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samedi 23 février 2019

Dark Country de Thomas Jane (2009) - ★★★★★★☆☆☆☆




Lorsque l'on n'a pas d'idée précise, que l'on ne sait quel film choisir, et que l'on pioche au hasard parmi l'immense filmothèque numérique mise à disposition sur la toile, il arrive que l'on tombe sur d'authentiques curiosités. De celles qui, à l'issue de la projection, laissent le spectateurs avec une foule de questions. Pourtant, ici, pas de récit bridé par l'esprit un brin tordu d'un David Lynch inspiré par on ne sait quelles sombres pensées. Non, ici l'histoire est quasiment anecdotique, le « quasiment » ne faisant pas uniquement office de décorum. D'entrée de jeu, on est saisit par les choix artistiques du directeur de la photographie Geoff Boyle. L'éclairage est superbe, les ombres et lumières zébrant la peau des deux rares protagonistes de ce Dark Country qui dénote franchement avec la plupart des thrillers.
Embarqué à bord de sa voiture en compagnie de Gina qu'il vient d'épouser à Las Vegas pour la modique somme de cinquante euros, Dick roule à vive allure sur une route désertique lorsque le couple tombe nez à nez avec le corps d'un homme victime d'un très grave accident. Défiguré mais encore en vie, Dick prend la décision de placer l'homme inconscient à l'arrière du véhicule. En chemin, l'homme reprend conscience mais se révèle agressif. Tenant des propos incohérents, il tente d'étrangler Dick qui se défend et tue l'homme à l'aide d'une pierre. Un fois mort, le couple l'enterre dans le désert et reprennent la route. Parvenus jusqu'à une aire de repos, Dick constate que dans sa précipitation, il a perdu sa montre...

Le spectateur peut d'ors et déjà imaginer les nombreuses possibilités offertes par un tel synopsis. Un cadavre récalcitrant, un couple qui s'engueule, une route désertique, une aire de repos jonchée d'épaves de voitures, un flic bizarre (l'acteur Ron Perlman). Mais si Dark Country dénote par rapport à la production habituelle, c'est de par son approche visuelle. Difficile de dire si l'on est face à une œuvre volontairement esthétisante ou devant un long-métrage artistiquement ringard. En fait, le film de l'acteur/réalisateur (aux deux postes sur Dark Country) Thomas Jane est clairement un « hommage » au film noir et aux bandes dessinées EC Comics (maison d'édition américaine de bande dessinée accordant une place privilégiée à l'horreur, l'aventure, l'humour et la science-fiction). D'où un résultat à l'écran assez déconcertant. Comme les cases d'une BD prenant vie. Le film oscille entre plans superbes, cadrages bancals, couleurs post-années quatre-vingt... quand certains visuels semblent issus de vieille pellicules victimes des outrages du temps (effets-spéciaux numériques totalement surfaits)

Résultat : difficile de prendre position. De nier la valeur artistique de Dark Country tout en prenant radicalement fait et cause pour l’œuvre de Thomas Jane. Thriller, humour, mais aussi fantastique forment un mélange (d')étonnant qui ne conviendra malheureusement pas à tout le monde. D'autant plus que le réalisateur ne s'embarrasse d'aucune explication quant à cette boucle temporelle (aïe ! J'ai vendu la mèche!) tombant comme un cheveu sur la soupe dans ce néo-noir sorti presque pile-poil dix ans après le Dark City d'Alex Proyas et un peu plus que le Lost Highway de David Lynch. Ni un nanar, ni un chef-d’œuvre, Dark Country est bourré d'idées, visuellement délirant, (in)volontairement drôle, bizarrement interprété (on a quand même du mal à croire au jeu du couple formé par Thomas Jane et l'envoûtante Lauren German) et parfois mis en scène avec les pieds (l'aventure est bien moins cauchemardesque que le voudrait le scénario)... pourtant, l'approche, une fois encore, du réalisateur est telle que l'on est littéralement happé. Encore faut-il être en mesure d'excuser les faiblesses qui émaillent ce long-métrage atypique...

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