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samedi 20 juillet 2024

Sauvez le Neptune (Gray Lady Down) de David Greene (1978) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Parmi les nombreux longs-métrages qui nous ont offert l'opportunité de découvrir l'acteur américain Charlton Heston dans LE ou L'UN des rôles principaux, il en est qui s'avèrent moins connus que d'autres. Ce qui ne les rend pas pour autant moins intéressants. Encarté entre la période faste de celui qui côtoya des figures historiques par l'entremise de la fiction et un avenir plus régulièrement tourné vers le petit écran, Gray Lady Down n'est donc pas la première œuvre mettant en scène la star américaine à laquelle l'on pense en général. Les années virent éclore toute une série de films catastrophes auxquels, parfois, Charlton Heston lui-même participa. On peut même dire qu'il s'agira de l'un de ses principaux ''fonds de commerce'' dans le courant des années soixante-dix puisqu'en l'espace de seulement trois années, entre 1972 et 1974, le public le découvrira notamment dans Alerte à la bombe de John Guillermin ainsi que dans 747 en péril de Jack Smight et Tremblement de terre de Mark Robson, tout deux réalisés en 1974. Que les événements se produisent sur terre, dans les airs ou sous les océans, Charlton Heston est à chaque fois de la partie. Concernant les fonds marins, ceux-ci étant propices à ce genre de situation, Gray Lady Down ne mettait pas en scène en 1978 un navire de croisière comme pu l'être le Titanic mais un sous-marin. Le genre d'engin capable de s'enfoncer très loin sous les eaux profondes des mers et des océans et que l'on a surtout pour coutume d'employer en fiction dans des films de guerre. D'ailleurs, s'il n'y en avait qu'un seul à découvrir, ruez-vous sur l'extraordinaire Das Boot du réalisateur allemand Wolfgang Petersen dans sa version longue de presque cinq heures ! Mais dans ce cas là, prévoyez tout d'abord de visionner le long-métrage de David Greene car Das Boot est un tel choc que toute concurrence est bonne à foutre aux ordures. Et ce, même si dans le cas de Gray Lady Down (sorti chez nous sous le titre Sauvez le Neptune), la mise en scène et l'interprétation sont d'honnête facture. L'avantage avec ce genre de projet est qu'il touche à peu près n'importe qui normalement constitué physiologiquement et intellectuellement. Comment en effet ne pas être pris d'un certain effroi à l'idée de mourir noyé ? Nous sommes d'accord pour dire que dans le top cinq des morts les plus redoutées, celle-ci trône généralement en très bonne place. Le contexte dans lequel va évoluer une grande partie des personnages est donc ici favorable à l'angoisse liée au risque de noyade.


Le Neptune du titre est le nom donné à un sous-marin nucléaire américain qui lors d'une opération se retrouve en avarie à des centaines de mètres sous les eaux après avoir été percuté par un cargo. Alors que celui-ci s'enfonce inexorablement, le Capitaine Paul Blanchard et son équipage vont devoir patienter jusqu'à ce qu'interviennent les secours, lesquels ont fort heureusement été rapidement alertés. Charlton Heston incarne donc le rôle du commandant du Neptune, rassurant ses hommes, palliant à leurs angoisses en tentant de maintenir une certaine cohésion même si certains d'entre eux vont commencer à ressentir des troubles psychologiques. Comme dans tout bon film du genre l'on a bien évidemment droit au phénomène de pression qui s'exerce sur l'une des portes étanches derrière laquelle une salle est remplie d'eau. Le fil conducteur de l'angoisse qui va étreindre l'équipage tout entier et notamment le Capitaine Paul Blanchard dont le regard ne laisse aucun doute sur ce qu'il ressent s'articule donc autour de ce détail d'importance. Au delà de ce simple fait, Sauvez le Neptune prône ensuite certaines valeurs humaines, comme l'entraide dans un milieu où malheureusement et naturellement, l'homme aurait plutôt tendance à penser tout d'abord à sauver sa propre existence. Dehors et donc au dessus de leurs têtes s'activent des hommes qui entreprennent tout ce qu'ils peuvent pour les soutenir moralement et intervenir avant que le drame ne se produise. Dans le rôle du Capitaine Bennett, nous retrouvons l'acteur Stacy Keach aux commandes des opérations de sauvetage. Un officier qui auréolé de son grade adopte pourtant parfois une attitude désagréable. Notamment vis à vis de Mickey qu'incarne l'acteur Ned Betty qui six ans plus tôt avait été contraint par d'affreux ploucs de faire le cochon en milieu hostile dans le classique du survival, Délivrance de John Boorman ! L'on retrouve également dans le rôle du Capitaine Gates l'acteur David Carradine. L'homme, particulièrement valeureux comme nous pourront le constater bien plus tard est aux commandes d'un sous-marin de poche qui aidera grandement la Marine dans son entreprise de sauvetage. Malgré un casting trois étoiles notamment complété par Stephen McHattie, Ronny Cox ou encore Dorian Harewood, l'ampleur du sujet n'est pas toujours à la hauteur de nos attentes. Le scénario de James Whittaker, Howard Sackler et Frank P. Rosenberg inspiré d'un roman de David Lavallee, sans être ennuyeux, charrie beaucoup de séquences inutiles ou qui se répètent inlassablement. Le film de David Greene est finalement beaucoup moins anxiogène qu'on aurait pu l'espérer même si quelques passages font illusion. Charlton Heston semble parfois cruellement s'ennuyer. C'est en tout cas avec mollesse qu'il incarne le personnage plus ou moins passif du capitaine Paul Blanchard. Bref, Sauvez le Neptune est un sympathique petit film catastrophe, rien de plus, rien de moins...

