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vendredi 24 mai 2024

Intrusion de Rand Ravish (1999) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après avoir assisté à la projection de Vanilla Sky de Cameron Crowe, remake américain fort risqué mais très regardable du chef-d’œuvre du réalisateur espagnol Alejandro Amenábar, Abre los Ojos au cœur d'un récit où les genres s'entremêlaient, Intrusion de Rand Ravish se complaisait lui-même à mélanger à la toute fin du siècle dernier, le romantisme, la science-fiction et le fantastique. Sans jamais atteindre les qualités du génial Happy Accidents que Brad Anderson réalisera l'année suivante en 2000 et dans lequel Ruby Weaver (l'actrice Marisa Tomei) s'interrogeait sur la vérité des propos tenus par le personnage de Sam Deed incarné par Vincent d'Onofrio, le long-métrage de Rand Ravich a cependant la capacité de retenir l'attention du spectateur grâce à la richesse de jeu de son actrice principale Charlize Theron. Dans le rôle de Jillian, l'épouse de l'astronaute Spencer Armacost (Johnny Deep), la jeune femme va se retrouver au centre d'un récit où l’ambiguïté sera de mise jusqu'à l'inévitable conclusion. Un acte final qui s'avérera cependant beaucoup moins surprenant que les spectateurs auraient pu l'espérer. Car malgré le passé trouble de l'héroïne que l'on serait tentés de juger parfois atteinte de tocophobie, tout ou presque souligne le côté fantastique d'Intrusion. Car sans prendre de gants, le réalisateur et scénariste invoque l'idée d'un événement ''extraordinaire'' s'étant produit lors du dernier vol spatial de son époux et durant lequel, lui et un autre astronaute (le Capitaine Alex Streck interprété par l'acteur Nick Cassavetes) auraient vécu durant deux minutes seulement, une situation découlant d'un phénomène inexplicable. Bref, on nage tout d'abord en plein romantisme, représenté par le couple idéal Charlize Theron/Johnny Deep. Ils sont beaux, s'aiment et sont heureux. Mieux : Jillian apprend qu'elle porte en elle deux jumeaux de neuf semaines. De quoi parfaire la vie du couple. Mais là où n'était pas censé se glisser l'imprévu, Intrusion va peu à peu se muer en une pure tentative de paranoïa à la Rosemary's Baby dénué de toute fantaisie démoniaque pour se rapprocher davantage du style Body Snatchers propre à la science-fiction. S'agissant du suspens, le film de Rand Ravish remplit presque parfaitement son contrat. Le spectateur se range d'emblée du côté de Jillian, femme à la personnalité fragile et à l'entourage restreint (en dehors de sa sœur Nan interprétée par l'actrice Clea DuVall, la jeune femme ne fréquente personne) que l'on rêve d'abriter des éventuels dangers extérieurs.
 
 
Du moins à partir du moment où des événements extérieurs vont venir gripper la vie (presque) parfaitement réglée du couple. Comme la présence persistante du représentant de la NASA Sherman Reese qu'incarne avec une certaine vigueur l'excellent Joe Morton. Un individu détenant prétendument les preuves qu'un événement s'est effectivement produit pendant ces deux minutes alors que Armacost et Streck étaient dans l'espace. À ce moment très précis du récit la vérité sur ce qui se déroule sous nos yeux reste encore assez floue. Les éléments que détient Sherman Reese reflètent-ils la réalité ? Jillian est-elle victime de peurs propres à la grossesse ? Où ces dernières découlent-elles simplement des propos que tient l'ancien représentant de la NASAqui depuis a été licencié ? Toujours est-il que l'une des failles du récit tient au comportement de son époux... En effet, l'humeur changeante du personnage incarné par Johnny Deep plombe une partie de l'intérêt du récit. C'est par cette petite porte par laquelle le cinéaste voulait sans doute intégrer un surplus d'anxiété que nous est livrée un peu trop tôt la vérité sur le fond réel des événements. C'est donc sans réelle surprise que l'on s'attend à voir débouler le ''surnaturel'' dans sa vision concrète lors d'un final un peu absurde mais surtout, très attendu. Si tant est que l'on soit en mesure de mettre de côté ce suspens avorté faisant appel à un imaginaire selon lequel un individu pourrait être investi par une entité extraterrestre (d'où le concept de Body Snatchers donc), Intrusion ménage malgré tout un bon suspens et offre quelques séquences mémorables comme la rencontre entre Jillian et Sherman à la sortie d'une station de métro ou lorsque la jeune femme et son époux assistent à la projection d'un vieux film sur le canapé, séquence permettant à Charlize Theron d'y exprimer toute un catalogue d'émotions. Film finalement assez peu considéré, le long-métrage a ce défaut majeur de manquer le coche de la paranoïa qui su par exemple parfaitement se répercuter sur les publics de Rosemary's Baby de Roman Polanski, de The Thing de John Carpenter ou de L'Invasion des profanateurs de Philip Kaufman. Intrusion n'en reste pas moins un pur produit de divertissement...

