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dimanche 27 septembre 2026

Nikita de Luc Besson (1990) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Camée, paumée, Nikita participe au braquage d'une pharmacie en compagnie de trois complices. Son petit ami Rico (Marc Duret), Antoine (Patrick Fontana), le fils du propriétaire surnommé Coyotte, ainsi que Zap (Alain Lathière). Mais les choses tournent mal et les trois garçons sont descendus par la police dépéchée sur les lieux. Quant à Nikita, armée d'un flingue, elle assassine froidement trois flics avant d'être arrêtée puis condamnée à perpétuité. Une fois sous les verrous, un homme lui injecte en intraveineuse un produit qu'il la plonge dans le sommeil. Officiellement, Nikita s'est suicidée et ses obsèques ont lieu en son absence. Car en effet, la jeune femme est toujours vivante et se retrouve désormais enfermée dans l'une des chambres d'un complexe appartenant au Gouvernement français. Un centre d'entraînement des services secrets dont un agent prénommé Bob (incarné par l'excellentissime Tchéky Karyo) est chargé de former la nouvelle ''pensionnaire''. Deux ans après le succès de son second long-métrage Le grand bleu considéré alors par beaucoup de spectateurs et de critiques comme un film générationnel, le réalisateur, producteur et scénariste Luc Besson change d'optique en proposant une œuvre beaucoup plus dure, radicale et violente. Il profitera d'ailleurs de son passage dans divers médias pour prévenir que son dernier long-métrage n'a rien à voir avec son précédent. Au delà de la violence récurrente visible lors de certaines séquences, Nikita reste aussi et surtout un très beau portrait de femme. Et bien que son œuvre actuelle soit désormais critiquée dans sa quasi globalité, le cinéaste hexagonal savait à l'époque faire de vrais bons films...


À l'image, donc, de ce thriller parfois implacable mettant en scène la sublime Anne Parillaud dans lequel l'actrice interprète le rôle-titre, Luc Besson lui offre ainsi son premier vrai grand rôle avec à la clé, le César de la meilleure actrice en 1990. Nikita décrit tout d'abord l'éclosion d'une femme-enfant, enfermée jusque là dans sa toxicomanie et ses mauvaises fréquentations. Prise en charge par le très charismatique Bob qu'incarne superbement Tchéky Karyo, la jeune marginale apprend l'informatique, le combat au corps à corps, la façon de bien se comporter en société (auprès de Jeanne Moreau qui incarne le rôle d'Amande) et le maniement des armes, bien qu'en la matière, elle n'ait pas vraiment de leçons à recevoir. Durant de longues années, enfermée dans ce centre, Nikita se transforme peu à peu, laisse de côté son côté rebelle, mûrit et se prépare à une carrière dont elle n'a même pas encore idée. Car si la jeune femme s'est vue proposer l'occasion d'être formée au bénéfice du Gouvernement français, ça n'est pas par simple charité chrétienne mais bien parce que certains ont vu en elle le potentiel suffisant pour en faire une tueuse à gages. Une fois prête, Nikita quitte le centre, s'installe seule dans un appartement, rencontre celui deviendra son petit ami (Jean-Hugues Anglade dans le rôle de Marco) et attend son premier contrat...


Luc Besson dresse donc ici le portrait d'une jeune femme asociale, droguée, violente et réfractaire à toute forme d'autorité qui au contact de Bob va laisser la place à une jeune femme fort séduisante. La première partie du long-métrage se concentre donc sur la formation de Nikita, entre séquences au premier degré et courts passages humoristiques qui feront autant tiquer Bob que les spectateurs (comme le coup de pied entre les jambes du professeur de karaté). Ensuite, la partie la plus importante du récit se concentre sur la vie à l'air libre de Nikita. Une femme presque normale dont l'existence est non seulement chamboulée par l'arrivée de Marco mais aussi par celle, parfois soudaine et inattendue des différents contrats qu'elle sera menée à exécuter. L'occasion pour Luc Besson de montrer sa maestria lorsqu'il s'agit de créer des séquences de tensions comme celle s'agissant de l'exécution d'une femme à travers la vitre d'une salle de bain d'un hôtel vénitien. Le réalisateur joue sur deux contrastes qui s'opposent en permanence. Entre le monde de l'espionnage et des contrats meurtriers et l'existence beaucoup plus ordinaire que tente de vivre Nikita aux côtés de Marco. Luc Besson pose ici la question de la rédemption et de la réincarcération. Nikita est une œuvre brillante, jouissive, émouvante et parfois angoissante, parfaitement incarnée par une Anne Parillaud habitée, sublimée et par un Tchéky Karyo impérial. Notons qu'en forme de cerise sur le gâteau, le script ajoute en fin de partie le personnage de Victor, un nettoyeur incarné par Jean Réno qui réinterprétera quatre ans plus tard le même type d'individu dans l'excellent Léon, toujours mis en scène par Luc Besson. Enfin, Nikita ne serait sans doute pas celui qu'il est sans l'excellente partition du fidèle compositeur Eric Serra qui signe une bande musicale très en accord avec le récit...

