Alors là, on s'attaque à un gros, très gros morceau de la comédie
franchouillarde à forte tendance nanardesque. Tandis que Les
Charlots nous avaient laissé avec un
Charlots contre Dracula
d'assez bonne facture en 1979, il aura fallut attendre quatre années
avant de revoir Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus
sur grand écran (Jean-Guy
Fechner ayant quitté le groupe après le tournage de Bons
Baisers de Hong Kong
d'Yvan Chiffre d'un commun accord avec le producteur Christian
Fechner). Et franchement, on s'en serait bien passé car dans la
grande tradition des films de bidasses au sens scénaristique mais
aussi directement inclus dans le titre, Le
Retour des bidasses en folie
manque de peu l'anachronisme puisqu'il situe sa création au début
des années quatre-vingt. Énième et dernier représentant d'une
série de longs-métrages qui en réalité n'entretiennent pas tous
des rapports entre eux, le film de Michel Vocoret (scénariste pour
Max Pécas sur le film érotique Club
privé pour couples avertis en
1978 avant d'être auteur lui-même de cinq comédies navrantes)
vient donc après Les
Bidasses en folie
et Les Bidasses s'en
vont en guerre
de Claude Zidi, Les
Bidasses au pensionnat
de Michel Vocoret lui-même, Embraye
bidasse, ça fume de
Max Pécas (comme quoi, les grands esprits se rencontrent dans une
même communauté de biens), Les
Bidasses en vadrouille
de Christian Caza et Les
Bidasses aux grandes manœuvres
de Raphaël Delpard. De quoi se chopper une sévère indigestion si
tant est que l'on a le courage de les regarder les uns derrière les
autres. On pouvait rêver ou du moins espérer que Le
Retour des bidasses en folie soit
moins affligeant que la concurrence puisque Les
Bidasses en folie
et Les Bidasses s'en
vont en guerre
n'étaient à leur époque pas les plus mauvais de tous mais c'était
sans compter sur le ''talent'' de Michel Vocoret dans l'art de mettre
en scène les derniers représentants des Charlots (qui, je le
rappelle, étaient cinq à l'origine puisque Lui Rego en faisait
effectivement partie) dans l'une des pires comédies françaises de
toute l'histoire du septième art...
Un
titre de gloire que l'on aurait pu soumettre à l'improbable
Führer en folie de
Philippe Clair ou bien à son Grand
Fanfaron
qui, hasard ou non, fut également distribué sous le titre Les
Bidasses en cavale... !
Ici, Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean
Sarrus interprètent tout d'abord trois anciens vétérans de la
Seconde Guerre Mondiale qui lors d'une cérémonie de commémoration
se rappellent leurs aventures en tant que simples soldats de l'armée
de terre française. Le film évoquant en outre l'existence d'un
trésor caché par la Kommandantur (tiens, tiens, un petit parfum de
De l'or pour les braves
de Brian G. Hutton ne se ferait-il pas sentir?). Retour ensuite dans
le passé où nos trois acteurs rendossent donc pour la troisième
fois après Les
Bidasses en folie
en 1971 et Les Bidasses
s'en vont en guerre
en 1974 leur uniforme de soldats et interprètent à nouveau les
personnages de Gérard, Phil et Jean. L'occasion pour les trois
hommes de retrouver leur ancien compagnon de route Luis Rego qui
après un paquet de seconds rôles entre 1971 et 1981 revient ici
auprès d'eux en incarnant cette fois-ci le rôle d'un sergent !
Notons également la présence de l'acteur Franck-Olivier Bonnet,
acteur multi-couteaux capable de jouer dans le pire (comme ici) tout
comme dans le meilleur (Un
mauvais fils
et Série noire de
Claude Sautet, La
guerre du feu
de Jean-Jacques Annaud, La
crise
de Coline Serreau ou encore Le
Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de
Jean-Pierre Jeunet...). Pour le reste, la comédie de Michel Vocoret
est d'une lourdeur abyssale. Un humour pompier au degré zéro d'un
genre qui ne vole déjà pas très haut. Drôle ? Jamais!
Épuisant ? Définitivement ! D'un pathétique qui veut que
même en tant que simple téléspectateur l'on ait parfois le réflexe
de détourner le regard devant tant d'indigence ! Tout ce que
vous avez toujours voulu savoir sur la Comédie Franchouillarde est
ici réuni en à peine plus de quatre-vingt minutes. Il y a en outre
des noms et des visages qui ne trompent pas sur la marchandise :
à commencer par Jacques Jouanneau qui interprète un général et
Roger Carel qui incarne le colonel allemand von Berg. Bref, d'un côté
comme de l'autre des lignes ennemis, France et Allemagne ont du
soucis à se faire !
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