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mercredi 11 août 2021

Robocop 2 d'Irvin Kershner (1989) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


Alors, Robocop 2 est-il meilleur que son modèle ? Et si oui, a-t-on aujourd'hui le droit de le professer ? Parce que si mes souvenirs sont bon, déjà à l'époque, évoquer en de bons termes la séquelle d'un classique qu'il eut été de science-fiction ou autre, c'était une chance de plus d'affronter les foudres des fans de l’œuvre originale. Paul Verhoeven n'ayant pas repris les commandes de la franchise, c'est au tour du réalisateur américain Irvin Kershner de s'en charger. Pas un manchot le bonhomme vu qu'il a déjà derrière lui à l'époque une certaine expérience de la mise en scène puisqu'il a réalisé lui-même le second volet de la trilogie originelle Star Wars intitulée chez nous L'Empire contre-attaque, qui si je ne me trompe pas, est considéré par les fans de la franchise comme le meilleur de tous. Puis Les yeux de Laura Mars, sur un scénario de l'immense John Carpenter et même un James Bond (Jamais plus jamais). En même temps, quel cinéaste n'a jamais réalisé de purge ? James Cameron ? David Lynch ? Paul Verhoeven ? David Charhon ? Mais alors, que sont donc Piranha 2 : Les Tueurs volants, Dune, Showgirls ou Cyprien, Les naufragés et Le dernier Mercenaire sinon des ratés dans des carrières exemplaires (il est conseillé de barrer les mentions inutiles concernant le ''réalisateur'' français) ?


D'une certaine manière, Robocop 2 parvient à maintenir le cap qui est celui de demeurer dans la droite lignée de son prédécesseur. Peter Weller, Nancy Allen, Dan O'Herlihy, Robert DoQui et Felton Perry font toujours partie de l'aventure et seuls changent les méchants de l'histoire. Les effets-spéciaux sont beaucoup plus nombreux puisque interviennent davantage de situations faisant appel à la stop-motion et à l'animatronique. Une approche qui s'explique par la présence à l'écran de plusieurs alternatives ratées du Robocop et d'un nouveau modèle dont la crédibilité reste à revoir. Irvin Kershner serait-il à l'origine du jeunisme qui quelques décennies plus tard allait largement se déployer sur les écrans ? Toujours est-il que le passage de relais entre les criminels du premier Robocop et les délinquants de sa séquelle ne se fait pas dans la douceur. C'en est même grotesque que de voir une police débordée par des voyous hauts comme trois pommes, dirigés par une sorte de gourou charismatique interprété par l'inquiétant Tom Manhunter Noonan. Et que dire de son improbable ''lieutenant'', le jeune Hob qu'incarne Gabriel Damon alors âgé de treize ans seulement. Visionnaire, Robocop 2 ? Si on prend les choses ainsi, alors oui, ça peut le faire. Surtout que le monde que décrit le scénario de Frank Miller et Walton Green est proche de l'original mais en pire. L'OCP ne semble plus régir que la sécurité mais l'ensemble des règles qui régissent la société.


Dans une ville de Détroit où la violence est arrivée à son apogée, le retour de Robocop semble plus que jamais indispensable... Oui mais voilà. Qu'il soit quelque peu modifié pour intégrer un programme dont les objectifs vont bien au delà de ceux pour lesquels il avait été créé à l'origine, on aura peut-être un peu de mal à pardonner cette touche humoristique qui malheureusement ne sert qu'à humilier ce personnage mythique de la science-fiction. Un Robocop qui n'est parfois qu'une réplique grotesque de lui-même, surtout lors de gunfights où sont attitude cartoonesque est risible dans le plus mauvais sens du terme. Genre : ''je tire à droite tout en tournant ma tête de boite de conserve à gauche''. Des adolescents tout juste entrés dans la période de l'adolescence, un héros qui se caricature, et PIRE, un modèle d'un nouveau genre auquel est administré le cerveau du pire des criminels (fallait oser), mais de l'action et quelques séquences plutôt gratinées qui contre-balancent le tout pour un résultat qui fait paraître cette suite comme une volonté d'attirer un public plus large pour un spectacle auquel les enfants sont désormais conviés...

