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dimanche 28 juin 2026

Les tueurs fous de Boris Szulzinger (1972) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Quatre longs-métrages en tant que réalisateur au compteur, pas un de plus. Nathalie après l'amour en 1970, Les tueurs fous en 1972, Tarzoon : la honte de la jungle en 1975 et Mama Dracula en 1980... Boris Szulzinger aura donc passé le plus clair de son tant à produire des films que de mettre en scène des histoires aussi curieuses que celle qui concerne justement Les tueurs fous. Reposant néanmoins sur un authentique fait-divers qui défraya la chronique judiciaire française au tout début des années soixante-dix, le long-métrage raconte la folle expédition meurtrière de deux jeunes individus. Installés chez un journaliste interprété par Georges Aminel, les bruxellois Roland et Dominique vivent de rapines et semblent fascinés par les armes à feu. Lorsqu'ils découvrent chez leur hôte plusieurs fusils, les deux hommes, incarnés à l'écran par Roland Mahauden et Dominique Rollin s'en emparent pour aller s'entraîner au tir dans une décharge. Une fois leur entraînement terminé, ils remontent à bord de la voiture qu'ils ont récemment volée et patientent jusqu'à ce qu'une première cible vivante débarque dans leur champ de vision. Un homme déboule alors en motocyclette et les deux hommes le suivent de très près. Zigzaguant sur une route située en bordure d'une forêt, l'un d'eux se penche à l'extérieur du véhicule et commence à tirer sur le pauvre homme qui finit par s'effondrer au sol. Transportant ensuite le cadavre plus profondément dans les bois, ils se prennent en photo à ses côtés avant de téléphoner au journaliste, de lui donner rendez-vous dans un bar et ainsi lui confier les clichés qu'ils viennent tout juste de prendre... Aussi absurde qui puisse paraître le comportement de Dominique et Roland, cette attitude semble montrer un désordre psychologique relativement important chez nos deux protagonistes. Deux esprits libres de toute contrainte, qui volent des voitures au grand jour, pillent des cadavres à l'image de cette femme d'âge avancé qu'ils assassinent sans raison apparente et se moquent ouvertement de leurs victimes. Souvent comparé à Orange Mécanique de Stanley Kubrick dont il ne partage évidemment pas les qualités mais plutôt le thème de l'ultra violence, Les tueurs fous, également connu sous son premier titre En pleine gueule est donc basé sur la série de meurtres que commis un an en arrière Alain Grenouille...


Un criminel qui aux côtés d'un adolescent âgé de seulement seize ans prénommé Robert s'attaqua à plusieurs personnes. Entre le 28 et le 31 juillet de l'année 1971, les deux criminels tuèrent un ouvrier d'une usine Simca-Chrysler et un employé de station-service de dix-huit ans et blessèrent un mécanicien, un garde-forestier ainsi que femme d'une cinquantaine d'années... Contrairement à Alain Grenouille qui apporta une explication s'agissant des meurtres qu'il commis avec son jeune complice, expliquant ainsi qu'il voulait selon ses propres termes ''se venger de cette vacherie de société'', le scénario de Boris Szulzinger, Pierre Bartier et Michel Gast laisse les spectateurs dans le flou. Dans un esprit Queer assez peu courant pour l'époque, le réalisateur définit ses deux assassins à travers une orientation sexuelle qui semble sortir des normes pour être ici définis comme un couple homosexuel. Le journaliste qui les accueille étant lui-même attiré par l'un des deux hommes. Témoignant de leur peu d'appétence pour les femmes, ils se refuseront à l'une d'entre elles qui une fois au lit essuiera un double refus d'avoir un rapport avec elle ! Si de nos jours rien ne semble pouvoir faire reculer la communauté LGBTQ+ s'agissant de son exposition à l'image, la présence ici de deux homosexuels étant en outre motivés à l'idée de disséminer autour d'eux un maximum de cadavres peut sembler parfois incommodante. De plus, une fois mis en parallèle avec les meurtres isolés commis sur notre territoire et depuis quelques années par des ''assassins en herbe'', Les tueurs fous peut s'envisager comme une œuvre visionnaire, où le meurtre est accompli de manière froide et distanciée. Ici, le polaroid remplaçant en outre le téléphone portable tandis que les locaux du journalisme précèdent les futurs réseaux sociaux. Si la société enfante objectivement des monstres froids, immoraux et indifférents aux actes dont ils sont les auteurs, Les tueurs fous témoigne de l'impuissance de l'état à régler ce type de problèmes. Plus de cinquante ans après, rien n'a malheureusement changé et tout semble même avoir empiré...


 

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