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mercredi 17 juin 2020

Jagged Edge de Richard Marquand (1985) - ★★★★★★★★☆☆



Avec Jagged Edge, avant dernier long-métrage du réalisateur Richard Marquand qui avant cela réalisa notamment Psychose Phase 3 en 1979, Le Retour du Jedi en 1983 et French Lover l'année suivante, les spectateurs furent victimes en 1985 de l'une des manipulations les plus remarquable à laquelle ait donné naissance le septième art. Scénariste, journaliste et romancier, le hongrois Joe Eszterhas a en effet écrit un scénario dont la perversité n'a d'égal que son incroyable dénouement. Pourtant, Jagged Edge qui chez nous est sorti sous le titre À Double Tranchant, a tout du long-métrage classique mettant en scène le procès d'un homme accusé du double meurtre de son épouse et de leur gouvernante. Mais là où l’œuvre de Richard Marquand se démarque du tout commun, c'est dans l'évolution de l'intrigue et donc, du dit procès, où chaque intervention, chaque témoin vient remettre en cause les acquis. Pour accentuer le réalisme et faire de l'héroïne remarquablement interprétée par l'actrice Glenn Close, la ''victime'' elle aussi des apparences, scénariste et réalisateur lui font porter le poids de la mort d'un homme qu'elle n'a pas su faire acquitter quatre ans plus tôt alors qu'elle le savait innocent. Un condamné qui d'ailleurs vient justement de se suicider dans sa cellule, quelques jours seulement avant le procès de Jack Forrester, l'homme accusé d'avoir tué sa femme et la gouvernante. De quoi fragiliser l'avocate Teddy Barnes...

Comme le veut ce type de long-métrage, une bonne partie est consacrée au procès à proprement parler. Aux côtés d'un Jeff Bridges séducteur incarnant Jack Forrester et face à un Peter Coyote capable de faire disparaître des éléments de l'enquête n'allant pas dans le sens qu'il voudrait voir prendre au procès, Glenn Close campe une avocate en tailleur couleur crème, brune ou bleue, rayé ou non pour laquelle chaque détail compte (n'impose-t-elle pas à son client de porter un costume de couleur bleu foncé ?). Au détour de plusieurs séquences, le spectateur aura tout loisir de retrouver des seconds rôles intéressants. À l'image de Lance Henriksen, de Marshall Colt (lequel est essentiellement connu chez nous pour avoir été l'un des deux personnages centraux de la série télévisée Loterie diffusée en 1983), de James Karen (que l'on a pu notamment découvrir dans certaines œuvres fantastiques telles Poltergeist de Tobe Hopper en 1982, Le Retour des Morts-Vivants de Dan O'Bannon en 1985 ou L'Invasion vient de Mars l'année suivante). Mais l'on retiendra certainement surtout celle de Robert Loggia qui dans la peau de l'investigateur Sam Ranson est fidèle à lui-même, c'est à dire totalement crédible...

Ici, le spectateur ne doit surtout pas s'attendre à de quelconques scènes d'action ou de cascades. Pas de fusillades entre police en gangsters. Non, juste le récit diabolique d'une affaire judiciaire que seuls les plus malins ou les plus aguerris à ce genre de mécanique parviendront à dénouer avant les toutes dernières minutes. Glenn Close et Jeff Bridges brillent dans ce duo dont la relation s'avère parfois ambiguë plus que de mesure. Peter Coyote en avocat impitoyable capable d’annihiler tout sens moral au profit du résultat est lui aussi remarquable. En fait, ce qui généralise les personnages de cette incroyable machination demeure cette forme d’ambiguïté qui parasite un certain nombre d'entre eux. Jagged Edge est une très grande réussite. Richard Marquand et ses interprètes font honneur au scénario de Joe Eszterhas. Imparable !!!