 

samedi 1 avril 2023

Subway de Luc Besson (1985) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Luc Besson fait partie de ces personnalités que les critiques aiment assaisonner de commentaires peu élogieux. Un peu comme un Patrick Sébastien versant dans le septième art et dont les quolibets qui lui sont infligés ne sont pas toujours justifiés. Pour Christophe Lambert, c'est un peu la même chose... Pas de chance, donc, puisque le réalisateur et l'acteur ont fait ce petit bout de chemin ensemble, ce voyage dans les entrailles de la capitale française, entre thriller souterrain et romance ferroviaire. Se battant parfois en duel pour savoir qui de l'un ou de l'autre est le plus ringard (Le Cinquième Élément, Valérian et la Cité des mille planètes pour Luc Besson, Mortal Kombat de Paul W.S. Anderson et Vercingétorix : la légende du druide roi de Jacques Dorfmann pour Christophe Lambert), l'alchimie semble avoir pourtant fonctionné avec ce Subway qui demeure pour l'un comme pour l'autre, une très agréable surprise. Autour du réalisateur et scénariste (accompagné à l'écriture par Pierre Jolivet, Alain Le Henry, Marc Perrier et Sophie Schmit), on retrouve quelques interprètes de son tout premier long-métrage réalisé deux ans auparavant en les personnes de Jean Bouise et surtout de Jean Reno que l'on retrouvera successivement chez Luc Besson dans Le grand bleu en 1988, Nikita en 1990 et Léon en 1994. Côté musique, on retrouve également le compositeur et multi-instrumentiste Eric Serra qui demeurera toujours fidèle au poste en dehors de Valérian et la Cité des mille planètes dont la partition musicale sera confiée à Alexandre Desplat. Et c'est d'ailleurs tant mieux pour lui tant ce film au faramineux budget de presque deux-cent millions d'euros est une purge ! Luc Besson lui offre d'ailleurs un tout petit rôle dans son second long-métrage puisqu'il y interprète le personnage de Erico, un bassiste. Notons d'ailleurs la présence dans le rôle de l'interprète de la chanson It's Only Mystery (composée par Corine Marienneau, Louis Bertignac et Éric Serra) du chanteur et acteur américain Arthur Simms qui décèdera deux ans après la sortie du film à seulement trente-quatre ans. Côté casting, du beau monde se bouscule autour de Christophe Lambert qui interprète le rôle de Fred, jeune homme au costume trois pièces, aux cheveux en pétard et gris péroxydé, un peu paumé, voleur à ses heures et amoureux de la belle et riche Héléna Kerman (Isabelle Adjani). Jean Réno, donc, qui incarne un batteur, Jean Bouise en chef de station de métro, Jean-Hugues Anglade en voleur sur patins à roulettes, Richard Bohringer en fleuriste, Jean-Pierre Bacri en inspecteur Batman sous les ordres du commissaire Gesberg qui de son côté est interprété par Michel Galabru...


