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lundi 7 juillet 2025

Shadow Force de Joe Carnahan (2025) - ★★★★☆☆☆☆☆☆


C'est non sans un certain dégoût mêlé d'enthousiasme, s'il est bien entendu possible de concilier les deux, que j'ai choisi en cet après-midi de canicule de prendre le temps de m'infliger le dernier long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur californien Joe Carnahan. Avec sa bonne bouille de bouffeur de hamburgers, on pourrait presque d'avance tout lui pardonner. Même (et surtout) d'avoir retenu dans son sillage, l'acteur français Omar Sy. À ce sujet, si d'autres que Joe Carnahan pouvaient d'ailleurs le retenir sur le territoire américain avant qu'il ne vienne faire des ravages dans notre pays, ils sont les bienvenus. Après avoir participé à The Killer de John Woo version 2.0 qui selon de très nombreux échos serait une purge (affirmation qu'il va me falloir vérifier très prochainement) et après être (heureusement) apparu timidement dans le thriller d'Anne Le Ny l'année dernière avec Dis-moi juste que tu m'aimes, voici qu'Omar Sy revient dans ce qui semble être un film de ''pure'' Blaxploitation. Genre prolifique et essentiel dans les années soixante-dix et portant sur la revalorisation de l'image des Afro-Américains dans la culture, aujourd'hui, le genre s'est paré d'un discours Woke que l'on peut raisonnablement considérer de faisandé ! Alors que l'acteur français vit désormais retranché aux États-Unis afin d'y tenir le rôle principal d’œuvres dont on considérera qu'elles peuvent être charitables envers lui au vu du pedigree du bonhomme, en France, celui-ci jouit d'une bien mauvaise réputation, crachant sur son pays d'origine et, par delà l'Atlantique, considérant qu'en terme de racisme, ''il reste du travail à faire''... Et l'on comprend tout à fait de quel sujet précis Omar Sy veut parler ! Alors que Shadow Force s'est pris un four aux États-Unis, sachant que le pays concentre environ trois-cent quarante millions d'habitants et que le long-métrage n'a engrangé qu'un dixième de son budget, dans l'hexagone l'on n'a pas pris les mêmes risques puisqu'il est directement sorti sur la plateforme Amazon Prime jeudi dernier. Pas de sortie en salle, et c'est tant mieux.


Après, qu'il mérite ou non toutes les critiques qu'il s'est prise dans la tête, le film n'est pas absolument impossible à supporter jusqu'à son terme. Tout au plus doit-on l'envisager comme un film d'action du pauvre. Si Omar Sy trône parmi les principaux interprètes, il faut savoir que c'est par défaut. Alors que sa compagne à l'écran Kerry Washington avait dès le départ été envisagée, avant que le français ne débarque sur le tournage, les producteurs avaient imaginé l'acteur américain Sterling K. Brown dans le rôle d'Isaac Sarr. Principalement incarné par des interprètes d'origine afro-américaines en dehors d'Omar Sy, le grand méchant du récit est interprété par l'acteur blanc Mark Strong. Celui-ci incarne le rôle de Jack Cinder, ancien directeur de la Shadow Force, une organisation multinationale formée autour d'hommes et de femmes surarmés chargés d'attaquer terroristes, dictateurs et autres joyeusetés. Mais depuis cinq ans, l'organisation a été défaite depuis le départ d'Isaac et de Kyrah Owens (qui est donc interprétée par Kderry Washington). Tombés amoureux l'un de l'autre, ils sont désormais les parents du petit Ky (Jahleel Kamara) qui vit aujourd'hui avec son père tandis que sa mère semble avoir totalement disparu de la circulation... Mais alors qu'un jour Isaac se rend à la banque, des braqueurs débarquent et mettent en jeu les clients et le personnel. Par un subterfuge dont le spectateur ne parviendra pas à s'expliquer la méthode employée par l'ancien mercenaire, Isaac parvient à mettre les braqueurs hors service. Malheureusement, la scène à été filmée par les caméras de surveillance et par des smartphones et dès lors, Jack Cinder va reformer le groupe de la Shadow Force afin de retrouver et se venger de Kyrah et d'Isaac qu'il considère comme des traîtres... Avec un tel script, on s'attend à de l'action pure et dure. Ce qu'offrent effectivement quelques séquences pas désagréables à regarder.


