Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Guy Montagné. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Guy Montagné. Afficher tous les articles

vendredi 31 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Le retour des Charlots de Jean Sarrus (1992) ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Pris en flagrant délit d'adultère avec sa maîtresse Riquita (Frédérique Lazarini) par sa femme Amalia (Jezabelle Amato), Antionio Pereira (Luis Rego) simule l'amnésie. Désemparée, elle fait appel aux anciens camarades de son époux afin de l'aider à retrouver la mémoire. Jean (Jean Sarrus), Phil (Gérard Filippelli) et Richard (Richard Bonnot) voyagent ainsi jusqu'au Portugal et s'installent dans un hôtel de Lisbonne. Afin d'aider Antonio, ils décident de lui faire revivre divers situations du passé. C'est ainsi qu'ils font appel à l'adjudant Caussade qu'ils ont côtoyé durant leur service militaire. Notons que désormais le personnage est interprété par l'acteur et humoriste français Guy Montagné en lieu et place de Franck-Olivier Bonnet qui dans Le Retour des bidasses en folie de Michel Vocoret en 1983 interprétait le rôle de l'adjudant Cossade et non pas Caussade dont l'orthographe a donc depuis été curieusement modifiée ! Notons ensuite qu'outre le retour de Luis Rego au sein du groupe Les Charlots, la formation musicale et cinématographique ne compte désormais plus que Jean Sarrus et Gérard Filippelli puisque Jean-Guy Fechner est passé à autre chose depuis presque vingt ans tandis que Gérard Rinaldi s'est lui-même tourné vers d'autres projets cinématographiques ET télévisuels. Remplacé par le chanteur, musicien et acteur Richard Bonnot dont la carrière au cinéma se résume à deux films (celui-ci ainsi que La Cible de Pierre Courrège en 1997), ce dernier arrive difficilement à faire oublier le ''séducteur'' et la ''tête pensante'' du groupe... Le retour des Charlots est le dernier long-métrage à avoir mis en scène Les Charlots. Et même ainsi reconstitué, le groupe n'est malheureusement pas parvenu à rehausser le niveau d'une filmographie qui peu à peu est devenue de plus en plus navrante. Une chute qui a véritablement débutée neuf ans auparavant avec Le retour des bidasses en folies en 1983 et qui s'est poursuivie un an plus tard avec Charlots Connections. Le long-métrage est surtout l'occasion pour Jean Sarrus de se placer devant mais aussi derrière la caméra. Réalisateur et scénariste du Retour des Charlots, il n'aura pourtant pas permis à la troupe de finir en beauté et même si Le retour des Charlots n'est pas aussi pathétique que Le retour des bidasses en folies, cette comédie franchouillarde qui demeure pour le coup, magnifiquement anachronique, vise en plein dans le mille dans la catégorie des nanars à la française...


L'amnésie dont est atteint l'un des protagonistes n'est qu'un prétexte pour le réalisateur/acteur/scénariste et ses partenaires d'aligner les gags bas du front. C'est d'autant plus dommage que Jean Sarrus tente d'émouvoir son auditoire en invoquant un certain esprit de camaraderie au centre du thème des retrouvailles. Ce qu'il tente à travers des séquences d'une confondante crétinerie. Lorsque habillés comme des bébés, comme des rugbymen ou encore comme des bidasses Jean, Phil et Richard débarquent en trombe accompagnés de l'adjudant Caussade, on tombe des nues devant tant de bêtise immature. D'autant plus qu'il faut faire un effort surhumain pour ne serait-ce qu'esquisser le moindre sourire. Il est loin le temps des Fous du stade ou du Grand Bazar et notre trio a beau en faire des tonnes, à gesticuler dans tous les sens et à livrer des répliques qui ne valent même pas les blagues Carambar, tout, absolument tout tombe à plat. Au mieux (ou au pire), Le retour des Charlots témoigne d'une époque où l'on pouvait se moquer librement d'une femme en surpoids (la très ''fellinienne'' Jezabelle Amato en prenant régulièrement pour son grade) et où l'on pouvait lourdement draguer les clientes d'un hôtel sans voir surgir les pseudos ligues féministes 2.0. Tout ici est tellement mauvais que la fibre nostalgique ne fonctionne jamais. Est-ce l'époque, mais curieusement, la comédie de Jean Sarrus repose sur les mêmes mécaniques que par le passé sans pour autant éveiller chez le spectateur le moindre plaisir. Tourné au Portugal, à Lisbonne, Le retour des Charlots est l'un des derniers témoignages de ce que l'on appelle communément la Comédie Franchouillarde. De l'aveu même de son réalisateur, scénariste et interprète, le film est un ratage complet. Anecdote amusante pour les cinéphages mais sans doute moins pour l'équipe de tournage lorsque le film fut présenté aux distributeurs, le remplaçant de Gérard Rinaldi, Richard Bonnot, fut le seul spectateur à venir se présenter lors de la projection. Notons enfin la présence dans le rôle d'un chef de bande de l'américain Jango Edwards dont les plus anciens téléspectateurs de Canal+ se souviennent pour ses diverses apparitions burlesques sur la quatrième chaîne française...