Luc Besson s'empare d'un environnement très particulier, souterrain, digne de figurer au tableau de chasse de certains films d'épouvante parmi lesquels certains s'y déroulent presque dans leur intégralité (Death Line de Gary Sherman en 1972, Creep de Christopher Smith en 2004), mais qui dans le cas présent est au centre d'une étrange ''histoire d'amour'' entre deux individus de monde totalement opposés mais qui paraissent tout deux marginaux. Autre particularité de Subway : la plupart des personnages paraissent tous plus barrés les uns que les autres et parmi lesquels Christophe Lambert/Fred et Isabelle Adjani/Héléna trônent en bonne place. L'un des atouts majeurs du long-métrage repose avant tout sur l'atmosphère qui se dégage des lieux. Un monde ''merveilleux'', tantôt blafard (les célèbres murs concaves recouverts de carrelage blanc) tantôt crépusculaire (les tunnels) et dans lequel Luc Besson promène ses caméras et nous convie à partager non seulement la vie de personnages bigarrés mais également celle beaucoup plus courante des usagers du métro et de celles et ceux qui y travaillent de manière officielle (le service de sécurité) ou officieuse (le pick-pocket). L'exploitation d'un univers ''habité'' par les sans domiciles fixes et autres musiciens vivant de la générosité des usagers dans lequel se croisent un type en costard et une femme de milliardaire en robe à froufrous crée un saisissant et authentique décalage qui permet même aujourd'hui à Subway de conserver son originalité. Si à l'époque l'on pouvait considérer le film de Luc Besson comme esthétiquement novateur, le réalisateur savait déja surtout s'offrir les services d'interprètes à la mode comme il le fera avec plus ou moins bon goût tout au long de sa carrière. Adjani avait quelques années en arrière collaboré auprès d'Andrzej Zulawski, Jean-Paul Rappeneau, Claude Miller ou Jean Becker tandis que Christophe Lambert s'était affiché en homme-singe dans le formidable Greystoke, la légende de Tarzan de Hugh Hudson l'année précédente. Fumerolles, éclairages au néon, faune souterraine, bande-son martelée, univers clos, Luc Besson pour qui Subway était un projet antérieur à son premier film Le dernier combat se préparait sans doute (inconsciemment ou pas) à plonger les protagonistes du Grand bleu dans une autre forme d'abysse. Alors, Subway, brouillon du film générationnel qu'il réalisera trois ans plus tard ? Non, certainement pas. Mais assurément, l'une de ses plus brillantes réussites...

 

lundi 27 juin 2022

Maximum Risk (Risque Maximum) de Ringo Lam (1996) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Risque maximum, c'est la rencontre entre l'acteur belge Jean-Claude Van Damme et le réalisateur hongkongais Ringo Lam. Spécialiste du cinéma d'action, ce dernier s'est fait tout d'abord connaître grâce à toute une série de longs-métrages tournés dans son pays d'origine avant de mettre en scène pour la première fois JCVD dans Risque Maximum. L'occasion pour les deux hommes de voir du pays puisque le tournage se déroulera entre les États-Unis, la France et le Canada. Des environnements situés dans notre pays, nous reconnaîtrons surtout Nice et ses ruelles qui dans une certaine mesure se confondent parfois avec celles que l'on trouve en Italie, ainsi que la capitale française. Le film s'ouvre et se clôt d'ailleurs dans le sud de la France tandis que la partie centrale, elle, se déroule à New York. Même si le réalisateur hongkongais ne se tournera pas définitivement vers un cinéma strictement occidental puisqu'il repartira tourner dans son pays une partie importante de ses prochains longs-métrages, sa rencontre avec Jean-Claude Van Damme portera ses fruits à trois reprises puisque après Risque Maximum, les deux hommes se retrouveront sur les plateaux de tournage de Replicant en 2001 et de l'excellent In Hell deux ans plus tard. Dans Risque Maximum, l'acteur tient le rôle d'Alain Moreau, un policier français installé à Nice qui apprend l'existence et la mort d'un frère jumeau qu'il n'a jamais connu. L'occasion de redécouvrir le belge dans un double rôle, aussi petit que puisse être celui du mafieux d'origine russe, Mikhail Suverov. En effet, en 1991 dans Double Impact de Sheldon Lettich, JCVD interprétait déjà le double rôle des frères jumeaux Alex et Chad Wagner. Deux frangins séparés, l'un vivant en Amérique et l'autre à Hong Kong. Déjà, chacun ignorait l'existence respective de son frère. Quant à Ringo Lam, il réemploiera l'acteur dans le double rôle d'Edward ''la Torche'' Garrotte, un tueur en série, et de son clone. Le répliquant qui donne son nom au titre du film...