Mais sorti de ces quelques poursuites, bagarres et fusillades, le film s'enfonce dans des lignes de dialogues interminables. Le réalisateur et ses interprètes tentant ainsi d'apporter un peu de profondeur à un long-métrage qui en manque pourtant cruellement. Impossible ensuite d'identifier Omar Sy comme le héros idéal alors qu'un Denzel Washington, un Laurence Fishburne ou un Samuel L. Jackson auraient parfaitement fait le taf. Peut-être et même sans doute trop âgés pour assumer désormais ce type de rôle, c'est donc bien au français que le rôle a été confié. Bourré d'invraisemblances telles que l'on se demande dans quelles mesures le film ne se parodierait pas lui-même, la séquence située à l'intérieur de la banque est emblématique du soucis rencontré avec l’écriture. Imaginez : des hommes surarmés, au nombre de quatre ou cinq, face à un homme seul, sans possession du moindre objet qui lui permettrait de prendre le dessus sur ces criminels. Et pourtant, Isaac y parvient. La séquence est filmée à l'arrache et de telle manière qu'elle permet de conclure la scène sans avoir eu à justifier telle ou telle méthode employée par notre héros ! Du gros foutage de gueule mais en fin de compte, un grand moment de poilade ! S'ensuivent donc les retrouvailles entre Isaac et Kyrah. Des séquences on ne peut plus chiantes, entrecoupées de rares scènes d'action dont une course-poursuite sur une route embrumée. Pas mal, pas mal, mais lorsque l'on vous fait croire que le bolide que vous avez entre les mains est capable de résister à n'importe quel impact ou contact et que dès les premiers tirs une vitre latérale explose, là encore, on croit comprendre que les auteurs se fichent de nous ! Avec son final long et amusant, le film essaie de rectifier le tir mais il est déjà trop tard...


samedi 24 décembre 2022

Nocebo de Lorcan Finnegan (2022) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Il y a deux ans sortait sur les écrans le second long-métrage du réalisateur irlandais Lorcan Finnegan, Vivarium. Une œuvre pleine de promesse qui au final se fit intellectuellement moins pénétrante que prévu. Un film au concept inédit dont le principal défaut entrait directement en corrélation avec l'un de ses principaux objectifs. L'on y découvrait un couple s'installant dans un immense (et sinistre) lotissement flambant neuf, le couple devenant ainsi prisonnier des lieux sans pouvoir jamais s'en échapper. Un espace en forme de boucle infinie que l'on pouvait matérialiser sous le symbole ''∞'' créé par John Wallis en 1655 (apparu pour la toute première fois dans l'ouvrage ''De sectionibus conicis''). Un cauchemar qui allait malheureusement se révéler être redondant et décevoir toutes nos attentes. Si Lorcan Finnegan fut l'auteur du scénario aux côtés de Garret Shanley, ce dernier sera seul en charge de l'écriture du script de son nouveau long-métrage Nocebo. L'irlandais passe un cap. Non pas celui de l'originalité puisque de ce point de vue là, tous les espoirs sont permis à travers un récit qui une fois de plus n'imite pas le voisin mais s'approprie diverses thématiques pour les faire siennes. Sans qu'il n'y perçoive la complaisance latente qui parfois peut pourrir la matière même d'un récit, Lorcan Finnegan vise la fusion entre horreur épidermique, épouvante mystico-ethnique et drame social. Nocebo déploie une histoire comme les éléments d'un puzzle renversés sur une table avant que celui-ci ne soit reconstitué. L'on imagine alors le travail d'écriture de Garret Shanley et la composition du montage de la part de Aaron McGurgan et Lara Stewart. Une complexité apparaissant si fluide à l'écran que le récit en gagne en intensité ainsi qu'en clarté. Nul besoin pour le spectateur d'aller chercher telle ou telle clé enfouie dans la tête du réalisateur ou du scénariste. Tout est limpide et révèle la perversion et la cruauté du drame qui se déroule sous nos yeux. Mais quelles sont donc les surprises que nous réserve le film de Lorcan Finnegan. Et surtout, est-il parvenu cette fois-ci à atteindre son but jusqu'à l'ultime seconde ?