 

dimanche 7 juillet 2024

La planète des singes de Franklin J. Schaffner (1968) - ★★★★★★★★★★

 



Après avoir redécouvert l'intégralité de la franchise La planète des singes, du classique de Franklin J. Schaffner sorti en 1968, jusqu'au récent La Planète des Singes : Le Nouveau Royaume de Wes Ball et en passant par la purge signée en 2001 par Tim Burton, il est un fait accompli auquel adhéreront certainement plus facilement les anciens que les spectateurs fraîchement sortis des entrailles de leur mère : rien ne pourra jamais remplacer un bon scénario. Pas même la moindre profusion d'effets-spéciaux, aussi exceptionnels puissent-ils être ou une quelconque mise en scène définie comme remarquable. C'est en cela qu'il me paraît objectif de penser que le tout premier volet de cette somptueuse saga également adaptée sur le petit écran au travers d'une série en quatorze épisodes diffusés pour la première fois en 1974 reste le meilleur d'entre tous. Sa sobriété demeurant telle que la lisibilité du et DES messages qu'il transmet est d'une admirable fluidité. Œuvre de science-fiction mythique parmi les plus fondamentalement nécessaires de la seconde moitié du vingtième siècle, La planète des singes de Franklin J. Schaffner délivre un message social et politique sans doute aussi importants que le sera celui promut par un autre classique du genre qui verra le jour quatre ans plus tard : Soleil vert de Richard Fleischer. L'adaptation du roman de l'écrivain français Pierre Boule n'a absolument pas perdu la moindre parcelle d'intérêt dans sa particularité de long-métrage témoignant des conditions d'existence d'un peuple que nous jugeront jusqu'au dernier instant du récit, d'humanoïdes.


Car comme nombre de (télé)spectateurs ont pu jusque là le découvrir, la sidérante conclusion du film absorbe tous les préjugés liés à la suprématie du peuple single sur cette espèce très proche de nous, renvoyant systématiquement notre humanité vers la déchéance à laquelle elle semble sciemment être promise. Les CGI n'étant pas encore à l'ordre du jour, c'est à l'aide de maquillages prosthétiques que leurs concepteurs vont donner vie à un peu de singes dont les différents groupes seront ici bien déterminés. C'est ainsi que l'on distingue trois d'entre eux : les chimpanzés, qui en grande majorité représentent le peuple mais sont aussi à travers les personnages de Zira (Kim Hunter) et de Cornélius (Roddy McDowall), les scientifiques du récit. Deux individus prompts à reconnaître des valeurs rationalistes rejetées en bloc par ceux qui représentent de leur côté, la justice et le gouvernement. Les orangs-outangs, principalement figurés à l'écran par le Docteur Zaïus (Maurice Evans), ministre incrédule des sciences et surtout, défenseur en chef de la foi simiesque. Quant aux gorilles, ceux-là sont les bras armés du peuple singe. Agressifs, ils chassent l'homme jusqu'à sa capture (dans le meilleurs des cas) ou son éradication (dans le pire). Mais revenons justement à ce qui va bientôt opposer nos deux sympathiques chimpanzés au ministre des sciences dont les valeurs reposent davantage sur d'anciens écrits que sur d'authentiques preuves qui remettraient en question la supériorité des singes. C'est ainsi que débarquent sur cette étrange et lointaine planète trois astronautes dont le chef d'équipage semble être le capitaine George Taylor, lequel est incarné par l'immense Charlton Heston.


Un quatrième est mort lors de leur traversée dans l'espace. Alors que la navette des trois survivants s'enfonce dans les eaux du lac où elle est venue s'écraser, Taylor découvre sur le compteur du tableau de bord que plus de deux siècles se sont écoulés depuis le décollage de leur navette en 1972. Survivant à un long périple dans un désert aride, Taylor ainsi que ses deux compagnons Landon (Robert Gunner) et Dodge (Jeff Burton) vont se retrouver dans un champ où ils seront traqués au même titre qu'un groupe de sauvages par des gorilles à cheval et armés de fusils ! Dodge y perdra la vie tandis que Landon disparaîtra des radars durant un bon moment. Quant à Taylor, blessé à la gorge, celui-ci se retrouvera enfermé dans une cage, devenant ainsi un objet de curiosité scientifique pour le chimpanzé femelle prénommé Zira... Un homme oui, mais un danger qui sans doute pourrait remettre en question la validité du concept selon lequel, celui-ci ne serait au mieux qu'un chaînon manquant dans l'évolution du singe. Hypothèse amusante, surtout si d'un point de vue strictement humain nous la confrontions nous-mêmes à La théorie de l'évolution émise par le naturaliste et paléontologue britannique Charles Darwin dans son ouvrage L'origine des espèces en novembre 1859... Bénéficiant d'un budget n'excédant pas les six millions de dollars, La planète des singes repose donc essentiellement sur ce sujet central et moins sur le combat d'un homme pour sa survie contre des singes qui auraient tout intérêt à le faire disparaître. Film éminemment divertissant, au message parfaitement clair, doté de séquences possédant un haut potentiel de stress quand d'autres s'avèrent particulièrement glaçantes (la découverte de Dodge, empaillé et exhibé dans un musée ou de Landon, lobotomisé), excellemment incarné et offrant des effets-spéciaux pour l'époque, très satisfaisant, le long-métrage de Franklin J. Schaffner est un véritable chef-d’œuvre. Un modèle de sobriété dans sa mise en scène, d'écriture logique mais terriblement implacable, où chaque interprète et donc chaque personnage est à sa place. Bref, difficile d'y trouver la moindre remarque négative...