 

jeudi 2 juin 2022

City of Lies de Brad Furman (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

City of Lies est l'antépénultième long-métrage dans lequel apparaît jusqu'à ce jour l'acteur Johnny Deep, aux côtés de Forest Whitaker. Un duo solide pour un film qui a priori bénéficie d'un scénario qui ne l'est pas moins puisque le réalisateur Brad Furman se penche sur un fait divers ayant réellement eu lieu. En effet, le film se penche sur deux assassinats ayant eu lieu à six mois d'intervalle. Les victimes ne furent autres que deux des plus célèbres rappeurs américains répondant aux ''doux'' noms de Tupac Shakur (né Lesane Parish Crooks le 16 juin 1971 à New York et mort le 13 septembre 1996 à Las Vegas) et The Notorious B.I.G. (né Christopher George Latore Wallace le 21 mai 1972 lui aussi à New York et mort le 9 mars 1997 à Los Angeles). Alors que les deux hommes se lièrent d'amitié durant le courant de l'année 1994, celle-ci est consommée lorsque une rivalité va opposer les raps East Coast et West Coast, The Notorious B.I.G étant alors l'un des principaux représentants de la première tandis que Tupac Shakur faisait partie de la seconde. Écrit par le scénariste Christian Contreras sur la base du roman L.A.Byrinth de Randall Sullivan auquel le film empruntait à l'origine son titre, City of Lies se penche avant tout sur l'enquête menée par un détective du département de police de Los Angeles connu sous le nom de Russell Poole. Un flic qui mena tout d'abord une investigation au sujet d'un scandale au centre duquel était impliqués certains policiers de la Division Rampart du Département de la Police de Los Angeles (le fameux LAPD). Incarné par un Johnny Deep volontairement bedonnant et claudiquant, le réalisateur va adjoindre au personnage de Russell Poole un journaliste du nom de Darius Jackson. Lequel est interprété par Forest Whitaker...


Le titre du roman à l'origine du long-métrage aurait sans doute mieux collé à cette affaire qui d'un point de vue de la mise en scène se révèle effectivement labyrinthique. Car il semble s'agir moins pour le réalisateur Brad Furman de remonter la piste des assassins des deux stars du rap que de démontrer la corruption qui gangrène les autorités policières. En découle un récit nébuleux, formé autour de nombreux flash-back, et dans lequel peu d'individus en ressortiront grandis. Forest Whiterkar a beau conserver le charisme qu'on lui connaît depuis des décennies, on se demande parfois ce que son personnage de journaliste peut avoir de contributeur dans cette difficile et délicate affaire de meurtres et de corruption. Tout comme les personnalités que furent Tupac Shakur et The Notorious B.I.G qui elles, sont par contre presque totalement balayées du récit. City of Lies démarre d'ailleurs autour d'une affaire de meurtre qui a priori n'a aucun point commun avec ceux des deux rappeurs. Sachant que Tupac Shakur est déjà mort depuis six mois et que The Notorious B.I.G a perdu la vie quelques jours auparavant. L'ombre de Rodney King, cet homme d'origine afro-américaine devenu malheureusement célèbre pour avoir été la victime de brutalités policières de la part de quatre flics le 3 mars 1991 (menant à son tragique décès) plane littéralement sur l’œuvre de Brad Furman et auquel il fait régulièrement référence. On aurait sans doute aimé que le réalisateur pénètre un peu plus profondément dans l'univers du Rap ou dans les entrailles de la police. Mais n'est pas Oliver Stone (JFK) ou David Fincher (Zodiac) qui veut et City of Lies ne délivre qu'une enquête policière poussive, parfois compliquée à déchiffrer et dont le traitement d'un sujet au potentiel au demeurant fort passionnant est gâché par une mise en scène et une direction d'acteurs qui manquent de réelles ambitions...

 

mercredi 20 octobre 2021

Pirates des Caraïbes : la Malédiction du Black Pearl de Gore Verbinski (2003) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour sa première apparition à l'écran, le réalisateur Gore Verbinski offre au pirate Jack Sparrow une aventure riche en rebondissements. Et en même temps, le film souffre peut-être légèrement de son trop plein de générosité. C'est qu'il faut les encaisser, les cent-quarante trois minutes que dure le long-métrage. Parce qu'après tout, Pirates des Caraïbes : la Malédiction du Black Pearl n'est au fond rien de moins rien de plus qu'un film de pirates. De cape et d'épées. Avec son comptant de batailles sur terre comme sur mer. De romance virile. De héros et d'antagonistes. Oui mais voilà... le genre, s'il n'est pas tout à fait tombé dans l'oubli a somme toute ''bénéficié'' d'une certaine indifférence depuis des décennies puisque la majeure partie des longs-métrages où y sont référencés des pirates sont tout d'abord des films de cape et d'épée. Des années quatre-vingt et des décennies suivantes, on aura peut-être surtout retenu le Pirates de Roman Polanski ou le Hook de Steven Spielberg. Et encore, faut-il être un adepte de ce genre très particulier qui peut parfois donner le mal de mer à ceux qui n'y sont pas coutumiers. Vu le succès rencontré, quatre séquelles verront le jour entre 2006 et 2017. D'autres producteurs et réalisateurs opportunistes se souviendront subitement que le genre existe pour en proposer diverses alternatives.


