Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Justin Long. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Justin Long. Afficher tous les articles

dimanche 14 juin 2026

Jusqu'en enfer (Drag Me to Hell) de Sam Raimi (2009) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Tout commence ou presque comme dans le roman de Stephen King Thinner adapté à l'écran sous son titre d'origine aux États-Unis et chez nous sous celui de La peau sur les os. Dans cette adaptation piteuse de Tom Holland, pourtant réalisateur dans les années quatre-vingt des excellents Fright Night et Child's Play, un avocat new-yorkais était victime d'une malédiction jetée par le père d'une gitane qu'il avait renversé en voiture après qu'il ait été acquitté lors de son procès. Dès lors, l'homme se mettait à perdre un kilo par jour jusqu'à devenir squelettique... S'agissant de Jusqu'en enfer (Drag Me to Hell) de Sam Raimi, pas d'accident de voiture causant la mort d'une vieille femme provoquée par un avocat mais une ambitieuse jeune femme, responsable des prêts d'une banque mise sous pression par son directeur qui l'a mise en concurrence avec l'un de ses collègues pour le poste à pourvoir de directeur adjoint ! Lorsque débarque à la banque une vieille tzigane qui pour la troisième fois demande une prolongation de son hypothèque, le directeur (David Paymer dans le rôle de James Jacks) fait indirectement comprendre à sa jeune employée que si elle ne s'affirme pas en refusant de soutenir la demande de la vieille femme, les chances pour Christine Brown d'obtenir le poste tant convoité risquent de s'amenuiser. Contre bonne fortune mauvais cœur, la jeune femme annonce à la cliente qu'elle est contrainte de refuser la prolongation de son hypothèque. Cette dernière entre alors dans une furie incontrôlable avant d'être chassée de l'établissement par deux agents de sécurité. À la sortie du travail, Christine part retrouver sa voiture garée dans un parking souterrain lorsque la vieille dame surgit pour l'agresser. Après un duel digne des meilleurs affrontements de Evil Dead et de ses séquelles que réalisa des années en arrière Sam Raimi, la tzigane arrache un bouton au manteau de Christine et lui jette un sort... Dès lors, l'enfer se déchaîne sur la jeune femme qui va n'avoir de cesse que d'être victime d'hallucinations dont elle seule sera la témoin... Jusqu'en enfer, c'est tout le savoir-faire de Sam Raimi résumé en cent minutes, qui après la trilogie Evild Dead, le moins connu mais néanmoins tout aussi jouissif Crimewave (notamment scénarisé par les frères Ethan et Joel Coen) et avant le récent Send Help ne fait pas que signer ici un classique instantané du cinéma fantastique et d'horreur mais termine de convaincre si besoin était qu'il demeure l'un des grands maîtres de l'épouvante matinée d'une certaine idée de la gaudriole façon ''Tex Avery''...


Un film ''gore'' pour les familles, qui fait rire plutôt qu'il n'effraie. Bref, un film pour les spectateurs de sept à soixante-dix sept ans comme il est de coutume de nommer ce genre de production... Écrit en collaboration avec son frère Ivan auquel l'on doit notamment les scripts de Darkman, de Army of Darkness : Evil Dead III ou encore des trente épisodes de la génialissime série Ash vs Evil Dead entre 2015 et 2018, Sam Raimi signe une bande-dessinée live, bourrée de moments de bravoures, de scènes choc, un tourbillon de folie et de scènes plutôt crades qui font moins intervenir l'hémoglobine que des matières aussi peu appétissantes que de la salive, de la bile et autres matières provenant du tube digestif. Le réalisateur abusant parfois du procédé lorsque vivante ou morte la tzigane, alors incarnée par Lorna Raver, ''embrasse'' notre pauvre employée de banque incarnée par Alison Lohman tout en déversant quelques hectolitres d'une matière dont on se refuse de connaître l'origine. Notons d'ailleurs le superbe maquillage de l'actrice alors âgée de soixante-six ans, transformée en sorcière tzigane en ''kit'' avec son œil crevé, ses fausses dents et sa tendance à régurgiter une matière franchement peu ragoutante... Grand-guignolesque, Jusqu'en enfer s'amuse avec son personnage de jeune femme ambitieuse, arriviste, confrontée à des impératifs qui la dépassent, avec l'image qu'elle renvoie aux autres (la confrontation lors du dîner organisé par les parents de son petit ami incarné par Justin Long) et surtout avec ces phénomènes surnaturels contre lesquels elle va devoir trouver une solution si elle veut pouvoir s'en débarrasser. De bout en bout, le long-métrage de Sam Raimi se déroule tel un train fantôme, entre humour, horreur et hystérie... Notons que la fin ouverte promettait à l'époque une hypothétique séquelle. Ce qui semble être effectivement le cas puisque dans le planning du réalisateur américain est annoncé pour 2028 un Drag me to Hell 2 ! Vivement...

