Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Sissy Spacek. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sissy Spacek. Afficher tous les articles

jeudi 11 octobre 2018

Cycle Stephen King : Carrie au Bal du Diable de Brian de Palma (1976) - ★★★★★★★☆☆☆



Carrie au Bal du Diable revêt, dans la carrière de l'écrivain Stephen King et du réalisateur Brian de Palma, une importance considérable. Pour le célèbre écrivain, il s'agit du premier roman, qu'il aurait paraît-il conçu sur une machine à écrire installée dans un réduit, sur une machine à laver. Écrit en 1972, accepté par la maison d'édition Doubleday en 1973 et publié en 1974. Le succès est instantanné sur le territoire américain puisque dès la première année, Carrie se vend à hauteur de 13 000 exemplaires, soit presque la moitié de ceux qui sont alors mis en circulation. Deux ans plus tard, le cinéaste Brian de Palma s'empare du roman après l'avoir lu sur les conseils d'un ami et réalise donc son adaptation au cinéma sur la base d'un scénario écrit par Lawrence D. Cohen. Lorsque le cinéaste débute le tournage de Carrie (titre original qui conserve toute la simplicité de celui du roman), il n'a derrière lui qu'une poignée de courts-métrages mais déjà neuf longs-métrages dont Sœurs de Sang (qui est déjà, un hommage à son mentor Alfred Hitchcock), l'extraordinaire comédie fantastique et musicale Phantom of the Paradise, ou encore l'excellent Obsession. Carrie au Bal du Diable n'est donc pas sa première incartade dans le domaine du fantastique mais l'une des rares dont il confiera l'écriture à un autre. Il y exploite à nouveau le principe du Split-Screen (écran partagé permettant divers points de vue d'une même séquence) auquel il donnera ses lettres de noblesses à travers plusieurs de ses longs-métrages.

Pour l'actrice Sissy Spacek, Carrie au Bal du Diable revêt également une grande importance puisque si cette jeune femme qui a l'époque du tournage avait déjà 27 ans alors qu'elle en paraît dix de moins (le film évoque une adolescente de dix-sept ans), a déjà tourné auprès de Michael Ritchie (Carnage) ou de Terrence Malick (La Ballade Sauvage), le rôle qu'elle tiendra dans le film de Brian de Palma demeurera sans doute comme son plus célèbre.

Carrie n'est pas vraiment une adolescente comme les autres. Effacée, timide, et physiquement beaucoup moins gracieuse que ses camarades d'école, elle découvre avec stupeur ses premières règles. Mais la jeune femme, qui vit avec une mère bigote n'a pas conscience de ce qui est en train de lui arriver. Victime des quolibets de la part de ses camarades, elle n'a malheureusement pas l'occasion de trouver chez sa génitrice le réconfort et la paix auxquels elle aspire. Cette dernière ose même lui affirmer que ses saignements sont les conséquences de ses péchés. Trouvant du réconfort non pas auprès de sa mère donc, mais de son professeur d'éducation physique (Betty Buckley, que l'on découvrit chez nous dans la série Huit, ça Suffit!), Carrie semble bénéficier d'un certain relâchement auprès de l'une de ses camarades, Susan Snell (incarnée par l'actrice Amy Irving que le cinéaste réembauchera sur le plateau de Fury en 1978 et que l'on a pu revoir très récemment dans Unsane de Steven Soderbergh cette année), qui toute honteuse du traitement qu'elle et ses camarades font subir à Carrie, va demander à son petit ami d'accepter d'accompagner Carrie au bal de fin d'année. Mais derrière cette invitation se trame en réalité une vengeance organisée par l'odieuse Chris Hargensen (Nancy Allen, Blow Out, Robocop, etc...)

Carrie au Bal du Diable aurait dû être pour la jeune fille, l'entrée dans l'adolescence. Mais grâce ou à cause de ses premières règles tardives, c'est dans le monde des adultes qu'elle va entrer. Ces premières règles sont le signe d'une abondance d'hémoglobine à venir. De ce fameux bal du Diable que souligne le titre. Si Sissy Spacek est littérallement incarnée dans le rôle de Carrie, l'actrice Piper Laurie hante totalement le personnage de Margaret White, la mère de l'adolescente. L’œuvre de Brian de Palma est parfois d'un terrible inconfort, la gamine n'ayant que de très brèves occasions de vivre en paix. Entre ses camarades et sa mère, fanatique religieuse, Carrie est prise dans un étau qui se resserre de plus en plus autour d'elle. La seule échappatoire semble venir de ce don de télékynésie qu'elle semble d'abord ne pas être en mesure de contrôler et qui sera le bras de sa vengeance lors d'un final apocalyptique dominé par un rouge criard. La purification dans le sang. Si quelques images laissent imaginer un film gore (le sang du seau n'est même pas humain), Carrie au Bal du Diable est relativement sobre, avec quelques effets plutôt sympathiques évoquant le pouvoir de Carrie (la crucifixion de la mère étant un première pas vers l’autonomie et la liberté). Le film sortira sur les écrans américains le 3 novembre 1976 et en France le 22 avril de l'année suivante après avoir fait un passage remarqué au festival d'Avoriaz en janvier où il remporta le Grand Prix ainsi qu'une Mention Spéciale pour son interprète principale. Aux États-Unis, le film est nominé à diverses occasions dont les Oscars de 1977 (de la meilleure actrice pour Sissy Spacek et meilleure actrice dans un second rôle pour Pieper Laurie). Stephen King entrait, grâce au long-métrage de Brian de Palma, dans la légende des auteurs de romans fantastiques et d'épouvante...

samedi 27 mai 2017

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Charles Raymond Starkweather et Caril Ann Fugate "La Balade Sauvage" de Terrence Malik (1973)


De la fiction...

