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lundi 13 avril 2026

L'occhio nel Labirinto (L’œil du labyrinthe) de Mario Caiano (1972) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Tout commence par la poursuite et l'assassinat d'un homme dans un long et vaste espace désaffecté qui curieusement résonne de nos jours avec le mythe des Backrooms également connus sous le nom d'espaces liminaux. Le docteur Luca Berti (l'acteur allemand Horst Frank) tombe à terre, ensanglanté, après avoir reçu plusieurs coups de couteaux de la part d'un inconnu. Mais heureusement, tout ceci n'était qu'un rêve. Celui que vient de faire Julie (la britannico-italienne Rosemary Dexter). À moins qu'il ne s'agisse d'une prémonition ? Désirant en avoir le cœur net, la jeune femme décide de retrouver celui qui jusqu'à maintenant était son médecin et son amant et qui demeure introuvable. D'après les dire d'un patient de l’hôpital psychiatrique où il travaille, Luca serait parti dans un petit village. C'est là que Julie décide de démarrer ses recherches... L'occhio nel Labirinto (L’œil du labyrinthe) de Mario Caiano est un bien curieux long-métrage que l'on serait tentés de ranger dans la catégorie des Gialli même si au fond, seule la séquence d'ouverture laisse à penser que son auteur a véritablement voulu empiéter sur un genre auquel avaient déjà donné ses premières lettres de noblesses des cinéastes tels que Mario Bava, Lucio Fulci, Sergio Martino et bien évidemment Dario Argento. Pourtant, à bien y regarder, le script assez flou de Mario Caiano et des scénaristes Horst Hächler et Antonio Saguera est parfois plus proche du Whodunit que de celui dont les origines remontent aux années 1920 lorsque furent mis à disposition des lecteurs des romans publiés par la maison d’édition Arnoldo Mondadori Editore. Des ouvrages aux couvertures jaunes sorties sous le nom I libri gialli (d’où l'appellation Giallo) qui pour la plupart étaient des traductions de romans policiers anglo-saxons. Œuvre originale mais non dénuée de tout un tas de problèmes qui la confinent au statut de petite production aussi curieuse qu'ennuyeuse, L'occhio nel Labirinto n'est tout d'abord pas très évident à suivre. Avec son cortège de personnages qui nous sont imposés très rapidement et parmi lesquels nous retiendrons surtout ceux incarnés par Adolfo Celi (L'Homme de Rio de Philippe de Broca en 1964, Opération Tonnerre de Terence Young en 1965), dans le rôle de Frank, l'ancien propriétaire d'un immeuble transformé depuis en orphelinat, par Alida Valli, dans celui de Gerda, une richissime propriétaire d'une vaste demeure.


Ou même par l'autrichienne Sybil Danning qui plus tard deviendra surtout ''célèbre'' pour avoir notamment joué le rôle de la James Bond Girl dans Octopussy de John Glen ou dans Sheena, reine de la jungle de John Guillermin et qui dans L'occhio nel Labirinto incarne une jeune photographe prénommée Toni. Le long-métrage joue ici sur la confusion d'un groupe d'individus qui le plus clair du temps passe son temps à bronzez au soleil. Une pratique qui à l'écran n'apporte bien entendu pas son comptant de séquences passionnantes tandis que la jeune et jolie Julie persiste à vouloir connaître la vérité au sujet de la disparition de son amant. Sur une musique très persistante signée du compositeur Roberto Nicolosi, une photographie de Giovanni Ciarlo et un montage de Jolanda Benvenuti, L'occhio nel Labirinto est donc similaire à un Whodunit transalpin dont le scénario s'amuse à laisser planer le doute quant à la disparition du psychiatre tout en cultivant l'idée selon laquelle, l'un des protagonistes du récit constitué d'une poignée de personnages pourrait être l'assassin qui dans le rêve de la jeune femme poignarda son amant ! Et plutôt que de faciliter la tâche de celle-ci dans sa recherche de la vérité, Mario Caiano et ses scénaristes la compliquent en donnant à chacun de bonnes raisons d'avoir eu envie de l'assassiner... Bon, c'est bien beau tout ça mais sachons être honnêtes et reconnaissons que L'occhio nel Labirinto n'est franchement pas passionnant. Et même souvent ennuyeux. Car derrière son très énigmatique titre qui laisse, au pire ou au mieux, envisager une œuvre nébuleuse et intrigante, l'on se retrouve devant un sujet à défaut d'être passionnant, du moins traité de manière trop superficielle pour véritablement happer l'attention du spectateur. Un long-métrage hybride entre Giallo et Whodunit et où les révélations ne donnent jamais les effets de surprises escomptés. Bref, inutile de perdre son temps devant ce film sans trop d'intérêts et mieux vaut se replonger dans les classiques des deux genres qu'il tente pourtant d'explorer, mais avec maladresse...