mercredi 3 avril 2019

Lunes de Fiel de Roman Polanski (1992) - ★★★★★★★★☆☆



La première chose à savoir lorsque l'on se lance dans le récit d'un peu plus de cent-trente minutes que dure Lunes de Fiel, le quatorzième long-métrage du cinéaste franco-polonais Roman Polanski, c'est qu'il faut si possible se procurer la version originale intitulée Bitter Moon et non pas celle qui efface en partie la sensualité d'Emmanuelle Seigner, pour le coup, atrocement doublée. Il faut dire que cette œuvre hype-sexuée vaut par tous ses compartiments. De la félinité de l'actrice et épouse du réalisateur. De ses formes toutes en courbes voluptueuses engoncées dans des robes ajustées. Et de ce timbre incroyablement lancinant et pénétrant qui disparaît dans la langue de Molière, échangée contre celle d'une agaçante gamine qui la voudrait plus garce, mais aussi sans contexte, moins charnelle (j'en suis encore à me demander si Emmanuelle Seigner n'a pas elle-même sapé le travail!). Cette petite mise au point effectuée, lançons-nous dans l'exploration de ces deux êtres passionnés (et passionnants) livrant sans tabou, ce qu'il est sans doute raisonnable de comparer à un amour destructeur... D'après l’œuvre du romancier français Pascal Bruckner, Roman Polanski, John Brownjohn, Jeff Gross et Gérard Brach (fidèle au cinéaste depuis son Répulsion de 1965) signent une œuvre belle, mais profondément malsaine. Où l'amour côtoie la perversion. Le masochisme, le sadisme. Le voyeurisme,l'exhibitionnisme.

La rencontre sur un paquebot de croisière entre le duo formé par Hugh Grant et Kristin Scott Thomas. Un couple jeune, beau, mais classique. Et celui que composent Emmanuelle Seigner et Peter Coyote. Atypique, sauvage, à la sexualité exacerbée. Entre dégoût et fascination, c'est tout l'enjeu et toute l’ambiguïté qui tournent autour de l'étrange relation qui naît entre le britannique Nigel Dobson et l'américain Oscar Benton. Mais aussi entre Nigel et la française Micheline Bouvier. Roman Polanski dresse l'état des lieux d'un amour qui d'abord emprisonne le couple (passion, jalousie, vengeance), et qui avec le temps, s'effiloche pour ne plus ressembler qu'à de l'affection. Une complicité qu'il faut alors nourrir de jeux plus ou moins cruels et brutaux, quitte à emporter avec soi un couple des plus classique rencontré récemment. Le personnage incarné par Peter Coyote reflète à merveille l'inéluctable achèvement de cette passion dévorante qu'il partageait avec Micheline et qui ne ressemble désormais plus qu'à de la pitié. De ce message aussi bouleversant que cru qu'il délivre à Nigel au tout début jusqu'au témoignage bouleversant d'un amour qui au fil du temps s'est détérioré.

A ce titre, Emmanuelle Seigner est poignante, seule à y croire encore alors qu'elle incarnait jusqu'à maintenant une jeune femme délurée, immature, portant robes sexy et moulantes. La passion étant désormais unilatérale, Micheline perd peu à peu de sa féminité, avilie par celui qu'elle aime mais qui ne cesse désormais de l'humilier. Lunes de Fiel devient inconfortable. Pour Roman Polanski, le contrat est déjà rempli : le spectateur s'identifie majoritairement au personnage de Micheline, celui d'Oscar revêtant le visage du monstre. Et puis... Et puis...
Film sur l'amour passionnel, sur l'amour fou, Lunes de Fiel se mue peu à peu en un cauchemar qui s'adresse directement au spectateur. Avec une infinie justesse, le cinéaste signe sans aucun doute l'un des plus beaux témoignages sur le thème de l'amour, au point d'en oublier presque ses deux autres principaux interprètes Hugh Grant et Kristin Scott Thomas. La musique de Vangelis apporte un souffle romanesque presque désuet, magnifiant la mise en scène de Roman Polanski et la prodigieuse interprétation d'Emmanuelle Seigner et Peter Coyote. Un chef-d’œuvre ? Oui,sans conteste...