 

jeudi 27 juillet 2017

Les Oreilles entre les Dents de Patrick Schulmann (1987) - ★★★★★★★☆☆☆


Mort à l'âge de cinquante-trois ans seulement, le cinéaste français Patrick Schulmann n'aura eu le temps que de réaliser neuf longs-métrages, souvent atypiques. Du plus connu d'entre eux (Et la tendresse ? Bordel ! et sa suite Zig Zag Story) au dernier, réalisé en 1998, Comme une Bête, en passant par l'excellent P.RO.F.S et Les Oreilles entre les Dents. Ce dernier, Patrick Schulmann le tourne en 1987. Il y mélange comédie et policier et retrouve certains interprètes de ses œuvres passées, offrant à certains d'étranges pseudonymes. Jean-Luc Bideau y est Jean-Paul Blido, un criminologue enquêtant sur une série de crimes dont les victimes sont toutes retrouvée mortes les oreilles entre les dents. Fabrice Luchini est sourd (mais pas muet) et se nomme Luc Fabri. A leurs côtés, on retrouve Philippe Khorsand en mythomane épris de reconnaissance commettant un crime en tout point similaire aux autres afin d'être arrêté et rendu célèbre dans les médias. Laurent Gamelon (le professeur de sport dans P.RO.F.S) est un journaliste qui auprès de la jolie Léa Stagnari (Jeanne Marine) mène sa propre enquête afin de confondre le coupable du premier meurtre. Du premier seulement puisque on le découvre très vite, les meurtres suivant vont être commis par des tueurs différents. L'une des victimes, un inspecteur des impôts est tué par un couple dont il avait la charge de vérifier les comptes. Une autre meurt accidentellement alors qu'elle fuit deux agents d'entretien de la municipalité qui pour ne pas être inquiétés, transforment l'accident en meurtre perpétré par celui dont tout le monde parle en ville. D'autres crimes sont commis en ville sans que personne ne parvienne à mettre un nom sur le coupable.

Ou plutôt DES noms puisque l'originalité de ces Oreilles entre les Dents demeure dans le fait qu'il n'existe non pas un meurtrier mais plusieurs. Le coupable que recherchent Max le journaliste et Léa n'est en fait l'auteur que d'un seul meurtre, les autres étant l’ouvre d'opportunistes se servant du prétexte selon lequel il y aurait un tueur en série qui sévit pour se débarrasser d'individus gênants. D'où de nombreux quiproquos et d'innombrables situations ubuesques dont seul Patrick Schulmann avait le secret. Le film concentre alors sont intérêt autour du personnage interprété par Jean-Luc Bideau. Si le métier de profiler semble officiellement exister depuis les années quarante, à l'époque de la sortie de Les Oreilles entre les Dents le terme n'avait jamais été évoqué dans le cinéma français alors même que dès la décennie précédente, le métier de ces enquêteurs s'enfonçant dans la psyché des grands tueurs en série avait été admirablement évoqué dans le glacial Manhunter de Michael Mann. Mais ici, rien de bien sérieux. Aidé de deux enquêteurs criminologues, Jean-Paul Blido tente de dresser un portrait (à géométrie variable) de celui qui terrorise la population et fait parler de lui dans les différents médias. Et comme chaque meurtre est perpétré par un individu différent, forcément, le portrait change également. Ce qui nous vaut des scènes totalement burlesques et une identification du tueur parfois surréaliste.


Les Oreilles entre les Dents est une excellente parodie de film noir que l'on rapprochera sensiblement du Téléphone sonne toujours deux Fois avec Les Inconnus. Un long-métrage sortant des sentiers battus, à l'humour parfois très noir et aux dialogues incisifs. Une œuvre qui ne dépareille absolument pas dans la filmographie d'un cinéaste qui a su créer un univers qui lui était personnel. Un auteur à part entière, grand cinéphile de son vivant, et dont on ne cesse de regretter la disparition...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...