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lundi 18 août 2025

Dernière limite (Deep Cover) de Bill Duke (1992) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Bill Duke aura marqué les esprits des spectateurs dans les années quatre-vingt en incarnant notamment le rôle de Cooke dans Commando de Mark L. Lester en 1985 et celui du sergent Mac Elliot dans Predator de John McTiernan deux ans plus tard. Acteur d'origine afro-américaine, il aura également réalisé un grand nombre d'épisodes de séries télévisées ainsi que quelques longs-métrages cinématographiques tel que Dernière limite (Deep Cover) en 1992. Réunissant les acteurs Laurence Fishburne et Jeff Goldbum dans les principaux rôles du flic Russell Stevens et de l'avocat David Jason, le premier incarne un inspecteur fraîchement débarqué engagé par Carver (Charles Martin Smith) afin d’infiltrer non officiellement une organisation constituée de trafiquants de drogue. Mais pour pouvoir faire tomber la tête du réseau, un politicien véreux proche du président des États-Unis, il va tout d'abord s'agir de s'approcher de ses différents responsables. À commencer par un petit dealer employé par Barbosa (Gregory Sierra). Se faisant lui-même passer pour un revendeur de drogue, Russell Stevens change d'identité pour se faire appeler dans le milieu, John Hull. Parvenant à se rapprocher de Barbosa, sa mission est financée par Carver qui lui fournit l'argent nécessaire aux transactions menées avec les trafiquants de drogue. C'est ainsi que le personnage incarné par l'excellent Laurence Fishburne qui à l'époque se fait encore généralement prénommer Larry fait la connaissance de celui interprété par Jeff Goldblum. Avocat travaillant pour Barbosa, ce dernier est marié et semble vivre une existence tout à fait normale. Alors que Russell/John gravit peu à peu les échelons, le policier plonge peu à peu dans un univers violent, contraint lui-même d'assassiner un gros dealer concurrent pour assurer sa couverture... Et s'il s'était juré de ne jamais se laisser happer par cette violence et le milieu qu'il combat (il assista en effet à la mort de son père lors du braquage d'un magasin d'alcool vingt ans plus tôt), en fréquentant le Milieu, Russell/John va peu à peu se laisser glisser, jusqu'à la dérive. Son sens de la justice parviendra-t-il à le ramener dans le droit chemin? Écrit par le réalisateur et écrivain Michael Tolkin et le scénariste, producteur, acteur et réalisateur Henry Bean est un thriller méconnu du début des années quatre-vingt dix qui mérite amplement que l'on s'y intéresse. Tout d'abord parce qu'il est intéressant de découvrir une œuvre signée d'une vraie gueule du cinéma d'action de l'époque en la personne de Bill Duke.


Ensuite, parce que ses deux principaux interprètes et ceux qui les suivent dans cette histoire sont en général d'excellents acteurs. S'agissant de Laurence Fishburne, deux ans auparavant, il apparaîtra dans le rôle de Jimmy Jump, le bras droit de Frank White, personnage central du chef-d’œuvre d'Abel Ferrara, The King of New York ! Après y avoir incarné l'un des membres d'un gang de trafiquants de drogue au cœur d'une œuvre très sombre et remarquablement mise en scène par celui qui réitérera l'exploit de signer un classique du genre avec Bad Lieutenant deux ans plus tard, Laurence Fishburne est donc ici pris à contre-emploi. Face à des criminels et des trafiquants de drogue endurcis, le scénario lui oppose un Jeff Goldblum qui a connu la consécration six ans auparavant grâce à son personnage de Seth Brundle dans le mémorable La mouche du canadien David Cronenberg. Un personnage ici corrompu mais qui, au contact du flic se révélera relativement attachant. Un binôme inattendu dans un récit multipliant les moments de bravoure. Malgré d'innombrables critiques négatives, Dernière limite est en réalité un excellent thriller. Porté par un duo qui fonctionne parfaitement, le film décrit l'infiltration d'un flic dans un réseau de drogue. L'histoire nous est ponctuellement contée en voix-off. D'où l'intérêt de le découvrir dans sa version originale puisque c'est Laurence Fishburne lui-même qui évoque cette facette de l'existence de son personnage. Compositeur français né à Marseille et mort à Santa Monica aux États-Unis, Michel Colombier a signé de nombreuses bandes originale chez nous mais aussi à l'étranger. Collaborateur de Serge Gainsbourg dans le courant des années soixante, il signe avec Deep Cover une bande originale portée sur des rythmiques rap même si les textes sont relativement rares. Porté par l'excellente photographie de Bojan Bazelli, le long-métrage se nimbe d'une ambiance parfois très sombre, nocturne et humide qui rappelle celle des deux films d'Abel Ferrara cités plus haut. À cela, rien d'étonnant puisqu'il fut justement chargé deux ans plus tôt de celle de The King of New York. Notons enfin que parmi les rôles secondaires l'on retrouve l'acteur Sydney Lassick dont la carrière fut surtout marquée par sa présence au sein du casting de Vol au dessus d'un nid de coucou du réalisateur Miloš Forman. Il y incarnait effectivement le rôle de Charlie Cheswick, l'un des patients de l’hôpital psychiatrique où le héros interprété par l'immense Jack Nicholson allait être interné...