samedi 30 mars 2019

Femme Fatale de Brian de Palma (2002) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Mon dernier Brian de Palma remonte à 2000. Soit, dix-neuf ans en arrière. Presque une génération, à quelques années près. Autant dire que j'ai du retard à rattraper même si l'auteur des classiques que sont Phantom of the Paradise (1974), Pulsions (1980), Body Double (1984) ou encore L'Esprit de Caïn (1992) n'a tourné que cinq long-métrages en dix-neuf ans (on attend toujours Domino, son dernier né). Le premier d'entre eux est sorti en 2002, s'intitule Femme Fatale et bénéficie depuis son passage à la moulinette des critiques, d'une réputation relativement peu élogieuse. Le public ne semble avoir suivi qu'en de très petites proportions l'idée centrale du film et la mise en scène de Brian de Palma tandis que la presse s'est partagée, entre enthousiasme et déception...

Pour bien comprendre les raisons pour lesquelles le film n'a pas fait l'unanimité, sans doute suffit-il de revenir sur l'une des premières séquences, d'une durée très légèrement inférieure à vingt minutes, et au cours de laquelle le spectateur assiste à un vol de diamants incrustés dans la robe on ne peut plus légère d'un mannequin venu au bras du cinéaste français Régis Wargnier (qui incarne donc son propre rôle) lors de la projection de son film Est-Ouest au festival de Cannes. Tournée par Brian de Palma, le spectateur aurait pu prétendre assister à un grand moment de mise en scène, et pourtant... la séquence est filmée sans engouement. D'une mollesse qui confinerait presque à l'amateurisme d'un jeune cinéaste voulant imiter ses pairs, la scène se traîne en longueurs sans qu'aucun des enjeux mis en place ne provoque la moindre émotion (ici, la tension) d'un public qui assiste alors à la séquence sans jamais rien ressentir. De plus, la scène est emplie d'incohérences impardonnables de la part du réalisateur. Comment peut-on en effet adhérer à l'idée qu'une jeune femme en éternelle « représentation » puisse passer autant de temps aux toilettes avec sur le dos une robe estimée à dix millions de dollars sans que personne (et surtout pas ses deux gardes du corps) ne s'inquiète de la durée de son absence ? Ou bien que l'un des organisateurs du vol puisse passer à seulement quelques centimètres de l'un des gardes du corps de la jeune femme sans que celui ne s'en rende compte (à croire que les 180° de champ de vision de l'homme ne s'appliquent pas à tout le monde). Et que penser de de cette scène durant laquelle le mannequin se retrouve dans les bras de l’héroïne complice du vol incarnée par l'actrice Rebecca Romijn ? Enfermées toutes deux dans les toilettes, à s'ébattre, tandis que de l'autre côté de la porte, et alors que la première débarrasse la seconde de sa robe de diamants par petits bouts, le voleur échange chaque parcelle de celle-ci par des faux ? La séquence ressemble à une chute de Mission Impossible que Brian de Palma aurait choisit de foutre aux ordures avant de la réemployer six ans plus tard en 2002. Une séquence enrobée d'un boléro très inspiré par celui de Maurice Ravel et composé ici par le musicien japonais Ryūichi Sakamoto. Notons de surcroît que la scène bénéficie d'un split-screen aussi timide qu'inutile...

Si par la suite le cinéaste fait preuve d'un peu plus de maîtrise en matière de mise en scène, le récit use de raccourcis parfois très gênants et dénotant d'une propension à la flemmardise lorsqu'il s'agit de développer certains aspects de l'intrigue. Une ellipse de sept années permet ainsi de justifier la disparition de l'héroïne incarnant désormais le personnage de Lily que les parents de cette dernière (incarnés par Jean-Marie Frin et Eva Darlan) confondent lors de la séquence succédant celle qui ouvre les hostilités. Une scène hautement improbable mais qui, reconnaissons-le, sème ce trouble dont seul a le secret Brian de Palma. Désormais épouse d'un ambassadeur, l'ancienne voleuse cache son identité pour que ses anciens complices ne puissent pas remonter jusqu'à elle. C'est là qu'entre en jeu l'acteur espagnol Antonio Banderas qui du haut de ses cinq ou dix centimètres de moins que Rebecca Romijn, paraît beaucoup moins charismatique que d'habitude dans son rôle de paparazzi. Pauvre individu que ce Nicolas Bardo qui malgré sa profession de charognard ne voit pas venir ce que lui réserve une Laure Ash/Lily beaucoup moins fragile qu'il n'y paraît. Mais déjà, j'en dis trop.