La réponse à cette dernière question est oui, sans conteste. Si Vivarium s’essoufflait sur la longueur, Nocebo, lui, parvient non seulement à maintenir l'intérêt jusqu'au bout mais se permet d'accentuer au fil du récit la tension qui s'installe au sein de la famille de Christine, jeune femme interprétée par l'actrice Eva Green, en mode conceptrice de vêtements pour enfants atteinte d'un mal que les médecins semblent être incapables de soigner. L'irlandais nous épargne d'ailleurs toute séquence parasite située dans un quelconque cabinet de médecin et intègre presque immédiatement cette jeune philippine venue ''soulager'' la mère de Bobs (Billie Gadsdon) et épouse de Felix (l'acteur Mark Strong). Le film entre dans le vif du sujet et l'on comprend assez rapidement que le réalisateur ne vise très clairement pas l'humour familial mais plutôt ces drames du quotidien qui peuvent en un instant chambouler une existence. [!!!ATTENTION  SPOIL!!!] : Pour la faire courte, lorsque les éléments sont en grande partie rassemblés, on comprend que dans ses grandes lignes, Nocebo se rapproche sensiblement du chef-d’œuvre de Brad Anderson, The Machinist. Mais alors que le réalisateur américain embrassait folie, remords et ''conspiration'', l'irlandais, lui, implique des concepts faisant appel au fantastique. Légende originaire des Philippines, pratique comparable au vaudou, l'on pourrait réduire le long-métrage de Lorcan Finnegan à une vague histoire de sorcière, de démon ou de possession alors que Nocebo est bien plus que cela. Quelques visions horrifiques venant émailler l'intrigue pourraient n'apparaître qu'accessoires alors qu'elles sont des éléments essentiels qui permettront au récit de prendre tout son sens. Que les flash-back nous fassent craindre une vérité plus cruelle que celle de la simple implication de la magie au cœur du récit est une certitude. Pour le malheur des protagonistes mais surtout, pour le bonheur du spectateur qui entrevoit ce que veut alors nous raconter Lorcan Finnegan...


Œuvre somme réunissant divers courants, le public français n'aura sans doute pas la chance de découvrir le film sur grand écran comme cela fut pourtant le cas en Irlande dès le 9 décembre dernier. Une erreur de jugement qui comme avant lui toucha, au hasard, l'incroyable Prédestination de Michael et Peter Spierig en 2014. Si aucun écho ne semble avoir résonné sur une hypothétique sortie du film, pour son malheur, Nocebo aurait de toute manière été probablement programmé quasiment à la même date ou aux alentours que celle du mastodonte Avatar 2 : la voie de l'eau de James Cameron. Pourtant, si un film, un seul, mérite de ne pas être mis sous le tapis de l'indifférence, c'est bien celui de Lorcan Finnegan. Irréprochable jusque dans sa tension permanente, l'effroi qu'il génère aux moments fatidiques, son impeccable interprétation (Eva Green et l'actrice et chanteuse philippine, Chai Fonacier), sa mise en scène au cordeau, son scénario imparable, son message social très contemporain mais jamais démagogue, Nocebo assène des visions proprement cauchemardesques que son public n'est pas prêt d'effacer de sa mémoire. Bref, déjà un classique...

 

vendredi 13 mars 2020

1917 de Sam Mendes (2020) - ★★★★★★★★☆☆



''Il faut sauver le soldat Blake''... voici comment aurait pu intituler son dernier long-métrage le cinéaste britannique Sam Mendes qui choisi de revenir sur le conflit qui opposa tout d'abord différentes nations européennes avant qu'il ne s'étende au monde entier. Le réalisateur rend ainsi non seulement hommage à ces millions de combattants qui y perdirent la vie mais aussi et surtout à son grand-père paternel, Alfred Mendes, auquel il dédie son œuvre, s'inspirant par là-même, des récits que lui raconta son ancêtre. Le récit tourne autour des jeunes caporaux William Schofield (l'acteur George MacKay) et Tom Blake (Dean-Charles Chapman) auxquels est confiée la rude mission de délivrer un message urgent auprès d'un officier chargé de mener 1600 hommes vers une attaque contre l'envahisseur allemand. Le général ayant chargé les deux hommes de cette mission leur demande en effet d'avertir l'officier en question d'annuler le projet d'attaque car il s'agit en réalité d'un piège fomenté par l'armée allemande qui s'attend donc à voir surgir les 1600 soldats de l'armée britannique. La mission confiée à William Schofield et Tom Blake semble cependant impossible à accomplir. En effet, les deux soldats vont pour cela devoir notamment traverser les lignes ennemies, mettant ainsi leur propre existence en danger...

