Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Téléfilm. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Téléfilm. Afficher tous les articles

samedi 23 août 2025

The People across the Lake d'Arthur Allan Seidelman (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

The People across the Lake d'Arthur Allan Seidelman est un téléfilm. Le réalisateur américain tournera d'ailleurs majoritairement pour la télévision, ne consacrant qu'une poignée de longs-métrages pour le grand écran. En tout, plus de soixante-dix œuvres dont la première, Hercule à New York, date de 1970. Et pas n'importe laquelle puisqu'elle mettra en scène pour la toute première fois l'acteur Arnold Schwarzenegger, future vedette de Conan le barbare, de Terminator, de Predator ou encore de Total Recall... Si Arthur Allan Seidelman a ralentit le rythme depuis un certain nombre d'années, sa carrière ne s'est pas arrêtée pour autant puisque est actuellement en pré-production Delfino's Journey, un thriller. En 1988, année durant laquelle il tournera trois autres téléfilms, le réalisateur met en scène ce qui chez nous sortira sous le titre Les disparus du lac. Un titre français qui fait une entorse par rapport à la traduction réelle de The People across the Lake qui signifie en réalité Les gens de l'autre côté du lac. Le récit tourne autour des quatre membres d'une famille. À dire vrai, surtout autour de deux d'entre eux puisque les personnages de Lisa et Steven, les deux enfants du couple Yoman interprétés par Tammy Laurent et Gregory Togel seront survolés. Et même, parmi les deux parents Rachel et Chuck, c'est la première qui sera véritablement mise en avant dans ce récit étonnamment violent pour un téléfilm datant de 1988. Vivant dans une grande ville, décision est prise de déménager pour venir s'installer dans la petite bourgade de Tomahawk où tout pousse à croire ses habitants qu'un tueur en série sévit depuis quinze ans. Un tueur qui, soit dit en passant, n'est pas des plus ''productifs'' puisqu'il n'aurait tué pour l'instant qu'à trois reprises ! Comme souvent dans ce genre de productions que l'on a davantage l'habitude de découvrir sur grand écran que chez soi tranquillement installé dans son canapé, le scénario de Dalene Young adapté de l'histoire qu'elle écrivit aux côtés de Bill McCutchen rend soupçonnable tous ceux que notre petite famille sera amenée à croiser.


À commencer par deux habitants du coin qui voient l'installation de Chuck comme une menace pour le bien-être de leur petite communauté. Et surtout pour eux-mêmes, deux pêcheurs qui craignent pour leur commerce alors que le nouveau venu est bien décidé à profiter de la présence du lac pour y faire fructifier sa toute petite ''entreprise'' de planches à voile. Trop louches pour être les véritables responsables des trois morts non élucidées et de celles qui vont bientôt s'ajouter à la liste, Rachel, son époux et leurs enfants font rapidement la connaissance du débonnaire shérif Boignton (l'acteur Thomas Peacocke), de son adjoint John Bryce (Jeff Kizer), du sympathique père de ce dernier Malcom Bryce (Barry Corbin) ou de Henry Link (Daryl Anderson), un type apparemment dingue qui vit dans la forêt et menace de tirer sur quiconque entre dans son domaine ! Interprété par l'acteur Gerald McRaney que l'on connaît surtout chez nous pour avoir joué dans la série Simon et Simon entre 1981 et 1989 et pour avoir incarné le rôle du père du jeune héros de L'histoire sans fin (dont le réalisateur Wolfgang Petersen nous a malheureusement quitté tout récemment),Chuck est souvent absent et c'est son épouse Rachel qui va devoir démêler le nœud de l'affaire. Une Rachel interprétée par l'ancienne danseuse de Broadway et actrice américaine Valerie Harper dont la carrière sera beaucoup plus importante sur le petit écran que sur le grand et qui ici prend le risque de se frotter à un tueur implacable reprenant du service pour une raison qui ne sera connue des spectateurs qu'après les deux tiers du récit environ...


Dès lors, les événements prennent une tournure particulièrement sinistre et comme je l'évoquais plus haut, relativement étonnante. La découverte de l'assassin bien avant la conclusion du récit est l'occasion de dévoiler un tueur complètement dingue [Attention, spoiler!]... et même de deux tueurs puisque le voisin si sympathique qu'incarne Barry Corbin et son rejeton, l'adjoint du shérif John, sont les responsables des trois disparus et des cadavres qui vont par la suite s'empiler. Ce qui jusque là apparaissait comme un simple drame policier va plonger notre petite famille au cœur d'une véritable aventure horrifique. Entre la description d'un duo de rednecks qui pour le coup n'y seront pour rien et cet homme que le décès de sa femme a rendu fou (et dont le cadavre pourrissant est conservé dans la cave des Yoman, ce qui explique la volonté de Bryle de déloger la famille nouvellement installée), The People across the Lake se veut anxiogène et y parvient parfois à une toute petite échelle. Peut-être est-ce dû au statut de téléfilm mais Arthur Allan Seidelman ne fait finalement pas prendre trop de risques à sa petite famille qui s'en sort avec un minimum de dégâts. Sans être terrifiant au point d'en faire des cauchemars la nuit, The People across the Lake n'en est pas moins une honnête petite série B, très justement interprétée et multipliant les séquences horrifiques. Tout juste trouverons nous que Jeff Kizer en fait un peu trop mais bon, ne rechignons pas devant ce sympathique petit téléfilm d'horreur...