 

lundi 26 décembre 2022

Jurassic Park de Steven Spielberg (1993) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À six mois près, c'était il y a quasiment trente ans. Trois décennies qu'a débarqué dans les salles de cinéma le premier volet d'une franchise initiée par Steven Spielberg en 1993. Jurassic Park et ses dinosaures, le riche PDG de l'entreprise InGen John Hammond, le paléontologue Alan Grant, sa compagne et paléobotaniste Ellie Sattler ainsi que le mathématicien Ian Malcolm. Un projet qui pour l'époque pouvait sembler pharaonique d'un point de vue technologique puisque l'on y découvrait une nouvelle étape dans l'évolution des effets-spéciaux numériques. Comme quelques années en arrière avec Abyss de James Cameron ou beaucoup plus tard, en 2009 avec Avatar lui même réalisé par ce dernier. Si aujourd'hui redécouvrir le premier volet de cette franchise désormais constituée de six longs-métrages semble beaucoup moins stupéfiant visuellement c'est parce que le public a depuis été habitué à tant d'améliorations en terme d'effets-spéciaux qu'il demeure pratiquement insensible face aux challenges désormais relevés par les spécialistes en la matière. Notamment confiés aux célèbres Phil Tippett et Stan Winston, ces derniers ont remporté plusieurs récompenses dont les prix des meilleurs effets visuels au British Academy Film Awards et aux Oscars de l'année 1994. Le film révolutionne en effet la technique des effets-spéciaux numériques en proposant des créatures préhistoriques incroyablement réalistes. C'est simple : à l'époque, le film de Steven Spielberg met tout le monde d'accord en écrasant toute concurrence dans le domaine des effets-spéciaux en image de synthèse. Mais Jurassic Park ne traite pas ses dinosaures qu'à travers les ordinateurs puisque le film les envisage également en ''dur'' à travers des séquences lors desquelles sont employés des animatroniques. Le passage de l'une à l'autre des techniques se fondant à la perfection, on ne sait parfois s'il s'agit de ''marionnettes'' où de créatures en images de synthèse. Techniquement irréprochable, le long-métrage de Steven Spielberg n'en est pas moins doté de certaines faiblesses qui se verront surtout lors d'une seconde projection, une fois qu'auront été ''digérés'' les formidables effets-spéciaux...


Basé sur l'ouvrage éponyme de l'écrivain américain de science-fiction Michael Crichton (The Andromeda Strain, Sphere, Timeline, etc...), le film de Steven Spielberg donnera lieu quelques années plus tard au parc d'attraction Jurassic Park: The Ride. C'est d'ailleurs à peu de chose près à quoi ressemble le long-métrage qui dans une proportion importante ressemble à une promenade au cœur d'un complexe où vivent en liberté des créatures préhistoriques ramenées à la vie par l'équipe de généticiens travaillant aux côtés du milliardaire John Hammond (l'acteur Richard Attenborough). C'est donc au cœur du Jurassic Park que vont se dérouler les aventures de notre paléontologue Alan Grant et de ses compagnons d'infortune. Car si dans un premier temps le tout ressemble à une promenade de santé dans des contrées verdoyantes foulées par des dinosaures tantôt gigantesques mais inoffensifs, tantôt par de plus petites créatures particulièrement agressives, en dehors de ses remarquables effets-spéciaux, Jurassic Park vaut surtout pour son très long climax débutant lorsque l'un des employés de InGen (l'acteur Wayne Knight dans le rôle de Denis Nedry) tente de voler des embryons de dinosaures pour le compte de la société rivale Biosyn en coupant le système de sécurité du parc. Mettant ainsi les petits-enfants et les invités de John Hammond en danger face aux dangereuses créatures qui désormais vont pouvoir se déplacer hors de leur zone de restriction. Et parmi ces dernières, la plus redoutée de toute : le fameux T.rex !