Mais le film de Gore Verbinski aura surtout permis à l'acteur Johnny Deep de sortir des genres dans lesquels les cinéastes semblaient l'avoir enfermé depuis quelques années. Avant de devenir véritablement l'acteur fétiche de Tim Burton avec lequel il avait déjà pourtant collaboré à trois reprises pour Edward aux mains d'argent en 1990, Ed Wood en 1994 et Sleepy Hollow, La légende du cavalier sans tête, Johnny Deep apparaîtra notamment dans l'excellent From Hell des frères Albert et Allen Hughes ou le tout aussi indispensable Blow de Ted Demme la même année en 2001. Soit deux ans avant de changer radicalement de cap avec Pirates des Caraïbes : la Malédiction du Black Pearl. Une aventure terrestre et maritime mouvementée, au scénario qui certes n'a rien d'extraordinaire mais qui sait mêler aventure, humour et fantastique... Un long-métrage qui met également en scène l'acteur Geoffrey Rush dans le rôle du grand méchant de l'intrigue : le pirate Barbossa qui à l'aide de ses hommes attaquent Port Royal et kidnappent la belle Elizabeth Swann (l'actrice britannique Keira Knightley), fille du gouverneur Weatherby Swann (Jonathan Pryce) qui l'a promise au commodore James Norrington (Jack Davenport) mais qui se retrouve embarquée dans une histoire de médaillon, de pirates et de malédiction...


Éprise de William Turner (Orlando Bloom, lequel s'est fait connaître à travers le monde grâce à son interprétation de Legolas, fils du roi des elfes de la Forêt Noire Thranduil de la trilogie de films Le Seigneur des anneaux du réalisateur néo-zélandais Peter Jackson), celui-ci se lance à la poursuite de Barbossa et ses hommes aux côtés de Jack Sparrow, LE héros de cette aventure, bien entendu interprété par Johnny Deep, lequel en fait des tonnes. Qui cabotine comme jamais auparavant et porte fièrement sur la tête un tricorne, un bandana rouge, des dreadlocks, des tresses et même une enfilade de perles accrochées à ses cheveux. Yeux cernés de noir, moustache et collier de barbe, le teint hâlé, le personnage est parfaitement étudié et emporte tous les suffrages. Quant à la mise en scène de celui qui l'année précédente signa le remake d'un chef-d’œuvre du cinéma d’épouvante japonais plutôt réussi (The Ring), il réalise là une belle tentative de film d'aventure en multipliant les situations même si parfois l'on a le sentiment que Pirates des Caraïbes : la Malédiction du Black Pearl aurait sans doute gagné à être raccourci de quelques séquences qui donnent à l'ensemble une impression de redondance. Comme un enfant pourri-gâté qui veut continuer à jouer alors qu'il est l'heure d'aller se coucher. Bénéficiant d'un très confortable budget de cent-quarante millions de dollars, Gore Verbinski exploite le moindre billet vert et s'en donne à cœur joie. Tout d'abord inspiré de l'une des attractions des parcs Disney (ce que l'on pouvait craindre), le long-métrage fait plus que de mettre en avant l'une des activités les plus célèbres des dits parcs. Il demeure un excellent divertissement familial où petits et grands peuvent se rejoindre afin de passer ensemble deux heures sans trop de ventres mous. On notera cependant les piètres performances des compositeurs Klaus Badelt et Hans Zimmer qui signent là une partition des plus classique...

 

dimanche 16 mai 2021

The Astronaut's Wife de Rand Ravich (1999) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Pour commencer, je préfère préciser qu'une importante fuite dans le réservoir à spoilers risque de s'opérer durant la lecture de cet article consacré à The Astronaut's Wife de Rand Ravich.... le seul long-métrage que le réalisateur ait d'ailleurs tourné dans toute sa carrière de cinéaste. Sorti chez nous sous le titre Intrusion, cette traduction porte inconsciemment tout le poids que revêt ce film qui n'a d'original que le postulat de départ pour qu'ensuite Rand Ravich aille se servir dans l'imaginaire de ses prédécesseurs. Et parmi eux, sans doute un peu de Ridley Scott, de Philip Kaufman, mais plus encore de Roman Polanski. Ça n'est pas simplement d'une légende que les cinéphiles s'amusent à reléguer dont il s'agit car si l'on peut encore hésiter au sujet de l'évocation d'Alien, le huitième passager ou sur celle de L'invasion des profanateurs, nul doute que Rand Ravich s'est ici très largement inspiré de Rosemary'sBaby, l'un des plus célèbres longs-métrage du réalisateur franco-polonais. Poussant même le vice et le mimétisme à tel point de vue que son héroïne interprétée par la délicieuse Charlize Theron porte le cheveu court et blond comme cela fut le cas par Mia Farrow vingt-deux ans auparavant. Charlize Theron dont la beauté, ici, n'aura d'égale que notre indifférence face à ce personnage qu'elle incarne. Cette mère ''porteuse'' de jumeaux dont elle va finir par douter de l'origine. Car son commandant de mari, Spencer Armacost, se comporte de manière étrange depuis qu'à la suite d'une mission autour de la Terre, la NASA a perdu tout contact avec lui et le capitaine Alex Streck durant deux minutes. Depuis son retour, peu de choses ont pourtant véritablement changées chez lui...