 

mercredi 30 mars 2022

Red Riding : In the Year of Our Lord 1974 de Julian Jarrold (2009) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Red Riding : In the Year of Our Lord 1974 est le premier volet d'une trilogie de téléfilms d'origine britannique dont on ne rencontre en général le ton que sur grand écran. Un thriller poisseux et désespéré qui navigue très loin des séries à succès du type Inspector Morse ou Midsomer Murders. À vrai dire, plus proche d'un récit à la Broadchurch mais en beaucoup plus sombre et direct. Ici, le script se résume à peu de chose si on le compare à l'excellente série de Chris Chibnall qui, elle, aura pris le temps en trois saisons de développer un univers fait de personnages et d'intrigues passionnants. Bien que se résumant à une enquête réduite à sa plus simple expression et préférant surtout confronter son personnage principal à une autorité véreuse et à des rapports parfois fugaces, le réalisateur anglais Julian Jarrold nous assène un uppercut en plein visage. Une ambiance, un climat inattendu pour ce qui semble être à l'origine une affaire sordide comme malheureusement les médias en charrient trop souvent. Des disparitions multiples de jeunes filles qu'un tout jeune et ambitieux journaliste va joindre entre elles contre l'avis des autorités elles-mêmes et de sa hiérarchie. Cet enfer que va vivre Eddie Dunfor, déjà affligé par le décès récent de son père, c'est l'acteur britanico-américain Andrew Garfield qui l'incarnera. Un journaliste loin de se douter dans quel merdier il va s'enfoncer. Une sympathique descente aux enfers inspirée de l'ouvrage de l'écrivain anglais David Peace et dont le final sera presque digne de celui d'un certain... Taxi Driver signé en 1976 par le réalisateur américain Martin Scorsese. Mais si chez ce dernier l'espoir renaissait à travers le personnage de Travis Bickle qu'incarnait le formidable Robert De Niro, sauvant la jeune prostituée Iris (Jodie Foster) de son proxénète (Harvey Keitel), dans Red Riding: In the Year of Our Lord 1974, Eddie Dunford arrive après la bataille. Un champ de ruines situé dans une Angleterre à l'époque où la Dame de Fer Margaret Tatcher quitte son emploi de secrétaire d'État à l'Éducation et aux Sciences pour rejoindre bientôt le Parti Conservateur dès 1975...


La future Première Ministre du Royaume-Uni débarque dans un pays en situation d'instabilité qui se caractérise dans le premier volet de la trilogie par un contexte social moribond. Le directeur de la photographie Rob Hardy imprime à l'image une colorimétrie atténuée par la sensation qu'un orage prochain risque de s'aventurer sur les territoires de cette tragédie qui n'épargnera personne. Andrew Garfield incarne un jeune journaliste se décomposant physiquement et intellectuellement au fil de l'aventure. Rencontrant des parents de victimes parmi lesquels, une certaine Paula Garland, mère d'une gamine qui n'a jamais été retrouvée, interprétée par la superbe Rebecca Hall, Eddie et la jeune femme vont finir par s'attacher l'un à l'autre. Si les flics sont bien plus flippants et corrompus que purent l'être les anciens ''Drougs'' du Alex d'Orange Mécanique de Stanley Kubrick un fois convertis à sa sortie du traitement Ludovico, on ne s'étonnera pas outre mesure d'y retrouver l'acteur Warren Clarke qui en 1971 incarnait le personnage de Dim. Jusqu’au-boutiste dans sa cruelle conclusion, le scénario du britannique Tony Grisoni n'épargne donc personne et favorise même un temps, la corruption entre policiers et riche homme d'affaire (Sean Bean dans le rôle de John Dawson). Et surtout pas le spectateur lambda qui pensait sûrement lors de sa première diffusion en 2009 sur Channel 4, passer une soirée tranquille, confortablement installé dans son fauteuil. La même année seront réalisés et diffusés les seconds et troisième volets de la trilogie sous les titres de Red Riding: In the Year of Our Lord 1980 et Red Riding: In the Year of Our Lord 1983. Le second sera réalisé par James Marsh et le troisième par Anand Tucker...

 

lundi 4 mai 2020

The Horror at 37,000 Feet de David Lowell Rich (1973) - ★★★★★★★☆☆☆




Un vol de la compagnie American Overseas Airlines au départ de Londres et à destination de Los Angeles transporte une dizaine de passagers ainsi que six membres d'équipage. Dans la soute, des bagages, un chien, mais surtout les restes d'une chapelle. Parmi les voyageurs, Alan et Sheila O'Neill, les ''heureux'' propriétaire des vestiges, Mademoiselle Pinder, la propriétaire du chien, l'ancien prêtre Paul Kovalik accompagné de Manya ou encore le docteur Enkalla. Quelques instants après que l'avion ait décollé, des perturbations climatiques semblent être la cause d'un étrange phénomène : en effet, l'avion stationne dans les airs au même endroit depuis qu'une curieuse explosion s'est produite dans la soute à bagages. Alors que mademoiselle Pinder prédit aux propriétaires de la chapelle l'éruption prochaine d'un événement dramatique, les esprits s'échauffent. Peu à peu, les événements s'enchaînent, à commencer par un froid glacial surgissant de la soute et par la mort de l'un des membre d'équipage. Alors que Mademoiselle Pinder affirme qu'il s'agirait de l'esprit vengeur d'un ancêtre de Sheila O'Neill brûlé sur le bûcher il y a des siècles en arrière, certains commencent à croire en ses propos et décident d'agir avant que les événements ne tournent à la catastrophe...


