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mercredi 26 octobre 2022

House IV de Lewis Abernathy (1992) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 

 


 

Après trois longs-métrages dont le premier reste dans le cœur des fans de cinéma d'épouvante comme le meilleur d'entre eux, la saga House devait prendre fin en 1992 avec son quatrième et dernier volet. Loin de clore les hostilités en grandes pompes puisque le film ne connaîtra apparemment pas une sortie sur grand écran, c'est au tour du réalisateur Lewis Abernathy de prendre la relève six ans après Steve Miner, cinq après Ethan Wiley et trois après James Isaac. Après un premier volet culte, un second relativement acceptable et un troisième opus vraiment minable, Lewis Abernathy et les scénaristes Geof Miller, Deirdre Higgins, Jim Wynorski et R.J. Robertson semblent avoir visiblement pris la décision de prendre fermement le taureau par les cornes afin de rediriger ce nouveau chapitre dans la bonne direction. Soit, proposer un petit film comico-horrifique situant son action à l'intérieur d'un manoir dans lequel se produiront des événements ''extraordinaires''. Du genre, apparitions de créatures telles que les spectateurs purent en découvrir en 1986 lors de la sortie du premier House. Pourtant, il va falloir ne surtout pas s'emballer trop rapidement car six ans après que l'original ait fait le bonheur des fans d'horreur pas trop regardant sur la qualité de la mise en scène, le constat est plus que mitigé. Si House IV – The Repossession vaut bien mieux que le troisième volet qui n'avait plus rien à voir avec la mythologie de départ (House III ressemblait effectivement à un vague plagiat du Shocker de Wes Craven), il n'en reste pas moins que l’œuvre de Lewis Abernathy (la seule réalisée par cet homme qui fera le plus gros d sa toute petite carrière au cinéma sous le costume d'acteur et de concepteur d'effets-spéciaux) demeure d'assez piètre qualité !


Les fans de la première heure seront sans doute très heureux de retrouver l'acteur William Katt dans le rôle de Roger Cobb, le héros du premier House, mais déchanteront rapidement lorsqu'au bout d'une dizaine de minutes seulement, ils constateront le décès du personnage à la suite d'un grave accident de voiture. Le laissant dans un état proche d'une merguez oubliée un peu trop longtemps sur des braises, son épouse prendra la décision de signer les papiers permettant de le débrancher du système de respiration artificielle qui à l’hôpital le maintenait jusque là dans un état végétatif. Roger Cobb une fois décédé, c'est donc son épouse Kelly (l'actrice Terri Treas) et leur fille Laurel (Melissa Clayton) qui deviennent les vedettes de ce nouvel épisode de la franchise. Installées dans le manoir du défunt, elles vont être non seulement les victimes d'événements surnaturels mais également de la pression exercée par Burke (l'acteur Scott Burkholder), demi-frère de Roger Cobb, empressé de racheter à Kelly l'imposante bâtisse à des fins plus que discutables. En effet, le patron d'une organisation criminelle (Mark Gash dans le rôle de Mr. Grosso) cherche à se débarrasser de fûts hautement toxiques qu'il espère faire disparaître dans la cave du manoir que le demi-frère de Roger est bien décidé à faire démolir...


Ouais, j'en vois qui comme moi notent l'illogisme de cette séquence... Détruire un manoir pour y planquer dans la cave des fûts de produits toxiques ??? Hein ? Quoi ? Une fois le manoir en question détruit, y'a plus de cave. Donc plus de possibilité d'y cacher les fûts !!! Enfin bref, tout ceci est bien gentil mais House IV – The Repossession a beau tenter de retrouver l'esprit de l'original, cette mouture n'en est pas moins relativement affligeante d'un point de vue de sa réalisation technique. Au bas mot, rien de plus qu'un téléfilm visuellement laid et doté d'effets-spéciaux rudimentaires. Pas de quoi non plus se retourner dans son lit une fois la projection arrivée à son terme. Le ton humoristique (la scène de la pizza) pas franchement efficace empêche de ressentir le moindre frisson (ce qui ne semble d'ailleurs pas être le but recherché). Notons l'apparition dans le rôle du père de Kelly de l'acteur Dabbs Greer à la carrière cinématographique et télévisuelle longue comme deux bras. Si son nom n'évoque rien de particulier, sachez qu'il se rendit célèbre dans le monde entier pour avoir incarné le très attachant Révérend Robert Alden dans la série culte La petite maison dans la prairie. Pour le reste, House IV – The Repossession est anecdotique...