Le talentueux réalisateur britannique Sam Mendes, auteur entre autre de American Beauty en 1999, de Jarhead : La Fin de l'innocence en 2005 ou de Skyfall en 2012 réalise avec 1917 un film de guerre grandiose et techniquement bluffant. Une œuvre qui n'a pas grand-chose à envier à Il faut sauver le Soldat Ryan de Steven Spielberg, à Full Metal Jacket de Stanley Kubrick ou encore plus au prodigieux mais néanmoins beaucoup moins connu du grand public Requiem pour un Massacre du cinéaste soviétique Elem Klimov. Techniquement impressionnant puisque étant tourné sur le mode du ''plan-séquence'', un principe très en vogue actuellement et que le britannique intègre au récit afin de plonger les spectateurs au cœur d'une action trépidante entre tranchées, lignes ennemies, villes détruites, rivière glacée et tumultueuse, et champs de bataille. Plutôt que de filmer ses personnages dans le dos en suivant l'action en même temps qu'eux, le réalisateur ''simplifie'' le procédé en les filmant de face, l'implication des nombreux figurants étant ainsi très largement ''diminuée''. 

Il aurait sans doute été effectivement moins aisé de positionner l'objectif de la caméra directement vers le but à accomplir, ce qui aurait contraint le réalisateur à élargir le champ d'action en préparant de très loin les événements à venir, en resserrant celle-ci sur les deux principaux protagonistes admirablement interprétés par George MacKay et Dean-Charles Chapman filmés de face. La mise en scène dépend donc moins d'une interaction sur le long terme avec les personnages secondaires ou sur prise en compte des événements se déroulant au plus loin du champ de vision. Ce qui ne diminue pourtant pas la force de la mise en scène de Sam Mendes. Dans le cas présent, l'improvisation n'a pas droit de citer. Tout y est calculé au centimètre près et préparé bien à l'avance. Non content d'offrir des plans-séquences d'une effarante maîtrise, le réalisateur joue avec l'emploi d'une steadycam (caméra à laquelle est ajouté un système de stabilisation permettant d'obtenir une image fluide) et d'un drone, offrant ainsi une image propre et surtout exempt de tout sursaut épileptique qui empêche généralement la moindre lecture analytique des événements.

Partiellement inspiré de l'ouvrage écrit par son grand-père Alfred Mendes, The Autobiography of Alfred H. Mendes 1897-1991, Sam Mendes a co-écrit le scénario de 1917 aux côtés de l'écossaise Krysty Wilson-Cairns, laquelle a tout récemment écrit celui de Last Night in Soho d'Edgar Wright et s'apprête à travailler sur le projet The Good Nurse de Tobias Lindholm. Le récit de 1917 repose donc sur le témoignage bouleversant de deux jeunes soldats ''sacrifiés'' pour en sauver 1600 autres mais reste suffisamment minimaliste, clair et limpide pour laisser le champ à un spectacle total composé de séquences de bravoure absolument remarquables. On évoquera notamment la scène filmée de nuit durant laquelle William Schofield traverse une ville en ruine seulement éclairée par des fusées éclairantes ou celle qui intègre ce même William alors qu'une partie du régiment Devonshire (que le jeune homme est venu sauver d'un massacre inévitable) s'est lancée à l'assaut de l'ennemi. Deux séquences parmi tant d'autres, sublimées par le formidable score du compositeur américain Thomas Newman. 1917 est une authentique réussite qui allie le divertissement à une tragédie ayant coûté la vie à de millions de soldats en quatre années d'affrontement. Le film remportera notamment le Golden Globes de la meilleure musique, ainsi que les Oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur, des meilleurs décors ou encore du meilleur scénario...