Alors que Jurassic Park débutait sous les oripeaux du film de science-fiction familial ouvert à tous publics, le film de Steven Spielberg rappelle ses spectateurs au bon souvenir d'un certain Les dents de la mer, transposant le thème du chasseur et de sa proie hors de l'eau. Le film se mue ainsi en une œuvre horrifique particulièrement efficace, prolongeant l'expérience jusque dans ses derniers retranchements, entre le parcours qu'a prévu d'offrir aux futurs clients du parc son créateur et le complexe réservé aux employés. Le film met en lumière en une seule phrase l'avenir de ses héros, logiquement contraints de pointer au chômage dès lors que seront mis à disposition des futurs visiteurs non plus des squelettes reconstitués de créatures préhistoriques mais des animaux d'un autre temps faits de chair et d'os ! L'on retrouve dans le principaux rôles les acteurs Sam Neill, Laura Dern qui à eux deux campent les rôles des professeurs Alan Grant et Ellie Sattier. À leurs côtés, Jeff Goldblum semble avoir déjà beaucoup plus de mal à s'imposer dans celui du professeur Ian Malcolm. Un rôle presque secondaire pour un temps de présence à l'image et de parole moindre. Décevant... Si en terme de technologie les années quatre-vingt dix ont souvent pâtit d'effets visuels qui de nous jours paraissent terriblement datés, on constate encore aujourd'hui son avancée technologie puisque même si depuis de nets progrès ont été effectués en matière d'effets-spéciaux numériques, Jurassic Park continue de faire son petit effet. Cependant, le film paraît n'être parfois qu'une vitrine technologique d'où l'on ne retiendra en outre que le ressort dramatique central tandis que le reste sent tout de même le réchauffé. Rien d'original donc dans cette traque entre le chasseur et sa proie où les valeurs sont malgré tout inversées puisqu'ici, l'homme devient en théorie le ''butin'' de créatures ''monstrueuses'' avides de chair fraîche. Tout comme les Frankenstein et autres œuvres au sein desquelles l'homme se prend pour Dieu, Jurassic Park le met face à certaines contradictions puisque la vie est ici synonyme de mort. Derrière l'enchantement, l'angoisse (T.rex et tempête font ici bon ménage lorsqu'il s'agit de créer un authentique climat de terreur) et cet attrait foncièrement bon pour ses créatures et ses personnages, Steven Spielberg signait une œuvre qui avec le temps et en dehors de ses prouesses technologiques, prenait paradoxalement le risque de perdre de son intérêt : une caractérisation revue à la baisse et un scénario se déchargeant presque uniquement sur les effets-spéciaux et sur quelques moments d'anthologie...

 

mercredi 10 juin 2020

Independence Day de Roland Emmerich (1996) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Les États-Unis, que dis-je... le monde entier peu lui dire merci. Il y a vingt-quatre ans, Roland Emmerich a sauvé le monde. Lui, l'analyste informaticien David Levinson, le capitaine de l'US Marine Corps Steven Hiller, le pilote Russel Casse ainsi que le président des États-Unis d'Amérique Thomas J. Whitmore. Une brochette de super-héros à l'échelle humaine drapés d'un patriotisme qui sans doute, donna à l'époque au peuple américain, de sacrés frissons. Mais voici comment tout a commencé... Le 2 juillet 1996, deux jours avant le 4 juillet, date de commémoration de l'indépendance des États-Unis d'Amérique. C'est à cette date très précise que se profile autour de la Lune, une ombre menaçante. Celle d'un immense vaisseau-mère de cinq cent kilomètres de diamètre qui se déleste d'un nombre de vaisseaux plus petits, mais néanmoins fort imposants qui vont descendre sur Terre pour se poster à divers endroits stratégiques de la planète. Concernant les États-Unis, les endroits visés sont notamment l'Empire State Building à New York ainsi que le Capitol et La Maison Blanche situés tout deux à Washington. Si la présence d'un vaisseau au dessus du célèbre gratte-ciel créé par la compagnie d’architectes Shreve, Lamb and Harmon entre 1929 et 1931 s'avère... disons... crédible, celle de deux vaisseaux au dessus de Washington à 3,1 miles (soit, environ 5 kilomètres) de distance l'un de l'autre est par contre tout à fait incohérente.

