''Il faut sauver le
soldat Blake''... voici comment
aurait pu intituler son dernier long-métrage le cinéaste
britannique Sam Mendes qui choisi de revenir sur le conflit qui
opposa tout d'abord différentes nations européennes avant qu'il ne
s'étende au monde entier. Le réalisateur rend ainsi non seulement
hommage à ces millions de combattants qui y perdirent la vie mais
aussi et surtout à son grand-père paternel, Alfred Mendes, auquel
il dédie son œuvre, s'inspirant par là-même, des récits que lui
raconta son ancêtre. Le récit tourne autour des jeunes caporaux
William Schofield (l'acteur George MacKay) et Tom Blake (Dean-Charles
Chapman) auxquels est confiée la rude mission de délivrer un
message urgent auprès d'un officier chargé de mener 1600 hommes
vers une attaque contre l'envahisseur allemand. Le général ayant chargé les deux hommes de cette
mission leur demande en effet d'avertir l'officier en question
d'annuler le projet d'attaque car il s'agit en réalité d'un piège
fomenté par l'armée allemande qui s'attend donc à voir surgir les
1600 soldats de l'armée britannique. La mission confiée à William
Schofield et Tom Blake semble cependant impossible à accomplir. En
effet, les deux soldats vont pour cela devoir notamment traverser les
lignes ennemies, mettant ainsi leur propre existence en danger...
Le
talentueux réalisateur britannique Sam Mendes, auteur entre autre de
American Beauty en 1999, de Jarhead : La
Fin de l'innocence en 2005 ou de Skyfall en
2012 réalise avec 1917
un film de guerre grandiose et techniquement bluffant. Une œuvre qui
n'a pas grand-chose à envier à Il faut sauver le
Soldat Ryan de Steven
Spielberg, à Full Metal Jacket
de Stanley Kubrick ou encore plus au prodigieux mais néanmoins beaucoup
moins connu du grand public Requiem pour un Massacre
du cinéaste soviétique Elem Klimov. Techniquement impressionnant
puisque étant tourné sur le mode du ''plan-séquence'', un principe
très en vogue actuellement et que le britannique intègre au récit
afin de plonger les spectateurs au cœur d'une action trépidante
entre tranchées, lignes ennemies, villes détruites, rivière glacée
et tumultueuse, et champs de bataille. Plutôt que de
filmer ses personnages dans le dos en suivant l'action en même temps
qu'eux, le réalisateur ''simplifie'' le procédé en les filmant de
face, l'implication des nombreux figurants étant ainsi très
largement ''diminuée''.
Il aurait sans doute été effectivement moins
aisé de positionner l'objectif de la caméra directement vers le but
à accomplir, ce qui aurait contraint le réalisateur à élargir le
champ d'action en préparant de très loin les événements à venir,
en resserrant celle-ci sur les deux principaux protagonistes
admirablement interprétés par George MacKay et Dean-Charles Chapman
filmés de face. La mise en scène dépend donc moins d'une
interaction sur le long terme avec les personnages secondaires ou sur
prise en compte des événements se déroulant au plus loin du champ
de vision. Ce qui ne diminue pourtant pas la force de la mise en
scène de Sam Mendes. Dans le cas présent, l'improvisation n'a pas
droit de citer. Tout y est calculé au centimètre près et préparé bien à l'avance. Non content
d'offrir des plans-séquences d'une effarante maîtrise, le
réalisateur joue avec l'emploi d'une steadycam (caméra à laquelle
est ajouté un système de stabilisation permettant d'obtenir une
image fluide) et d'un drone, offrant ainsi une image propre et
surtout exempt de tout sursaut épileptique qui empêche généralement
la moindre lecture analytique des événements.

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