Catastrophe... voilà un mot qui colle bien à ce téléfilm intitulé The Horror at 37,000 Feet et diffusé pour la toute première fois aux États-Unis sur CBS le 13 février 1973. Réalisé par David Lowell Rich (qui réalisera notamment les films catastrophes Terreur sur le Queen Mary et Airport 80 Concorde). Tous les éléments d'un bon petit film d'épouvante y sont ajoutés afin de livrer un hybride plutôt intéressant. À commencer par le casting constitué d'interprètes célèbres. Dans le rôle du Capitaine Ernie Slade, l'acteur Chuck Connors. Dans celui d'Alan O'Neill, Roy Thinnes, le David Vincent de la série culte Les Envahisseurs. Et puis, l'on retrouve également dans la peau de l'ancien prêtre Paul Kovalik, le Capitaine Kirk de la célèbre et tout aussi culte série de science-fiction, Star Trek. Côté femmes, on retrouve l'actrice Lynn Loring dont la carrière au cinéma fut courte mais celle à la télévision, beaucoup plus importante. Jane Merrow tourna pour le grand et le petit écran, l'actrice apparaissant notamment dans Le Fantôme de l'Opéra de Terence Fisher en 1962 ou La Fille de jack l’Éventreur de Peter Sasdy en 1971. Notons également la présence de Darlene Carr qui fit une Doris particulièrement convaincante dans le nauséeux Les Proies de Don Siegel aux côtés de Clint Eastwood ou de la jeune Mia Bendixsen qui à l'époque du téléfilm était âgée de neuf ans seulement...

L'un des atouts de The Horror at 37,000 Feet, c'est son cadre. En choisissant d'invoquer le surnaturel à bord d'un avion de ligne, David Lowell Rich crée un climat anxiogène accru par l'impossibilité de fuir et par l’exiguïté des lieux. Ensuite, plutôt que de faire appel à des effets-spéciaux trop grandiloquents, c'est à l'aide de quelques effets, simples, mais réussis, qu'il parvient à rendre crédible la présence d'une entité véritablement hostile. Grâce à l'impeccable interprétation de chacun, le téléfilm diffuse une angoisse sourde et une tension pesante. Un climat déjà très chargé qu'accentue le comportement de certains personnages. En effet, face aux événements, certains perdent le contrôle et se comportent comme au temps de l'inquisition. Référence volontaire ou non, le titre de ce téléfilm qui finira apparemment par être exploité sur grand écran rappelle un excellent épisode de la série The Twilight Zone diffusé dix ans auparavant sur le petit écran. Intitulé Nightmare at 20,000 Feet, il voyait déjà William Shatner vivre à bord d'un avion de ligne un véritable cauchemar. The Horror at 37,000 Feet est une très bonne surprise. Et même si le budget semble avoir été relativement faible, David Lowell Rich parvient à mettre en scène une œuvre horrifique convaincante...

vendredi 24 avril 2020

Invitation pour l'Enfer de Wes Craven (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Le réalisateur américain Wes Craven aura consacré une partie de sa carrière à la famille américaine moyenne. On la retrouve dès son premier long-métrage La Dernière Maison sur la Gauche où elle fait face aux assassins de sa progéniture, dans La Colline a des Yeux où elle est confrontée à une famille d'anthropophages, ou dans L’Été de la Peur où l'union de ses membres se délite à l'arrivée d'une cousine/nièce diabolique. Le réalisateur ira même jusqu'à élargir son champ d'action aux habitants d'un quartier dont les enfants seront les victimes d'une vengeance orchestrée par un croquemitaine exécuté par leurs parents des années en arrière (Les Griffes de la Nuit). Et même à un village tout entier occupé par les membres d'une communauté Hittite. On ne s'étonnera donc pas que Wes Craven ait une fois de plus à travers le téléfilm Invitation pour l'Enfer, convié la famille au sein d'une étrange communauté installée dans une petite ville de Californie... C'est là que viennent s'installer Matt Winslow et les membres de sa famille : son épouse Patricia et leurs deux enfants Chrissy et Robbie. C'est d'abord pour eux, l'occasion de revoir leur ami Tom Peterson grâce auquel le père de famille a obtenu une place dans une agence qu'il intègre afin qu'il développe une combinaison de son invention : celle-ci doit en effet permettre à de futurs astronautes de partir dans l'espace à la découverte de la planète Vénus...