Femme Fatale réunit un casting pour le moins hétéroclite. Plus que le duo formé par Rebecca Romijn et Antonio Banderas, c'est bien la présence à l'écran d'une foule d'interprètes d'origine hexagonale qui fait l'une des particularités de ce vingt-sixième long-métrage du cinéaste américain né à Newark dans le New Jersey le 11 septembre 1940. Eriq Ebouaney et Edouard Montoute incarnent respectivement les anciens complices du vol Black Tie et Racine. J'ai déjà cité également Jean-Marie Frin et Eva Darlan dans le rôle des parents de la véritable Lily. On trouve ensuite l'excellent Thierry Frémont dans la peau de l'inspecteur Serra, un flic particulièrement tenace., et même Sandrine Bonnaire dans son propre rôle (minuscule et silencieux). Au milieu de ce casting pas tout à fait cent pour cent « frenchie », on trouve également les acteurs américains Peter Coyote dans le rôle de l'ambassadeur Bruce Watts et Gregg Henry, un habitué du cinéma de Brian de Palma (six participation au total dont l'inoubliable Sam Bouchard du chef-d’œuvre Body Double), dans celui du garde du corps Leonard Shiff. Au fil du récit, l'intrigue gagne quelque peu en épaisseur même si le long-métrage est loin d'atteindre les qualités des meilleurs de Palma et si les invraisemblances y sont légion. Une œuvre mineure, mais qui de manière générale, se hisse tout de même bien au dessus de la purge Mission to Mars que le cinéaste avait réalisé deux ans auparavant...

jeudi 14 juin 2018

La Rançon de la Gloire de Xavier Beauvois (2014) - ★★★★★★★☆☆☆



Quatre ans après s'être inspiré de la tragédie des moines de Tibhirine assassinés en Algérie en 1996 avec Des Hommes et des Dieux, l'acteur-réalisateur français Xavier Beauvois revenait au cinéma quatre ans plus tard en 2014 avec la comédie douce-amère La Rançon de la Gloire. Une jolie fable, touchante, et d'ailleurs, pas nécessairement drôle, mais s'inscrivant dans une certaine mouvance sociale. Une critique d'un milieu défavorisé au centre duquel trônent deux immigrés, amis pour la vie depuis que l'un d'eux à sauvé la vie au second lors de l'incendie d'un foyer il y a un certain nombre d'années. Le sujet ne prête pas à sourire puisque nous retrouvons Eddy Ricaart à sa sortie de prison. Sans abri, il est accueilli par Osman Bricha, son meilleur ami. Celui qu'il a justement sauvé des flammes il y a longtemps et qui par conséquent, se sent redevable. Vivant auprès de sa fille Samira dans un taudis tandis que son épouse est à l’hôpital pour de graves problèmes de hanche, Osman offre le couvert et le logis à Eddy. Une vieille caravane située dans le jardin, à quelques mètres de la maison. Osman est aux abois. Il a impérativement besoin de cinquante-mille francs suisses pour pouvoir payer les frais d’hôpitaux car l'assurance ne couvre pas les soins de Noor, son épouse.
Alors qu'Eddy vient d'offrir un petit poste de télévision à son ami et qu'ils regardent les actualités en compagnie de Samira, ils y apprennent la mort de Charlie Chaplin. Gagnant un salaire de misère et ne pouvant compter sur les banques pour lui prêter de l'argent, Osman accepte l'étrange proposition d'Eddy: Voler le cercueil de l'acteur décédé et demander à sa famille une rançon d'un million de dollars en échange...