Kit, jeune éboueur, décide de laisser tomber son emploi pour la journée. Il est viré par son patron et se retrouve sans travail. C'est en marchant dans les rues du trou perdu dans lequel il vit qu'il croise la route de Holly, jeune majorette qui s'entraîne au bâton. Installée depuis peu avec son père, peintre sur panneaux publicitaires. Les deux jeunes gens tombent sou le charme mais le père de Holly n'apprécie guère que sa fille traîne avec un éboueur. C'est ainsi que Kit trouve un emploi de gardien de vaches. Mais rien n'y fait, le père de Holly continue à refuser à sa fille de fréquenter le jeune homme.

Un jour, alors que Holly prend des cours auprès d'un professeur et que son père est parti travailler, Kit s'introduit chez eux et fouille la chambre de la jeune fille. Mais avant qu'il ait pu s'enfuir, les propriétaires des lieux débarquent. Le père de Holly menace d'appeler la police, et c'est le drame. Kit lui tire une balle dans le dos et l'homme meurt sur le coup. Holly et Kit prennent alors la fuite et décident de se rendre dans les Badlands. Sur la route, ils vont semer la mort et vont être poursuivi par toutes les polices de l'état...

Première œuvre de Terrence Malick (Les Moissons du Ciel, La Ligne Rouge), La Balade sauvage s'appuie sur un fait divers authentique survenu en 1958 dans les états du Nebraska et du Wyoming. Le road trip d'un couple de criminels qui fit onze victimes. Ici, la première à faire les frais du tueur Kit, c'est le propre père de Holly (Sissy Spacek). Interprété par Martin Sheen, le tueur fait indéniablement penser à une grande figure du cinéma, James Dean, auquel le véritable tueur fut d'ailleurs comparé. Le cinéaste fait prendre des pauses suggestives à son principal interprète, renforçant ainsi la comparaison entre les deux hommes. Les méfaits surviennent deux ans après la mort de l'acteur devenu culte par la suite. Martin Sheen campe un personnage de chien fou, totalement amoral, qui dicte et vit selon ses propres loi. Tuer n'a pas la moindre importance si cela peut lui permettre d'écarter de son chemin tous ceux qui lui barrent la route.

La Balade Sauvage est avant tout un road movie. Il n'y a pas de surenchère. L'histoire de ce couple immature qui vit sûrement ses derniers instants de liberté à cent à l'heure n'a pas l'air de saisir les conséquences des actes qu'il sont en train de commettre. Terrence Malik choisit de donner la parole au personnage de Holly (épatante Sissy Spacek) qui en voix-off se questionne et finit même par se poser en victime, n'éprouvant plus le moindre sentiment pour cet homme qui ne l'a pourtant pas vraiment forcée à partir avec lui. Les personnages de Holly et Kit sont d'ailleurs très ambigus. La première est si naïve que l'on se demande si elle n'est pas tout simplement stupide. Sa réaction face à la mort de son père est si étonnante que l'on se demande si elle réalise vraiment ce qui lui arrive. Quand à Kit, les sentiments qu'il éprouve pour Holly sont assez particuliers. Plus que de l'amour, on a la sensation que le jeune homme éprouve surtout un fort besoin de posséder. Il avouera d'ailleurs à la jeune fille son peu d'attirance sexuelle pour elle. Terrence Malik tourne son œuvre dans un décor de poussière qui ferait perdre la tête à n'importe qui. La solitude, la chaleur et le rejet de la société (ici le père de Holly) sont autant d'éléments qui vont mener Kit à partir dans une folle épopée meurtrière. La Balade Sauvage demeure simpliste dans sa mise en scène mais reste une belle réussite en terme d'interprétation...

à la réalité

Charles Raymond Starkweather est né en 1938. Dix-huit ans plus tard, il fait la connaissance de Caril Ann Fugate. Il quitte son emploi dans un entrepôt où il fut considéré par son patron comme un employé stupide. Il commet son premier meurtre le 30 novembre 1957 après que le préposé d'une station-service lui ait refusé l'achat d'une peluche qu'il destinait à Caril Ann. Deux mois plus tard, c'est la mère, le beau-père et la petite sœur de la jeune femme qui meurent des mains de Starkweather. Ce dernier et Caril Ann prennent alors la fuite et commencent pour eux une virée qui comptera en tout onze victimes. Leur route s'arrêta à Dallas où ils furent arrêtés par la police. Contrairement au personnage de Holly, Caril Ann fit de la prison et fut libérée sur parole en 1976. Starkweather, lui, fut exécuté sur la chaise électrique le 25 juin 1959 au pénitencier de l'état du Nebraska.