samedi 22 juin 2024

The Awakening de Mike Newell (1979) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Je n'irai pas jusqu'à mettre en jeu un doigt, un orteil ou un œil en pariant que The Awakening de Mike Newell est une œuvre totalement inconnue dans la flamboyante filmographie de Charlton Heston, mais une chose est certaine. Si l'on questionne les fans de l'acteur, il y a des chances pour que parmi leurs préférences, celui-ci arrive au fin fond de leur liste. L'acteur américain aura approché à peu près tous les styles, tous les genres, du péplum au film historique en passant par le film de guerre, la catastrophe, la science-fiction ou le thriller. Il peut paraître étonnant de découvrir qu'il fut également l'interprète de quelques œuvres d'obédience plus ou moins horrifiques dont celui-ci demeure hélas, relativement anecdotique. Adapté d'un roman de l'écrivain britannique Bram Stoker sorti chez nous sous le titre Le Joyau des sept étoiles, The Awakening, qui chez nous fut traduit sous le titre explicite de La Malédiction de la vallée des rois, est à la croisée des chemins entre les productions de la Hammer Films basées sur des croyances propres à l’Égypte ancienne qu'elles soient ancrées sur des faits historiques ou non (genre, La malédiction des pharaons de Terence Fisher en 1959) et La Malédiction de Richard Donner dans lequel le fils d'un ambassadeur des États-Unis installé au Royaume-Unis était supposé être l'Antéchrist. Mais ici, rien de véritablement ''diabolique'' en ce sens où le Malin n'a rien à y faire. Le récit repose sur l'existence tout à fait fictive d'une reine égyptienne dont le tombeau vient d'être mis à jour par l'archéologue Matthew Corbeck (Charlton Heston) et son associée Jane Turner (Susannah York). En fait de mise à jours, nous évoquerons davantage le saccage et même le pillage des biens de cette reine dont l'intégralité des trésors présents dans le tombeau va être être scrupuleusement vidée de son contenu ! Autant dire que pour cet énième rôle, Charlton Heston égratigne quelque peu son image de héros populo-légendaire qu'il s'est construit au fil des années à travers de somptueuses reconstitutions, telles Les dix commandements de Cecil B. DeMille en 1956, Ben-Hur de William Wyler en 1959, La Plus Grande Histoire jamais contée de George Stevens en 1964 ou Antoine et Cléopâtre qu'il réalisa lui-même en 1972.


Le très hétéroclite Mike Newell qui plus tard réalisera Quatre mariages et un enterrement, Donnie Brasco, Harry Potter et la coupe de feu ou encore l'adaptation du jeu vidéo Prince of Persia avec Prince of Persia : Les sables du temps déconstruit donc la légende en lui offrant le rôle d'un archéologue fanatique, totalement obnubilé par la reine Kara dont la sépulture est demeurée intacte et qui selon certaines interprétations pourrait revenir à la vie si tant est que soient réunis certaines conditions. C'est là qu'entre en jeu dix-huit ans plus tard Margaret. Sa fille. Née en Égypte dans de douloureuses conditions puisqu'elle faillit mourir à sa naissance, Matthew et la mère de la jeune femme Anne (Jill Townsend) se sont depuis séparés. La mère et la fille sont désormais installées aux États-Unis tandis que Matthew est depuis son départ d’Égypte, retourné vivre en Angleterre. Toujours obsédé par la sépulture de la reine Kara et par l'idée de la ressusciter, et alors même que Margaret part le rejoindre en Europe contre l'avis de sa mère, l'occasion de mettre en pratique son projet va pouvoir se présenter... Tourné à Louxor, dans la Vallée des Rois, Mike Newell manque le coche de nous offrir de somptueuses images du site. Car en dehors de très rares plans larges, le film se contente majoritairement de filmer sa star en gros plan. Le reste du film sera tourné quant à lui dans les Lee International Film Studios de Londres, permettant une reconstitution certes imaginaire mais flamboyante du tombeau de la reine Kara. Quelques images qui nous invitent donc à un très court mais féerique voyage avant un retour en terre occidentale relativement désolant. L'on retiendra finalement surtout l'apparition de l'actrice Stephanie Zimbalist dont le plus grand fait d'arme aura sans doute été d'accompagner l'acteur américano-irlandais Pierce Brosnan dans la série télévisée à succès Les Enquêtes de Remington Steele entre 1982 et 1987. Souvent absurde, manquant de cohérence, parfois involontairement drôle et donc totalement inefficient en terme de frissons, The Awakening demeure avant tout une curiosité ne serait-ce que pour la simple présence de Charlton Heston au générique...

 

vendredi 4 octobre 2019

The Omega Man de Boris Sagal (1971) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Écrivain et scénariste américain, Richard Matheson est aussi connu pour avoir été adapté un certain nombre de fois au cinéma. Parmi ses œuvres les plus notables on retrouve The Shrinking Man qui sur grand écran a donné lieu à l'un des tous meilleurs films de science-fiction des années 50 réalisé par Jack Arnold et  I Am Legend dont The Omega Man est la seconde adaptation après The Last Man on Earth réalisé en 1964 par Ubaldo Ragona et Sidney Salkow et avant I Am Legend de Francis Lawrence en 2007 et I Am Omega de Griff Furst la même année. Interprété par la star Charlton Heston, la présence de l'acteur n'a pourtant pas ici valeur de totale réussite. En effet, bien que le script et l’œuvre originale soient sujets à une histoire relativement passionnante, le traitement qu'en a fait le réalisateur américain originaire d'Ekaterinoslav en Ukraine Boris Sagal est digne d'un bon gros nanar. Une série presque Z qui fera donc fort peu impression au delà du cercle des amateurs de petites productions horrifiques bas de gamme.

Le cinéaste prend des libertés avec le roman de Richard Matheson. Il faut savoir que le projet est né sous l'impulsion de Charlton Heston qui après avoir lu I Am Legend lors d'un voyage en avion et sans même avoir prit connaissance de l'existence d'une première adaptation cinématographique en 1964 interprétée par le célèbre acteur britannique Vincent Price, s'est pris de passion pour l'histoire de Robert Neville, l'un des rares humains à avoir survécu à une guerre biologique. Si jusque là, roman et adaptation demeurent semblables, il en est tout autrement lorsque sont évoqués les ''créatures'' de l'un et de l'autre. En effet, alors que dans le roman celles auxquelles le héros est confronté prennent l'apparence de vampires décharnés et cannibales, celle du film font encore partie de l'espèce humaine mais portent les stigmates de la catastrophe biologique : vivant la nuit et ne supportant pas la lumière du jour, elles forment les adeptes d'une secte autour de Jonathan Matthias (l'acteur Anthony Zerbe), leur gourou.