mardi 10 septembre 2019

Piranha (TV) de Scott P. Levy (1995) - ★★★★★★☆☆☆☆



Quelle drôle d'idée que de réaliser un remake de Piranha, le petit classique de l'horreur et de l'épouvante que signa le cinéaste américain Joe Dante à la toute fin des années soixante-dix. En même temps, quand on est à court... d'idée, justement, il n'est rien de plus facile que de se reposer sur un scénario déjà écrit et mis à l'épreuve sur grand écran seize ans auparavant. Réalisé par Scott P. Levy, notamment auteur de House of the Damned en 1996 (rien à voir avec l'homonyme tourné en 1963 par le cinéaste Maury Dexter), Piranha (TV) version 1995 est rien moins qu'un remake qui applique poliment la recette du scénario qu'écrivit John Sayles en 1978 avant de l'adapter aux côtés de Richard Robinson. Respectueux du scénario original, l'adaptation du scénariste Alex Simon reprends les grandes scènes du long-métrage de Joe Dante, Scott P. Levy proposant une alternative télévisuelle qui étonnera sans doute par l'accumulation de scènes horrifiques même si celles-ci ne sont pas outrancièrement gore !

En effet, le principe (économique) étant toujours le même, il s'agit plus de faire travailler l'imaginaire du spectateur que de le provoquer à travers de fulgurants et très coûteux effets gore. La technique ici éprouvée consiste donc à agiter sous l'eau des marionnettes à l'effigie des poissons incriminés, c'est à dire des piranhas ayant muté après de sordides expériences militaires menées par l'armée américaine afin de combattre un éventuel ennemi. D'une taille raisonnable de cinquante centimètres, l’œil glauque et les dents acérées, nos piranhas, qui ne volent pas encore, ont par contre la faculté de se mouvoir dans des eaux aussi bien douces que salées. Ce qui, lorsque l'on y pense, s'avère dramatique comme le supposeront nos héros, Paul Grogan et Maggie McNamara qui tout deux vont enquêter puis tenter d'empêcher les poissons de progresser vers un camp de vacances, puis un site touristique, et même avant qu'il ne parviennent à prendre le large et mettre en danger, pourquoi pas, l'humanité toute entière...

Paul Grogan est incarné à l'écran par l'acteur William Katt qui, non content d'avoir tourné dans une ribambelle de téléfilms et séries télévisées (dont Perry Mason), a joué dans le cultissime House que Steve Miner réalisa en 1986 et surtout, oui, surtout, l'extraordinaire The Man from Earth de Richard Schenkman, chef-d’œuvre absolu de science-fiction et magistrale réflexion philosophique. À ses côtés, l'actrice Alexandra Paul qui elle tournera pour John Carpenter en 1983 dans l'immense Christine, ou dans Agent Zéro Zéro de Rick Friedberg sorti en 1996. Comme dans tout bon film d'agression animale, Piranha (TV) est nanti de quelques antagonistes d'envergure, à commencer par l'acteur Monte Markham qui dans le rôle du promoteur J.R. Randolph ignore volontairement l'alerte donnée par Paul et Maggie, se rendant ainsi responsable de nombreuses morts, ou la très jolie (mais très garce aussi) Kehli O'Byrne qui dans le rôle de la monitrice Gina Green en fera baver à la fille du héros ne sachant pas nager avant de se faire croquer lors d'un bain de minuit sanguinolent. Bien qu'inférieur au long-métrage de Joe Dante, la version télévisée de 1995 n'est pas du tout désagréable à regarder. Par contre, les amateurs de scènes gore risquent d'être quelque peu déçus car à part de gros bouillons de sang et quelques bouts de chair dérivant dans des eaux devenues dangereuses, les scènes d'horreur sont peu impressionnantes. Ce qui n'est pas le cas des attaques massives et répétitives. Scott P. Levy réalise ici un honnête remake...