Drôle d'idée de scénario, et pourtant, une fois encore, Xavier Beauvois qui ici endosse le rôle de réalisateur et celui de 'Monsieur Loyal' pour de très courtes apparitions, s'inspire d'un fait réel. En effet, le scénario écrit par le cinéaste lui-même ainsi que par Étienne Comar ne demeure pas tout à fait original mais s'inspire du cas du polonais Roman Wardas et du bulgare Gantcho Ganev qui deux jours après la mort de Charlie Chaplin survenue le 25 décembre 1977 ont exhumé dans la nuit du 27 au 28 décembre de la même année, le corps du comédien, célèbre pour avoir notamment réalisé et interprété les principaux personnages des Temps Modernes, du Dictateur ou bien encore des Feux de la Rampe.

C'est pourquoi l'intrigue de La Rançon de la Gloire ne se situe non pas durant l'année de sa création mais en 1977, à la date exacte où eurent lieu les événements décrits dans le fait-divers. A travers quelques plans, Xavier Beauvois fait montre d'une certaine poésie, rendant ainsi hommage à ce grand monsieur du cinéma muet qu'était Charlie Chaplin. Il convoque à l'occasion, les acteurs Benoît Poelvoorde et Roschdy Zem qui à l'écran campent un fameux duo d'amateurs insuffisamment préparés au coup qu'ils s'apprêtent à commettre. C'est d'ailleurs dans ce type de situation que s'exprime la part d'humour de La Rançon de la Gloire. Il faut voir les deux interprètes s'y prendre comme des manches lors de l'exhumation ou lors des multiples appels téléphoniques aux proches de la star du cinéma. Mais le cinéaste sait également se faire plus grave, notamment lorsqu'il confronte Osman (admirable Roschdy Zem) à un banquier refusant de lui prêter la somme qui l'aiderait à payer les soins de son épouse. Aux côtés du duo, on retrouve l'acteur américain Peter Coyote, dans le rôle du plus fidèle compagnon de Charlie Chaplin, ou encore l'actrice française Chiara Mastroianni dans celui de Rosa, la propriétaire d'un cirque émue par le personnage incarné par le toujours excellent Benoît Poelvoorde.
La Rançon de la Gloire est une jolie comédie, pleine de tendresse, parfois drôle mais pas trop, mais en tout cas, très touchante. A noter qu'apparaissent à l'écran le fils de Charlie Chaplin, prénommé Charles, ainsi que sa petite-fille Dolores...

vendredi 19 janvier 2018

Return of the Living Dead V Rave Mortel de Ellory Elkayem (2005) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



J'parie qu'en la matière, vous pensiez qu'on ne pourrait pas faire pire que le quatrième volet de la saga Return of the Living-Dead ? Et pourtant, en reprenant les rennes de la franchise à son compte pour la seconde fois en 2005, la cinéaste néo-zélandaise Ellory Elkayem s’apprêtait à faire plus mauvais encore que son indigent Le Retour des Morts-Vivants 4 Necropolis. Oui, vous ne rêvez pas : Le Retour des Morts-Vivants 5 Rave Mortel est pire ! Alors que lui et une partie de ses amis ont échappé aux morts-vivants de Necropolis, véritable usine à fabriquer des zombies, le jeune étudiant semble être victime de troubles de la mémoire car à aucun moment l'adolescent ne se réfère aux événements du précédent volet. Pourtant interprété par plusieurs des acteurs du Retour des Morts-Vivants 4 Necropolis tels que Aimee-Lynn, Cory Hardrict ou John Keefe, lesquels retrouvent leur personnage respectif, Le Retour des Morts-Vivants 5 Rave Mortel fait apparemment table rase du passé pour nous conter une histoire entourant pourtant encore la fameuse trioxine 5, un gaz capable de ressusciter les morts.