 

dimanche 17 décembre 2023

Dear David de John McPhail (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Les films d'épouvante japonais avec des fantômes, c'est fait. Le harcèlement sur les réseaux sociaux, c'est fait aussi. La solitude, l'absence, l'homophobie également... Et pourquoi pas mélanger le tout pour en faire une sorte d’œuvre bâtarde qui devrait logiquement parler à un public assez large ? C'est à cette lourde charge que semble avoir voulu s'employer le réalisateur John McPhail sur la base d'une authentique et surtout très étonnante histoire liée à l'un des réseaux sociaux les plus connus de par le monde. Le fameux Twitter ! C'est à travers cette application permettant non seulement de suivre l'actualité internationale mais aussi d'y laisser de courts messages personnels que l'illustrateur new-yorkais Adam Ellis retint l'attention des internautes durant deux années consécutives avec une histoire de fantôme publiée sur Twitter. Entre 2017 et 2018, le jeune homme va en effet décrire la supposée infestation de son appartement par un esprit démoniaque ayant notamment des répercussions sur l'attitude de ses animaux de compagnie. Cauchemars nocturnes, bruits inquiétants, apparitions d'un jeune enfant au crâne défoncé, Adam Ellis témoigne alors de son expérience sur le réseau social et attire ainsi près d'un million de Followers. Avec une telle histoire, pas étonnant que le monde du cinéma ait voulu s'emparer de l'affaire dès 2018. La compagnie de médias digitaux Buzzfeed Studios s'empare du sujet et propose au scénariste Mike Van Waes qui n'en sera alors qu'à sa toute première écriture d'un script pour le cinéma d'adapter l'histoire d'Adam Ellis aux côtés d'Evan Turner qui quant à lui participa à la production des deux volets de la franchise Voyage au centre de la Terre en 2008 et 2012 et écrivit le script de Gangsters par alliance en 2023. Les droits de l'histoire seront achetés en 2018 par New Line Cinema avant qu'ils ne soient acquis trois ans plus tard par Lionsgate et Buzzfeed. Dear David est le troisième long-métrage de John McPhail après Where do we go from here ? en 2015 et Anna and the Apocalypse en 2017. Le long-métrage met en scène l'acteur Augustus Prew dans le rôle d'Adam Ellis, Justin Long dans celui de son petit ami Bryce (parce que l'inclusion (l'intrusion?) fait désormais partie de la ''norme'') tandis qu'Andrea Bang interprète le rôle d'Evelyn, l'amie et collègue du héros.


