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dimanche 24 février 2019

Le Grand Bain de Gilles Lellouche (2018) - ★★★★★★★★☆☆




Un prix, un seul pour Le Grand Bain de Gilles Lellouche aux Césars. Alors, bien entendu, je n'ai pas vu le Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin, le Jusqu'à la Garde de Xavier Legrand ou Les Frères Sisters de Jacques Audiard, mais à part ce dernier, la cérémonie des Césars semble s'être définitivement tournée vers une forme d’œuvre caritative mettant en avant les critiques sociales avant le divertissement. Entre un divorce qui se déroule dans des conditions délicates et la rencontre entre une jeune fille des quartiers populaires de Marseille et un ex-taulard de 17 ans, on aurait peut-être aimé que la divine comédie dramatique de Gilles Lelouche reparte avec davantage de statuettes que la seule offerte au savoureux Philippe Katerine (meilleur acteur dans un second rôle).
Les petits maux de chacun semblent avoir en effet beaucoup moins touché le jury. Des affres humaines qui touchent pourtant des millions d'âmes dans l'hexagone et plus encore de part le monde et à laquelle le réalisateur parfois sous-évalué (Narco est bien meilleur que certains l'affirment) Gilles Lellouche apporte une solution originale.

C'est dans le grand bain d'une piscine municipale que Bertrand, Laurent, Marcus, Simon, Thierry, Basile, Avanish, et plus tard John, vont retrouver le goût de vivre. Tous plus ou moins dépressifs ou en passe de le devenir, ils vont tous ensemble, sous l'impulsion de l'ancienne nageuse Delphine, former la première équipe de natation synchronisée masculine de France. Raillés par leurs collègues de travail respectifs, par certains de leurs amis, et même par l'équipe de water-polo masculine, les sept membres de l'équipe vont découvrir bientôt que cette discipline habituellement réservée aux femmes possède son propre championnat du monde situé en Norvège. C'est d'abord avec l'aide de Delphine, puis plus tard de l’entraîneuse paraplégique de l'équipe de water-polo, Amanda, que les sept hommes vont s'entraîner d'arrache-pied afin de monter jusqu'en Norvège et ainsi participer au championnat du monde de natation synchronisée masculine...

Je l'évoquais déjà l'année dernière : parmi les innombrables déceptions que le cinéma comique français produit chaque années, quelques long-métrages parvinrent à s'extraire du lot. En 2018, nous avions notamment eu droit aux excellents Le Retour du Héros de Laurent Tirard, à Tout le Monde Debout de Frank Dubosc, ou encore au Brillantissime de Michèle Laroque (pour ce dernier, évidemment, JE PLAI-SAN-TE... quoique, certains semblent avoir MIRACULEUSEMENT aimé cette abominable engeance). Et puis donc, ce Grand Bain, bébé presque exclusif d'un Gilles Lellouche qui n'y participera pas en tant qu'acteur mais qui sera non seulement derrière la caméra, mais également derrière l'écriture du scénario (assisté de Ahmed Hamidi et Julien Lambroschini) et des dialogues.

Le Grand Bain, c'est le genre de film qui vous met la banane, vous donne la pêche. On s'y fend la poire, sans se prendre le melon et sans avoir honte de rougir comme une tomate devant l'émotion que le réalisateur a ajouté à cette merveilleuse comédie qui tort le coup à toutes ces mauvaises pensées qui trahissent parfois notre bien-être. L’œuvre de Gilles Lellouche est un régime alimentaire à destination de l'âme. Après avoir vu Matthieu Amalric (le chômeur dépressif puis vendeur de meubles), Guillaume Canet (le directeur d'une aciérie et fils d'une mère sénile), Philippe Katerine (employé à la piscine municipale), Benoît Poelvoorde (le pisciniste), Jean-Hugues Anglade (le musicien raté) et les autres s'engueuler, partager leurs angoisses, un pétard, leurs espoirs et enfin la victoire, l'espoir renaît. Mieux qu'un anti-dépresseur, qu'une batterie de calmants, que l'alcool ou la drogue, le film est un bain de jouvence dans lequel des acteurs venus de bords différents forment un groupe soudé et convaincant.

Parmi lesquels on n'oubliera pas de noter la présence féminine de Virginie Efira, dans le rôle de Delphine, et de Leïla Bekhti dans celui d'Amanda. Le Grand Bain est drôle, original, ponctué de quelques savoureux échanges verbaux (Claire/Marina Foïs réglant ses comptes avec sa sœur Clem/Mélanie Doutey entre les rayons d'un supermarché), mais aussi, parfois, très émouvant (Delphine témoignant de son expérience douloureuse). On n'oubliera pas non plus la présence de l'increvable Claire Nadeau dans le rôle (plus amusant que dramatique) de la mère sénile de Laurent/Guillaume Canet.  Deux heures (ou presque) de Cinéma...

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