Assez ennuyeux dans le fond et assez mal construit dans la forme, The Omega Man a la malchance de connaître des choix artistiques douteux qui le relèguent au niveau d'un nanar plutôt que d'une brillante production hollywoodienne comme pourrait le laisser transparaître la présence de Charlton Heston au générique. Preuve que l'on peut enchaîner les oeuvres mythique tout en étant capable d'aborder le cinéma sous un angle beaucoup moins prestigieux mais beaucoup plus intimiste. Dans la longue liste des longs-métrages auxquels participa l'acteur, The Omega Man fait figure de parent pauvre. Parent pauvre également du genre anticipation dans lequel brillera davantage l'acteur, notamment avec les excellents Soylent Green de Richard Fleischer et Planet of the Apes de Franklin J. Schaffner. Si quelques bonnes idées surnagent (la visite d'un New York dévasté, abandonné et livré aux mains d'une secte), d'autres frisent par contre le ridicule. Comme ces tenues et ces lunettes de soleil qu'arborent Jonathan Matthias et ses adeptes. Au final, The Omega Man s'avère une oeuvre mineure, inégale, plutôt ennuyeuse et sans challenges véritables...

Soylent Green de Richard Fleischer (1973) - ★★★★★★★☆☆☆




Soleil Vert (qui n'est ni la traduction littérale du titre original du long-métrage de Richard Fleischer Soylent Green qui signifie en réalité Soja Vert, ni celle du roman qui est à l'origine de cette adaptation, écrit, lui, par le romancier américain Harry Harrison sous le titre Make Room! Make Room!) est l’œuvre d'un cinéaste qui durant sa carrière riche d'une petite cinquantaine de longs-métrages a œuvré dans la comédie, le western, le film de guerre historique, le thriller, ou l'adaptation cinématographique de réels cas de tueurs en séries (L’Étrangleur de Boston en 1968, 10 Rillington Place en 1971), mais aussi beaucoup dans le domaine du fantastique, de la science-fiction et de l'épouvante à travers quelques classiques du genre parmi lesquels on trouve notamment 20.000 Leagues Under the Sea en 1954, Fantastic Voyage en 1966, Amityville 3-D en 1983 et donc ce Soylent Green datant de 1973. Le cinéaste offre le rôle principal à l'une des plus grandes stars américaines de l'époque, Charlton Heston, lequel enchaîne depuis plusieurs décennies les succès au cinéma. On se souviendra longtemps de The Ten Commandments de Cecil B. DeMille dans lequel l'acteur interprétait le rôle de Moïse, de Ben-Hur de William Wyler dans lequel il interprétait le rôle-titre, ou encore de Planet of the Apes où dans la peau du capitaine de navette George Taylor il était confronté à une civilisation humaine asservie par des singes. Un exemple de dystopie comme le sera également trois ans plus tard The Omega Man dans lequel l'acteur sera l'un rares survivants d'une planète Terre dépeuplée en raison d'une guerre biologique.

À vrai dire, le cas contraire de Soleil Vert dont l'intrigue se déroule en 2022 (contrairement au roman qui situait la sienne en 1999) sur une planète victime de la surpopulation de ses habitants et d'une telle raréfaction de l'eau et de la nourriture due à la population (mise en images lors du générique) que la société Soylent Industries a mis sur le marché différentes tablettes plus ou moins nutritives permettant aux quarante-quatre millions d'habitants de New York de se nourrir. Une nouvelle tablette est mise en vente. Le ''Soleil Vert''. Disponible uniquement le mardi, plus riche nutritivement mais malheureusement aussi beaucoup plus chère, elle provoque des débordements parmi la population chaque qu'elle est mise en vente. L'un des dirigeants de l'entreprise Soylent Industries est retrouvé mort, assassiné. L'enquête est confiée au détective Frank Thorn qui en investiguant notamment autour de l'usine fabriquant les fameuses tablettes de ''Soleil Vert'' va découvrir la terrible vérité sur leur composition...

Considéré comme un classique de l'anticipation, Soleil Vert a connu lors de sa sortie un très grand succès alors même qu'il faillit ne jamais voir le jour. En effet, les producteurs de la MGM estimant que le sujet de la surpopulation étant intéressant mais surtout insuffisant pour en faire une adaptation cinématographique, il a fallut pallier à la simplicité du scénario original en y ajoutant ce qui demeurera l'aspect le plus intéressant du long-métrage : l'introduction et la vérité sur les tablettes de ''Soleil Vert''. Richard Fleischer opte pour une approche réaliste d'un sujet qui même à l'orée des années 2020 ne semble pas encore d'actualité, mais qui pourrait un jour prendre forme dans un contexte social, politique et économique s'acharnant à faire de notre belle planète une poubelle. S'il ne faut pas s'attendre à une véritable révolution en matière d'effets-spéciaux, Soleil Vert décrit avec force images un monde surpeuplé dans lequel on dort aussi bien dans de vétustes appartements que dans la rue. Le monde est devenu un état policier et comme cela était prévisible, seuls ceux qui en ont les moyens peuvent se permettre de s'offrir les rares produits naturels encore disponibles. Le film ne fait pas dans la demi-mesure lorsqu'il s'agit de faire la critique de cet état policier qui nettoie les rues de ses manifestants à grands coups de pelleteuses. Bien que le film de Richard Fleischer ait pris quelques rides, son sujet choc pourrait très prochainement faire l'actualité. Une œuvre de science-fiction pessimiste, visionnaire et intelligente...

