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samedi 5 septembre 2020

Insect ! de William Fruet (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Ça a la couleur, la saveur et peut-être même l'odeur de certaines productions Charles Band et pourtant, Insect ! n'en porte pas la griffe. Ce petit long-métrage horrifique est l’œuvre du réalisateur américain William Fruet qui outre sa participation à la réalisation des séries télévisées Alfred Hitchcock Presents en 1985 et Friday the 13th deux ans plus tard fut également l'auteur de plusieurs films d'horreur dont Week-End Sauvage en 1976 ou L'Exterminateur en 1979. Tourné en 1987, Insect ! porte très bien son nom puisqu'il met en scène d'énormes fourmis issues d'une curieuse fécondation. En effet, un vieil homme se pique à l'une des aiguilles d'une plante d'un nouveau genre qu'une amie a importé de Calcutta et le voici contaminé. Victime d'un malaise, il est transporté d'urgence à l’hôpital où il est pris en charge par les docteurs Judith Glass et Rachel Carson. Après moins d'une heure d'hospitalisation, le vieil homme est pris de convulsions et éjecte par la bouche une énorme larve d'insecte que les docteurs s'empressent d'emporter dans une autre pièce afin d'y pratiquer des analyses. À la suite de quoi, ils demandent l'autorisation au directeur de l’hôpital de faire appel à un laboratoire expérimenté dans ce genre d'examens. De plus, l’entomologiste Elliot Jacobs est contacté afin d'aider l’hôpital à gérer la situation. Malheureusement, l'épidémie gagne les lieux et bientôt, plusieurs malades contractent les mêmes symptômes que le vieil homme qui lui, vient de mourir. Le détective Jim Bishop dont le collègue et ami vient de prendre une balle dans le ventre à la suite d'une fusillade est heureusement sur place et accepte d'aider les deux charmantes doctoresses à faire face à la situation...

Également connu sous le nom étrange de Blue Monkey (allez savoir pourquoi), Insect ! n'a apparemment pas bénéficié d'un budget très important. On pourrait même affirmer sans prendre trop de risques que les billets verts ne tombèrent pas à profusion au vu du résultat qui pique parfois un peu les yeux. Pourtant, le savoir-faire de William Fruet est bien là. Quelques effets gore, rares mais finalement pas trop mal fichus, un rythme soutenu, des actrices belles et capables de hurler devant chaque apparition de la créature, des effets-spéciaux conçus à l'ancienne, et donc en latex, et pour une fois, pas de poitrines béants de soutiens-gorges trop petits. Pas de midinettes évoluant à moitié nues ou en bikini. Pas de bellâtres bodybuildés déversant des textes débiles. Non, juste de jolies poupées parfois grimées (non mais, Susan Anspach, c'est quoi cette perruque et cette paire de lunettes qui cachent votre joli visage?), de petits enfants malades, une vieille dame recevant la visite d'une amie indisciplinée, les coursives d'un sous-sol où se reproduisent les créatures en question et puis... Steve Railsback. Le plus connu de tous les interprètes et qui incarne ici le détective Jim Bishop. Regard de poisson mort et investissement minimal, celui qui interpréta notamment le rôle de Duane Barry dans le double épisode éponyme de la série télévisée de science-fiction X-Files semble ici endormi...

Insect ! pioche (pille?) un peu partout dans l'Histoire de l'horreur et du fantastique animaliers. Car en effet, le long-métrage de William Fruet évoque tout autant la vague de films mettant en scène des animaux terrestres ayant connu une croissance hors du commun (et spécialement les fameux insectes géants de Them ! de Gordon Douglas sorti en 1954, William Fruet allant jusqu'à lui aussi ajouter le fameux point d'exclamation au titre) que La Mouche, immense chef-d’œuvre de David Cronenberg sorti à peine un an auparavant et dont la créature semble avoir parfois servi de modèle à l'insecte qui rôde dans les sous-sols de l’hôpital. Entre humour, fantastique, science-fiction et horreur, l’œuvre de William Fruet se pose comme un concurrent de petite envergure à ces quelques longs-métrages auxquels il fait de l’œil. À moins qu'il ne s'adresse avant tout aux spectateurs avides de ce genre de produits rapides à tourner ? Si vous aimez les séries B d'horreur, si vous n'êtes pas trop regardant quant à la mise en scène, l'interprétation, les effets-spéciaux où les décors, Insect ! est sans doute fait pour vous. Amateurs de séries B, voire Z, précipitez-vous car malgré son âge, et dans la catégorie qu'il représente, le film de William Fruet reste encore ce qui se fait de mieux en terme d'alternative à toute cette merde qui est aujourd'hui produite à la chaîne...