Dans Dear David, la place que prennent les réseaux sociaux est on ne peut plus importante. Entre le métier qu'exerce Adam faisant appel à nombre d'outils informatiques, son smartphone sur lequel il est rivé en permanence, le jeune homme est, comme le veut l'expression, ''connecté''. Bien que l'idée de transposer une authentique affaire portant sur le sujet du paranormal, que l'on y croit d'ailleurs ou pas, Dear David est surtout un concentré de propos déjà abordés à de nombreuses reprises au cinéma. Et parmi eux, celui tournant autour du phénomènes des fantômes qui ne touchent désormais plus simplement que de vieilles demeures ancestrales mais viennent maintenant carrément pervertir nos données numériques. Essentiellement concentré autour du personnage principal, le long-métrage de John McPhail introduit également la notion d'homophobie. Une œuvre à charge surtout si l'on considère le fait que l'acteur principal, le personnage qu'il incarne, le scénariste Mike Van Waes ou le réalisateur lui-même font tous partie de la communauté homosexuelle et que le film décrit ensuite le drame d'un gamin dont le père refusa d'entendre qu'il pu être attiré par les hommes... Une sorte de Gay-Ghost Story, en somme, où l'hétéro semble être prié de se taire et de rester dans son coin ! Bon, après, le message allant dans le sens de la discrimination homosexuelle n'étant pas non plus le principal ''soucis'' qu'y rencontre notre héros, la vision du film ne devrait causer que de rares dommages collatéraux dans les cercles de moins en moins restreints des anti-LGBTQIA+TURLUTUTUCHAPEAUPOINTU ! Ce qui par contre risque de faire grincer des dents est cette incapacité crasse qu'ont le réalisateur et ses interprètes à faire surgir le moindre sentiment d'effroi. Multipliant les cauchemars et donc les apparitions, les effets-spéciaux, plutôt correctes, demeurent malheureusement les seuls effets parfois saisissants d'un récit où même les quelques Jump Scares restent inefficients. Un comble pour un film censé retranscrire une expérience réelle qui se voulu à l'époque particulièrement flippante. Trois attitudes sont à attendre : D'abord celle des internautes qui à l'époque suivirent religieusement l'affaire en question. Ensuite, celle de ceux qui voudraient la découvrir à travers cette fiction. Et enfin, celle de ceux qui ne cherchent qu'à passer un moment devant un bon petit film d'épouvante. Mais devant tant de maladresses, ces derniers sont ceux qui risquent malheureusement d'être les plus déçus d'entre tous...

 

mercredi 9 novembre 2022

Barbarian de Zach Cregger (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 



 

Alors que 2022 s'apprête à prendre fin, qu'aura-t-on réellement retenu de cette année en matière de cinéma d'horreur et d'épouvante ? Quelques longs-métrages dont la réputation ne tient en réalité que sur des critiques abusivement dithyrambiques où des réactions bien trop exagérée de certains publics pour être véritablement honnêtes. X ou Pearl de Ti West ? Ego de Hanna Bergholm ? Abuela de Paco Plaza ? Smile de Parker Fin ? Des œuvres qui, certes, sortent du lot mais ne marqueront pas le septième art d'une marque indélébile en terme d'effroi. Ne parlons même pas du Scream de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett, du Black Phone de Scott Derrickson ou pire, du Esther 2 : Les Origines de William Brent Bell qui n'offrent rien de véritablement innovant et ne s'avèrent pas du tout effrayants. Alors que les amateurs de cinéma gore attendent sans doute avec impatience le Terrifier 2 de Damien Leone dont sa réputation le précède, l'une des vraies bonnes claques de l'année 2022 nous est venue tout droit de Thaïlande avec le dernier long-métrage de Banjong Pisanthanakun, The Medium. L'un de ces films titanesques à rejoindre le panthéon des œuvres qu'il faut absolument avoir vu à l'image d'un Midsommar signé de Ari Aster ou The Strangers de Na Hong-jin ! S'il en est un qui échappe malheureusement de justesse au titre de meilleurs film d'horreur et d'épouvante de l'année, c'est bien Barbarian de Zach Cregger qui après la comédie romantique Miss Mars en 2009, le film de guerre historique The Civil War on Drugs en 2011 et quelques épisodes de séries télévisées réalisait en cette année 2022 ce qui aurait pu et dû devenir la nouvelle référence en matière de cinéma de l'effroi. Le genre de perle dont nous n'attendions rien et qui pourtant aurait pu rester dans l'esprit des gens comme l'un des meilleurs représentants de sa catégorie cette année...


