de la mise en scène, des seconds rôles et des décors...
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