Si Invitation pour l'Enfer débute de manière relativement peu convaincante (son statut de téléfilm saute aux yeux), tout le savoir-faire de Wes Craven devrait notmalement s'exprimer ensuite dans l'évolution des personnages qui comme parfois chez lui changent de personnalité au point d'en devenir inquiétants. C'est le cas des enfants et de l'épouse du héros incarné par l'acteur Robert Urich que l'on a pu notamment découvrir dans la série Vegas en 1978 et qui débuta sa carrière au cinéma dans Magnum Force de Ted Post cinq ans auparavant. Il campe dans Invitation pour l'Enfer, ce père inquiet de la tournure que prennent les événements. Invitation pour l'Enfer, c'est un peu ''Tom Peterson contre le reste du monde''. En effet, ce qui participe de l'angoisse grandissante, c'est la solitude qui entoure le personnage lorsque les forces obscures se manifestent. Quand même au sein de sa propre famille, le héros en vient à douter de sa propre épouse, il se sait contraint de combattre seul l'ennemi invisible...

Aux côtés de Robert Urich, on retrouve dans le rôle de l'épouse de Tom l'actrice Joanna Cassidy que les amateurs de science-fiction ont pu notamment voir dans le rôle de la strip-teaseuse Zhora dans le classique de Ridley Scott, Blade Runner en 1982. Wes Craven filme une énième variation sur l'invasion de notre planète par des entités biologiques extraterrestres, mais avec infiniment moins de subtilité qu'un Philip Kaufman période L'Invasion des profanateurs, remake et classique intemporel de science-fiction paranoïaque qui ne trouve ici malheureusement pas un descendant digne de ce nom. Invitation pour l'Enfer navigue dans les eaux boueuses du téléfilm du dimanche après-midi. Production de science-fiction grandiloquente (le look de Susan Lucci/Jessica Jones est notamment typique des années quatre-vingt et donc aujourd'hui, totalement désuet) et kitsch (mon dieu, certains décors, éclairages et effets-spéciaux) étouffée par un score envahissant et parfois pesant signé par le compositeur hongrois Sylvester Levay (L'invasion vient de Mars de Tobe Hooper en 1986, Three O'Clock High de Phil Joanou en 1987, etc...), le téléfilm de Wes Craven vaut essentiellement pour l'interprétation de Robert Urich et Joanna Cassidy. Pour le reste, Invitation pour l'Enfer laissera le spectateur indifférent ou tout au plus curieux...

jeudi 5 décembre 2019

L'Enlèvement de Michel Houellebecq de Guillaume Nicloux (2014) - ★★★★★★★☆☆☆



Michel Houellebecq a une vie bien rangée, bien réglée. Il vit dans un quartier où il lui arrive de croiser ses voisins, ses amis, à l'occasion d'une promenade. De conversations en signatures d'autographes arrive ce fameux jour où croisant dans un ascenseur trois individus porteur d'une curieuse malle, il est retranché dans son appartement, menotté et bâillonné. Transporté à la campagne et abrité par les vieux parents de l'un de ses ravisseurs, il n'a aucune idée des raisons pour lesquelles il a été enlevé. A mesure que les jours passent, lui et les trois hommes tissent des liens étranges d'amitié sincère. D'abord séquestré dans une chambre, ses ravisseurs acceptent de lui laisser un peu plus de liberté. Il mange à table avec eux et partagent leurs conversations. Totalement obsédé à l'idée de récupérer le briquet qui lui a été subtilisé, ce grand fumeur provoque quelques tensions à table. Si personne ne sait combien de temps va durer sa captivité, Michel semble prendre le chose avec philosophie. Luc, Mathieu et Max, ses ravisseurs, lui offrent même l'opportunité d'une relation avec Fatima, une jeune prostituée occasionnelle de vingt-cinq ans...

Michel Houellebecq dans le rôle de... Michel Houellebecq. Écrit et réalisé par le cinéaste Guillaume Nicloux auquel on doit en outre les deux premiers volets d 'une trilogie (Valley of Love et The End avec Gérard Depardieu dans les rôles principaux) dont le troisième volet Les Confins du Monde est prévu pour 2017, L'Enlèvement de Michel Houellebecq n'est pas le fruit exclusif de son imagination puisqu'il est inspiré d'un événement qui eut lieu trois ans plus tôt en 2011. En effet, l'écrivain et acteur Michel Houellebecq, qui avait donné son accord pour une tournée en Belgique et en Hollande pour la promotion de son roman La carte et le territoire (qui reçut le Prix Goncourt en 2010), oublia tout simplement qu'il avait prévu cette dernière. De plus, pour ne plus être dérangé, il avait fait changé son numéro de téléphone et ne répondait plus à ses mails. D'où le mystère de sa disparition.


La réalité rejoignant la fiction, c'est cette fois-ci en interprétant son propre rôle qu'il joue un Michel Houellebecq plus vrai que nature. Amateur de cigarettes et de vin espagnol, il lui arrive de parler pour lui seul, ce qui donne parfois aux conversations de drôles de sentiments à ses étonnants ravisseurs. Aussi sympathiques qu'amateurs, ceux-ci se révèlent tous incroyablement conviviaux, même quand l'écrivain fait preuve d'exigences. Guillaume Nicloux réalise une comédie fraîche, savoureusement drôle, parfaitement interprétée par les acteurs et actrices Mathieu Nicourt, Maxime Lefrancois, Luc Schwarz, Françoise Lebrun, Ginette Suchotzky , André Suchotzky et Marie Bourjala.