Mais Sherman Reese (excellent Joe Morton), un représentant de la NASA mis depuis à la porte, a découvert que quelque chose de l'ordre du mystérieux s'est justement déroulé durant ces deux minutes. Semant une petite graine dans l'esprit de Jillian, l'épouse de Spencer, celle-ci va commencer à douter de l'homme qu'elle aime et du fruit à venir de leur union...Dévorée par l'objectif de la caméra, visible lors de la quasi-totalité des séquences, la caractérisation de Charlize Theron/Jillian Armacost n'en apparaît cependant pas moins insuffisante. Loin d'atteindre celle de Mia Farrow/Rosemary Woodhouse du chef-d’œuvre de Roman Polanski, Rand Ravich a beau en faire la vedette de son unique long-métrage, la fragilité de son héroïne semble beaucoup moins crédible que celle de cette jeune femme qui, hasard ou pas, s'installait elle aussi dans un nouveau foyer situé à New York. De même, le pouvoir d'attraction et de séduction de Johnny Depp semble ici souvent inopérant. Alors, comparé à l'immense John Cassavetes (Guy Woodhouse dans Rosemary'sBaby) qui pourtant n'en faisait pas des caisses mais s'avérait particulièrement terrifiant dans son abandon délibéré d'époux protecteur, Johnny Depp fait pâle figure et semble être contraint d'en rajouter dans l’ambiguïté. Le choix du sourire forcé chez Cassavetes était donc une arme bien plus performante que le changement apparent de Depp dans le second cas.


Avec Alien, The Astronaut's Wife n'entretient en réalité que peu de rapports, sinon aucun. De L'invasion des profanateurs l'on retiendra surtout l'idée que l'enveloppe corporelle du Commandant Spencer Armacost puisse servir à une entité extraterrestre. Car c'est bien de cela dont il s'agit et que le réalisateur tente de rapprocher de la thématique qui fut en 1967, si chère à Roman Polanski. Car si l'un opte pour une présence extraterrestre et le second pour celle du Diable, l'un et l'autre des réalisateurs proposent un même schéma. Formidablement accompli chez l'un et pauvrement construit chez l'autre. Car Rand Ravich semble n'avoir de talent que dans l'exploitation d'idées recyclées et pille littéralement l’œuvre du franco-polonais. S'il tente en outre de créer un véritable climat de paranoïa et anxiogène, il est rarissime d'éprouver le moindre sentiment d'angoisse même si certaines séquences s'avèrent intéressantes mais trop diluées dans une ambiance qui pèse par une lenteur beaucoup trop importante. Plus proche des deux heures que de l'heure et demi, The Astronaut's Wife souffre d'une durée telle que le film de Rand Ravich se traîne en longueur. On ne sait plus trop s'il veut faire de son œuvre un drame, une romance ou un film de science-fiction horrifique. Tous les éléments qui participaient à l'élaboration d'une angoisse véritablement palpable chez Roman Polanski disparaissent ici au profit d'un intérêt poli... Dommage...

 

mercredi 20 novembre 2019

From Hell de Albert Hughes et Allen Hughes (2001) - ★★★★★★★☆☆☆



Il n'a pas fait des dizaines de victimes et pourtant, Jack l’Éventreur est entré dans la légendes des pires tueurs en série de l'histoire de la criminalité mondiale. Parce qu'il est demeuré une énigme pendant plus d'un siècle. Parce que certains continuent à enquêter sur ce remarquable fait-divers qui a officiellement fait cinq victimes parmi les prostituées du quartier de Withechapel à Londres entre le 31 août et le 9 novembre 1988. Sujet de dizaines et peut-être même de centaines d'ouvrages littéraires, de longs-métrages et de documentaires, celui que l'on a tour à tour identifié comme pouvant être d'origine juive, l’obstétricien de Béatrice du Royaume-Unis Sir John Williams, ou encore un certain nombre de criminels auxquels auraient furent rattachés les cinq meurtres officiels imputés à Jack l’Éventreur, est donc resté un mystère sans qu'aucune résolution définitive de cette sanglante affaire n'ait mis un terme à cette énigme qui ensanglanta le quartier de Whtichapel où étaient concentrés immigrés irlandais, juifs et prostituées... Pour leur troisième long-métrages, les frères Albert et Allen Hughes, notamment auteurs de Menace II Society en 1993 et du Livre d'Eli en 2009 se sont appuyés pour réaliser From Hell sur le roman graphique du dessinateur Eddie Campbell et du scénariste de bande dessinée Alan Moore. Un pavé de plusieurs centaines de pages ici concentrées en un film d'un peu moins de cent-vingt minutes...

L'épreuve étant ici d'être aussi fidèle que possible à l'ouvrage d'Eddie Campbell et d'Alan Moore tout en étant capable de faire oublier les innombrables longs-métrages déjà réalisés autour du tueur de Withechapel, Albert et Allen Hughes ont tout d'abord accordé une très grande importance à reproduire les lieux des différents crimes tels qu'ils étaient en cette année 1988 où ces derniers furent commis. À ce titre, il est intéressant de se pencher sur l'excellent DVD accompagnant l'édition de la Fox Pathé Europa éditée fin 2002 et sur lequel on retrouve plusieurs documentaires dont une visite guidée des lieux du crime et un making-of du film qui retranscrivent parfaitement le soucis du détail des frères Hugues.