vendredi 24 novembre 2017

House de Steve Miner (1986) - ★★★★★★☆☆☆☆



House fait partie de ces petites bandes horrifiques des années quatre-vingt dont se souviennent tous les adolescents de l'époque. Une œuvre horrifico-humoristique signée du cinéaste américain Steve Miner qui avant cela signa les deuxième et troisième opus de la longue saga des Vendredi 13. Ce réalisateur capable (pas tout à fait) du meilleur comme du pire réalisa par la suite des épisodes de séries télévisées, le remake américain de Mon Père, Ce Héros de Gérard Lauzier, le premier Lake Placid et le faux (et nullissime) remake-suite du Jour des Morts-Vivants de George A. Romero. House met en scène un écrivain de romans d'horreur populaires faisant l'acquisition de la demeure d'une vieille tante qui s'y est suicidée après avoir longtemps affirmé qu'elle était hantée.
Pour Roger Cobb, cette grande et luxueuse maison lui rappelle surtout un drame. En effet, le fils qu'il eut avec l'actrice Sandy Sinclair disparu dans d'étranges circonstances sans jamais réapparaître. Roger s'installe donc dans la maison à la mort de sa tante mais très vite, d'étranges événements s'y déroulent. Une créature apparaît tous les soirs à minuit dans un placard à l'étage. Alors que l'écrivain tente de prendre en photo l'apparition, il est sans cesse dérangé par son voisin, Harold Gorton, qui a pris l'habitude de s'incruster sans y avoir été invité. Si Roger est venu s'installer dans cette demeure, ça n'est certainement pas pour chasser les fantômes mais dans l'espoir de trouver le calme et la tranquillité nécessaires pour écrire son nouveau roman dont son expérience de la guerre du Vietnam sera le sujet...

Steve Miner, plutôt que d'investir le terrain déjà bien défriché du thème de la maison hantée tirée d'une histoire vraie s'amuse avec son sujet pour en faire davantage une comédie qu'un réel film d'épouvante. D'ailleurs, l'occasion d'avoir peur étant relativement rare dans le cas présent (pour ne pas dire totalement évacuée), on sourira davantage des pitreries d'un William Katt qui à cette occasion, cabotine énormément. Cet acteur que l'on a pu notamment découvrir dans le rôle de Tommy Ross dans Carrie au Bal du Diable de Brian de Palma en 1976, dans la série Perry Mason, et même dans le quatrième volet de la saga House en 1992 n'est autre que le fils de l'acteur américain d'origine allemande Bill Williams et de l'actrice américaine Barbara Hale. A ses côtés, dans le rôle du voisin récalcitrant, l'acteur George Wendt qui débuta sa carraière avec Quelque Part dans le Temps du cinéaste franco-américain Jeannot Szwarc et participa aux tournages de Y a-t-il enfin un pilote dans l'avion ? en 1982, Dreamscape en 1984, Forever Young (également signé Steve Miner) en 1992, et fut même le meurtrier de l'épisode Une étrange association de la cultissime série Columbo en 1995.

House a beau avoir conservé son charme en qualité de petite production horrifique des années quatre-vingt, il faut cependant reconnaître qu'il a quelque peu vieilli et que la plupart des scènes ont perdu de leur efficacité. Les créatures imaginées pour l'occasion par les maquilleurs en effets-spéciaux Barney Burman et Brian Wade ont bien du mal à cacher leur origine en latex. Difficile donc d'imaginer autre chose que des acteurs planqués sous un costume ou de l'animatronique dans sa plus simple expression. Le tournage du film s'est déroulé aux studios Ren-Mar, à Los Angeles. House remporta à l'époque le Prix de la critique au festival international du film fantastique d'Avoriaz en 1986, la Licorne d'or au festival international de Paris du film fantastique et de science-fiction, et fut nominé pour le prix du meilleur second rôle masculin pour Richard Moll et meilleur second rôle féminin pour Kay Lenz, par l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur l'année suivante. Quant au film à proprement parlé, il fut également nominé dans la catégorie du meilleur film lors du festival Fantaporto en 1989...
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