Seule petite ombre au tableau, la présence du véritable avocat Karim Achoui. Choix étonnant lorsque l'on sait que le bonhomme est supposé avoir des liens avec « le Milieu ». En effet habitué à défendre des criminels, il a même été surnommé par les médias d'Avocat des Voyous. A part cela, L'Enlèvement de Michel Houellebecq est un fantastique téléfilm de divertissement. Traitée de manière peu banale, cette histoire de rapt et d'amitié est une vraie belle réussite...

mardi 10 septembre 2019

Piranha (TV) de Scott P. Levy (1995) - ★★★★★★☆☆☆☆



Quelle drôle d'idée que de réaliser un remake de Piranha, le petit classique de l'horreur et de l'épouvante que signa le cinéaste américain Joe Dante à la toute fin des années soixante-dix. En même temps, quand on est à court... d'idée, justement, il n'est rien de plus facile que de se reposer sur un scénario déjà écrit et mis à l'épreuve sur grand écran seize ans auparavant. Réalisé par Scott P. Levy, notamment auteur de House of the Damned en 1996 (rien à voir avec l'homonyme tourné en 1963 par le cinéaste Maury Dexter), Piranha (TV) version 1995 est rien moins qu'un remake qui applique poliment la recette du scénario qu'écrivit John Sayles en 1978 avant de l'adapter aux côtés de Richard Robinson. Respectueux du scénario original, l'adaptation du scénariste Alex Simon reprends les grandes scènes du long-métrage de Joe Dante, Scott P. Levy proposant une alternative télévisuelle qui étonnera sans doute par l'accumulation de scènes horrifiques même si celles-ci ne sont pas outrancièrement gore !

En effet, le principe (économique) étant toujours le même, il s'agit plus de faire travailler l'imaginaire du spectateur que de le provoquer à travers de fulgurants et très coûteux effets gore. La technique ici éprouvée consiste donc à agiter sous l'eau des marionnettes à l'effigie des poissons incriminés, c'est à dire des piranhas ayant muté après de sordides expériences militaires menées par l'armée américaine afin de combattre un éventuel ennemi. D'une taille raisonnable de cinquante centimètres, l’œil glauque et les dents acérées, nos piranhas, qui ne volent pas encore, ont par contre la faculté de se mouvoir dans des eaux aussi bien douces que salées. Ce qui, lorsque l'on y pense, s'avère dramatique comme le supposeront nos héros, Paul Grogan et Maggie McNamara qui tout deux vont enquêter puis tenter d'empêcher les poissons de progresser vers un camp de vacances, puis un site touristique, et même avant qu'il ne parviennent à prendre le large et mettre en danger, pourquoi pas, l'humanité toute entière...

Paul Grogan est incarné à l'écran par l'acteur William Katt qui, non content d'avoir tourné dans une ribambelle de téléfilms et séries télévisées (dont Perry Mason), a joué dans le cultissime House que Steve Miner réalisa en 1986 et surtout, oui, surtout, l'extraordinaire The Man from Earth de Richard Schenkman, chef-d’œuvre absolu de science-fiction et magistrale réflexion philosophique. À ses côtés, l'actrice Alexandra Paul qui elle tournera pour John Carpenter en 1983 dans l'immense Christine, ou dans Agent Zéro Zéro de Rick Friedberg sorti en 1996. Comme dans tout bon film d'agression animale, Piranha (TV) est nanti de quelques antagonistes d'envergure, à commencer par l'acteur Monte Markham qui dans le rôle du promoteur J.R. Randolph ignore volontairement l'alerte donnée par Paul et Maggie, se rendant ainsi responsable de nombreuses morts, ou la très jolie (mais très garce aussi) Kehli O'Byrne qui dans le rôle de la monitrice Gina Green en fera baver à la fille du héros ne sachant pas nager avant de se faire croquer lors d'un bain de minuit sanguinolent. Bien qu'inférieur au long-métrage de Joe Dante, la version télévisée de 1995 n'est pas du tout désagréable à regarder. Par contre, les amateurs de scènes gore risquent d'être quelque peu déçus car à part de gros bouillons de sang et quelques bouts de chair dérivant dans des eaux devenues dangereuses, les scènes d'horreur sont peu impressionnantes. Ce qui n'est pas le cas des attaques massives et répétitives. Scott P. Levy réalise ici un honnête remake...

dimanche 25 août 2019

Duel de Steven Spielberg : le téléfilm (1971) - ★★★★★★★★☆☆


Comme chez bon nombre de cinéphiles et de cinéphages je l'imagine, la découverte de Duel, le second long-métrage du réalisateur américain Steven Spielberg après un Fireflight signé en 1964 et un certain nombre de participations à diverses séries télévisées, fut un véritable choc. Surtout qu'à l'époque, ça ne se bousculait pas tant que ça dans le registre de la peur ou de l'angoisse bien réelles. De celles qui vous donnent des sueurs froides dans le dos et vous fait sursauter à chaque bruit suspect arrivant par derrière. Trop jeune pour le découvrir à l'époque de sa sortie en France en mars 1973, Duel fut avant de sortir en salle et de devenir ainsi le premier long-métrage cinématographique de son auteur, un téléfilm diffusé en novembre 1971 au Canada et aux États-Unis. Ce n'est donc que beaucoup plus tard que j’eus le plaisir de pouvoir m'y frotter, mais pas au cinéma, non, à la télé. Sur un poste qui n'avait pas les dimensions de ceux que l'on trouve désormais chez n'importe qui. Un choc, donc, disais-je. Une claque. Quatre-vingt six minutes de pure terreur. Un road movie en forme de survival extrêmement efficace malgré l'épure du script. Et puis, peut-être un quart de siècle plus tard, c'est Anna, ma compagne, qui m'offrit enfin l'occasion de le redécouvrir sur grand écran, et sous une forme inédite. Un privilège en réalité si l'on tient compte du fait que dans notre seul pays, peu d'entre nous ont sans doute vécu l'expérience :