dimanche 29 septembre 2019

Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille (1956) - ★★★★★★★★★★



L'un des plus grands péplums de l'histoire du cinéma, et sans doute l'un des plus grands films de tout le septième art n'a pas perdu de sa superbe, même après soixante-trois ans d'existence. Réalisé par le réalisateur et producteur américain Cecil B. DeMille, trente-trois ans après le long-métrage éponyme qu'il réalisa lui-même en 1923, Les Dix Commandements demeure la plus flamboyante des adaptations cinématographiques basées sur le ''Assereth ha-Dibberoth'' ou Décalogue, l'ensemble des instructions morales et religieuses reçues par Moïse au sommet du Mont Sinaï en Égypte. Transmises par Dieu apparaissant sous la forme d'un buisson ardent, ces instructions prirent la forme de tables gravées sur lesquelles, selon la Torah, Dieu posa son doigt.
Alors que dans la version de 1923 le cinéaste abordait son œuvre en deux parties, la seconde se situant dans les années 1920, Cecil B. DeMille choisit de se concentrer dans celle de 1956 sur la vie de Moïse, de sa naissance et son sauvetage par Lilia, la fille du Pharaon Séthi 1er qui régna de -1294 à -1279, jusqu'à la seconde rencontre entre Moïse et Dieu suivant l'exode du peuple hébreux au pied du Mon Sinaï dans la péninsule égyptienne du même nom et à la suite de laquelle furent gravés les dix commandements.

C'est grâce à sa connaissance de l’Égypte Ancienne que celui qui demeurera comme l'un des plus grands acteurs américains de son époque décroche le rôle principal de Moïse. Alors que le propre fils de la star, Fraser Clarke Heston, incarne le futur prophète du judaïsme alors qu'il n'a qu'un an, son père, l'immense Charlton Heston irradie ensuite de sa présence une œuvre qui aura coûté à la production, treize millions de dollars. Une somme qui peut paraître dérisoire aujourd'hui mais qui à l'époque était exceptionnelle (je rappelle que nous sommes alors dans la seconde moité des années cinquante). Face au charisme de l'acteur qui interprétera plus tard le personnage principal d'un autre immense péplum, celui du Ben-Hur de William Wyler, affrontera les nouveaux maîtres d'une planète Terre futuriste dirigées par des primates dans La Planète des Singes ou découvrira l'effroyable vérité sur le Soleil Vert de Richard Fleischer, il fallait opposer un acteur capable d'avoir une certaine ascendance. C'est ainsi donc que le rôle de Ramsès II, fils de Séthi 1er et futur Pharaon D’Égypte est confié à l’acteur américain d'origine russe et mongole, Yul Brynner, dont la carrière débuta à la télévision en 1944 (Mr. Jones and His Neighbors) avant d'exploser au cinéma dans le film de Cecil B. DeMille, avec notamment Les Sept Mercenaires de John Sturges, Tarass Boulba de J. Lee Thompson, ou encore Mondwest de Michael Crichton dans lequel il incarnerait un robot à l'effigie d'un cow-boy, hommage au mercenaire Chris Adams qu'il incarna treize auparavant.

Énumérer la totalité des personnages, et donc de leur interprète respectif, prendrait sans doute des heures tant le casting des Dix Commandements est remarquable. On pourrait citer l'acteur Edward G. Robinson qui dans le rôle de Dathan y incarne un hébreux à la solde de l’Égypte. Pleutre, ambitieux, violent et ayant oublié ses origines. Yvonne De Carlo, qui dans celui de Sephora interprète la future épouse de Moïse rencontrée près d'un puits à Madian alors qu'il vient de vivre un long exode solitaire à travers le désert. Cedric Hardwicke qui dans la peau de Séthi 1er se pose en Pharaon honnête et droit envers son peuple mais inflexible envers les esclaves hébreux. Mais on retiendra sans doute en troisième position dans l'ordre d'importance après Charlton Heston et Yul Brynner, le personnage de Néfertari, interprétée par la sublime Anne Baxter, déchirée ici entre son indéfectible amour pour Moïse et sa crainte de devoir épouser Ramsès II. Personnage complexe (la personnalité des deux demi-frères étant facile à mettre en évidence), elle irradie elle aussi l'épopée de Cecil B. DeMille de sa grâce et sa beauté. En dehors des interprètes à proprement parler, il faudrait également citer les nombreux figurants, ces anonymes qui au nombre de dix-mille se sont fondus dans une reconstitution historique gigantesque (parmi les décors les plus vastes jamais réalisés pour un long-métrage à l'époque) et qui participent par leur seule présence à l'incroyable spectacle qui nous est offert.

D'ailleurs, il serait inconcevable de les évoquer sans parler du travail notamment effectué sur les costumes, mais plus encore les effets-spéciaux par le superviseur et directeur de la photographie américain John P. Fulton (de l'American Society of Cinematographers) qui reçut à l'occasion de sa participation à leur élaboration, l'Oscar des meilleurs effets visuels, lequel fut assisté du concepteur d'effets-spéciaux mexicain Paul Lerpae. Ce dernier employa la technique du ''Cache/contre-cache'' (ou ''travelling matte'') consistant à placer un décor peint en trompe-l’œil tandis que l'américain Farciot Edouart usa de la technique de la ''Projection Arrière'' (ou ''Process Photography'') consistant à projeter une image sur un écran depuis l'arrière de l'écran principal. Mais de tous les effets-spéciaux, celui que le spectateur retiendra sans doute davantage que n'importe quel autre (la majeure partie d'entre eux se fondant si naturellement dans le décor qu'ils deviennent spontanément invisibles) demeure la séquence durant laquelle Moïse, à l'aide de son bâton, sépare les eaux de la Mer Rouge en deux afin de permettre à son peuple d'échapper à ses assaillants. Une séquence difficile à monter mais qui depuis toutes ces années n'a pas perdu de sa force et sa beauté.