Par contre, l'une des principales faiblesses du long-métrage des frères Hugues se situe au niveau du scénario. D'un classicisme un peu dépassé, From Hell est fort heureusement sauvé par un style visuel et esthétique absolument remarquable qui renvoie parfois aux riches heures de la société de production britannique Hammer Film Productions. Incarné par Johnny Depp, l'inspecteur Frederick Abberline qui fut affecté à l'enquête sur les meurtres de Withechapel est ici sujet à des visions lui offrant généralement un coup d'avance sur les autorités. Dépendant à l'opium et à l’absinthe (contrairement à celui qu'incarnera Michael Caine dans l'excellent téléfilm Jack L’Éventreur réalisé par David Wickes et dans lequel l'inspecteur est un alcoolique notoire), c'est sous leurs effets qu'il est en effet en mesure ''d'entrapercevoir''' les prochains meurtres. Les frères Hugues prêtent à leur personnage une liaison avec la prostituée Mary Jane Kelly (interprétée par l'actrice Heather Graham), dernière victime de Jack L’Éventreur. Une liaison de très courte durée qui se soldera de plus, par la fin tragique du héros qui contrairement au véritable Frederick Abberline se suicidera ici dans le film. Outre Johnny Depp et Heather Graham et tout un panel d'excellents seconds rôles, l'acteur britannique Ian Holm y incarne un Sir William Gull particulièrement sinistre. Au détour d'une scène, les frères Hugues en profitent pour évoquer de surcroît l'étrange cas de Joseph Merrick, surnommé l'homme-éléphant et qui était victime d'une forme aggravée de Neurofibromatose. Au final, si From Hell n'est pas la meilleure adaptations basée sur les exaction du célèbre éventreur, le film des frères Hugues et d'une esthétique irréprochable et convenablement interprété...

jeudi 24 octobre 2019

Fenêtre Secrète de David Koepp (2004) - ★★★★★★★☆☆☆



Attention spoilers !

L'écrivain Morton Rainey vit seul dans un chalet reculé de Tashmore Lake depuis qu'il a surpris sa femme Amy au lit avec son amant Ted Milner dans un motel six mois auparavant. Un jour, il reçoit la visite d'un certain John Shooter qui affirme que Morton lui a volé le manuscrit qui aurait donné naissance à la nouvelle '' Fenêtre secrète''. Pour preuve, l'homme lui laisse le manuscrit en question intitulé '' La Saison des Semis ''. Bien qu'étant dans un premier temps désintéressé par les propos tenus par Shooter et par son texte, l'écrivain finit par lire ce dernier et constate d'étonnantes similitudes entre la nouvelle qu'il a publié et le manuscrit de Shooter. L'étranger donne trois jours à Morton pour lui prouver qu'il a écrit sa nouvelle bien avant la sienne. Ce qui n'empêche pas entre-temps ce curieux personnage de tuer Chico, le chien de Morton et de mettre le feu à la demeure que partagèrent Amy et lui au temps de leur bonheur...

Une fois encore, le héros principal de ce long-métrage, adaptation pour le cinéma du roman ''Vue Imprenable sur Jardin Secret'' de Stephen King par le réalisateur et scénariste américain David Koepp, est un écrivain. Et une fois encore, ce personnage central de l'intrigue est en proie à certaines addictions et affaibli par un drame qui le touche personnellement. Incarné par Johnny Depp et assez mal accueilli lors de sa sortie en salle,Fenêtre Secrète demeure cependant une assez bonne surprise qui sort des sentiers battus et rabattus par l'écrivain plus généralement spécialisé dans l'horreur et le fantastique mais qui a prouvé à bien des reprises qu'il était capable d’œuvrer dans des courants aussi divers que le drame et le thriller. Ces deux genres qui ici, trouvent matière à un récit dont l'évolution s'avère relativement sobre. En effet, pas d'action effrénée ni de séquences grand-guignolesques mais une histoire qui déroule le fil de son intrigue en prenant d'infinies précautions pour ne pas perturber l'éventuelle apathie des spectateurs.

Fenêtre Secrète manque de dynamisme, c'est certain. Pourtant, il s'avère bien difficile de décrocher jusqu'à la révélation finale. Un climax envisageable pourtant relativement tôt, étayé par des détails subtilement mis en scène sous forme d'objets ou à travers certains comportements ou dialogues dont ceux du héros, lequel n'est pas des moindre. Accompagné par Maria Bello dans le rôle d'Amy Rainey, Timothy Hutton dans celui de l'amant mais surtout de John Turturro dans celui de l'alter ego maléfique, Johnny Depp fait son taf sans donner dans la grandiloquence. Comme dans la mise en scène d'ailleurs, intégrant pourtant tout ou partie des ''obsessions'' et des addictions chères à Stephen King. Car tout comme le Jack Torrance de Shining, le Thad Beaumont de La Part des Ténèbres (incarné par Thimothy Hutton), le James Gardener des Tommyknochers ou encore le Mike Enslin de Chambre 1408, Morton Rainey est l'une des émanations allégoriques de Stephen King révélant certains des travers, eux, bien réels de l'écrivain...

lundi 19 août 2019

Blow de Ted Demme (2001) - ★★★★★★★★☆☆



S'il est souvent de coutume de dire qu'un film ennuyeux dans lequel il ne se passe pas grand-chose mériterait d'être expurgé d'un certain nombres de séquences pour voir sa durée revue à la baisse, concernant le sixième et dernier long-métrage de fiction du cinéaste américain Ted Demme disparu à seulement trente-huit ans, c'est un peu le cas inverse. En effet, Blow est très certainement l'exemple même du film qui aurait mérité d'être étoffé dans sa durée, et donc dans son exploitation du fait-divers. Non pas que le film soit raté, mais lorsque l'on prend conscience de l'extraordinaire potentiel du scénario qui se base sur l'histoire bien réelle du protagoniste principal, on finit par penser qu'une demi-heure, et pourquoi pas même, une heure de plus aux deux que dure l’œuvre de Ted Demme aurait sans doute permis à Blow de gagner ses gallons de chef-d’œuvre. Un titre que le long-métrage frôle dangereusement mais sans véritablement l'atteindre... Parfois comparé au cinéma de Martin Scorsese, ce long-métrage sorti chez nous le 19 septembre 2001 en France ressemble sans doute davantage à celui de Brian de Palma, et notamment son percutant Scarface et l'incroyable ascension d'un certain Tony Montana joué par l'acteur Al Pacino. Ted Demme, lui, confie le premier rôle à Johnny Deep, cet acteur caméléon qui une fois encore incarne à l'écran un personnage inoubliable.