Il ne faut pas être une bête en mathématiques pour comprendre que vue la taille des vaisseaux stationnant au dessus du Capitol et de La Maison Blanche, la chose s'avère tout à fait surprenante. Mais bon, supposons là qu'il ne s'agit que d'un détail sans importance... Alors que l'armée s'active et se prépare à une intervention (amicale ou non) des visiteurs, David Levinson capte un signal qu'il juge particulièrement inquiétant. En effet, ce signal semble être un compte à rebours qui pourrait signifier l'attaque très prochaine des envahisseurs. Quelle chance pour notre homme dont l'ex femme travaille pour le président des États-Unis d'Amérique !!! Un moyen de justifier la grande facilité avec laquelle l'analyste informaticien s'introduit entre les murs de La Maison Blanche afin de prévenir le président et ses collaborateurs du danger imminent. D'ailleurs, Independence Day ne sera qu'une succession d'heureux hasards émaillés d'un nombre affolant d’invraisemblances. Lesquelles ? Et bien, celle concernant par exemple l'analyste informaticien justement, qu'interprète le toujours génial Jeff Goldblum, et son incroyable capacité à décoder les informations issues de la technologie extraterrestre qui, je le précise, s'avère sans doute en avance sur celle des hommes de plusieurs siècles, voire, plusieurs millénaires.

Un David Levinson qui ne sera ''armé'' que d'un simple ordinateur portable capable de se connecter directement avec le système informatique des aliens !!! Et oui, car il n'en faudra (presque) pas davantage pour que l'humanité parvienne à prendre le dessus sur l'armement surpuissant et sur le système de protection de ces créatures malodorantes. Improbable ? Euh... vous croyez ? Et que dire de ses performances face au Docteur Brackish Okun et ses collaborateurs qui depuis quarante ans étudient vainement la technologie alien grâce à la présence dans la zone 51, d'une base souterraine cachant un vaisseau extraterrestre s'étant écrasé au sol le 4 juillet 1947 ? Mais tout ceci n'est que du cinéma, pas vrai ? Et puis, il y a le capitaine de l'US Marine Corps Steven Hiller qu'interprète l'acteur Will Smith. Cabotin, même lorsque son meilleur ami vient de mourir... un type attachant, courageux, héroïque même diront certains. Et surtout, chose surprenante, capable de guider le vaisseau caché sous la zone 51, et qui jusque là, était en piteux état avant de se retrouver subitement fonctionnel lorsque le toujours ingénieux David Levinson parvient à raccorder ses données informatiques à celles de son ''fidèle'' ordinateur portable.

Ayant quitté son Allemagne natale pour les États-Unis six ans auparavant, le réalisateur Roland Emmerich semble éprouver la nécessité de remercier le pays qui l'héberge désormais en le désignant comme l'unique chance pour l'humanité de survivre à une attaque extraterrestre. Dégoulinant de patriotisme, Independence Day s'ouvre pratiquement sur la vision d'un drapeau américain ''flottant'' sur la surface de la Lune où, le réalisateur ne pouvant s'empêcher de noter l'anecdote, un certain Neil Armstrong a foulé le sol en premier. Et que dire du rôle qu'a offert le réalisateur allemand à l'acteur Bill Pullman, formidable Fred Madison dans le chef-d’œuvre de David Lynch Lost Highway l'année suivante mais insupportable dans le rôle de Thomas J. Whitmore. Un président lisse et surtout, très courageux puisque se portant volontaire pour aller affronter les vilaines bêtes qui tentent d’annihiler l'espèce humaine pour s'approprier la totalité des ressources terrestres. Bourré jusqu'à la gueule de ''bons mots'', de ''punchlines'', inadéquats pour ce type d'événements mais tout à fait appropriés lorsqu'il s'agit de ne produire qu'un long-métrage visant à faire un maximum de recettes au mépris de toute vraisemblance, Independence Day est un show permanent nanti, faut-il le préciser lorsque l'on apprend que le film a été financé à hauteur de presque cent millions de dollars, plutôt efficace en ce qui concerne ses effets-spéciaux.

Ne pouvant s'empêcher d'en faire toujours trop (ce qui demeure sa marque de fabrique), Roland Emmerich convoque les superviseurs en effets-spéciaux visuels Volker Engel et Douglas Smith, la productrice/superviseuse en effets-spéciaux digitaux Tricia Ashford, le superviseur et designer des créatures aliens Patrick Tatopoulos, le producteur en effets visuels Terry Clotiaux et les superviseurs en effets mécaniques et en pyrotechnie miniature Joseph Viskocil et Clay Pinney pour un spectacle visuel évidemment total. Au mépris, toujours, d'une certaine cohérence. Pas ou peu crédible pour un sou, Independence Day bénéficie cependant d'un remarquable montage signé David Brenner compte tenu des nombreuses ramifications (pas toujours justifiées) proposées par le script écrit par le réalisateur lui-même et par le scénariste Dean Devlin qui depuis Moon 44 en 1990 et jusqu'à Godzilla en 1998 est resté fidèle à Roland Emmerich. Amateurs de science-fiction sérieuse, merci de vous abstenir. Gavé de récompenses dont un Oscar des meilleurs effets-spéciaux et un second pour le meilleur son en 1997, l’œuvre de Roland Emmerich a connu une première suite intitulée Independence Day: Resurgence et sortie en 2016. Véritable engeance du septième art, cette séquelle permet de réévaluer l’œuvre d'origine tant la suite des aventures du président Thomas J. Whitmore et de David Levinson (toujours interprétés par les acteurs Bill Pullman et Jeff Goldblum) auxquelles ne participe heureusement plus pour lui Will Smith, est pitoyable. Avant de clore cet article, j'aimerais préciser également la présence de plusieurs formidables interprètes ayant participé à l'aventure Independence Day. Robert Loggia y incarne le Général William Grey et Brent Spiner (le Data de Star Trek : la Nouvelle Génération) le personnage du Docteur Brakish Okun. À noter également la présence (Merde ! Je l'ai loupée) de la française Charlotte Gainsbourg dans le rôle du docteur Catherine Marceaux...