 

samedi 27 juillet 2024

Holocauste 2000 d'Alberto De Martino (1977) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Le Diable et le cinéma ont une histoire en commun qui dure depuis plus de cent ans. Au départ, il apparaît notamment sous des traits anthropomorphiques particulièrement sinistres. On le découvre chez le danois Benjamin Chrsitensen en 1922 dans La Sorcellerie à travers les âge ou chez l'allemand Friedrich Wilhelm Murnau quatre ans plus tard dans Faust, une légende allemande. Qu'on le nomme Satan, Belzébuth ou Lucifer, qu'il s'affiche lui-même ou fasse appel à l'un de ses nombreux suppôts, ce sont plusieurs centaines d’œuvres qui l'évoqueront à travers le temps. Jusqu'à l'intégrer dans nos sociétés actuelles et dans toutes les couches sociales que compte notre planète. Même les plus aisées comme le fera remarquer William Friedkin en 1973 avec le formidable L'exorciste dans lequel une gamine à peine formée, prénommée Regan et fille d'une célèbre actrice, sera infestée par Pazuzu, démon du vent originaire de la Mésopotamie. Trois ans plus tard, Richard Donner mettra en scène La malédiction dans lequel Gregory Peck incarnera le rôle de l'ambassadeur des États-Unis Robert Thorn basé au Royaume-Uni et dont le fils adoptif prénommé Damien se révélera être rien moins que l'Antéchrist. En 1987, Alan Parker conviera Mickey Rourke à incarner le détective Harold S. Angel dans Angel Heart afin d'enquêter sur la disparition d'un certain Johnny Favorite. Engagé par Louis Cyphre (Robert De Niro), le nom de ce dernier ne laissera aucun doute quant à ses origines... Encore une décennie plus tard, en 1997, Taylor Hackford s'inspirera du roman The Devil's Advocate d'Andrew Neiderman pour L'associé du Diable afin de mettre en scène Keanu Reeves dans le rôle du jeune et ambitieux avocat Kevin Lomax, lequel sera employé par l'un des plus prestigieux représentants de la profession en la personne de John Milton qui ne sera autre que le Diable lui-même. Ces quelques exemples parmi les plus célèbres ont sans doute fait oublier que se cachent d'autres œuvres aussi marquantes mais déjà beaucoup moins connues. En 1978, le réalisateur et producteur britannique Jack Gold signait La grande menace dans lequel le français Lino Ventura enquêtait sous les traits de l'inspecteur Brunel sur la tentative de meurtre dont fut victime un certain John Morlar qu'incarnait de son côté l'impressionnant Richard Burton. Un personnage dont les origines criminelles demeurèrent déjà nettement plus ambiguës mais dont les conséquences laissèrent présager qu'il pouvait cacher l'une des nombreuses représentations du Mal. Un long-métrage qui curieusement fait écho à une œuvre signée un an auparavant par le réalisateur italien Alberto De Martino dans lequel l'acteur américain Kirk Douglas allait devoir mener un combat avec des forces obscures physiquement représentées par son propre fils.


Là encore, le Mal ne s'insinua pas au sein de n'importe quelle famille puisque Robert Caine y fut un riche industriel ayant créé un réacteur nucléaire capable d'alimenter en énergie la planète toute entière. Repérant aux côtés de la photographe Sara Golan (superbe Agostina Belli) d'étranges symboles situés sur un site archéologique de Cisjordanie, Robert allait bientôt découvrir grâce à l'aide d'un prêtre qu'il s'agissait d'une mise en garde concernant la venue prochaine de l'Antéchrist. Le thème de Holocauste 2000 est ici clairement celui de la fin du monde. Le déploiement du récit s'inscrit dans un mélange entre La malédiction et La grande menace qui, pour ce dernier, ne verra pourtant le jour qu'un an plus tard. En la matière, le réalisateur italien n'est pas un débutant puisque trois ans auparavant il réalisa lui-même L'Antéchrist. Une version nettement moins évoluée de celle proposée par William Frtiedkin quelques années auparavant mais qui restait sympathique malgré tout. Le plus étonnant dans Holocauste 2000 est d'abord la présence à l'image de l'acteur Kirk Douglas. L'une des plus grandes stars du cinéma américain qui l'année suivante retournerait à nouveau au fantastique en incarnant l'un des principaux rôles de Furie de Brian De Palma. Dans Holocauste 2000 il incarnait un homme d'affaires brillant mais aussi et surtout humaniste qui au-delà de ses propres intérêts irait jusqu'à combattre son propre fils afin d'éviter que ne se produise le pire. Après une première moitié relativement pénible, le long-métrage d'Alberto De Martino finit par supporter un rythme beaucoup plus soutenu, le père cherchant à tout entreprendre afin d'éviter que son fils ne prenne les rennes du pouvoir. Doté de quelques effets horrifiques plutôt sympathiques comme un pal d'hélicoptère scalpant un crâne (séquence qui sera reprise par George Romero un an plus pour son cultissime Zombie mais qui sera finalement coupée lors du montage européen proposé par le réalisateur italien Dario Argento) ou lorsque Kirk Douglas explose à grands coups de bâton la tête d'un patient de l’hôpital psychiatrique où il se retrouvera plus tard enfermé, l'on retrouve également au générique de Holocauste 2000 l'acteur britannique Simon Ward dont le seul visage suffit à faire comprendre ses mauvaises intentions. Bref, le long-métrage du cinéaste italien est un petit film horrifique fort sympathique qui permettait de découvrir Kirk Douglas sous un nouveau jour...