Mais avant cela, Alain Moreau va remonter la piste de son frère dont il vient de découvrir l'existence. Quittant la France pour les États-Unis, il va tenter de retrouver une certaine Alex Minetti qu'interprète la superbe actrice et mannequin canadienne Natasha Henstridge. La jeune femme débutera sa carrière au cinéma un an auparavant en obtenant le rôle principal du film d'horreur et de science-fiction, La mutante. Mais surtout, le français va découvrir que son frère faisait partie de la mafia russe. Se mettant lui et Alex en danger, Alain Moreau va bientôt découvrir que les agents du FBI Pellman et Loomis (respectivement interprétés par Paul Ben-Victor et Frank Senger) fricotent avec un certain Ivan Dzasokhov (Zach Grenier), un mafieux avec lequel ils visent comme objectif de récupérer une liste qui devrait leur permettre de récupérer beaucoup d'argent. Liste qui se trouvait en possession de Mikhail Suverov, puis de son frère Alain Moreau, et qui se situe désormais dans le sud de la France. Connaissant les capacités de mise en scène de Ringo Lam, on ne s'étonnera pas d'assister à toute une série de scènes d'action particulièrement impressionnantes. Entre gunfight, combats au corps à corps et cascades dont les décors font les frais, le film nous en met plein la vue et l'on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. D'autant plus que le casting nous offre une jolie brochette de sales gueules parmi lesquelles nous retrouvons l'acteur grec Stefanos Miltsakakis dans le rôle de ''Red Face''. L'équivalent du ''Nemesis'' de la série de jeux vidéos Resident Evil ou du T-800 du premier volet de la franchise Terminator réalisé par James Cameron en 1984. En effet, cette brute épaisse va mener la vie dure à notre héros qui va le recroiser à de nombreuses occasions et se battre face à lui jusqu'à ce que l'un des deux l'emporte enfin...


Particulièrement violent, Risque Maximum offre son comptant de scènes de sexe même si celles-ci se concentrent en réalité sur une seule séquence située dans la salle de bain d'une chambre d'hôtel à l'intérieur de laquelle le couple Jean-Claude Van Damme/Natasha Henstridge est retenu prisonnier par les deux agents du FBI véreux ! Le long-métrage ayant été tourné en partie dans notre pays, Risque Maximum compte parmi ses interprètes l'acteur français Jean-Hugues Anglade qui interprète le rôle de Sébastien, flic et ami d'Alain Moreau. Ainsi que la présence déjà beaucoup plus étonnante de l'actrice Stéphane Audran, épouse et égérie du réalisateur Claude Chabrol qui dans le cas présent incarne la mère du héros, Chantal Moreau. Cette première collaboration entre Jean-Claude Van Damme et le réalisateur hongkongais est une agréable surprise. Le récit est bien mené et ne souffre pratiquement d'aucun temps mort. Le talent de spécialiste des arts-martiaux de l'acteur belge et la beauté de l'actrice canadienne s'y expriment pleinement. L'on a évidemment droit à notre lot d'invraisemblances mais qu'importe puisque l'essentiel est là. Un couple sympathique opposé à une bande de méchants particulièrement cruels. Des cascades et des meurtres à la chaîne pour les amateurs de JCVD et de cinéma d'action...

 

dimanche 24 février 2019

Le Grand Bain de Gilles Lellouche (2018) - ★★★★★★★★☆☆




Un prix, un seul pour Le Grand Bain de Gilles Lellouche aux Césars. Alors, bien entendu, je n'ai pas vu le Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin, le Jusqu'à la Garde de Xavier Legrand ou Les Frères Sisters de Jacques Audiard, mais à part ce dernier, la cérémonie des Césars semble s'être définitivement tournée vers une forme d’œuvre caritative mettant en avant les critiques sociales avant le divertissement. Entre un divorce qui se déroule dans des conditions délicates et la rencontre entre une jeune fille des quartiers populaires de Marseille et un ex-taulard de 17 ans, on aurait peut-être aimé que la divine comédie dramatique de Gilles Lelouche reparte avec davantage de statuettes que la seule offerte au savoureux Philippe Katerine (meilleur acteur dans un second rôle).
Les petits maux de chacun semblent avoir en effet beaucoup moins touché le jury. Des affres humaines qui touchent pourtant des millions d'âmes dans l'hexagone et plus encore de part le monde et à laquelle le réalisateur parfois sous-évalué (Narco est bien meilleur que certains l'affirment) Gilles Lellouche apporte une solution originale.

