Rory Jansen a tout pour
être heureux. Ce jeune écrivain a en effet pour compagne la belle
et très amoureuse Dora, et il s'apprête à proposer à divers
éditeurs son tout premier manuscrit. Mais le jeune auteur va très
vite découvrir que le monde de l'édition est bien loin de l'image
qu'il s'en est fait. Malgré les éloges de certains éditeurs, aucun
d'entre eux n'est encore prêt à éditer l’œuvre d'un inconnu. Et
pourtant, la chance va venir frapper à la porte de Rory le jour où
lors d'un voyage à Paris en compagnie de Dora, il va trouver un
vieux porte-document renfermant un très ancien manuscrit, « The
Window Tears ». Fasciné par la qualité de l'écriture et
de l'histoire que renferme le manuscrit et devant l'impossibilité du
jeune auteur à se faire éditer pour ses propres œuvres, Rory
recopie mot pour mot le manuscrit sur son ordinateur, sans même
changer le titre. Piquée par la curiosité, Dora lit le roman
qu'elle croit avoir été écrit par son époux et pousse ce dernier
à le faire lire à son patron, Joseph Cutler qui, lui-même, demande
à Rory d'en avoir l'exclusivité.
En acceptant de se faire
passer pour l'auteur du manuscrit et en accordant le droit à Joseph
Cutler de l'éditer, Rory est loin d'imaginer l'ampleur du succès
que va avoir « son » ouvrage.Tout comme il
ignore encore les lourdes implications que va avoir son choix d'avoir
décidé de s'approprier la paternité de « The Window
Tears »...
The Words,
c'est une histoire..., dans une histoire..., dans une histoire. Trois
récits qui ont en commun un manuscrit. D'un côté, celui qui en est
le réel auteur (l'époustouflant Jeremy Irons). De l'autre, celui
qui s'en est approprié la paternité (l'excellent Bradley Cooper) et
au milieu de ces deux êtres, celui qui nous conte l'extraordinaire
histoire qui les rattache (le toujours remarquable Dennis Quaid).
Trois récits, et par conséquent trois époques. Le Paris de la
Seconde Guerre Mondiale et sa plastique d'une beauté remarquable.
D'un point de vue esthétique, les scènes relatives aux différents
retours en arrière situés à cette époque sont magnifiques. D'une
image passée sous un filtre vieillissant à l'installation
chirurgicale du moindre petit objet dans le cadre, le travail de
Michele Laliberte est extraordinaire.
Le scénario de Brian
Klugman et Lee Sternthal (qui sont également les auteurs de The
Words) est millimétré à la perfection. La musique de
Marcelo Zarvos est belle, envoûtante et émouvante. La totalité des
interprètes sont remarquables. Pas une fausse note, aucun signe de
faiblesse qu'il s'agisse de la mise en scène, de l'interprétation
ou du scénario. Les dialogues sont intelligents et d'une grande
finesse.L'histoire est profonde et intellectuellement enrichissante.
Même sans une once d'action, le rythme du film et l'intérêt de son
histoire sont tels que l'on ne s'ennuie jamais.
Il faudrait être d'une
mauvaise foi absolue pour juger que le film est chiant, mou, long,
nul ou d'un ennui profond. Et pourtant, certains l'ont jugé ainsi.
Le seul reproche que l'on pourrait effectivement faire aux auteurs
Brian Klugman et Lee Sternthal est de n'avoir rien réalisé en
commun depuis 2012, année de sortie de The Words...




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