Le film s'ouvre une scène presque semblable à celle qui ouvrait le chapitre précédent sauf que le pauvre Peter Coyote, à nouveau échoué dans cette sordide affaire aura la chance de n'apparaître que quelques minutes avant de se faire dévorer par un cadavre tout juste revenu à la vie. Nous retrouvons ensuite Julian à l'université recevant un courrier lui annonçant la mort de son oncle. C'est ainsi, allez savoir pourquoi, que l'adolescent ira fouiller dans le grenier de ses parents pour y découvrir deux bidons de trioxine 5. En se posant la question quant à l'origine des futs, c'est le récit de l'épisode précédent qui est remis en question. Et donc, Ellory Elkayem propose de retrouver les mêmes personnages tout en faisant l'impasse sur le passé. Cette fois-ci, comme l'indique le sous-titre Rave Mortel (qui contrairement à ce que l'on pourrait supposer ne comporte pas de faute d'orthographe mais est la traduction canadienne de Rave Mortelle), le cadre y est totalement différent. Cette fois-ci, pas d'entrepôt, ni de laboratoire. Juste une grosse bande d'adolescents décérébrés qui dans l'ambiance festive d'une rave-party (dont le dj diffuse du rap!!!) goûte à une nouvelle drogue de synthèse créée par Cody à partir de la trioxine 5 découverte par son pote Julian.

Au programmes, pom-pom girls anorexiques chantant à la gloire de nos amis les morts-vivants, fête nocturne autour d'une piscine sur fond de musique pour adolescents boutonneux (rock et métal FM pour campus américains), duo de men in black abrutis, consommateurs de drogue arriérés, et enfin, zombies parmi les pires du genre. Ellory Elkayem tente de nous refaire le coup du macchabée putride de l'excellent film de Dan O'Bannon mais son spécimen sent malheureusement le périmé. Les effets gore sont moins nombreux, les maquillages encore plus avares en latex, les CGI d'une grande médiocrité et l'humour totalement foireux.

Les fans de nanars, pourtant, s'y retrouveront certainement. Dans le genre, les doubleurs canadiens n'ont rien à envier aux français. Le doublage est tellement mauvais que c'est par lui que passe le comique de situation. Entendre les victimes de la drogue Z gémir cerveauuuu est si peu convaincant que l'on finit par sourire, voire rire si l'on est plutôt bon public et client de ce genre de long-métrages. Ellory Elkayem, avec Le Retour des Morts-Vivants 5 Rave Mortel, achève définitivement la réputation d'une série de long-métrages qui n'aurait jamais dû connaître de séquelles. Inutile de se voiler la face : dès le troisième opus, le nom seul de Retour des Morts-Vivants n'était qu'un prétexte fallacieux pour promouvoir des œuvres n'ayant quasiment aucun rapport avec le long-métrage original. Fort heureusement, il semble acquis que ce Retour des Morts-Vivants 5 Rave Mortel est le dernier de tous puisque réalisé en 2005. Depuis, aucune nouvelle sur une éventuelle suite. Tant Mieux. Malheureusement, d'autres franchises n'ont pas eu cette chance puisque La Nuit des Morts-Vivants connu une désastreuse préquelle en 2012 sous le titre La Nuit des morts vivants : Re-Animation. Pire encore, Dead of the Dead de George Romero connu quant à lui un remake et une suite catastrophiques intitulés Le Jour des morts (Steve Miner 2018) et Le Jour des morts vivants 2 : Contagium ( Ana Clavell et James Glenn Dudelson 2005). A fuir, absolument...

jeudi 18 janvier 2018

Return of the Living Dead IV Necropolis de Ellory Elkayem (2005) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