Un ciné-concert dans l'unique salle du cinéma de Sigean. Le film diffusé sur grand écran et dans la fosse, les membres du groupe autoproclamé de ''Musique Interterrestre'' Antiquarks remaniant la totalité de la bande-son du film pour un résultat au delà des espérances. Une expérience unique et très enrichissante. Si la première affiche évoque le film à l'époque de sa sortie dans l'hexagone en 1971 et celle du milieu l'événement qui eu donc lieu à Sigean le 13 février 2011, je ne suis pas certain que la dernière ait une réelle relation avec sa diffusion au Canada le 10 novembre 1971 ou aux États-Unis trois jours plus tard. C'est pourtant de cette version là que je parlerai dans cet article. Non pas que l'expérience vécue il y a huit ans en arrière au bras d'Anna fut décevante, bien au contraire, mais j'avais surtout envie de parler de l’œuvre dans sa version séminale même si par rapport à celle qui sorti plus tard sur les écrans, elle demeure moins longue de douze minutes...

Pas mal de modifications ont été apportées entre la version de 1971 et la version dite théâtrale qui fut proposée dans les salles. Tout d'abord, l'introduction du personnage de David Mann incarné par l'acteur Dennis Weaver à travers la séquence située dans son garage et sur les routes de la ville qu'il parcourt ensuite jusqu'à son arrivée sur les lieux dits du drame n'existe pas dans cette version de 1971. Le téléfilm débute donc sur la route de campagne et projette directement le spectateur au cœur du suspens puisque le camionneur fou qui va se lancer à sa poursuite durant plus d'une heure et dix minutes apparaît très rapidement. Les habitués de la version cinéma s'étonneront sans doute de la disparition d'une scène particulièrement forte : cette située devant l'entrée d'un tunnel et mettant en scène un bus scolaire. Nulle trace de l'événement dans le téléfilm. Tout comme celle située devant un passage à niveau également absente de la version de 1971. De longues minutes qui n'apparaissent donc pas mais qui ne retirent en rien l'intensité d'un téléfilm tout aussi fort en terme de découpage.  

Duel demeure dans sa version originale tout aussi précieuse, d'autant que son intérêt réside d'abord dans la vision qu'en a voulu à l'origine le réalisateur. Nous pourrions énumérer toutes les séquences additionnelles plus ou moins longues ajoutées par la suite et absentes ici, tous comme certains dialogues remaniés, mais l'essentiel est déjà là : une tension palpable et une action à couper au couteau lors de séquences cultes comme celle du relais-routier (un véritable moment de paranoïa) durant laquelle le héros examine les chaussures et le comportement des camionneurs qui s'y sont arrêtés et parmi lesquels il soupçonne son poursuivant de s'y être arrêté, ou encore celle de la cabine téléphonique. Et ne parlons même pas des nombreuses scènes de courses-poursuites sur une route déserte et écrasée par la chaleur du soleil. La preuve que Steven Spielberg avait déjà tout dit en 1971, les ajouts de la version cinéma ne faisant qu'augmenter (pas tout à fait superficiellement) l’œuvre originale par du matériel à son petit classique de la terreur. Dennis Weaver y est formidablement crédible et le camion fou, l'une des entités cinématographiques les plus terrifiantes du septième art. Une perle !

lundi 11 septembre 2017

Black Death de Sheldon Larry (1992) - ★★★★★★☆☆☆☆



Comme dans bon nombre de films, séries, téléfilms et romans, cela commence par ce qui ressemble à un cas de grippe. Rien de vraiment alarmant donc pour tous ceux qui croisent la première victime de ce qui va se révéler être un virus mortel. Ebola, variole, H5n1, et ici, la peste noire, ou mort noire dont le titre original de ce téléfilm principalement interprété par l'actrice Kate Jackson a préféré retenir le nom : Black Death. Ça n'a sans doute pas la saveur d'un bon groupe de métal comme pourrait laisser l'entendre le titre mais l’œuvre de Sheldon Larry en converse bien toute la violence. Tout commence par quelques toussotements sèche dans un avion. La victime ? Une gamine qui rentre chez elle. Blafarde, en sueur, et prise de violentes quintes de toux, la jeune Sarah ne le sait pas encore mais il ne lui reste que trois jours à vivre. Aidée par un sénateur et une noire bien charpentée qui ne se doutent pas des risques démesurés qu'ils prennent en aidant l'adolescente, Sarah arrive enfin à bon port. Mais à la maison, il n'y a personne pour l'accueillir. Mère et père ont prolongé leur week-end jusqu'à Paris et ne reviendront que le mercredi suivant. Il ne reverront pas leur fille vivante.
A l’hôpital, médecins et infirmiers s'emballent. Pensez donc : une épidémie de peste, ça ne se déclare pas tous les jours. Le docteur Hart et son assistant s'inquiètent des répercussions que cela pourrait entraîner sur la vie des habitants de New-York. C'est elle qui a découvert durant l'autopsie de Sarah que la jeune fille était atteinte de la peste noire. Maladie contre laquelle il n'existe malheureusement pas de vaccin. Comme très souvent dans ce genre d'intrigue, l 'héroïne a beau vouloir prévenir les citoyens, c'est le maire qui l'en empêche. Un personnage que l'on retrouve toujours dans ce type de situations, et pas uniquement dans des récits tournant autour d'épidémies puisqu'on a très souvent l'occasion de le retrouver dans des histoires d'attaques animales au cœurs de stations balnéaires. L'héroïne doit donc encore une fois se battre contre la maladie, mais également contre les autorités.