 

lundi 16 novembre 2015

Le Mataf de Serge Leroy (1973)



Alors que Bernard Solville, dit « le Mataf », et ses deux complices Basilio Hagon et Franck Mazier s'apprêtent à commettre un hold-up à la Gare du Nord. Leur objectif est de s'emparer d'une malette renfermant des diamants transportés vers Bruxelles par deux convoyeurs. Le hold-up est compromis lorsqu'une jeune tombe d'un toit, tuée de plusieurs balles. Au même moment, un homme prend en photo Solville qui prépare son coup. Malheureusement pour lui et ses deux acolytes, le hold-up échoue.

C'est là qu'intervient un certain Maître Desbordes. Un avocat qui propose un contrat au Mataf contre le contenu d'une mallette renfermant cent mille dollars. Le menaçant de le balancer grâce à la photo qui a été prise par l'un de ses hommes au moment où Solville allait perpétrer son méfait à la Gare du Nord, Desbordes s'assure la pleine collaboration de celui-ci. Solville accepte confie la mallette à Franck qui la place chez lui, dans une cachette. Solville se rend ensuite dans un appartement accompagné de Franck et Basilio afin de récupérer des micro-films enfermés dans un coffre.

L'opération est réussie mais au moment de quitter l'immeuble, Franck prend une balle et meurt sur le coup. Basilio est blessé mais s'en sort. Le Mataf et lui prennent la fuite mais au moment de fuir par bateau, ils tombent dans un traquenard et sont délestés des micro-films. De plus, en se rendnt dans l'appartement de Franck, Solville constate que la mallette a disparue...

Le Mataf est le tout premier long-métrage de Serge Leroy qui tournera plus tard avec Jan-Louis Trintignant, Alain Delon, Philippe Léotard et bien d'autres acteurs français. Le film dont il est question ici est un petit polar particulièrement efficace et au scénario rondement mené. Et ce grâce à un noyau d'acteurs convaincants menés par Michel Constantin, Pierre Santini et Georges Géret. Si 'l’œuvre démarre de manière plutôt classique, l'intérêt se fait de plus en plus grand à mesure que l'intrigue autour de la mallette et de ce curieux avocat évoluent.

Le danger rôde à chaque coin de rue, on ne sait plus vraiment à qui faire confiance dans cette œuvre qui fourmille de gangsters auxquels il est dangereux de se frotter. L'entourage de Michel Constantin va d'ailleurs très vite s'en rendre compte, et l'épouse de son ami Basilio va faire partie des victimes innocentes de cette triste affaire. Une Nina interprétée par la toujours épatante Annie Cordy qui joue ici à merveille la propriétaire d'un bar, ancienne artiste et fidèle épouse d'un homme qu'elle protégera jusqu'à en mourir.

On retrouve donc avec plaisir des gueules bien connues d'un certain cinéma populaire français, et d'autres américains et italiens dans le rôle des méchants.

Concernant le casting féminin, outre Annie Cordy, on retrouve la séduisante panthère Cathy Mondor et on croise même la route de Julie Dassin qui n'est autre que la fille du cinéaste Jules Dassin et la sœur du célèbre chanteur Joe Dassin. Le Mataf est un très honorable thriller comme l'on en réalisait dans les années soixante-dix. Un bon petit polar qui n'ennuie jamais et permet de retrouver un Michel Constantin en pleine forme...
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