Si tant est que l'on soit peu enclin à accorder du crédit à certains événements se produisant lors de certains passages, on peut considérer l’œuvre de Cecil B. DeMille comme un formidable film fantastique plongeant ses personnages dans un univers où se mêlent Histoire, récit biblique, aventures, drame et romance. D'une durée avoisinant les trois heures et quarante minutes, Les Dix Commandements fut une véritable manne pour la société de production Paramount puisque le film rapporta en cette seule année 1956, soixante-cinq millions de dollars sur le seul territoire américain. En France, il faudra attendre plus d'une année entière et le 17 janvier 1958 pour pouvoir découvrir le film en salle où il dépassa les quatorze millions d'entrées. À noter que cette seconde version des Dix Commandements par Cecil B. Demille fut aussi son dernier long-métrage. Alors qu'il avait en tête la réalisation d'une œuvre portée autour de la Vierge Marie, l'immense cinéaste américain qu'il fut devait s'éteindre d'épuisement le 21 janvier 1959 à l'âge de soixante-dix sept ans...

dimanche 14 avril 2019

Un tueur dans la Foule (Two-Minute Warning) de Larry Pearce (1976) - ★★★★★★★☆☆☆



Nous sommes en 1976 et les américains s'apprêtent à vivre un grand moment de sport puisque quatre-vingt onze mille d'entre eux vont assister à la finale du Super Bowl qui doit opposer cette année là les équipes de Los Angeles et Baltimore dans l'enceinte du Los Angeles Memorial Coliseum. Un Tueur dans la Foule, même s'il s'éloigne des canons du genres Catastroph, en reprend les fondamentaux. D'ailleurs, ce qu'attendent très certainement les spectateurs venus assister à cette histoire ancrée dans la réalité du tueur fou venu armé d'un fusil massacrer des dizaines de spectateurs, n'interviendra qu’après quatre-vingt dix bonnes minutes durant lesquelles le cinéaste Larry Pearce aura pris consciencieusement le temps de nous présenter ses différents personnages. A commencer par le tueur lui-même dont le réalisateur ne nous donne aucune indication physique et identitaire, se contentant généralement de filmer ses chaussures et rien d'autre. Nous ne connaîtrons ni ses intentions, ni les raisons pour lesquelles il a décidé d'agir ainsi. Tout juste le spectateur pourra-t-il supposer sa volonté de s'en prendre aux quelques grandes personnalités venues assister au match (une partie de football américain qui opposera d'ailleurs deux équipes différentes de celles qui s'opposèrent en réalité ce 18 janvier 1976, les Steelers de Pittsburg aux Cowboys de Dallas, et dans un lieu lui aussi différent, le Miami Orange Bowl).

Vient ensuite la présentation des différents anonymes venus défendre leur équipe. Parmi eux, l'acteur Beau Bridges, accompagné pour l'occasion par Pamela Bellwood (surtout connue chez nous pour avoir interprété le rôle de Claudia Blaisdel Carrington dans la série télévisée Dynastie), Mitchell Ryan dans le rôle du prêtre, Harry Northup dans celui d'un membre du SWAT, son chef, incarné à l'écran par John cassavetes, tandis que l'épouse de ce dernier, Gena Rowlands interprète quant à elle, le personnage de Janet, épouse d'un certain Stu Sandman campé par Jack Klugman. Tout en haut de l'affiche mais finalement beaucoup plus discret que certains autres à l'écran, l'acteur Charlton Heston dans le rôle du Capitaine Peter Holly. Un Tueur dans la Foule suit donc tout d'abord l'évolution de ces différents personnages. Des préparatifs du tueur jusqu'à l'arrivée de chacun des spectateurs venus prendre place sur leur siège numéroté du Los Angeles Memorial Coliseum.

L'une des grandes forces de ce film mêlant allégrement thriller et catastrophe demeure sans doute possible dans le montage de Walter Hannemann et Eve Newman qui se démènent pour que le scénario d'Edward Hume et George LaFountaine conserve une certaine cohésion. Difficile en effet de rendre crédibles les images de cette immense enceinte où sont réunis des dizaines de milliers de spectateurs au cœur de laquelle les interprètes doivent se fondre. Bien que la tragédie tarde à venir (rappelons une fois encore qu'il faudra patienter jusqu'aux deux tiers du long-métrage), l'une des excellentes idées du cinéaste et des scénaristes est de révéler très rapidement aux autorités en place la présence d'un dangereux individu armé d'un fusil. C'est donc après cette révélation que le film prend une tournure véritablement passionnante. Mise en place d'une équipe d'intervention dirigée par le toujours excellent John Cassavetes (dans le rôle du sergent Chris Button). Occupation de la salle de vidéo-transmission par le Capitaine Peter Holly et Sam McKeever (l'épatant Martin Balsam). Scènes du quotidien filmées en plein cœur du stade... Walter Hannemann et Eve Newman parviennent à se sortir d'un travail colossal en matière de montage pour un résultat parfois bluffant de réalisme. Les amateurs de spectacle à grande échelle en auront pour leur argent selon la formule consacrée (la gestion de la foule est un modèle du genre)... D'une durée avoisinant les deux heures, Un Tueur dans la Foule connaît quelques longueurs mais n'est jamais ennuyeux. La qualité de la mise en scène, du montage et de l'interprétation faisant de ce pur produit des années soixante-dix, une brillante réussite...

lundi 30 octobre 2017

Tremblement de Terre de Mark Robson (1974)



A Los Angeles, les habitants de la ville sont encore loin d'imaginer le drame terrible qui va se jouer dans quelques heures. Pourtant, des signes avant-coureurs e sont manifestés plus tôt dans la matinée. Pour l'ingénieur en chef d'une entreprise de construction Stewart Graff, c'est la crise. Alors que son patron et beau-père lui offre le plus important poste de celle-ci, son couple bat de l'aile au point qu'il prend la décision de quitter son épouse. A l'autre bout de la ville, le sergent Lew Blade est mis au placard après avoir frappé un policier d'une autre juridiction. Quand au motard Miles Quade, il prépare un sow à moto qui devrait les mettre lui, son assistant Sal et la sœur de ce dernier Rosa à l'abri du besoin.
Mais alors que les heures défilent, les prémices d'une catastrophe à venir se font sentir. Un séisme se fait ressentir dans toute la région et le plus important barrage de la région commence à montrer des signes de faiblesse. Les Scientifique Willis Stockle et Walter Russel, après études, confirment le pire à venir : un tremblement de terre d'ampleur jamais égalé risque de plonger la ville de Los Angeles dans le chaos...