mercredi 24 juillet 2019

Kingsman : Le Cercle d'or de Matthew Vaughn (2017) - ★★★★★★★☆☆☆



C'est avec une certaine appréhension que je me lançais juste après la projection de Kingsman: The Secret Service de Matthew Vaughn, dans celle de Kingsman : Le Cercle d'or, la suite réalisée deux ans plus tard en 2017. Une appréhension liée à la disparition des personnages de Harry Hart et Richmond Valentine tout deux respectivement interprétés par Colin Firth et Samuel L. Jackson. Si j'apprenais assez rapidement que le premier allait heureusement refaire surface tandis que le second faisait définitivement partie de passé (en dehors de quelques flash-back issus d'images tirées du premier film), la présence de Taron Egerton s'avérait rassurante (l'acteur refusera cependant d'apparaître dans le troisième volet des aventures de Eggsy prévu pour l'année 2022, The King's Man : Première Mission). Par contre, le reste du casting pourrait faire pencher la balance du mauvais côté en prenant des allures de foire d'empoigne où chacun aurait le réflexe de tirer la couverture à lui : Julianne Moore, Halle Berry, Elton John (!!!), Jeff Bridge, Emily Watson et j'en passe... auraient pu ruiner tout l'intérêt de cette séquelle en se donnant du coude... Alors, que vaut Kingsman : Le Cercle d'or comparé au brillantissime premier volet ?

Tout d'abord, que l'on se rassure : Matthew Vaughn est toujours aux commandes de cette suite tandis qu'il s'est une fois de plus chargé d'écrire le scénario auprès de la fidèle écrivaine, animatrice de télévision et scénariste britannique Jane Goldman qui a travaillé auprès du réalisateur sur à peu près tous ses films. On retrouve également à l'écran, le charismatique Mark Strong qui interprétait déjà le personnage de Merlin et Sophie Cookson qui elle, campait une Roxanne plutôt discrète. Désormais, le cinéaste transporte son équipe jusqu'aux États-Unis où les personnages vont faire connaissance avec leurs homologues américains connus sous le nom de Statesmen mais également en Italie et au Cambodge. Pour pallier à l'absence du milliardaire mégalomane divinement incarné par Samuel L. Jackson dans Kingsman: The Secret Service, Matthew Vaughn engage Julianne Moore pour interpréter le personnage de Poppy Adams, chef du plus grand réseau de drogue au monde.

Un grand coup de balai dans le film d'espionnage ''à la Papa''.

Kingsman : Le Cercle d'or parvient-il a maintenir cet essentiel rajeunissement d'un genre qui faisait tout ou partie de l'intérêt du premier long-métrage de la franchise ? Sans aucun doute, oui, et ce, même si l'effet de surprise est désormais atténué. Car en réalité, on peut désormais se demander où se situe l'intérêt de cette séquelle qui ne fait que prolonger la thématique de l'épisode précédent sans apporter une plus-value assez forte pour faire oublier Kingsman: The Secret Service. Question scénario, on ne peut pas dire que Matthew Vaughn et Jane Goldman se soient foulés puisqu'ils ne font que reproduire celui du premier long-métrage en l'augmentant de toute une série de séquences à effets-spéciaux malheureusement pas toujours convaincantes. Ce qui manque tout d'abord dans cette séquelle, c'est le charme britannique de Colin Forth qui, ''revenu d'entre les morts'' a perdu de sa superbe, surtout que durant une bonne partie des deux heures et vingt et une minutes que dure Kingsman : Le Cercle d'or, l'action se situe sur le territoire américain. On assiste donc ici à une version 2.0 moins subtile dans laquelle le flegme britannique et les parapluies ont laissé place aux winchesters et aux lassos.