La semi (et attendue) déception du troisième volet de la saga Le Retour des Morts-Vivants passée, pourquoi ne pas continuer à fouler les terres fangeuses et putrides d'un mythe qui n'aura finalement connu la gloire que durant son premier épisode en évoquant Return of the Living Dead: Necropolis, le quatrième et avant dernier chapitre que réalisa la néo-zélandaise Ellory Elkayem en 2005, laquelle débuta sa carrière avec Eclosion cinq ans auparavant et Arac Attack , les Monstres à Huit Pattes en 2002. Avec Return of the Living Dead: Necropolis, c'est le cas de le dire, la cinéaste enterre un peu plus la franchise pourtant débutée en 1985 de la plus belle des manières. On ne reprochera pas à ses interprètes de jouer comme des tâcherons vu qu'au niveau de l'écriture, les scénaristes William Butler et Aaron Strongoni ne se sont pas foulés. Volontairement ou pas, les morts-vivants version 2005 ont gagné en intelligence et en capacités physiques. Comme il est de coutume depuis le premier épisode, ceux dont l'intégrité physique est la moins atteinte sont de plus capables de s'exprimer aussi clairement que les vivants vers lesquels ils auront tendance à se rapprocher afin d'en extraire le cerveau. Bien que les effets gore demeurent, au fond, pas des plus désagréables à regarder, le reste est pourtant épouvantablement décevant.

Le film s'articule autour des frères Julian et Jake Garrison dont les parents sont morts dans un accident de la route un an auparavant. Décidément, le goudron est cause de nombreux décès puisqu'après l'accident de moto de l'épisode précédent, c'est au tour de celui causé par une voiture d'être évoqué ! Vivant désormais auprès de leur oncle Charles, lequel vient de rentrer de Pripyat dans la zone où eu lieu l'accident de Tchernobyl, site idéal pour y aller récupérer les derniers bidons de Trioxine, Ils vont se lancer dans une croisade en compagnie de plusieurs de leurs compagnons afin d'extraire des locaux Hybra Tech, leur ami Zeke, prétendument décédé. C'est grâce à Katie, une amie proche de Julian et employée chez Hydra Tech que ce dernier apprend que Zeke est pourtant bel et bien vivant et enfermé afin de servir de cobaye pour les expériences menées par son oncle Charles. Tout le film tourne donc autour du siège de la compagnie. Un immense complexe à l'allure aussi minimaliste que celui que l'on pouvait déjà voir dans l'épisode précédent.

Comme dit plus haut, les effets-spéciaux gore demeurent fort honorables comparés au reste du projet. Têtes explosées, entrailles mises à nu, cervelles arrachées avec un gout pour l'extraction par l'arrière du crâne. Les amateurs de chair fraîche seront peut-être comblés. Par contre, pour ceux qui aiment la viande avariée, la déception sera de mise. En effet, les macchabées sont pathétiques. Et ce, à tous points de vue. Qu'ils courent ou qu'ils marchent, qu'ils s'expriment ou qu'il meuglent, on aura rarement vu des morts-vivants aussi pitoyables. Le budget expliquant certainement la chose, le reste est à l'avenant puisqu'en matière d'effets visuels, le tout demeure lui aussi, affligeant. Si la majorité des zombie réclament leur comptant de cerveauuuuu comme cela était le cas aux origines, d'autres ont conservé les talents qu'ils avaient déployé de leur vivant. Zombifié, Zeke demeure toujours le jeune con acerbe qu'il était et reste capable de pratiquer son sport de combat préféré. Les amateurs de Star Trek période “Jean-Luc Picard” hallucinement très certainement devant les parents des frères Garrison, zombifiés, accoutrés “façon borg”, et armés jusqu'aux dents.

En fait, Return of the Living Dead: Necropolis, c'est du grand n'importe quoi qui tente de faire rire mais parvient tout juste péniblement à faire sourire. Ce Direct-to-Video est laid. L'image vous piquera les yeux et l'histoire décevra forcément ceux qui idolâtraient le premier film de la saga. Et dire que Peter Coyote a échoué sur ce projet, le pauvre bougre ! Et dire également qu' Ellory Elkayem signa la même année, un cinquième épisode intitulé Le Retour des Morts-Vivants 5 Rave Mortel... M'enfin ! A suivre en ces pages comme vous pouvez vous en douter...