Tourné durant cinq mois au début de l'année 1974, Tremblement de Terre fait partie de ces quelques mastodontes du cinéma américain de l'époque qui demeurent encore aujourd'hui d'une redoutable efficacité. Les films catastrophes, s'ils sont légions, ne comptent dans leurs rangs que très peu de grands classiques. Ceux-ci étant majoritairement daté des années soixante-dix. La même année fut tourné un autre classique du genre, La Tour Infernale de John Guillermin. Mais ce n'est pas tout. L'aube des années soixante-dix vit fleurir une série consacrée aux avions avec le premier d'entre eux : Airport, en, 1970. Puis vint deux ans plus tard L'Aventure du Poseïdon. Autre grand classique tourné à la toute fin de cette décennie, l'excellent Meteor, en 1979. mais il ne faut pas oublier que le film catastrophe est un genre qui existe depuis plus de cent ans, le premier essai remontant en 1908 avec le court-métrage Les Derniers Jours de Pompeï de Luigi Maggi. Un sujet qui d'ailleurs sera repris durant plusieurs décennies.

En ce qui concerne ce Tremblement de Terre réalisé par Mark Robson, on ne peut pas dire qu'il lésine sur les moyens puisqu'après l'habituelle présentation des personnages, le récit gravitant autour des actrices et acteurs Charlton Heston, Ava Gardner, George Kennedy (un habitué des films catastrophes), Victoria Principal ou encore Geneviève Bujold, se précipite sur le thème qui nous intéresse ici. Celui de la catastrophe imminente que le cinéaste a tout d'abord la bonne idée d'aborder d'un point de vue scientifique avant de laisser le scénario mettre en évidence le pire à venir à travers des événement demeurant encore minimes à ce moment très précis. Mettant en place un scénario beaucoup plus complexe que la simple vague de catastrophes détruisant une ville toute entière, le récit jongle entre les histoires personnelles de plusieurs personnages, tous très intéressants.

Puis c'est alors que les premières secousses se font ressentir. Suivies de la plus importante sans qu'aucun détail narratif ne nous ait averti de son arrivée si soudaine. L'ampleur du travail sur les décors explose les rétines. La durée de la scène, ainsi que la chorégraphie (s'entend le placement des acteurs et figurants) et les remarquables effets-spéciaux en mettent plein la vue. Décors réels et maquettes se confondent tant et si bien qu'il est parfois impossible de distinguer le vrai du faux.

La présence des principaux interprètes au capital sympathie est une valeur sûre qui apporte beaucoup à cette œuvre qui dépasse les deux heures. Sans l'ombre d'une image de synthèse qui à l'époque n'était encore qu'un rêve, Tremblement de Terre surpasse tout ce qui a été entreprit auparavant dans le domaine et n'a été qu'en de très rares occasions surpassé. Le cinéaste Roland Emmerich lui-même n'aura retenu la leçon qu'à moyen terme puisque après un excellent Jour D'Après, il allait commettre le pire en réalisant le nullissime 2012. plus de quarante ans après, l'oeuvre de Mark Robson a évidemment pris quelques rides mais n'a pas à rougir devant les blockbusters souvent surestimés d'aujourd'hui...



dimanche 1 octobre 2017

John Carpenter's In the Mouth of Madness de John Carpenter (1995) - ★★★★★★★☆☆☆



Commençons ce nouveau chapitre de Cinémart avec l'un des plus grands réalisateurs de films d'horreur. L'épouvante est un genre que le cinéaste américain John Carpenter connaît sur le bout des doigts. Depuis 1978, date de sortie de son troisième long-métrage Halloween, la Nuit des Masques, il n'a en effet jamais cessé de nous plonger dans des univers cauchemardesques. Du tueur masqué Michael Myers, jusqu'à ses Vampires datant de la fin du vingtième siècle, ce spécialiste de la série B nous a offert de savoureux spectacles. Des divertissements presque à l'attention de tous. Signant ainsi quelques chef-d'oeuvres. De l'anticipation avec New-York 1997 en 1981, Le fantastico-horrifique The Thing en 1982, la crépusculaire adaptation éponyme du roman Christine de Stephen King, la très belle et émouvante histoire de science-fiction de Starman. Science-fiction encore avec le paranoïaque et très ludique Invasion Los Angeles, le très angoissant Prince des Ténèbres, ou encore le remake éponyme lui aussi du classique des années cinquante Le Village des Damnés. John Carpenter n'est pas que l'auteur d'une filmographie mêlant sans complexe fantastique, science-fiction, aventure, épouvante et horreur. Il s'est essayé plusieurs fois à la télévision. D'abord en 1978 avec Meurtre au 43ème Étage, puis l'année suivante avec l'excellent biopic Le Roman d'Elvis consacré à Elvis Presley.
En 1995, il s’attelle à un projet très particulier dont le scénario original est l’œuvre du scénariste Michael De Luca. John Carpenter's In the Mouth of Madness (chez nous, L'Antre de la Folie) est effectivement une œuvre étrange. Définitive dirait-on puisqu'au moins aussi importante que Prince des Ténèbres qui abordait déjà l'arrivée du malin parmi nous. Si cette fois encore, l’Église apparaît comme le lieu de refuge idéal à cette créature en gestation, l'intrigue s'inscrit désormais autant dans la réalité que dans la fiction. Le dernier roman d'un auteur dont son éditeur n'a plus de nouvelles depuis un moment apparaît comme la Porte devant permettre au Mal de franchir la barrière invisible séparant l'Enfer de notre univers. L'idée de départ date de la fin des années quatre-vingt. Et si John Carpenter a accepté d'en prendre les rennes, la New Line avait à l'origine prévu d'offrir la réalisation du film à Tony Randel, puis à Mary Lambert, laquelle connut un beau succès avec l'adaptation du roman de Stephen King, Simetierre.