Celui de George Jung, un trafiquant de drogue qui pour que son existence ne ressemble surtout pas à celle de ses parents, va quitter le cocon familial et se lancer dans le commerce de la marijuana mais se fera surtout connaître pour avoir été l'un des plus influents importateurs de cocaïne aux États-Unis dans le courant des années soixante-dix et le début des années quatre-vingt. Pour George et son ami d'enfance Tuna, le trafic de marijuana rapporte d'abord d'énormes capitaux. Mais c'est lorsqu'il est jeté en prison après avoir été arrêté en possession de trois-cent trente kilos d'herbe que la vie de George va prendre un tournant décisif : en effet, il y partage sa cellule avec un certain Diego Delgado qui a sa sortie de prison va lui proposer de travailler avec lui. Ce sera l'occasion pour le jeune homme de faire connaissance avec le célèbre trafiquant de drogue colombien Pablo Escobar. Mais aussi celle croiser la route de la belle Mirtha qu'il finira par épouser et qui lui donnera une enfant prénommée Kristina...

Plus que le simple thriller sur fond de trafic de drogue qu'il paraît être, Blow est surtout un formidable drame sur l'ascension, les dérives et la chute de l'un des acteurs majeurs du célèbre cartel de Medellin spécialisé dans le trafic de cocaïne entre la Colombie et les États-Unis. Une œuvre sur l'amour, l'amitié, la fidélité, mais aussi la trahison. Johnny Deep incarne avec un talent et une sensibilité infinis cet homme d'origine modeste, fils d'un Fred Jung merveilleusement incarné à l'écran par l'acteur Ray Liotta. Les trop rares séquences qui uniront cet deux formidables interprètes seront l'occasion d'éprouver la sensibilité des spectateurs. Ted Demme, à travers le récit d'un homme qui, allons soyons honnêtes, était d'abord un criminel, parvient à toucher au plus profond de notre cœur, jusqu'à le déchirer dans un ultime soubresaut final. C'est peut-être ce que le spectateur retiendra finalement de ce long-métrage dont l'un des rares défauts est d'avoir voulu condenser un fait-divers authentique extrêmement touffu en deux heures seulement quant un film fleuve d'au moins trois heures aurait sans doute permis au cinéaste de ne pas évacuer trop rapidement certains aspects de l'existence de son personnage. À sa décharge, on pourra accorder à Ted Demme d'avoir d'abord voulu signer une œuvre humaniste malgré toute la charge rédhibitoire qu'évoquent certains des faits évoqués tout au long de l’œuvre. À tel point que le trafiquant de drogue finit par s'effacer pour n'être plus que le fils, l'époux et le père que l'on respecte. Un très grand film, et un immense Johnny Deep...

mardi 2 avril 2019

The Ninth Gate de Roman Polanski (1999) - ★★★★★★★☆☆☆



Réalisé par le cinéaste franco-polonais Roman Polanski, « maître es paranoïa » (Répulsion, Le Locataire), et scénarisé par le cinéaste lui-même ainsi que par John Brownjohn et Enrique Urbizu à partir du roman d'Arturo Pérez-Reverte, Le Club Dumas, The Ninth Gate est le seizième long-métrage de son auteur. Un retour vers une thématique qu'il avait mise de côté après son angoissant Rosemary's baby en 1968. Deux films qui entretiennent bien des rapports même si dans le cas de The Ninth Gate, son final laisse supposer d'une mystification alors que dans l’œuvre signée en 1968, les dernières images laissaient supposer l'existence réelle du Diable. C'est sur cette ambiguïté que joue le cinéaste en cette année 1999. Une année symbolique que certains prophétisèrent comme étant l'emblème d'une série d'événements cataclysmiques : Armageddon, changements climatiques, invasions extraterrestres, boule de feu détruisant notre planète, etc...
Aujourd'hui, même si l'on est tous revenus de ces prédictions qui n'ont finalement pas eu lieu, redécouvrir The Ninth Gate n'est peut-être pas une mauvaise idée, d'autant plus que le sujet s'éloigne drastiquement de ces rumeurs (in)fondées par des individus peu scrupuleux à l'intention des crédules du monde entier.