C'est dans le grand bain d'une piscine municipale que Bertrand, Laurent, Marcus, Simon, Thierry, Basile, Avanish, et plus tard John, vont retrouver le goût de vivre. Tous plus ou moins dépressifs ou en passe de le devenir, ils vont tous ensemble, sous l'impulsion de l'ancienne nageuse Delphine, former la première équipe de natation synchronisée masculine de France. Raillés par leurs collègues de travail respectifs, par certains de leurs amis, et même par l'équipe de water-polo masculine, les sept membres de l'équipe vont découvrir bientôt que cette discipline habituellement réservée aux femmes possède son propre championnat du monde situé en Norvège. C'est d'abord avec l'aide de Delphine, puis plus tard de l’entraîneuse paraplégique de l'équipe de water-polo, Amanda, que les sept hommes vont s'entraîner d'arrache-pied afin de monter jusqu'en Norvège et ainsi participer au championnat du monde de natation synchronisée masculine...

Je l'évoquais déjà l'année dernière : parmi les innombrables déceptions que le cinéma comique français produit chaque années, quelques long-métrages parvinrent à s'extraire du lot. En 2018, nous avions notamment eu droit aux excellents Le Retour du Héros de Laurent Tirard, à Tout le Monde Debout de Frank Dubosc, ou encore au Brillantissime de Michèle Laroque (pour ce dernier, évidemment, JE PLAI-SAN-TE... quoique, certains semblent avoir MIRACULEUSEMENT aimé cette abominable engeance). Et puis donc, ce Grand Bain, bébé presque exclusif d'un Gilles Lellouche qui n'y participera pas en tant qu'acteur mais qui sera non seulement derrière la caméra, mais également derrière l'écriture du scénario (assisté de Ahmed Hamidi et Julien Lambroschini) et des dialogues.

Le Grand Bain, c'est le genre de film qui vous met la banane, vous donne la pêche. On s'y fend la poire, sans se prendre le melon et sans avoir honte de rougir comme une tomate devant l'émotion que le réalisateur a ajouté à cette merveilleuse comédie qui tort le coup à toutes ces mauvaises pensées qui trahissent parfois notre bien-être. L’œuvre de Gilles Lellouche est un régime alimentaire à destination de l'âme. Après avoir vu Matthieu Amalric (le chômeur dépressif puis vendeur de meubles), Guillaume Canet (le directeur d'une aciérie et fils d'une mère sénile), Philippe Katerine (employé à la piscine municipale), Benoît Poelvoorde (le pisciniste), Jean-Hugues Anglade (le musicien raté) et les autres s'engueuler, partager leurs angoisses, un pétard, leurs espoirs et enfin la victoire, l'espoir renaît. Mieux qu'un anti-dépresseur, qu'une batterie de calmants, que l'alcool ou la drogue, le film est un bain de jouvence dans lequel des acteurs venus de bords différents forment un groupe soudé et convaincant.

Parmi lesquels on n'oubliera pas de noter la présence féminine de Virginie Efira, dans le rôle de Delphine, et de Leïla Bekhti dans celui d'Amanda. Le Grand Bain est drôle, original, ponctué de quelques savoureux échanges verbaux (Claire/Marina Foïs réglant ses comptes avec sa sœur Clem/Mélanie Doutey entre les rayons d'un supermarché), mais aussi, parfois, très émouvant (Delphine témoignant de son expérience douloureuse). On n'oubliera pas non plus la présence de l'increvable Claire Nadeau dans le rôle (plus amusant que dramatique) de la mère sénile de Laurent/Guillaume Canet.  Deux heures (ou presque) de Cinéma...

