Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


dimanche 28 juin 2026

Noijeu de Kim Soo-jin (2026) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Undertone de Ian Tuason fut une expérience plus que désagréable reposant essentiellement sur le son. Et donc, sur l’ouïe. Non pas que le concept soit mauvais, bien au contraire, mais la mise en scène mollassonne ruina l'essentiel du récit reposant presque uniquement sur l'interprétation de son héroïne incarnée à l'écran par Nina Kiri. S'agissant de Noijeu du réalisateur sud-coréen Kim Soo-jin qui vient de sortir dans les salles françaises, son premier long-métrage repose à peu près sur les mêmes fondements puisque son héroïne à lui est malentendante. Pas totalement sourde, mais simplement atteinte d'une déficience auditive qu'elle comble à l'aide d'un dispositif lui permettant d'y pallier. À vrai dire, et au sortir de cette expérience très réjouissante, je n'ai toujours pas saisi l'intérêt d'un tel procédé. Car si effectivement le handicap de Seo Joo-yeong (interprétée par Lee Sun-bin) participe de l'ampleur angoissante des derniers instants du récit, ce ''détail'' la concernant n'a généralement pas vraiment d'importance lors du déroulement de l'histoire. C'est d'ailleurs même tout le contraire puisque saisissant ce qui se déroule autour d'elle d'un point de vue il est vrai handicapant, c'est bien de bruit dont il s'agit ici. Si l'intrigue se déroule dans un immeuble de copropriétés où se côtoient locataires et propriétaires, ça n'est pas par hasard. En effet, si une partie importante de la population sud-coréenne est contrainte de vivre au sein d'immeubles qui répercutent très facilement le moindre bruit de pas, d'objet qui tombe ou de cris d'enfants, sa densité provoque fatalement des conflits de voisinages qui peuvent rapidement dégénérer... En ce sens, le long-métrage de Kim Soo-jin évoque ostensiblement l'un des classiques de l'épouvante signé en 1976 par Roman Polanski : Le locataire dans lequel un petit immigré polonais rencontrait de grandes difficultés à vivre au contact de voisins souvent revêches dans un vieil appartement parisien qu'il loua après le suicide apparent de la précédente locataire. Le cinéaste franco-polonais signant et interprétant ainsi un véritable monument de l'épouvante, ultra flippant, paranoïaque et inconfortable que d'aucun de raisonnable ne pouvait juger entrer dans le domaine du fantastique. Surtout lorsque la conclusion venait apporter une solution finalement très concrète s'agissant de l'état mental du héros...


Chose un peu plus délicate à cerner chez Kim Soo-jin qui avec Noijeu signe une œuvre aux multiples ramifications, se rapprochant finalement autant du film de Roman Polanski que du chef-d’œuvre absolu de la J-Horror Honogurai Mizu no Soko Kara (Dark Water) signé en 2002 par l'un des maîtres en la matière, Hideo Nakata. Contrairement à Undertone de Ian Tuason, ici l'usage du son et des silences fonctionne à la perfection... Nous suivons les aventures de la jeune Seo Joo-yeong qui après la disparition de sa jeune sœur Seo Joo-hee ((Han Su-a) vient s'installer dans son appartement dans l'espoir de la voir rapidement réapparaître. Mais ce qui survient le plus ardemment n'est pas le retour de sa cadette mais toute une série de problèmes liés au bruit et donc au voisinage. Entre un voisin particulièrement inquiétant habitant l'étage en dessous (Ryu Kyung-soo dans le rôle de Joong-sim) ou une propriétaire retors (Baek Joo-hee) qui compte bien préserver le calme dans l'objectif de faire rénover l'immeuble, notre héroïne ne peut visiblement compter que sur le soutien de Ki-hoon, le petit ami de sa sœur qu'interprète Kim Min-seok et sur celui de Jeong-in (Jeon Ik-ryung), une voisine plutôt conciliante qui semble en savoir beaucoup sur le passé trouble de l'immeuble. Un sujet qui ajoute une couche supplémentaire aux problèmes que va rencontrer Seo Joo-yeong, ainsi menacée par le voisin de l'appartement 504 et par la propriétaire qui voit d'un mauvais œil les plaintes formulées par la jeune femme qui cherche à retrouver sa sœur. En terme d'épouvante, le constat est sans appel : Noijeu est le digne descendant de la J-Horror même si ce courant est propre au Japon. D'une manière générale, le long-métrage de Kim Soo-jin est l'un des meilleurs représentants actuels de l'épouvante en Asie et même sur un plan international traitant du sujet des fantômes dans un contexte social tendu. Le cinéaste sud-coréen a en effet l'art et la manière de mettre en scène ses personnages dans des situations angoissantes. Et si les rapports de voisinages ne sont pas des plus tétanisants quoique parfois très crispants, la visite de l'immense décharge souterraine où les quelques visites nocturnes du voisin du dessous restent de grands moments de cinéma d'épouvante. Pour son premier film, Kim Soo-jin réussit à égaler les maîtres-étalons du genre et l'on a déjà hâte de découvrir ses futurs projets...

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...