 

Robocop de Paul Verhoeven (1987) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En 1987, année de sortie de Robocop, les concepts de cinéphilie et de cinéphagie m'échappaient totalement. Comme la présence de Paul Verhoeven au générique du film me laissait totalement indifférent. Goulu de science-fiction, d'horreur, d'épouvante et de gore, seules comptaient les images que les magasines spécialisés placardaient au beau milieu de leurs articles quelques mois avant que tel ou tel long-métrage ne sorte sur les écrans. À la sortie de la séance, cependant, le nom du réalisateur est demeuré ancré dans ma mémoire et je m'étais juré que s'il parvenait à renouveler l'expérience, j'en ferais l'un de mes réalisateurs préférés. Puis est sorti trois ans plus tard, un autre classique de la science-fiction. Total Recall avec Arnold Schwarzenegger. Quelques trente années et des poussières plus tard, c'est le même constat pour ces deux œuvres. Autant j'avais choisi de retourner les voir une seconde fois, autant aujourd'hui j'avoue avoir beaucoup plus de mal à supporter leur vision complète. Surtout Robocop qui en l'occurrence, je trouve, a relativement plus mal vieilli que Total Recall. Je sais combien il est risqué de s'attaquer à ce que d'aucun considère comme un joyau de la science-fiction des années quatre-vingt. Ce qui au demeurant peut se comprendre. Il est vrai qu'à l'époque, l’œuvre de Paul Verhoeven figurait l’alternative aux blockbusters d'aujourd'hui. Des effets-spéciaux admirables en leur temps et qui restent encore de nos jours fort appréciables. Une apparition remarquée du modèle ED209 en stop-motion (ou animation en volume), technique sublimée en son temps par LE spécialiste en la matière, l'américain Ray Harryhausen. Un peu d'animatronique lors de l'utilisation du bras robotisé qui bientôt va être greffé à la place de celui du héros incarné par l'acteur Peter Weller. Quelques plans gore particulièrement croustillants comme la séquence lors de laquelle l'officier Alex Murphy perd sa main droite ou mieux, lorsque l'un des vilains pas beaux en la personne d'Emil Antonowsky qu'interprète l'acteur Paul McCrane se met à fondre au contact de substances chimiques hautement corrosives. Et puis, bien entendu, il y a ce flic-robot. Robocop et sa cuirasse imperméable aux balles. Ce redresseur de torts qui, ahhhh les imprévus de la science, va se remémorer l'abominable meurtre dont il a été la victime et se lancer à la poursuite de ses bourreaux...


Une très belle brochette d'interprètes parmi lesquels les plus anciens reconnaîtront aisément au sommet, Ronny Cox, suivi de Kurtwood Smith, Ray Wise et auxquels on pourra même ajouter le toujours aussi fameux Miguel Ferrer même si celui-ci ne fait pas partie de la ''bande''. Murphy/Robocop est de ces super-héros crédibles, sans autres pouvoirs que sa protection qui empêche les balles de l'atteindre et une précision dans la visée qui n'a d'égale que sa capacité à percevoir le danger à travers les murs. La science-fiction est très rapidement mise de côté et Robocop n'est alors plus qu'un film d'action testostéroné empli de gunfights, d'explosions, de répliques savoureuses, mais qui au fond, manque cruellement de profondeur. La chose est d'ailleurs étrange si l'on tient compte du fait que dans mes souvenirs, cet aspect du film me semblait alors beaucoup plus marqué qu'il ne l'est en réalité. Et puis, c'est peut-être un détail, mais il y a des choses qui ne passent pas et rendent malheureusement l'ensemble quelque peu ringard. Comme lorsque Murphy se prend on ne sais combien de balles dans le corps avant de choir sur le sol, toujours en vie, attendant qu'un dernier projectile ne vienne se ficher dans sa tête et n'abrège des souffrances à peine exprimées à l'image. Invraisemblable ! À l'époque très grosse sensation, Robocop apparaît aujourd'hui terriblement désuet. Il n'y a guère que la tronche des méchants pour maintenir un certain intérêt ainsi que la vigueur de la mise en scène du réalisateur néerlandais. Absence totale de caractérisation, le décès de Murphy intervient si rapidement que l'on demeure indifférent à sa mort. Et lorsque l'échange entre la machine et la charmante Nancy Allen/l'officier Anne Lewis arrive enfin, il est malheureusement déjà trop tard...

