Avec ses fausses
informations télévisées présentant Roman Zodowski (Référence à
Roman Polanski ? Andrzej Zulawski?) comme un original qui a
connu le succès avec son premier long-métrage, Ça tourne à
Saint-Pierre et Miquelon se révèle mensonger dans quasiment
tous les domaines qu'il investit. Ce qui ne sera et surtout, devra
pas être renvendiqué au sens péjoratif du terme tant l'objet que
l'on tient ici en main paraît peu anodin. Sans être non plus tout à
fait passionnant puisque bénéficiant d'un scénario rachitique et
d'une mise en scène anémique, le second long-métrage de Christian
Monnier (quinze ans après Le chien!)
peut s'envisager comme un bol d'air frais iodé situant, comme le
titre l'indique, son action à Saint-Pierre et Miquelon. Un archipel
français plus connu pour son nom que pour sa zone géographique
puisque contrairement à ce que l'on pourrait supposer, celui-ci
n'est pas situé dans une zone proche de l'hexagone mais au sud-est
de l'île canadienne de Terre-Neuve. C'est donc là-bas, très loin
de chez nous et pourtant visuellement si proche de certaines de nos
côtes que se déroule l'action de cette comédie qui soyons-en sûrs,
n'emballera pas tout le monde. Les gamins sevrés aux jeux vidéos ou
aux réseaux sociaux passeront leur temps au pied du canapé à
consulter leur smartphone ou à discuter entre eux tandis que
d'autres se demanderont quelle idée saugrenue est venue à l'esprit
de leur proche de leur offrir ce cadeau empoisonné (DVD disponible
depuis 19 octobre dernier). D'un point de vue personnel, Ça
tourne à Saint-Pierre et Miquelon
est un peu fade. Amusant sans être drôle, et nettement moins
transgressif en terme de fantaisie que le En roue
libre
de Didier Barcelo découvert sur grand écran il y a quelques mois.
Rien à voir entre l'un et l'autre, c'est vrai. Mais un brin de folie
que les deux longs-métrages partagent malgré tout !
Dans
cette comédie où Céline Mauge (l'actrice du même nom, dans son
propre rôle) espère jouer dans le nouveau film du trublion du
cinéma Roman Zodowski (interprété par l'acteur Philippe Rebbot,
raison principale pour laquelle je me suis collé à la projection du
film), il n'y à guère à manger en terme de pur comique de
situation. Plutôt axé sur la détresse d'une comédienne
désespérant de tourner avec son nouveau réalisateur, lui-même
enfermé depuis des jours dans une baraque située à proximité du
logement temporaire que l'héroïne partage avec deux membres de
l'équipe technique, Ça tourne à Saint-Pierre
et Miquelon s'emballe
dans des séquences de boulimie lors desquelles des plats de morue
font les frais de la nouvelle obsession de l'actrice. Entre l'attente
et les crises d'hystérie de Céline Mauge, l'ingénieur du son Keanu
(Jules Sitruk) et la régisseuse Adèle (l'actrice Adèle Lebon)
composent un duo intéressant, entre un adepte des causes
environnementales et animales et une jeune femme un brin garçonne.
Afin d'apporter un peu de matière et de profondeur à un récit qui
reste tout d'abord bloqué sur ses aspirations d'origine, Christian
Monnier et l'actrice Sheila O'Connor (La boum 1
et 2
de Claude Pinoteau, P.R.O.F.S de
Patrick Schulmann) imaginent une sous-intrigue qui bientôt prendra
le pas pour ensuite faire corps avec le sujet du film que sont censés
tourner ensemble l'actrice et le réalisateur. Interviennent ainsi
Claire Nadeau, Patrick Bouchitey ou Dominique Pinon dans des rôles
minimes mais parfaitement essentiels au dessus desquels surnage à
peine Philippe Rebbot, malheureusement sous employé ! Céline
Mauge porte donc presque à elle seule ce projet tout à fait
particulier, de nature parfois automnale qui ne fera exploser de rire
que peu de monde mais qui demeure tout de même relativement
intriguant. Un moment de douce folie parfaitement accessible au
commun des mortels mais qui paraîtra bien ennuyeux pour les habitués
de transgressions cinématographiques. Une œuvre mi-figue,
mi-raisin...



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