Mais attention, Kingsman : Le Cercle d'or n'est pas le film médiocre que pourraient le laisser prétendre les quelques phrases ci-dessus. Non content de s'offrir un casting presque flambant neuf et d'excellente facture, Matthew Vaughn réactualise son œuvre précédente et y intègre de nouvelles séquences de combats magistralement orchestrées. Bien que la durée de ce second opus soit presque égale à celle du premier, il arrive que l'on s'y ennuie à quelques occasions. Moins rythmé mais diablement mis en scène, les scènes de bravoures sont bluffantes. Qu'il s'agisse de celle à bord du téléphérique ou de l'incroyable séquence du siège situé au Cambodge, le spectateur en a pour son argent. Quant à l'humour, qui est indissociable du phénomène Kingsman, il demeure présent pour notre plus grand bonheur. Au final, si Kingsman : Le Cercle d'or n'innove jamais vraiment en comparaison de l'épisode précédent (même si les technologies employées par les protagonistes et les antagonistes ont fait un bond de géant en l'espace de deux ans), il demeure ce qui se fait de mieux dans le domaine de l'espionnage et renouvelle perpétuellement le genre. C'est avec fébrilité qu'il faudra donc patienter trois ans encore avant de pouvoir découvrir les troisièmes aventures des Kingsmen en espérant tout de même cette fois-ci que l'action s'appuiera davantage vers un certain esprit britannique comme ce fut le cas lors du premier volet...

lundi 22 juillet 2019

Kingsman: The Secret Service de Matthew Vaughn (2015) - ★★★★★★★★★☆



A certains égards, il arrive parfois que la frontière qui définit la collaboration entre différentes nations ayant participé à un même long-métrage soit floue. Dans le cas présent, elle n'a jamais été aussi clairement définie. Après notamment Kick-Ass en 2010 et X-men : le Commencement l'année suivante, le réalisateur britannique Matthew Vaughn revenait en 2015 avec les premières aventures de Gary « Eggsy » Unwin, tout jeune homme issu des quartiers défavorisés de Londres, en Angleterre. C'est là-bas qu'il vit auprès de ses rares amis, de sa mère, son frère, et son beau-père alcoolique et violent. Sans emploi et prêt à faire les cent coups, Eggsy se retrouve au commissariat après avoir pris la fuite au volant d'une voiture volée. Depuis que tout petit, il a reçu des mains d'un ancien ami et collègue de travail de son père mort en mission alors qu'il était employé pour l'agence d'espionnage Kingsman, une médaille, le jeune homme en profite pour composer le numéro de téléphone inscrit à l'arrière de celle-ci. Un numéro que l'homme qui lui confia lui avait conseillé de composer le jour où il en aurait réellement besoin. C'est ainsi que dix-sept ans plus tard, et alors qu'un membre de Kingsman vient de mourir, Eggsy fait la connaissance de Harry. Celui-là même qui lui offrit la médaille. Prenant le jeune homme sous son aile, il va l'imposer lors de la sélection obligatoire qui veut que chaque membre de l'agence ayant perdu la vie soit remplacé par une jeune recrue...

Ce premier Kingsman intitulé Kingsman: The Secret Service, et donc sorti il y a quatre ans en arrière, est sans doute dans cette forme d'hybridation qui mêle action, espionnage et blockbuster, ce qui se fait de mieux. De plus scénarisé, de plus divertissant, de mieux interprété et scrupuleusement mis en scène. Impossible en effet de rester de marbre devant ces aventures qui réunissent un casting impeccable. Jugez plutôt : les acteurs britanniques Colin Firth dans le rôle de Harry Hart, Taron Egerton dans celui-ci de Gary « Eggsy » Unwin, Mark Strong incarnant Merlin, ou encore l'immense Michael Caine dans la peau d'Arthur, le grand patron de la société Kingsman. Et parmi eux, le tout aussi prestigieux acteur américain Samuel L. Jackson (nanti d'une casquette de rappeur vissée sur le crâne et d'un ''sssseuveux'' sur la langue). Sans oublier les petites touches féminines personnifiées à l'écran par l'anglaise Sophie Cookson qui interprète ici Roxanne "Roxy" Morton et par la franco-algérienne Sofia Boutella que l'on verra par la suite dans Star Trek : Sans Limites en 2016 ou dans Climax de Gaspar Noé l'année dernière...