mercredi 16 mai 2018

Le Marquis de Dominique Farrugia (2011) - ★★★★★★☆☆☆☆



Licencié sans ménagement, l'ancien vendeur de système d'alarme Thomas Gardesse se retrouve en prison après avoir tenté de cambrioler l'un des anciens clients de la boite pour laquelle il travaillait. Pour ne pas passer un séjour en taule trop désagréable, il se fait passer pour le Marquis, l'un des plus célèbres et des plus talentueux cambrioleurs dont personne ne connaît le visage. C'est la raison pour laquelle, deux semaines avant sa sortie de prison, Thomas est évadé de prison par des inconnus parmi lesquels se trouve un certain Quentin Tasseau, petit truand sans grande envergure qui décide d'un dernier coup avant de prendre sa retraite. Ayant emprunté cent-mille euros à un autre truand prénommé Jo afin de détourner l'attention d'un banquier et de s’infiltrer à l'intérieur du coffre d'une grande banque, les choses tournent au vinaigre et il se retrouve 'débarrassé' de la somme prêtée. Redevable des cent-mille euros, il propose à Jo un dernier braquage, aidé du Marquis. Sauf qu'en fait de perceur de coffre, Thomas n'y connaît rien. Lorsque Quentin l'apprend, les deux hommes vont tout faire pour mener à bien le projet et ainsi sauver leur peau alors même qu'il y a peu de chance qu'ils réussissent...

Le Marquis est le cinquième long-métrage du producteur, acteur et cinéaste Dominique Farrugia, célèbre membre de la bande des quatre Nuls aux côtés de Chantal Lauby, Alain Chabat et du regretté Bruno Carette. Afin de mettre en scène cette histoire de braquage auquel participent des truands de différentes envergures, l'humoriste, déjà notamment auteur de Trafic d'Influence et quatre ans plus tard de Bis fait appel à deux vedettes du cinéma en la personne de Richard Berry et Franck Dubosc qui jusque là, n'a malheureusement eu l'habitude d’interpréter que des rôles à l'image du personnage qu'il incarne sur scène. Heureusement, l'avenir prouvera bientôt qu'il est capable d'incarner autre chose que des éternels ringards (Camping pour ne citer que le plus incompréhensiblement populaire de ses films) et fera preuve d'une étonnante prédisposition en matière d'écriture et de mise en scène (Tout le Monde Debout sorti sur nos écrans cette année). Le premier, lui, a déjà une immense carrière derrière lui. Des dizaines et des dizaines de longs-métrages allant de la comédie (comme ici), jusqu'au policier en passant par le drame.

La recette se révèle détonante. Si Le Marquis n'est certainement pas un chef-d’œuvre puisqu'en comparaison avec le cinéma comique des années soixante-dix, quatre-vingt, celui des décennies suivantes n'a pas franchement évolué dans le bon sens, le duo fonctionne pourtant relativement bien. Et même si les gags ne sont pas extraordinairement drôle, il se dégage du film de Dominique Farrugia suffisamment de bonne humeur pour que le spectateur passe un agréable moment. L'un des atouts majeurs du film est contenu dans le récit lui-même qui fait par égale entre humour et thriller puisque l'histoire de ce couple improbable tourne autour d'un projet de braquage voué au désastre. Face à nos deux héros, on retrouve l'excellent Jean-Hugues Anglade dans le rôle de Jo, le truand à la solde duquel Thomas et Quentin vont braquer un fourgon rempli jusqu'à la gueule de billets de banque. L'actrice italienne Luisa Ranieri interprète quant à elle le rôle d'Olga, compagne officielle de Jo, maîtresse de Quentin, mais surtout d'une légèreté intellectuelle exaspérante (on retrouve là, dans la description de cette femme, l'humour typique de Dominique Farrugia).
Le Marquis n'est pas très fin en terme d'écriture, ce qui ne révèle pourtant aucune forme de grossièreté. Les gags se révèlent parfois éculés mais c'était sans compter sur Franck Dubosc et Richard Berry qui redynamisent l'ensemble avec un certain punch. Au final, on passe un très agréable moment tout en s'avouant qu'on oubliera certainement rapidement cette petite comédie française. A voir, une fois...
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