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vendredi 26 juin 2026

Maigret et le mort amoureux de Pascal Bonitzer (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Créé au tout début des années trente par l'écrivain français Georges Simenon, le commissaire Maigret est apparu dans nombre de longs-métrages cinématographiques, à commencer par La Nuit du carrefour de Jean Renoir en 1932. En près de quatre-vingt dix ans, le personnage apparaîtra dans une vingtaines de films, en majorité d'origine française même si quelques productions internationales virent le jour entre la fin des années quarante et les années soixante avec la production franco-américaine L'homme de la Tour Eiffel de Burgess Meredith en 1949, franco-germano-italo-autrichienne Maigret fait mouche d'Alfred Weidenmann en 1966 ou franco-italienne Maigret à Pigalle de Mario Landi l'année suivante. Lister ensuite tout ce qui fut produit et réalisé pour la télévision s'avère déjà beaucoup plus problématique. Si dans notre pays le personnage est d'abord connu à travers les incarnations de Jean Richard dans Les enquêtes du Commissaire Maigret entre 1967 et 1990 et de Bruno Cremer dans Maigret à partir de 1991 et jusqu'en 2005, l'Angleterre, les États-Unis, l'Italie, le Canada et plus étonnant encore, le Japon, les Pays-Bas et l'Union Soviétique se sont emparés à leur tour du personnage.... Concernant ses divers interprètes, si l'on s'en tient aux acteurs français, le choix de certains d'entre eux respecta le portrait physique du commissaire tel que décrit dans les différents ouvrages de Georges Simenon. Un homme relativement impressionnant, d'une stature imposante, de grande taille et aux épaules larges. Une silhouette que l'on retrouvera notamment chez Bruno Cremer, Jean Gabin ou encore chez Gérard Depardieu.... mais déjà beaucoup moins chez l'acteur originaire de Newcastle Rowan Atkinson qui entre 2016 et 2017 endossa le costume du flic français dans une série britannique créée par Stewart Harcourt ! Une physionomie plus ''chétive'' qu'à l'accoutumée et à laquelle semble se rapprocher celle du tout nouvel interprète du personnage. En effet est sorti en février dernier sur les écrans de cinéma la toute dernière adaptation du Commissaire Maigret qui cette fois-ci est incarné par l'acteur Denis Podalydès. Acteur, scénariste, écrivain et sociétaire de la Comédie-Française, il campe désormais un commissaire beaucoup moins impressionnant physiquement dans Maigret et le mort amoureux. Auteur de quelques longs-métrages étalés sur plusieurs décennies dont l'excellent Rien sur Robert en 1999, le réalisateur et scénariste Pascal Bonitzer s'inspire pour ce tout nouveau film du roman Maigret et les Vieillards qu'éditèrent les Presses de la Cité en 1960...


Un titre qui vaut pour les diverses rencontres du commissaire avec des personnes âgées ! Alors que Jules Maigret y évoluait dans le courant des années soixante, sa toute nouvelle adaptation (la quatrième après les téléfilms Voices From The Past de de Gerard Glaister en 1962, Maigret et l'Ambassadeur de Stéphane Bertin en 1980 et Maigret et la Princesse de Laurent Heynemann en 2003) s'inscrit dans un contexte beaucoup plus contemporain puisque malgré des habitudes parfois vieillottes de la part de notre héros, la présence de téléphones portables signifie bien que l'action se déroule dans le présent. L'un des principaux atouts de Maigret et le mort amoureux est l'excellence des interprètes. De la domestique Jacqueline Larrieu (Anne Alvaro) dont l'employeur vient de mourir, à la Princesse Isabelle de Vuynes (Dominique Reymond) dont l'époux est lui-même décédé trois jours plus tôt, en passant par le commissaire Janvier (Manuel Guillot), l'épouse de Maigret (Irène Jacob), l'antiquaire Mazeron (Micha Lescot), son épouse Charlotte (Julia Faure) ou encore le Procureur (Olivier Rabourdin), l'on a droit à un casting cinq étoiles. Et puisque Denis Podalydès ne peut évidemment pas compter sur son physique, sa verve à l'écran annihile à peu près tout ce qui faisait jusqu'à maintenant certaines des spécificités du personnage. Si la mise en scène et la présence sur grand écran de Maigret et le mort amoureux peut paraître parfois aussi anachronique que celle du Maigret que réalisa Patrice Leconte en 2022 avec Gérard Depardieu, les dialogues valent bien ceux des meilleures comédies françaises même s'il est bien évident que le thème ici ne prête jamais vraiment à rire ou même simplement sourire. Avec son rythme lent propre aux adaptations télévisuelles du personnage de Georges Simenon l'on pourrait se demander quel put valoir l'intérêt de découvrir cette nouvelle itération sur grand écran en février dernier. La réponse tient en deux mots : dialogues et interprétation...

 

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