Film d'espionnage contenant tous les codes inhérents au genre (armement, flegme britannique, costumes taillés sur mesure, action), Kingsman: The Secret Service est surtout un formidable spectacle mené tambour battant par un Matthew Vaughn qui maîtrise parfaitement la bête, adaptant le scénario qu'il écrivit à quatre mains aux côtés de Jane Goldman et inspiré du comic book The Secret Service de Dave Gibbons et Mark Millar. Personnages attachants, nombreuses séquences survoltées, appuyées par la formidable partition musicale composée par Henry Jackman et Matthew Margeson. C'est à la naissance d'un héros à l'ancienne, sans pouvoirs surnaturels qu'il est question pour le spectateur d'assister. Une œuvre formatée pour devenir un blockbuster mais qui contrairement à beaucoup d'autres ne mise pas tout sur ses effets-spéciaux. Ici, c'est plutôt sur les relations qu'entretiennent les différents personnages auquel s'est attaché le réalisateur. Impossible de rester indifférent à Harry, à Eggsy, à Merlin, Roxy, et même, dans un certain sens, à Richmond Valentine, cet excentrique milliardaire américain qui sur un postulat à l'origine fort honorable, a choisi de se lancer dans un projet mégalomaniaque et génocidaire à l'échelle de la planète.

Sous ses dehors de pur divertissement, Kingsman: The Secret Service oppose également des milieux sociaux s'opposant de manière absolument écrasante. Entre la vie ''crasse'' d'un Eggsy pas encore ''Kingsmanisé'' et un Richmond Valentine vivant dans une extravagante opulence, le film démontre le perpétuel combat entre le Bien et le Mal, ce dernier étant relativement bien retranscrit à travers ce personnage de milliardaire américain auquel tous les pouvoirs sont acquis. Ce que le spectateur retiendra également de cet effarant spectacle aussi délirant qu'inventif, ce sont ces combats chorégraphiés au cordeau d'une classe absolue. La magie du cinéma tient ici dans le placement de LA ou LES caméras. Dans ce choix presque interactif de placer à quelques occasions les spectateurs en mode First Person Shooter pour un confort ultime et au cœur du conflit. Parfois, l'on y songe : lorsque nous reviennent en tête ces purs moment de plaisir coupables venus d'Asie, combats à mains nues et destructions de décors à l'appui, devant ces réjouissantes aventures de Harry, Eggsy et toute la clique, on aurait presque le honteux désir de hurler que les sud-coréens, les philippins ou les japonais peuvent aller se rhabiller. Kingsman: The Secret Service atteint la quintessence en matière de film d'action. Ceux qui baillent devant James Bond mais rêvent de découvrir un vrai bon film d'espionnage, mais assez léger pour ne pas se montrer rébarbatif, peuvent d'ors et déjà se rassurer : une séquelle est sortie sous le titre Kingsman : Le Cercle d'or deux ans plus tard histoire de faire durer le plaisir. En espérant voir débouler un jour les troisièmes aventures de Gary « Eggsy » Unwin sur grand écran...

