They Will Kill You.
Un concept, pas de scénario, mais du fun à tous les étages avec
pourtant, ce persistant message qui depuis maintenant pas mal
d'années renverse les valeurs du Bien et du Mal sur grand écran en
faisant systématiquement de l'homme blanc le nouveau stéréotype du
méchant antagoniste quand dans le courant du vingtième siècle, la
représentation du noir à l'écran passa par le ségrégationnisme,
le racisme et plus tard l'emploi de la communauté dite
afro-américaine dans des rôles de sauvages, de domestiques ou de
criminels. Fort heureusement, la culture de l'africanité et sa
reconnaissance ainsi que le courant culturel américain des années
soixante-dix connu sous le nom de Blaxploitation
eurent tendance à renverser la vapeur. Après la quasi disparition
de ce courant, quelques cinéastes l'ont fait sporadiquement revivre
et ça n'est que depuis quelques années, à travers des œuvres
telles que Shaft de
John Singleton, Black Dynamite
de Scott Sanders ou le moins connu They Cloned
Tyrone
de Juel Taylor, que la Blaxploitation
et la mise en avant de nouveau balbutiante de la communauté
afro-américaine permet à certains de rediriger le discours vers un
message politique encore plus engagé. Pour avoir essoré en long et
en large un bon nombre de longs-métrages du genre datant des années
soixante-dix, il est clair que l'une des différences fondamentales
est désormais de glorifier l'homme de couleur en lui faisant
endosser aussi souvent que cela lui est permis, le rôle du bon
samaritain. Et si dans la Blaxploitation
d'antan, le blanc était souvent remisé au second plan, considéré
déjà de ''mauvais garnement'', parfois même parodié et donc
souvent moqué, aujourd'hui, le temps des ''réparations'' semble
être arrivé à son apogée et après des décennies d'incurie, les
rôles se sont donc ''définitivement'' inversés... Tout commence
(ou presque) lorsque Asia Reaves (Zazie Beetz) est séparée de sa
jeune sœur Maria (Myha'la) après qu'elle ait tiré sur leur père
d'une balle de pistolet. Un père (fouettard, et donc blanc, bien
évidemment) qui contre toute attente demeure en vie. Ce qui
n'empêche pas la fugitive d'être arrêtée puis enfermée pour les
cinq années à venir...
Au
sortir de la prison où elle a eu tout le temps de s'affranchir de
ses codétenues en s'adonnant à la bagarre, Asia part à la
recherche de sa sœur et apprend que depuis un certain temps,
celle-ci travaille dans le très chic hôtel ''Le
Majestic''.
Tenu par une famille blanche aisée dont la directrice est l'épouse
d'un certain Ray (Paterson Joseph), l'établissement est entretenu
par une batterie de domestiques afro-américaines toutes dévouées à
leur tâche. Changeant de nom, Asia se fait embaucher afin de
retrouver Maria et de l'emmener loin avec elle... Mais les choses ne
vont bien évidemment pas se dérouler telles que la jeune femme
l'avait prévu... On le voit, le script de d'Alex Litvak et Kirill
Sokolov est relativement succinct. Mais ce qui l'est plus ou moins
selon le genre de films que l'on a l'habitude de regarder, c'est le
ton outrancier avec lequel le réalisateur, scénariste et monteur
russe Kirill Sokolov va traiter son sujet. Humour, gore et action
s'entremêlant dans un tourbillon parfois vertigineux et plutôt
distrayant. Mais là encore, selon que l'on soit un véritable
cinévore ou un spectateur irrégulier, les références pourtant
multiples ne sauteront pas forcément aux yeux de tous. Pourtant, il
y a dans They Will Kill You,
un peu du Kill Bill
de Quentin Tarantino. Lui-même étant visiblement inspiré par le
cinéma asiatique, l'on retrouve de nombreux combats à l'arme
blanche et même parfois au fusil. Jouant avec les décors, entre
chambres, couloirs et vides sanitaires, le long-métrage de Kirill
Sokolov laisse une grande place à l'action, à travers des combats
plutôt bien orchestrés même si l'on est très loin des prouesses
techniques d'un The Raid
réalisé par Gareth Evans en 2011 ou d'un City
of Darkness
signé de Soi Cheang en 2024. Concernant le gore, c'est encore du
côté de l'Asie qu'il faudra pencher le regard puisque en dehors de
quelques menues tripailles, l'hémoglobine gicle davantage à la
manière de geysers comme dans Tokyo Gore
Police de
Yoshihiro Nishimura, Machine Girl
Noboru Iguchi ou encore Meatball Machine
de Yūdai Yamaguchi et Junichi Yamamoto. Bref, rien de très fin mais
le film possède malgré tout quelques plans virtuoses, une direction
artistique pas dégueu et une pêche d'enfer...
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