lundi 19 décembre 2016

The Ring 2 de Hideo Nakata (2005)



Que s'est-il donc passé entre 2002, année de sortie du premier The Ring américain et cette suite datant de 2005 ? Et même depuis 1998 puisque Hideo Nakata, le papa de Ringu, a repris le flambeau qu'il avait abandonné au profit de l'américain Gore Verbinski qui avait signé un remake tout à fait honorable de son chef-d’œuvre horrifique. Je ne comprends absolument pas l'engouement de la presse pour ce The Ring 2 qui à aucun moment ne m'a emporté comme a su le faire le premier.
On comprendra que le public ait été partagé. Entre les fans absolus et aveuglés qui ne jurent que par cette saga et ceux, selon moi les vrais, qui justement n'ont jamais adhéré qu'aux œuvres originales venues du Japon, on ne sait plus trop à qui se fier. A la presse peut-être, pour laquelle le film de Hideo Nakata fait l'unanimité.

La première question que l'on peut se poser concerne l'utilité pour le cinéaste d'avoir réalisé un remake de son propre long-métrage. S'il ne l'a évidemment fait que pour satisfaire le public américain mais également son égo qui, au vu des qualités du remake de Ringu premier du nom, se devait de prouver qu'il pouvait, sinon faire mieux, du moins s'aligner sur l’œuvre signée par Gore Verbinski. Il peut y avoir plusieurs critères importants à prendre en ligne de compte. Soit l'on découvre chacun des remakes au moment de sa sortie au cinéma et les trois années qui les séparent peuvent alors justifier un certain engouement du fait que l'impact laissé par le premier se soit peu à peu dilué avec le temps. Soit l'on regarde les deux épisodes coup sur coup, et là, ça fait mal. Et pour plusieurs raisons. D'abord, l'intrigue en elle-même. Si The Ring avait la bonne idée de nous proposer une œuvre horrifico-fantastique mêlée à une enquête journalistique sacrément bien fichue et entourant une mystérieuse affaire remontant à de longues années, out ceci étant dorénavant accompli, que reste-t-il désormais à Hideo Nakata ? En fait, de l'intrigue originelle, pas grand chose. A part reprendre les grandes lignes du scénario orignal et nous montrer davantage son effrayante créature, le fait même que l'on connaisse déjà l'identité, l'apparence, et une grande partie de son histoire nous rendent celle-ci beaucoup moins attrayante.

Surtout, Hideo Nakata prouve avec cette suite-remake qu'il n'est pas aussi à l'aise lorsqu'il s'agit de reprendre un thème qui lui est personnel pour le compte du marché américain. Le cinéaste japonais a dû forcément faire quelques sacrifices afin de satisfaire un public différent de celui rencontré dans son pays d'origine. La tristesse de sa mise en scène a trouvé son écho dans l'interprétation de Naomi Watts qui jadis, lors de sa première incursion dans l'univers de Nakata, avait fait de jolie prouesses et était parvenue à se hisser au moins au niveau de son homologue japonaise, l'actrice Nanako Matsushima. Désormais, elle semble guidée par un scénario déchirant d'inefficacité. Il n'y a d'ailleurs guère que dans les rapports entre son personnage de Rachel et celui de son fils Aïdan (l'excellent David Dorfman) que le film tient la route.

Car même si certains visuels nous ramènent au meilleur du premier opus (l'attaque des cerfs, la salle de bain immergée), contrairement à ce que certains critiques affirment, les moments d'effrois son quasiment inexistants. Le film demeure en effet stérile en matière d'épouvante, ce qui peut sembler un comble si l'on tient compte du fait qu'il s'agit tout de même de l'un des effets recherchés par le scénario. Hideo Nakata manque également le coche lorsqu'il s'agit de donner du corps à l'un de ses personnages. Maintenant que Noah Clay (Martin Henderson), le père de Aïdan, n'est plus, il fallait lui trouver un remplaçant. Et pourquoi pas un certain Max Rourke, que l'acteur Simon Baker ne parviendra jamais à hisser au niveau du personnage de Noah. Sans doute n'est-il en rien responsable des quelques navrantes apparitions de son personnage, mais sa présence à l'écran demeure inutile tant Nakata a gâché les quelques passages qui lui sont consacrés. Si le père de Aïdan était lui aussi immature, on pouvait deviner chez lui une capacité à s'adapter à la situation tragique dans laquelle s'étaient mis son fils et son ex-compagne tandis que Max, lui, demeure le genre de personnage peu attachant, auquel on ne confierait même pas son animal.

Bref, The Ring 2, dans la chronologie des événements demeure inutile et surtout décevant sachant que son réalisateur n'est autre que celui qui donna naissance en 1998 à la légende de Sadako Yamamura, l'alter ego japonaise de Samara Morgan. A noter la présence de l'actrice américaine Sissy Spacek dans le rôle de la mère de samara et qui, en son temps, fut l'admirable adolescente pourvue de pouvoirs télé-kinésiques de Carrie au Bal du Diable de Brian de Palma...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...