dimanche 27 août 2017

Approaching the Unknown de Mark Elijah Rosenberg (2016) - ★★★★★★★☆☆☆



Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur Mark Elijah Rosenberg n'a très clairement pas inventé le principe du huis-clos spatial. D'autres avant lui s'y sont essayé avec plus ou moins de brio. Parmi les meilleurs se trouvent encore Alien, le Huitième Passager de Ridley Scott, ou le 2001, l'Odyssée de l'Espace de Stanley Kubrick. D'autres, plus étonnant, ont fait leur petit effet comme Moon de Duncan Jones, ou Sunshine de Danny Boyle. Et puis, se situent au dernier rang du classement, quelques avatars plutôt décevants. Comme Life : Origine Inconnue de Daniel Espinosa et Pandorum de Christian Alvart qui ne sont que deux pitoyables resucées du classique de Scott. Principalement interprété par l'acteur britannique Mark Strong, lequel jouait justement déjà dans l’œuvre de Boyle, Approaching the Unknown est ce que l'on pourrait appeler, un film de science-fiction « intérieur ». Mais pas trop. Juste ce qu'il faut pour que l'on ne s'y ennuie pas autant qu'un autre, dont j'ai oublié le nom, et qui était d'une lenteur exaspérante. Celui-ci l'est également. Lent, oui. Mais pas exaspérant. Juste parce que Mark Elijah Rosenberg, qui en est aussi le scénariste a su y injecter suffisamment d'événements dramatiques pour que l'intérêt du film soit maintenu jusqu'au bout.
L'histoire est on ne peut plus simple et commence à devenir d'ailleurs assez commune puisque nombre de cinéastes s'y penchent de plus en plus. L'un des derniers en date étant (encore lui) Ridley Scott et son très réussi Seul sur Mars. En choisissant d'aborder son sujet de la manière la plus réaliste possible, du moins, de façon à la rendre crédible aux yeux des néophytes, Mark Elijah Rosenberg signe une œuvre intense, parfois bouleversante et ambitieuse. Une ambition qui n'est jamais gâchée par une quelconque surenchère en terme d'effets-spéciaux. Et pourtant, ceux-ci s'imposent à chaque plan, ne serait-ce qu'à travers la structure de ce vaisseau, cette demeure que l'on supposera parfois être la dernière face aux nombreux problèmes que rencontrera le Capitaine William D. Stanaforth, unique passager faisant route vers Mars. La planète rouge. Un voyage long de plus de deux-cent soixante-dix jours. Un ingénieur talentueux ayant mis au point sur Terre un appareil permettant de produire de l'eau en comprimant des minéraux et en associant deux de leurs éléments : l'hydrogène et l'oxygène.
Seul à bord du vaisseau, il va donc lui falloir prendre soin de son invention afin qu'une fois arrivé sur Mars, il soit en mesure d'y vivre. Durant de longues années d'apprentissage, William D. Stanaforth a étudié la botanique, l'ingénierie, la mécanique, ou encore l'électronique afin de pallier au moindre problème qui pourrait compromettre sa mission. Deux semaines après son départ, un second vaisseau est lui aussi envoyé en mission sur Mars ; A son bord, le Capitaine Emily Maddox. A eux deux, William D. Stanaforth et Emily seront chargés de coloniser Mars. A moins que des événements inattendus viennent se mettre en travers de leur chemin. C'est ce que propose de nous raconter l'américain Mark Elijah Rosenberg avec Approaching the Unknown.

Un voyage dans l'espace et dans le temps. L'univers tel qu'on ne le verra sans doute jamais. Une immensité sans fin où les dangers sont multiples (la tempête magnétique demeurant l'un des plus beaux exemples). Une carcasse de quelques dizaines de centimètres d'épaisseur. A l'intérieur, l'astronaute Stanaforth. Mais dehors, un froid immense, un vide vertigineux. Le regard d'un homme ne pouvant d'abord se raccrocher qu'à la seule planète dont il a foulé le sol jusqu'à maintenant : la Terre. Puis vient le passage éprouvant où celle-ci disparaît. Que les derniers hommes à bord d'une station spatiale sont loin que Stanaoforth ne peut plus compter que sur lui-même. Ce qui aurait pu n'être qu'un long monologue intérieur, technique, rébarbatif et surtout... très chiant, se révèle au final une belle aventure humaine. Une vie sacrifiée au nom de la science. Pour que l'homme avance. Une aventure suivie par plusieurs milliards d'individus dont une partie se demande encore où en est l'intérêt. Bien que Approaching the Unknown puisse être catalogué de film de Hard Science-fiction, Mark Elijah Rosenberg nous propose cependant un spectacle vraiment divertissant. Entre huis-clos inquiétant où l'on s'attend à ce que tout s'emballe. Que la mécanique bien huilée déraille, ou que l'astronaute perde pied. Jusqu'au spectacle final éblouissant, lors de cette fameuse tempête magnétique dont on ne pourra sans doute jamais réellement évaluer la puissance, la beauté, mais aussi le danger. La question n'est alors plus de savoir si William D. Stanaforth parviendra jusqu'au but de sa mission. L'événement devient secondaire tant l'astronaute semble faire désormais corps avec l'univers qui l'entoure. Du haut de son statut d’œuvre indépendante, Approaching the Unknown est une belle réussite. Une œuvre planante. Belle et dramatique à la fois. Un bel exemple de science-fiction new-age...
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