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vendredi 24 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Le retour des bidasses en folie de Jean Sarrus (1983) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Alors là, on s'attaque à un gros, très gros morceau de la comédie franchouillarde à forte tendance nanardesque. Tandis que Les Charlots nous avaient laissé avec un Charlots contre Dracula d'assez bonne facture en 1979, il aura fallut attendre quatre années avant de revoir Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus sur grand écran (Jean-Guy Fechner ayant quitté le groupe après le tournage de Bons Baisers de Hong Kong d'Yvan Chiffre d'un commun accord avec le producteur Christian Fechner). Et franchement, on s'en serait bien passé car dans la grande tradition des films de bidasses au sens scénaristique mais aussi directement inclus dans le titre, Le Retour des bidasses en folie manque de peu l'anachronisme puisqu'il situe sa création au début des années quatre-vingt. Énième et dernier représentant d'une série de longs-métrages qui en réalité n'entretiennent pas tous des rapports entre eux, le film de Michel Vocoret (scénariste pour Max Pécas sur le film érotique Club privé pour couples avertis en 1978 avant d'être auteur lui-même de cinq comédies navrantes) vient donc après Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre de Claude Zidi, Les Bidasses au pensionnat de Michel Vocoret lui-même, Embraye bidasse, ça fume de Max Pécas (comme quoi, les grands esprits se rencontrent dans une même communauté de biens), Les Bidasses en vadrouille de Christian Caza et Les Bidasses aux grandes manœuvres de Raphaël Delpard. De quoi se chopper une sévère indigestion si tant est que l'on a le courage de les regarder les uns derrière les autres. On pouvait rêver ou du moins espérer que Le Retour des bidasses en folie soit moins affligeant que la concurrence puisque Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre n'étaient à leur époque pas les plus mauvais de tous mais c'était sans compter sur le ''talent'' de Michel Vocoret dans l'art de mettre en scène les derniers représentants des Charlots (qui, je le rappelle, étaient cinq à l'origine puisque Lui Rego en faisait effectivement partie) dans l'une des pires comédies françaises de toute l'histoire du septième art...


Un titre de gloire que l'on aurait pu soumettre à l'improbable Führer en folie de Philippe Clair ou bien à son Grand Fanfaron qui, hasard ou non, fut également distribué sous le titre Les Bidasses en cavale... ! Ici, Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus interprètent tout d'abord trois anciens vétérans de la Seconde Guerre Mondiale qui lors d'une cérémonie de commémoration se rappellent leurs aventures en tant que simples soldats de l'armée de terre française. Le film évoquant en outre l'existence d'un trésor caché par la Kommandantur (tiens, tiens, un petit parfum de De l'or pour les braves de Brian G. Hutton ne se ferait-il pas sentir?). Retour ensuite dans le passé où nos trois acteurs rendossent donc pour la troisième fois après Les Bidasses en folie en 1971 et Les Bidasses s'en vont en guerre en 1974 leur uniforme de soldats et interprètent à nouveau les personnages de Gérard, Phil et Jean. L'occasion pour les trois hommes de retrouver leur ancien compagnon de route Luis Rego qui après un paquet de seconds rôles entre 1971 et 1981 revient ici auprès d'eux en incarnant cette fois-ci le rôle d'un sergent ! Notons également la présence de l'acteur Franck-Olivier Bonnet, acteur multi-couteaux capable de jouer dans le pire (comme ici) tout comme dans le meilleur (Un mauvais fils et Série noire de Claude Sautet, La guerre du feu de Jean-Jacques Annaud, La crise de Coline Serreau ou encore Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet...). Pour le reste, la comédie de Michel Vocoret est d'une lourdeur abyssale. Un humour pompier au degré zéro d'un genre qui ne vole déjà pas très haut. Drôle ? Jamais! Épuisant ? Définitivement ! D'un pathétique qui veut que même en tant que simple téléspectateur l'on ait parfois le réflexe de détourner le regard devant tant d'indigence ! Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Comédie Franchouillarde est ici réuni en à peine plus de quatre-vingt minutes. Il y a en outre des noms et des visages qui ne trompent pas sur la marchandise : à commencer par Jacques Jouanneau qui interprète un général et Roger Carel qui incarne le colonel allemand von Berg. Bref, d'un côté comme de l'autre des lignes ennemis, France et Allemagne ont du soucis à se faire !

 

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