mardi 3 septembre 2019

Independence Day: Resurgence de Roland Emmerich (2016) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Nous sommes en 2016, vingt ans après les premiers événements relatés dans le long-métrage de Roland Emmerich, Independence Day. Cela tombe d'ailleurs assez bien puisqu'il sorti dans les salles de cinéma en 1996, soit vingt ans pile avant la sortie de cette suite fort logiquement nommée Independence Day: Resurgence. Le premier volet était une sorte de film de propagande pro-américain dans lequel le premier homme du pays, le Président Thomas J. Levinson était érigé en véritable héros puisqu'en première ligne de combat face aux forces ennemies venues de l'espace.

Après trois quarts d'heure...
Vingt ans plus tard, l'homme a pris de la bouteille. Bill Pullman est méconnaissable en héros barbu et vieillissant. Le Capitaine Steven « Steve » Hiller n'étant plus de ce monde, c'est son fils qui prend la relève. Un héros en chassant un autre, ça n'est plus le célèbre Will Smith qui tient les rennes de cette aventure haute en couleur mais l'acteur Liam Hemsworth dans le rôle du jeune, beau, et impétueux Jake Morrison. L'humanité (ou du moins les États-Unis) a su profiter des technologies extraterrestres pour faire évoluer ses différents moyens de locomotion et surtout son niveau de défense contre un éventuel nouvel envahisseur. Une base de défense sur la Lune et d'autres installées plus loin encore dans notre système solaire. Le premier homme du pays est cette fois-ci une femme. Évolution logique, la Présidente des États-Unis se nomme Elizabeth Lanford et c'est l'actrice Sela Ward qui l'interprète. Au moins n'aura-t-on sans doute pas droit à cette vision stupide d'un président fonçant tout droit dans la gueule du loup quand on sait combien cela est surréaliste et hors de propos (propagande oblige).

Au bout d'un peu moins d'une heure, le résultat est mitigé. Le film prend son temps. Présentation des personnages (dont un David Levinson interprété par le toujours excellent Jeff Goldblum), bluette amoureuse dont tout amateur de science-fiction et d'effets-spéciaux en surabondance se ficheront très certainement, et présence étonnante de l'actrice française Charlotte Gainsbourg dans le rôle du Docteur Catherine Marceaux. Quant aux effets-spéciaux numériques tant attendus, ils sont bien au rendez-vous. Passage au dessus de la côte ouest des états-Unis provoquant un raz de marée qui emporte absolument tout sur son passage, du paquebot, aux grattes-ciel, en passant par des dizaines milliers de voitures, de camions et de divers objets. Tout ? Pas vraiment puisque malgré l'immense poussée de millions de tonnes de gravas, un bâtiment, un seul, tient encore debout. Et va même jusqu'à stopper net la route meurtrière de cette vague monstrueuse. Lequel? Je vous le donne en mille: la Maison Blanche !
Grosse perte en crédibilité, le film se laisse malgré tout regarder avec une certaine délectation... pour l'instant.

Après une heure et cinquante minutes...
Alors que le générique de fin égraine les noms de la totalités des individus ayant participé au projet (interprètes, équipe technique, etc...), le bilan n'est plus mitigé mais... catastrophique. Independence Day: Resurgence est définitivement un mauvais film. La science-fiction n'aura pas gagné ses lettres de noblesses en 2016 grâce au film de Emmerich mais bien grâce au sublime Midnight Special de Jeff Nichols. Toute la différence entre un cinéaste misant presque exclusivement son oeuvre sur les effets-spéciaux au détriment de l'intrigue d'un second, pour qui l'histoire est fondamentale. Roland Emmerich ne sera d'aucune manière parvenu à faire mieux vingt ans plus tard. Habitué aux budgets faramineux laissant un gout amer (Godzilla, 2012), il laisse une œuvre pétrie de bons sentiments patriotiques, et quitte à plonger Independence Day: Resurgence dans un conglomérat de scènes toutes plus grotesques et surréalistes les unes que les autres, il crée des situations qu'aucun cinéaste véritablement passionné de science-fiction n'oserait intégrer à son œuvre. Comme son ainé, cette suite n'est qu'un nanar à très gros budget très soporifique. Le fantasme d'un homme auquel des producteurs friqués ont confié leur argent pour qu'il puisse assouvir tous ses désirs de mégalomane...