Passionnant de part le sujet traité d'une part, et par la manière qu'à Roman Polanski d'en faire sien, The Ninth Gate est une excellente surprise, mis en scène avec subtilité et magistralement interprété par l'acteur américain Johnny Depp qui dans la peau de Dean Corso, se voit confier une mission particulièrement délicate. A la recherche d'ouvrages littéraires rares, il en estime également la valeur. Réputé pour être l'un des meilleurs dans sa catégorie, il est engagé par Boris Balkan (l'acteur américain Franck Langella, notamment vu dans The Box de Richard Kelly) afin d'authentifier dans un premier temps l'un des trois seuls exemplaires de l'ouvrage Les Neuf portes du royaume des ombres de l'écrivain du dix-septième siècle Aristide Torchia qu'il possède, et ensuite d'acquérir les deux autres, l'un se situant au Portugal et le dernier en France. Bien qu'étant passionné par son métier, Corso est davantage attiré par l'argent. C'est donc contre un gros chèque qu'il accepte de mener des investigations, à commencer par la visite de Liana Telfer, dont l'époux s'est pendu récemment après avoir justement vendu son exemplaire de l'ouvrage à Boris balkan...

The Ninth Gate va mener notre héros dans une intrigue passionnante, entre enquête et mysticisme, ce personnage ambigu traversant plusieurs territoires tels que les États-Unis, le Portugal, l'Espagne mais aussi et surtout la France, la Seine et Marne, les Pyrénées-Orientales, le Val-d'Oise, l'Aude et même la capitale française se partageant la vedette. Des décors souvent majestueux. Entre grandes villes, châteaux et villages archaïques. Un enchantement pour les yeux, mais aussi pour les oreilles puisque Roman Polanski confie aux bons soins du compositeur polonais Wojciech Kilar (La Jeune Fille et la Mort en 1994, Le Pianiste en 2002 tout deux réalisés par Roman Polanski) d'écrire la musique envoûtante de The Ninth Gate. Une partition qui participe grandement à l'ambiance d'un long-métrage que l'on pourrait quelque peu rapprocher des investigations menées par les personnages de Guillaume de Baskerville et Adso de Melk dans le chef-d’œuvre de Jean-Jacques Annaud, Le Nom de la Rose. Toutes proportions gardées bien évidemment puisque l’œuvre de Roman Polanski lui est malgré tout quelque peu inférieure.

Outre la présence de l'actrice et épouse de Roman Polanski Emmanuelle Seigner (que le cinéaste emploiera à de nombreuses occasions), le spectateur à l’œil aiguisé remarquera sans doute la quadruple interprétation de l'acteur José Lopez Rodero (dans le double rôle des jumeaux libraires et des déménageurs) dont il semble qu'il n'ait pas interprété d'autre rôle au cinéma. Avec The Ninth Gate, Roman Polanski retrouve l'ambiguïté de ses œuvres passées, surtout durant les deux premiers tiers du film. On regrettera sans doute que la cérémonie succédant aux investigations du héros n'ait pas été filmée avec davantage d'investissement (on aurait sans doute rêvé d'une séquence aussi magistrale que l'incroyable cérémonie du Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick) et que la fin se laisse aller à quelques débordements faussement fantastiques. Il ne faut cependant pas bouder son plaisir car à travers The Ninth Gate, c'est véritablement toutes les aspirations du réalisateur franco-polonais qui ressurgissent...

vendredi 20 mars 2015

Tusk de Kevin Smith (2014)



Wallace Bryton est un célèbre podcaster américain. Surtout connu pour interviewer des hommes et des femmes en marge, le jeune homme se rend au Canada afin d'y interviewer une nouvelle personne. Malheureusement pour, lui, ce dernier s'est donné la mort deux jours plus tôt. Désemparé et sur le point de repartir pour mes États-Unis, l'attention de Wallace est attirée par un mot accroché sur le mur des toilettes publiques d'un bar. Un certain Howard Howe y raconte son désir de partager ses souvenirs. Intrigué, le podcaster téléphone au vieil homme pour convenir d'un rendez-vous. Après deux heures de route, Wallace arrive enfin dans la luxueuse demeure de Howe.

L'homme est tétraplégique et se déplace en fauteuil roulant. Aprè avoir offert du thé à Wallace, Howard commence à lui parler de son passé. Notamment de sa rencontre avec Ernest Hemingway sur un bateau, et surtout de sa passion pour les morses depuis qu'il s'est retrouvé échoué sur une ile. En effet, d'après ses dires, c'est bien grâce à l'un d'entre eux qu'il a eu la vie sauve.

Ce que ne sait pas encore Wallace, c'est que Howe déteste l'humanité. Celui-ci a mis un somnifère dans son thé et le jeune homme ne tarde pas à s'endormir. A son réveil, Wallace n'a plus de jambes. Howard Howe a déjà commencé à travailler sur son projet : transformer Wallace en morse.
N'ayant plus de nouvelles de leur ami, Allison Leon et Teddy Craft se rendent au Canada afin de le retrouver...

Avec un tel sujet, le cinéaste Kevin Smith ne pouvait donner naissance qu'à un film barré. Et dire que Tusk l'est est un euphémisme. L'homme qui tourna vingt ans plus tôt le cultissime Clerks, les employés modèles met en scène des personnages tout droit sortis de cette frange du cinéma comique américain que l'on peut ou pas apprécier. Tusk est donc un curieux mélange de comédie, de drame et d'horreur. Presque majoritairement rejeté par le public, on peut se demander pourquoi l’œuvre s'est retrouvée si malmenée. Kevin Smith endosse un temps le rôle de fils spirituel de Tom Six qui s'est rendu responsable de la crapoteuse trilogie The Human Centipede qui, rappelons-le, mettent en scène des timbrés désireux de transformer des hommes et des femmes en mille-pattes !!!