mardi 26 mai 2020

Plaguers de Brad Sykes 2008) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



« L'espace, l'ultime frontière... » (Star Trek : La Nouvelle Génération) Voici le vaisseau Pandora. Sa Mission (non-officielle) : rapporter sur Terre la sphère d'énergie Thanatos. Un globe renfermant une lumière verte intense qui, libérée après une tentative d'abordage, va se répandre et contaminer tous ceux qui entreront en contact avec elle. Voici messieurs-dames, Plaguers. De Brad Sykes. Dernier en date (et espérons, dernier tout court) long-métrage du cinéaste américain qui laisse derrière lui une trace merdeuse qui ne partira sans doute jamais au lavage. « Dans l'espace, personne ne vous entendra éructer ». Ouais, un terme à prendre au sens médical mais figuré également. Roter et gueuler si vous préférer. Les deux étant produits par le même dégoût pour une œuvre qui se fiche royalement de tout sens moral. Car de moralité, Plaguers est dénué. Nous ne sommes pas ici face à un film mais plutôt à une vaste fumisterie. Des effets-spéciaux, aux décors en passant par l'interprétation ou le scénario, l’œuvre de Brad Sykes est terriblement mauvaise.

Un vrai nanar dans le bon et le mauvais sens du terme. Le cinéaste n'ayant même pas la pudeur d'attendre ne serait-ce que deux ou trois minutes avant de nous plonger dans l'insalubre décor d'un vaisseau qui se voudrait aussi charismatique que celui du premier Alien, on comprend très vite que Plaguers joue dans la cours des gagnes-petit. Ça pompe allégrement et sans vergogne le classique de Ridley Scott sans en atteindre jamais un seul instant la force émotionnelle. Tandis qu'en 1979 l'on pouvait s'extasier devant la mise en images et la réalisation de ce chef-d’œuvre d'épouvante et de science-fiction, Brad Sykes manœuvre son vaisseau et fait un bon dans le passé en offrant des effets-spéciaux régressifs dont seul Gerry Anderson (le créateur de la série culte Cosmos 1999) aurait pu être fier.

Pour corser le tout, le cinéaste américain s'entiche d'un scénario ringard alourdi par la présence d'amazones de l'espace sauvées in-extremis du naufrage par les membre du Pandora. Résultat : s'engagent alors des combats mano à mano entre de jolies poupées botoxées et des aventuriers de l'espace à la crédibilité peu envisageable. Ça baise sur le tableau de bord et dans les coursives et ça se présente comme les abrutis pullulant dans les post-nukes italiens des années soixante-dix.
Quand aux effets-spéciaux, laissez-moi rire, mais l'intégration du Pandora dans l'immobile décor étoilé est à se pisser dessus (pardonnez l'expression un brin familière). Pour preuve, l'accostage montre avec force images la tentative d'intégration d'un vaisseau plat comme une limande. Seul minuscule point fort (?) de Plaguers : la motivation de ses passagers qui, une fois transformés en... zombies ? Démons ? Cannibales Humanoides Usurpateurs et Dévastateurs ? font montre d'une énergie salvatrice et d'une barbarie sans limites. D'ailleurs, les maquillages rappellent souvent ceux du diptyque formé par Démons 1&2 de Lamberto Bava. Les effets gore, particulièrement gratinés restent la seule bonne surprise d'un film qui demeure davantage un film d'horreur que de science-fiction. Le cadre ne (des)servant que de prétexte à une intrigue bien mollassonne...

jeudi 18 août 2016

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Charles Manson "Helter Skelter" de Tom Gries (1976)



De la fiction...