samedi 4 mars 2017

Le Cycle de la Chair et de L'esprit: La Mouche de David Cronenberg (1986) - ★★★★★★★★★★



Depuis presque vingt ans, le cinéaste canadien David Cronenberg a abandonné son thème de prédilection. En une quinzaine de longs-métrages environ, il aura marqué de son empreinte indélébile, une thématique qui n'appartient qu'à lui. Grand ordonnateur des chairs et de l'esprit mutant sous l'impulsion de pratiques médicales expérimentales et révolutionnaires, il a marqué l'esprit d'un public sans doute beaucoup plus vaste que par le passé avec La Mouche qu'il réalisa en 1986. Aboutissement et somme de toutes ses obsessions, cette œuvre à la particularité d'être le remake d'un film datant de 1958 et réalisé par le cinéaste américain Kurt Neumann, La Mouche Noire. Un sujet que le cinéaste canadien ne pouvait que s'approprier pour en donner une vision formidablement plus aboutie que l'original.
La Mouche Cronenbergienne a contribué à faire connaître le cinéaste à travers le monde plus que ne l'avaient fait jusque là ses précédents films. Car malgré tout, l’œuvre demeure grand public. S'il n'a pas tout à fait tiré sa révérence à l'époque avec La Mouche, c'est bien avec ce film qu'il a véritablement donné ses lettres de noblesse à son genre de prédilection.

La Mouche, c'est d'abord la rencontre d'une journaliste et d'un scientifique de génie qui a mis au point une machine capable de téléporter des objet d'un télépode à un autre. S'il n'a pas encore réussi à trouver l'astuce permettant d'en faire autant avec des organismes vivants, c'est au contact, et avec l'aide, de Veronica Quaife que Seth Brundle finira par en venir à bout. Devant l'engouement d'un succès consécutifs à de nombreux échecs, Seth décide de passer outre tout forme de raison et de se téléporter lui-même en l'absence de Veronica. Malheureusement, lors de l'opération, une mouche s'insinue dans le téléporteur où il a pris place et l'ordinateur, incapable de gérer la présence de deux organismes dans un même appareil, a choisi de les fusionner.

Trente ans après, l'oeuvre de David Cronenberg a conservé toute sa force, toute l'émotion qui s'en dégage et que la magnifique partition musicale de Howard Shore sublime encore davantage. Afin d'incarner le duo merveilleux et bouleversant Seth-Veronica, David Cronenberg a fait appel à l'acteur Jeff Goldblum qui n'en était pas à sa première incursion dans le domaine du fantastique puisqu'on avait déjà pu le voir dans L'invasion des Profanateurs de Philip Kaufman et La Sentinelle des Maudits de Michael Winner. A ses côtés, on découvre l'actrice Geena Davis qui à l'époque n'a tourné que très peu pour le cinéma. Le duo fonctionne à merveille. On croit en la sincérité de leur amour et c'est sans doute ce qui rend plus émouvante encore la fin terrible qu'à choisi d'illustrer David Cronenberg. Comme cela arrive parfois d'ailleurs dans le merveilleux monde du septième art, Geena Davis et Jeff Goldblum se marièrent le 1er novembre 1987.

La Mouche nous décrit le calvaire d'un homme qui peu à peu voit son intégrité physique se modifier au profit d'une mutation qui le rapprochera de plus en plus d'une mouche, l'homme devenant par là même une donnée de moins en moins concrète. Une transformation passant également et bien évidemment par une modification comportementale le rendant totalement vierge de toute émotion. David Cronenberg parvient avec toute la sensibilité qu'on lui connaît à retranscrire toute l'horreur de cette situation tragique sans omettre de nous en mettre plein la vue en terme d'émotion. La séparation des deux amants étant vécue comme une véritable déchirure. Concernant les effets-spéciaux qui à l'époque ne relevaient d'aucune technique numérique demeurent encore aujourd'hui remarquables. Les maquilleurs Chris Walas et Stephan Dupuis ont d'ailleurs été récompensés d'un Oscar en 1987 pour le fruit de leur ouvrage. La Mouche a également reçu le Prix spécial du jury au Festival international du film fantastique d'Avoriaz la même année, et quant aux Saturn Awards, y ont été récompensés les maquillages, le film ainsi que Jeff Goldblum pour son époustouflante interprétation. Un chef-d’œuvre absolu...