Là ou Tom Six donnait dans le franchement glauque, Kevin Smith lui, injecte suffisamment d'humour pour désamorcer l'horreur de la situation. Peut-être cela en a-t-il gêné certains, toujours est-il que la mayonnaise prend plutôt bien. Autre reproche formulé : l'abondance des dialogues. Ben ouais, ça parle, et même beaucoup. Mais alors que les conversations (lorsqu'il ne s'agit pas des monologues du dingue de service) prennent en otages ceux qui auraient aimé un peu plus d'action et moins de bavardage, l'écriture nous épargne tout de même de devoir nous assoupir. Le personnage de Howerd Howe campé par Michael Parks est suffisamment barré pour que la moindre de ses interventions nous interpelle. Tusk est aussi marquant pour ses ruptures de ton. On passe de la comédie adolescente et boutonneuse à l'horreur pure d'une salle d'opération qui voit le héros Wallace (Justin Long) se faire charcuter par un type un peu trop amoureux des animaux. La créature est presque grotesque dans sa conception et fait plus rire que pleurer.

On remarquera la présence de l'excellent Johnny Deep qui une fois de plus endosse un rôle des plus original. Ce qui donne une fois encore l'occasion au cinéaste de créer une rupture. Si l'apparition de l'acteur semble en avoir incommodé certains, il faut reconnaître que sa présence donne quand même un sacré coup de main à une œuvre qui connaît très vite des limites et que seul Johnny Deep parvient à masquer. Tusk demeure une œuvre atypique, pas vraiment drôle pour celui qui n'aime déjà pas particulièrement l'humour post-adolescent venus des States, pas du tout effrayante non plus, et encore moins compatissante envers son héros martyrisé. Et pourtant, quelque chose fait que l'on s'y attache un peu. Comme ces films faits de bouts de ficelle, avec juste ce qu'il faut d'amour pour que la recette fonctionne...


jeudi 28 août 2014

Cry-Baby de John Waters (1990)



A Baltimore, deux communautés s'opposent depuis des années. Il y a d'abord les « Coincés », qui vivent dans les quartiers chics de la ville. Ils écoutent du Doo-Wop, s'habillent en blanc, et se réunissent à l’École du Savoir-Vivre. Viennent ensuite les « Frocs Moulants ». Ce sont des délinquants juvéniles, des blousons noirs qui boivent de la la bière et écoutent du Rock 'N Roll.

Parmi eux, il y a Wade Walker, dit « Cry-Baby » et sa sœur Piment. Entourés de leurs oncles et tente Tonton Belvedere et Ramona Rickettes, et de leurs amies Mona Mainorowsi, dite « délit de faciès », et Wanda Woodward, ils sont rejetés par les « Coincés » et leur société bien-pensante.

Sauf qu'un jour, Cry-Baby croise la route de la jolie Allison Vernon-Williams. Ils tombent fous amoureux l'un de l'autre. Un coup de foudre qui n'est pas du goût de tout le monde puisque fiancée à l'un des plus sûr représentants de la communauté des « coincés », Allison va provoquer une bagarre entre les deux clans qui va envoyer Cry-Baby derrière les verrous...

Pas de doute possible, nous sommes bien ici devant une œuvre signée John Waters. Son Amour immodéré pour les années soixante transpire à chaque plan. Entre l'image lisse du puritanisme américain et cette frange qui vit en marge de la société comme une paria, le cinéaste s'en donne à cœur joie et propose une œuvre drôle et attachante. Et puisque Divine et sa troupe ont disparu du catalogue d'interprètes du réalisateur de « Pink Flamingos » et consorts, John Waters a convié une foule d'acteurs bigarrés. De Johnny Depp, alors acteur connu pour jouer dans la série à succès 21 Jump Street, à Traci Lords, ancienne actrice pornographique qui fit scandale pour avoir joué dans des films X alors qu'elle était encore adolescente, en passant par le chanteur et musicien Iggy Pop, le film fourmilles de « figures » inoubliables. A commencer par Kim McGuire et son improbable faciès.
 
John Waters emploie une méthode assez particulière pour trouver celui qui interprétera le rôle-titre. Il achète pour trente dollars de magazines pour adolescents et tombe sur une couverture représentant Johnny Depp. Son choix est fait. Quand au personnage interprété par Kim McGuire, John Waters en a eut l'idée cinq ans auparavant. Il devait d'ailleurs être au centre d'un film consacré à un personnage au physique désavantageux. L'idée est abandonnée mais alors que Divine disparaît en 1988, c'est Kim McGuire qui obtient le rôle deux ans plus tard, en 1990.

En réalité, de la troupe originale de John Waters, deux actrice apparaissent dans le film. Mary Vivian Pearce et Mink Stole. Deux apparitions en forme d'hommage puisqu'on ne les aperçoit que quelques instants.

Contrairement à ce que certains ont pensé, ça n'est pas Johnny Depp qui interprète les chansons du film mais des groupes de l'époque ainsi que, pour une majorité d'entre elles, James Intveld et Rachel Sweet. Cry-Baby a depuis été adapté en comédie musicale à Broadway. Si l’œuvre du cinéaste n'est plus aussi irrévérencieuse qu'à une certaine époque, le film demeure néanmoins une excellent comédie, beaucoup critiquée par certains qui n'ont pas cerné l'aspect volontairement naïf et léger du film, voulu par John Waters lui-même...
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