Isolé des autres productions du genre, Black Death n'est en soit, pas mauvais, mais finalement assez faible lorsqu'on le compare à d'autres œuvres mettant en scène des situations aussi alarmistes. Sans même avoir besoin de l'opposer à des longs-métrages cinéma dont les budgets confortables n'ont rien de comparable, Black Death a bien du mal à se hisser à la hauteur d'un téléfilm tel que Pandemic : Virus fatal qui, s'il n'est lui non plus, pas un modèle du genre, réussi à faire monter la pression de manière beaucoup plus concrète. Et ce, grâce notamment à sa longueur. Bien qu'étant nanti de quelques passages assez ennuyeux, ce dernier, avec ses quatre heures d'intrigue permet de développer tout un tas d'hypothèses et de situations qui manquent cruellement au téléfilm de Sheldon Larry. Même Virus - Le dernier fléau d' Armand Mastroianni parvient à développer une intrigue fort passionnante (toutes proportions gardées puisque, je le répète, il s'agit, dans ces trois exemples, de téléfilms) qui enterre définitivement la concurrence.
Et c'est bien dommage car Kate Jackson, l'ancienne Drôle de Dame, interprète un docteur Hart plutôt convainquant. Une heure trente, c'est peut-être un peu juste pour développer suffisamment le thème de Black Death. D'autant plus que le réalisateur se permet quelques scènes dont on cherche encore à l'heure actuelle l'intérêt, écourtant ainsi encore davantage le temps accordé au sujet qui nous préoccupe ici. Black Death demeure pourtant un téléfilm agréable à regarder. Surtout s'il on n'a rien d'autre à se mettre sous la dent... ce paraît fort peu probable...

vendredi 16 juin 2017

Don't Be Afraid of the Dark de John Newland (1973) - ★★★★★★☆☆☆☆







La grand-mère de Sally Farnham à légué à la jeune femme et son époux Alex son immense maison. Alors que le couple envisage de réaménager l'ensemble de la demeure, Sally découvre que la porte de la cave est fermée à clé. Après avoir mis la main sur ces dernières, elle tombe sous le charme de cette pièce souterraine que son grand-père avait semble-t-il transformé en bureau et décide qu'elle s'y installera pour ses loisirs. Une vieille cheminée en briques trône dans la pièce mais M. Harris, l'homme à tout faire qui travaillait depuis plusieurs décennies pour les grands-parents de Sally l'avait muré. Le vieil homme lui conseille de conserver la cheminée en l'état mais la jeune femme passe outre les conseils et débloque une porte latérale servant à débarrasser la cheminée des dépôts de cendre. En ouvrant cette petite trappe, la nouvelle propriétaire des lieux libère ainsi d'étranges petites créatures vivant dans l'obscurité et craignant la lumière. Dès lors, ces dernières ne vont avoir de cesse que de tenter d'attirer Sally et de l'emmener là où elles furent enfermées durant des années. Suppliant Alex d'accepter de quitter la maison, celui-ci doute des propos tenus par son épouse et accepte mal d'avoir été humilié lors d'une réception donnée à l'attention de ses collègues de travail et lors de laquelle Sally affirme avoir été attaquée par les petites créatures cachées sous la table du salon. Sally comprend alors qu'elle ne peut compter que sur elle-même. Elle remarque également assez vite que les créatures qui peuplent la cave et sortent la nuit ont peur de la lumière. C'est donc armée d'une lampe-torche et de bougies disséminées dans la demeure qu'elle tente de se protéger des assaillants...

Réalisé par le cinéaste, acteur, producteur et scénariste John Newland, le téléfilm Don't Be Afraid of the Dark a été diffusé pour la première fois sur le réseau de télévision à diffusion commerciale ABC (American Broadcasting Company) le 10 octobre 1973. Usant de certains codes du film de maison hantée, ce téléfilm met donc en scène une jeune et nouvelle propriétaire face à trois petites créatures démoniaques. De petits gobelins qui ne vont avoir de cesse de la harceler pour en faire l'une des leurs. Le téléfilm tente d'entretenir une certaine tension. John Newland use de certaines méthodes classiques en jouant sur la peur du noir, de l'inconnu et l'utilisation de l'environnement. Bien entendu, les propos de Sally (l'actrice Kim Darby) ne rencontre que l'insuccès face à un époux qui refuse de l'entendre. Un mari au comportement plutôt curieux d'ailleurs et qui fait parfois penser au personnage Guy Woodhouse incarné par l'acteur américain John Cassavetes dans le classique de Roman Polanski, Rosemary's Baby datant de 1968.
Un individu fort peu aimable. Un personnage que l'on rejette assez facilement bien qu'il semble avoir parfois quelques moments de lucidité. Chose assez étonnante pour le signaler, le téléfilm se termine de manière plutôt pessimiste. Sans être visuellement violente, la fin laisse envisager l'errance de son héroïne dans les limbes de l'Enfer que représente la profonde cavité située à l'intérieur de la cheminée. Si sans aucun doute Don't Be Afraid of the Dark a pu effrayer une certaine partie du public lors de sa première diffusion, il faut reconnaître aujourd'hui que le téléfilm a souffert des ravages du temps. Il se regarde avec un minimum d'intérêt mais ne provoque aucun sentiment d'angoisse.