vendredi 2 décembre 2016

Cosmos Face de Julien Temple (1988)



Lorsque Julien Temple tourne ce très curieux Cosmos Face (plus connu chez nous sous le titre Objectif Terrienne), il a déjà derrière lui quelques longs-métrages et clips vidéos à son actif dont Absolute Beginners, avec notamment David Bowie qui interprète la chanson-titre, et des clips pour Depeche Mode (See You) et pour notre Jean-Michel Jarre national (Les Chants Magnétique part2). Cosmos Face a ceci de particulier qu'il mêle science-fiction et comédie musicale.
Trompée par son futur époux, le docteur Ted Gallagher (l'acteur Charles Rocket), Valerie Gail le fiche à la porte de leur demeure. Un jour, alors qu'elle prend un bain de soleil, un objet étrange tombe au fond de sa piscine. Une navette spatiale commandée par trois extraterrestres de taille réduite qui ont la capacité de grandir grâce à un faisceau lumineux intégré au vaisseau. Trois individus poilus, l'un rouge, le second orange, et le troisième entièrement bleu. Leur nom, Zeebo, Wiploc, et Mac qui, semble-t-il, a un léger ascendant sur les deux premiers. D'abord surprise, Valerie accepte finalement de les accueillir chez elle et de s'en occuper. Tout commence par un passage au salon d'esthétique où travaille Valerie. Sa meilleure amie Candy Pink les rases tous les trois de la tête aux pieds et les deux femmes se rendent très vite compte que Zeebo, Wiploc, et Mac cachent en réalité trois beaux jeunes « hommes ». C'est ainsi que Valerie et Candy décident toutes les deux de « sortir » les trois extraterrestres en ville. D'abord dans un night club où les trois « hommes » font fureur auprès de la gente féminine, puis sur au bord d'une plage. Malheureusement, Zeebo, Wiploc, et Mac vont avoir des ennuis avec la police après avoir pris une route en sens inverse. C'est curieusement, c'est en partie grâce à Ted, l'ex-futur époux de Valerie que les trois extraterrestres vont parvenir à prendre la fuite...

Oubliez tout de suite tout ce qui peut vous avoir servi jusqu'à maintenant de référence en matière de films sur les rencontres extraterrestres. Au pire, on trouvera une minuscule corrélation entre Cosmos Face et le gentil E.T de Steven Spielberg (mais vraiment toute petite alors), mais beaucoup moins avec Rencontre du Troisième Type du même bonhomme. Comme c'était déjà le cas dans ces deux classiques du genre, les extraterrestres de Cosmos Face sont heureusement fort sympathiques. Ce qui nous change de la majorité des films sur le sujet qui nous les exposent souvent comme des être belliqueux.

Cosmos Face est donc une œuvre de science-fiction qui donne (surtout dans la première partie) une place importante à la comédie musicale. Julien Temple offre les deux principaux rôles à l'actrice Geena Davis et à l'acteur Jeff Goldblum dont il s'agit ici de la seconde collaboration en tant qu'interprètes puisque nous avons pu les découvrir ensemble dans le saisissant chef-d’œuvre de David Cronenberg, La Mouche. Un couple au cinéma, mais également dans la vie puisqu'il vécurent ensemble entre 1987 et 1990. Cosmos Face n'est clairement pas un grand film, et pourtant, étrangement, on passe un très agréable moment de cinéma comme seules les années quatre-vingt étaient capables à l'époque de nous fournir. On y découvre un Jim Carrey déjà girmaçant dans le rôle de Wiploc, ainsi que Damon Wayans dans celui de Zeebo. Acteur qui nous fait grâce d'ailleurs d'un joli moment de bravoure situé dans le night-club et lors duquel il exécute un duel dansant avec un rival, lui, bien humain. Même si l'on est réfractaire au genre comédie musicale, l'épreuve n'est pas si difficile à passer, et ce, même si les chansons très « eighties » ont pris un sérieux coup de vieux. De la pop sucrée assez navrante mais qui dans le contexte humoristique du film passe finalement relativement bien. De plus, les acteurs semblent vraiment s'amuser et l'on ne peut être que reconnaissant envers Julien Temple d'avoir réuni Geena Davis et Jeff Goldblum au cinéma pour la seconde fois de leur carrière. Un couple attachant pour une histoire légère mais amusante...

vendredi 1 juin 2012

Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman (1978)