John Carpenter's In the Mouth of Madness est un long flash-back débutant après que le docteur Wrenn vienne consulter l'enquêteur en assurance John Trent, enfermé dans la chambre capitonnée d'un hôpital psychiatrique après avoir tenu des propos incohérents. Trent remonte le court d'un récit hallucinant l'ayant transporté jusqu'à la petite communauté de Hobb's End où est censé se trouver l'écrivain Sutter Cane dont les romans sont réputés pour semer des troubles psychiatriques chez une grande partie de ses lecteurs. Accompagné de l'éditrice de l'écrivain, Linda Styles, Trent se retrouve plongé dans un univers dans lequel il va perdre tous ses repaires. Tant et si bien qu'il ne saura pas (et nous non plus) délier le vrai du faux.
Comme cela est généralement le cas chez John Carpenter, John Carpenter's In the Mouth of Madness nous propose un spectacle divertissant, qui ne souffre d'aucun temps mort. Parfois amusant et souvent très macabre, le film est un hommage à deux célèbres auteurs de romans d'épouvante. Tout d'abord  Howard Phillips Lovecraft et ses créatures de cauchemar, ainsi que Stephen King dont le nom sonne à peu de chose près comme celui du machiavélique auteur des romans du film, Sutter Cane. Il est d'ailleurs fait référence au célèbre écrivain américain vers le début du film. Comme cela arrive régulièrement, John Carpenter compose une fois de plus la musique du film s'aidant cette fois-ci du compositeur Jim Lang.

John Carpenter's In the Mouth of Madness est cauchemardesque tout en demeurant fort ludique. Sam Neill est impeccable, Julie Carmen séduisante, Jurgen Prochnow diabolique et Frances Bay vraiment inquiétante. Nous avons même droit à la présence du célèbre acteur Charlton Heston dans le rôle de l'éditeur Jackson Harglow. John Carpenter joue avec le faciès parfois très inquiétant de certains de ses interprètes. Les rires et sourires y sont terriblement flippants. Ses créatures sont hideuses et le comportement de certains habitants effrayants. Une œuvre véritablement... infernale... !

vendredi 2 juin 2017

Airport 1975 (747 en Péril) de Jack Smight (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆



Il aura fallut attendre quatre années avant que ne sorte le second volet de la saga catastrophique Airport en 1974. quatre années au beau milieu desquelles sera projeté le Skyjacked du cinéaste John Guillermin. Une œuvre qui n'a rien à voir avec les autres films de catastrophe aérienne mais qui leur demeure pourtant supérieur en terme de qualité. L'une des particularités de 747 en Péril (Airport 1975) est d'avoir servi de source d'inspiration pour la parodie du trio formé par Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker, Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Le film met en scène un Boieng 747, remplaçant ainsi le modèle 707 ayant servi dans l'épisode précédent. Cette fois-ci, l'équipage et les voyageurs embarqués à bord de ce nouvel avion de ligne vont avoir à faire avec un accident de très grande ampleur qui décimera la totalité du personnel de commandes. Alors que le vol prévoit de débarquer ses passagers montés à l'aéroport de Washington, à Los Angeles, un imprévu oblige le commandant le Stacy de faire atterrir l'avion à Salt lake City. Entre-temps, un petit avion de tourisme à bord duquel le pilote vient de faire un arrêt cardiaque suit une route chaotique et semble se rapprocher dangereusement de l'avion piloté par Stacy.
A terre, les aiguilleurs du ciel tente de prévenir le commandant du boieng mais il est déjà trop tard. Le petit avion file droit vers le cockpit de l'engin de la Coulumbia Airlines et c'est la collision. Alors que l'avion de tourisme est pulvérisé, une grosse partie du cockpit du boieng est arraché. Les deux copilotes de Stacy sont tués sur le coup, quant au commandant, il est gravement blessé au visage. L'avion n'ayant plus de pilote, les passagers vont devoir compter sur l'aide de l’hôtesse en chef, Nancy Pryor qui va alors prendre les commandes de l'avion de ligne, aidée au sol par Alan Murdock, ancien pilote pour l'armée américaine et compagnon de la jeune femme, ainsi que par Joe Patroni, vice-président de la compagnie Colombia Airlines.

Parmi les passagers, on reconnaîtra la jeune actrice Linda Blair qui effraya le public du monde entier en revêtant le visage du Diable dans le classique de William Friedkin L'Exorciste en 1973. Ainsi que Helen Reddy, en bonne sœur, les deux actrices ayant été parodiées six ans plus tard par les ZAZ. Roy Thinnes (la série Les Envahisseurs) et Karen Black (Burnt Offerings, Le Jour du fléau) font également partie du voyage. 747 en Péril n'est, sans mauvais jeu de mots, pas une catastrophe, mais demeure dans le fond, parfois ennuyeux malgré des péripéties inédites. Beaucoup de bavardage inutile dont le seul intérêt semble être de combler les vides d'un scénario qui ne tient que sur la base d'une catastrophe dont l'issue semble improbable (la collision permettant au boieng de continuer sa route). Toutefois, quelques scènes parviennent à maintenir un certain suspens comme lors de la tentative de sauvetage par un pilote de l'armée américaine confirmé. Le sort qui lui est accordé demeure d'ailleurs prévisible si l'on tient compte du fait que Charlton Heston, plus grande star du casting se devait fort logiquement de prendre la place du héros afin de mener à bien lui-même le sauvetage de l'avion de ligne. Des quatre longs- »métrages de la saga Airport, le film du cinéaste américain Jack Smight demeure sans doute le plus apte à résister au temps qui passe. Pour ses quelques qualités qui défient le temps (actrices et acteurs incarnent parfaitement leur personnage respectif) et pour la mise en parallèle avec la parodie qu'ont réalisé plus tard Jim Abrahams, David Zucker et Jerry Zucker. En effet, il serait sans doute amusant de voir les deux œuvres successivement afin de noter toutes les références dont s'est inspiré le trio de producteurs-réalisateurs...


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