Le cinéaste mexicain Guillermo del Toro se souvenant d'avoir été marqué lorsqu'il était petit par le téléfilm décide en 2011 d'écrire un scénario inspiré de l’œuvre de John Newland et de le produire. La réalisation du remake est confiée à Troy Nixey et le film sort aux États-Unis le 26 août de la même année...

jeudi 18 août 2016

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Charles Manson "Helter Skelter" de Tom Gries (1976)



De la fiction...


Le 9 août 1969, l'actrice et compagne du célèbre cinéaste Roman Polanski, Sharon Tate, est retrouvée morte à Bervely Hills, dans sa luxueuse demeure. Elle et quatre de ses amis ont effectivement été exécutés par les membres d'une « famille » dont le patriarche est un certain Charles Manson. La presse s'empare de l'affaire et fait grand bruit. Deux jours plus tard, le couple formé par Leno et Rosemary Labianca est à son tour découvert baignant dans son sang. Les circonstances sont identiques. Des messages tracés avec le sang des victimes et découvert dans les deux maisons.

Alors que la police piétine dans un premier tant, elle est ensuite dirigée vers un groupe de marginaux vivant dans un ranch californien. Charles Manson est le gourou d'une secte dont les membres sont des jeunes adultes et adolescents un peu perdus dont leur protecteur cultive le goût pour la drogue et les muselle en leur faisant comprendre l'importance que requiers le fait de vivre dans une peur permanente.

Susan Atkins, Patricia Krenwinkle, Leslie Van Houten ainsi que leur gourou sont arrêtés puis inculpés de meurtres. Le procureur Vincent Bugliosi est alors chargé d'enquêter et de trouver les preuves qui mèneront les accusés jusqu'à une condamnation de prison, voire la peine de mort. Pour cela, il compte sur différents témoignages dont celui de Lind Kasabian, une ancienne adepte. Mais de sa prison, et aidé des membres de la secte encore dehors, Charles Manson parvient à faire naître des tensions relatives aux menaces perpétrées par lui et son entourage.
C'est alors que le procès s'ouvre...

Basés sur des faits authentiques qui se sont déroulés à la toute fin des années soixante, on doit le téléfilm Helter Skelter au réalisateur Tom Gries. Durant plus de trois heures, le cinéaste décortique minutieusement l'affaire Charles Manson qui reste à ce jour l'un des plus célèbres meurtriers de toute l'histoire du crime américain, et même mondial. Celui qui se voulait comme l'incarnation du Christ a abusé de la naïveté et de la perméabilité de ses disciples pour en faire des jouets sexuels et meurtriers, évitant ainsi de se mouiller lui-même dans ces affaires sordides.

Ce téléfilm fleuve se décompense en deux partie. D'une part l'enquête, et d'autre part le procès. Les trois heures que dure Helter Skelter ne sont pas de trop pour mener à bien le récit de ce drame terrible et la mise en scène, ainsi que l'interprétation, rendent passionnantes les deux phases de l'intrigue. On retrouve Marilyn Burns, la « scream girl » de Massacre à la Tronçonneuse » de Tobe Hooper dans un rôle beaucoup plus calme. Steve Railsback campe quand à lui ce Charles Manson plus vrai que nature. George DiCenzo est quand à lui impeccable dans son emploi de procureur épris de justice... Un excellent téléfilm, bien différent du survitaminé et surréaliste Manson's Family mis en boite en 2003 par le cinéaste Jim Van Bebber...





… à la réalité

 la famille » à la fin des années 60 a poussé certains de ses membres à tuer plusieurs personnes dont l'actrice américaine Sharon tate épouse du cinéaste Roman Polanski et alors enceinte de huit mois. Les meurtres qu'il commanditait avaient pour but de provoquer des affrontements entre blancs et noirs, combats dont les conséquences auraient profité à « la famille ». Helter Skelter, à l'origine une chanson du célèbre groupe The Beatles servit de prétexte, Manson réinterprétant ainsi les paroles pour motiver ses troupes. Plusieurs de ses disciples furent condamnés à la prison. Quand à Manson lui-même, il est toujours enfermé en prison et apparaît encore comme un être néfaste pour la société. Curieusement, il a toujours fait l'objet d'une fascination, qu'il s'agisse de ses nombreux fans, ou des « hommages » qui lui sont rendus à travers le cinéma ou la musique...
Charles Manson, gourou d'une secte hippie appelée «
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...