Le 9 août 1969, l'actrice et compagne du célèbre cinéaste Roman Polanski, Sharon Tate, est retrouvée morte à Bervely Hills, dans sa luxueuse demeure. Elle et quatre de ses amis ont effectivement été exécutés par les membres d'une « famille » dont le patriarche est un certain Charles Manson. La presse s'empare de l'affaire et fait grand bruit. Deux jours plus tard, le couple formé par Leno et Rosemary Labianca est à son tour découvert baignant dans son sang. Les circonstances sont identiques. Des messages tracés avec le sang des victimes et découvert dans les deux maisons.

Alors que la police piétine dans un premier tant, elle est ensuite dirigée vers un groupe de marginaux vivant dans un ranch californien. Charles Manson est le gourou d'une secte dont les membres sont des jeunes adultes et adolescents un peu perdus dont leur protecteur cultive le goût pour la drogue et les muselle en leur faisant comprendre l'importance que requiers le fait de vivre dans une peur permanente.

Susan Atkins, Patricia Krenwinkle, Leslie Van Houten ainsi que leur gourou sont arrêtés puis inculpés de meurtres. Le procureur Vincent Bugliosi est alors chargé d'enquêter et de trouver les preuves qui mèneront les accusés jusqu'à une condamnation de prison, voire la peine de mort. Pour cela, il compte sur différents témoignages dont celui de Lind Kasabian, une ancienne adepte. Mais de sa prison, et aidé des membres de la secte encore dehors, Charles Manson parvient à faire naître des tensions relatives aux menaces perpétrées par lui et son entourage.
C'est alors que le procès s'ouvre...

Basés sur des faits authentiques qui se sont déroulés à la toute fin des années soixante, on doit le téléfilm Helter Skelter au réalisateur Tom Gries. Durant plus de trois heures, le cinéaste décortique minutieusement l'affaire Charles Manson qui reste à ce jour l'un des plus célèbres meurtriers de toute l'histoire du crime américain, et même mondial. Celui qui se voulait comme l'incarnation du Christ a abusé de la naïveté et de la perméabilité de ses disciples pour en faire des jouets sexuels et meurtriers, évitant ainsi de se mouiller lui-même dans ces affaires sordides.

Ce téléfilm fleuve se décompense en deux partie. D'une part l'enquête, et d'autre part le procès. Les trois heures que dure Helter Skelter ne sont pas de trop pour mener à bien le récit de ce drame terrible et la mise en scène, ainsi que l'interprétation, rendent passionnantes les deux phases de l'intrigue. On retrouve Marilyn Burns, la « scream girl » de Massacre à la Tronçonneuse » de Tobe Hooper dans un rôle beaucoup plus calme. Steve Railsback campe quand à lui ce Charles Manson plus vrai que nature. George DiCenzo est quand à lui impeccable dans son emploi de procureur épris de justice... Un excellent téléfilm, bien différent du survitaminé et surréaliste Manson's Family mis en boite en 2003 par le cinéaste Jim Van Bebber...





… à la réalité

 la famille » à la fin des années 60 a poussé certains de ses membres à tuer plusieurs personnes dont l'actrice américaine Sharon tate épouse du cinéaste Roman Polanski et alors enceinte de huit mois. Les meurtres qu'il commanditait avaient pour but de provoquer des affrontements entre blancs et noirs, combats dont les conséquences auraient profité à « la famille ». Helter Skelter, à l'origine une chanson du célèbre groupe The Beatles servit de prétexte, Manson réinterprétant ainsi les paroles pour motiver ses troupes. Plusieurs de ses disciples furent condamnés à la prison. Quand à Manson lui-même, il est toujours enfermé en prison et apparaît encore comme un être néfaste pour la société. Curieusement, il a toujours fait l'objet d'une fascination, qu'il s'agisse de ses nombreux fans, ou des « hommages » qui lui sont rendus à travers le cinéma ou la musique...
Charles Manson, gourou d'une secte hippie appelée «
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