Dehors la pluie tombe. Accompagnée d'étranges particules tout droit venues du cosmos, d'étranges plantes se mettent à pousser sur les arbres comme de vulgaires parasites. Elisabeth Driscoll qui travaille pour le ministère de la santé s'interroge sur la provenance de ces drôles de bulbes qu'elle ne parvient pas à identifier et dont elle fait part à son mari Geoffroy après en avoir emporté un échantillon chez eux. Geoffroy ne semble pas aussi enthousiaste que sa femme à l'idée qu'elle ai pu découvrir une nouvelle espèce de végétal.
Le lendemain, Geoffroy se comporte étrangement. Jovial la veille, il est désormais froid et distant. Il ne semble d'ailleurs pas être le seul à avoir un comportement plutôt ambigu. Lui et d'autres personnes se regroupent dans la rue et forment de curieux rassemblements qui poussent Elisabeth à les suivre.

Soucieuse elle fait part du changement de comportement de Geoffroy à Mathew Bonnel, inspecteur de l'hygiène alimentaire plutôt rigoureux qui prends d'abord l'idée à la légère et préfère même présenter son amie au psychologue David Kibner lors d'une réunion visant à dédicacer un livre écrit de sa main. Alors que tout semble se dérouler normalement, elle découvre qu'elle n'est pas la seule à s'être aperçue du changement d'humeur de son mari puisqu'une femme au bord de la crise de nerf tente avec beaucoup de désillusion à convaincre l'auditoire que son mari lui aussi n'est plus le même.


Elisabeth finit par convaincre Mathew que quelque chose se trame à San-Francisco et tout deux, accompagnés par un couple d'amis, se lancent dans la recherche d'une vérité à laquelle ils ne sont pas préparés: :
Les plantes découvertes quelques jours auparavant sont les prémices d'une invasion extra-terrestre qui vise à annihiler l'espèce humaine et la remplacer par de vulgaires copies déshumanisées.

Commence alors la chasse aux vilains usurpateurs d'identité allant même jusqu'à créer une situation de panique et surtout de paranoïa dans un monde qui ne réalise toujours pas à quel point l'espèce humaine est en danger.

Un événement plutôt curieux mais assez amusant vient ponctuer l'effroyable invasion dont nous sommes victimes nous, pauvres humains, lorsqu'apparaît face à nos yeux ébahis un chien au visage humain. Un visage que l'on reconnaît comme celui du clochard musicien qui, plus tôt, tentait vainement, accompagné de son animal de compagnie, d'attirer sur lui toutes les attentions ne récoltant qu'un intérêt plus que limité lorsqu'il ne s'agissait pas purement et simplement de mépris. On peut se demander alors si le cinéaste à ce moment très précis réagit face à un système qui préfère rester aveugle face aux miséreux auxquels il donne naissance dans un ton humoristique en faisant d'un être "insignifiant" le personnage central et révélateur d'une anomalie génétique révélant enfin aux yeux des derniers incrédules que la fin d'un monde et la naissance d'un nouveau est en marche. Celui que l'on rejette devient un pion important dans la reconnaissance d'une ère nouvelle et désastreuse pour l'espèce humaine.


Le film de Philip Kaufman est le remake d'un vieux classique en noir et blanc. Abel Ferrara lui-même réalisera dans les années quatre-vingt dix un remake plutôt anecdotique. Cette version de 1978 fait la part belle au climat paranoïaque découlant d'une invasion ciblant la race humaine dans une volonté flagrante de la faire disparaître au profit d'une autre, menaçante et inhumaine, et ce dans la confusion la plus totale. Même si l'idée de manipuler les médias et de faire disparaître en premier lieu ceux qui sont à l'origine du maintien de l'ordre pour créer ainsi un état de désordre se ressent à travers les différentes situations proposées par le cinéaste, il faut tout de même avouer qu'il est difficile de s'y retrouver, comme si ce dernier avait en tête un projet tellement vaste et tellement peu de temps pour s'y consacrer que son film prends parfois des airs de brouillons. Mais il ne faut surtout pas bouder son plaisir car retrouver des acteurs de la trempe de Donald Sutherland ou encore Jeff Goldblum est un pur bonheur d'autant plus que le film sait aller droit à l'essentiel et regorge de scènes qui empêchent l'ennui de s'installer. Un nouveau remake est né dans les années 2000. Peut-être encore plus insignifiant que la version de Ferrara. Le film de Kaufman date maintenant d'une trentaine d'années et l'on peut sans prendre de risque, dire que sa version demeure la pus intéressante. Comme un bon vin qui se bonifie avec le temps, cette version restera sans doute la meilleure qui nous ai été donné de voir et il serait bon, une fois pour toute de démontrer aux plus jeunes que les artifices visant à camoufler la maigreur de scénarios indigestes ne font pas toute la réussite d'un film. 

 
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