 

mardi 16 juin 2015

Of Unknown Origin de George Pan Cosmatos (1983)



D'origine Grec, George Pan Cosmatos n'a réalisé qu'une dizaine de films avant de mourir d'un cancer du poumon le 19 Avril 2005. Il a tourné avec Sylvester Stallone dans Rambo 2 :La mission et Cobra, a réalisé un excellent film catastrophe en 1977 avec Le Pont De Cassandra, et s'est essayé au film fantastique avec Leviathan et au western avec TombStone.

Réalisé en 1983, Terreur A Domicile est sans doute l'un de ses films les moins connus et pourtant, il mérite peut-être encore plus notre attention que le reste de sa filmographie. Lui qui avait pour habitude de proposer des films particulièrement "bourrins" s'attache ici à retranscrire une atmosphère angoissante qui ne dépasse que rarement le cadre étriqué d'un appartement dans lequel viennent de s'installer Bart Hughes, sa femme Meg, ainsi que leur fils. Alors que son épouse et que leur progéniture partent en vacances auprès du beau-père de Bart, celui-ci est engagé par son supérieur Eliot Riverton sur un projet visant à réorganiser tous les services des succursales de la compagnie. Afin de mener à bien ce projet, Riverton ne laisse à Bart que deux semaines. Le jeune homme s'emploie dès lors à ne travailler que sur cette réorganisation, emportant même du travail chez lui, profitant de l'absence de sa femme et de leur fils pour se concentrer sur sa tâche.

Alors qu'une fuite d'eau survient dans l'appartement, il demande de l'aide à Clete, homme à tout faire de l'immeuble qui lui signifie que les dégâts peuvent avoir été causés par des rongeurs. Bart se procure alors des pièges qu'il installe un peu partout chez lui. Puis du poison. Mais rien ne semble pouvoir mettre un terme au désastre qui peu à peu prendre de l'ampleur dans l'appartement. Chaque jour, chaque nuit, les lieux sont visités par un énorme rat dont Bart ne parvient pas à se débarrasser. Pire : la créature semble se jouer des vaines tentatives de Bart pour l'éradiquer. Le rat fouille les tiroirs de la cuisine. Éventre les paquets de farine et de sucre. Il s'attaque même aux dossiers du propriétaire en réduisant les documents en un monceau de papier.

La guerre que mène Bart afin de se débarrasser de son visiteur indésirable tourne à l'obsession. Au point même qu'il en oublie le plus important : travailler sur le projet que lui a confié Eliot Riverton...

Principalement interprété par Peter Weller (Robocop), Terreur A Domicile va droit au but sans passer par tout un panel d'artifices inutiles. Le scénario est on ne peut plus basique. Une chasse entre un homme et un énorme rat dans un appartement. Point. A partir de là, George Pan Cosmatos instaure un climat angoissant. Un huis-clos réussit qui n'empêche pas une certaine étude de comportement. En effet, Bart, homme d'affaire particulièrement brillant apparaît tout d'abord comme un être solide que rien ne peut faire défaillir. Pourtant, c'est bien la présence d'un rat qui va tout faire dérailler. On assiste au changement d'humeur de Bart. Une modification qui s'ensuit d'une transformation physique assez saisissante. Devant son incapacité à dormir en raison de la présence d'une bête particulièrement agressive entre les murs de ce qui devrait être le seul véritable lieu de paix dans l'existence de Bart, l'homme finit par créer une sorte d'intimité avec son visiteur. On assiste à la lente dégradation mentale de Bart qui use de nombreux subterfuges pour éliminer le rongeur. Malgré l’exiguïté de l'environnement, George Pan Cosmatos réussit avec brio à nous faire ressentir l'angoisse née de la présence du rat. Le cinéaste joue sur les bruits et les preuves laissées par l'immonde créature. Le spectateur se place d'emblée du côté de la victime.

L'affrontement est un pur régal et vaut bien ceux qui font généralement s'affronter deux hommes. Terreur A Domicile démontre l'intelligence des rongeurs à travers la gueules et les méfaits d'un rat aux proportions un poil exagérées. Peter Weller est convainquant et la mise en scène efficace. Une bonne petite production tout droit venue des années quatre-vingt...
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