dimanche 13 juillet 2014

Sans Retour de Walter Hill (1981)



Une section d'une dizaine de soldats s'apprête à partir pour une mission de reconnaissance et de sécurité en pleine région marécageuse, dans le pays des cajuns. Une promenade de trente-cinq kilomètres dirigée par le sergent Poole. Pour l'accompagner, il a à ses cotés des caractères aussi trempés que ceux de Bowden, un type instable, impétueux, et qui ne suit que très succinctement les ordres de sa hiérarchie. Haldrin, lui, est marié et a choisit par dépit d'entrer dans la garde nationale de la Louisiane pour ne pas avoir à faire avec celle du Texas. Le soldat Spencer à quand à lui réservé une petite surprise à ses camarades: A l'issue de leur marche de trente-cinq kilomètres, six prostituées les attendent lui et les autres dans le village de Catahoula.

Poole effectue un petit topo avant de partir en compagnie de la section au cœur de la forêt avoisinante. Après quelques kilomètres, il se retrouvent coincés devant une rivière que de fortes pluies ont transformée en crue. L'un des soldats tombe sur un petit quai en bois où sont suspendus les trophées d'une bande de chasseurs locaux. Quatre petites embarcations traînent dans le coin et, après l'insistance de quelques-uns des soldats, et malgré les avertissements de certains d'entre eux, le sergent Poole accepte de monter dans trois d'entre elles afin d'accéder au bord opposé.

Alors que la section est au milieu de la rivière, l'un des soldats aperçoit les propriétaires des embarcations sur la rive droite. L'homme prévient le sergent Poole avant de tirer une salve de balles à blanc dans la direction des indigènes. Les représailles ne se font pas attendre et l'un des cajuns tire un coup de fusil en direction des soldats. Poole prend une balle en pleine tête et meurt sur le coup. La section tombe à l'eau et file se cacher derrière les arbres de la rive opposée. Commence alors une course-poursuite entre les habitants du coin, armés de fusils, et les soldats, armés de mitraillettes chargées à blanc...


Le cinéaste Walter Hill est, dans les années quatre-vingts, un fameux réalisateur de films d'action dont les plus connus restent Les Guerrier De La Nuit et 48 Heures. Avec Sans Retour, il signe une œuvre remarquable qui tient autant du film de guerre que d'action. Rappelant le bijou de John Boorman, Délivrance, son film lorgne également vers le survival, genre qui connut des prémices dont on se rappelle la puissance dans les années soixante-dix (Massacre A La Tronçonneuse, La Dernière Maison Sur La Gauche, La Colline A Des Yeux). Sans Retour n'est pas un film d'horreur mais il parvient sans mal à créer le malaise. Ceci étant dû à la forte impression de dépaysement que dégagent les décors étouffants dans lesquels progressent les protagonistes.

Une longue traque dont les victimes seront ceux prétendument entraînés à la survie. Sauf que Walter Hill ne leur donne aucune chance en les armant d'armes chargées à blanc. L'un des trappeurs lancés à leur poursuite n'est autre que Brion James dont le visage de second rôle du septième art est bien connu. L'angoisse naît également de la permanente impression que les soldats sont épiés. Les cajuns ne font finalement que se venger de la grossière erreur commise par les soldats. Des hommes finalement pas si bien entraînés que cela et qui tomberont les uns après les autres.

Plus encore que la traque entre les chasseurs et leurs proies, c'est peut-être la dernière partie du film qui prend le plus à la gorge. Car dans ce lieu au premier abord réconfortant du petit village dans lequel se retrouvent les quelques survivants se dégage une troublante impression. Un peu comme celle que l'on doit ressentir lorsque nous mettons les pieds chez quelqu'un sans y avoir été invités. On retrouve ici les gueules sympathiques de quelques valeurs sûres comme Keith Carradine, Powers Boothe, Fred Ward, Peter Coyote, Alan Autry ou encore Sonny Landham (Predator). Sans Retour demeure encore aujourd'hui l'un des meilleurs représentants en matière de survival.

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