N'étant apparemment pas intéressé par la démystification entourant le quartier de Brightmoor situé à Détroit, dans le Michigan, le réalisateur américain utilise ces lieux peu à peu abandonnés et ressemblant à une ville fantôme jonchée de demeure détruites, brûlées et rendues à mère nature pour en faire le terreau d'un récit habilement mené. Prenant pour témoin l'intuition des spectateurs, Zach Cregger parvient à détourner certains codes pour mieux les tromper et les diriger vers une réalité qu'ils n'étaient jusque là pas encore prêts à envisager. Tout le génie, dirons-nous, de ce Barbarian dont le titre se réfère davantage à la situation géographique du récit qu'à un quelconque contenu qui se voudrait aussi rude qu'un Martyrs (Pascal Laugier, 2009) s'inscrit dans des hypothèses habituellement confirmées par certaines attitudes propres aux personnages. Découpé en quatre chapitres ainsi qu'une conclusion, Barbarian démarre avec la présentation de Tess qu'interprète l'actrice Georgina Campbell. Actrice afro-américaine dont la couleur de peau et les origines feront peut-être tiquer ceux qui penseront d'avance à un traitement à la manière de Get Out. Mais ici, rien à voir. Tess découvre qu'elle et un certain Keith (l'acteur Bill Skarsgård) ont loué la même maison aux mêmes dates. Une erreur produite par la société de location qui comme nous le découvrirons bien plus tard n'aurait dû avoir aucune espèce d'implication dans le récit mais qui pourtant participe de l'élaboration d'un stratagème visant à tromper et détourner l'esprit du spectateur. Sans avoir eu besoin le moins du monde d'employer dans le rôle du sympathique locataire l'acteur suédois connu principalement pour son rôle de Pennywise dans le diptyque Ça d'Andy Muschietti, Zach Cregger parvient d'emblée à semer le doute. Serviable, éminemment précautionneux et courtois, Keith se présente comme le jeune homme idéal en qui on peut avoir confiance. Parfait... Peut-être trop, justement. Accueillant Tess pour la nuit dans une maison située dans un quartier qu'il ne fait pas bon fréquenter la nuit, Keith est l'adorable personnage dont on croit déceler une attitude bien trop honnête pour être sincère...


Et puis, il y a la visite de cette cave recelant de sombres recoins. Objet d'un malaise qui semble confirmer ce que l'on ''savait déjà'' : Que le jeune homme attentionné fait partie de cette ''famille'' de pervers qui kidnappent, enferment et torturent psychologiquement et physiquement leurs victimes à des fins sadiques... Sauf que, ben, heu, le spectateur va rapidement se rendre compte qu'il a tout faux et qu'il vient de tomber dans le double piège tendu par le réalisateur et par ses propres idées reçues ! Brightmoor est le genre d'univers propice à générer angoisse et malaise. Quartier abandonné de ses habitants et où la police traite la moindre urgence avec dédain (Tess en fera d'ailleurs les frais). De l'astucieux script qu'il a écrit lui-même, Zach Cregger obtient une œuvre forte, anxiogène mais non dénuée de certaines références. La première partie, la plus longue opposant Tess et Keith est sans doute la plus forte du long-métrage. Jouant sur l'appréhension de ce qui pourrait se produire entre les deux personnages enfermés dans une maison isolée au beau milieu d'un no man's land constitué d'épaves, on reste scotché, dans l'attente suffocante d'un événement. Lequel se produit pour ensuite laisser place à un nouveau personnage interprété par Jutin Long. AJ est le propriétaire de la dite demeure. Accusé de viol par l'une des ses anciennes relations et bientôt sans le sou, cet acteur va bientôt devoir revendre certaines de ses acquisitions afin de renflouer les caisses. À commencer par la demeure justement située à Brightmoor. Son apparition à l'image constitue une bouffée d'air que le spectateur ne se fera pas prier de prendre après ce que vient de lui infliger le réalisateur ! Si ce second ''acte'' est très légèrement moins intéressant que le premier, il est surtout le signe d'une lente dégradation qui ne va avoir de cesse de s'accentuer. Car dès lors, le film va se montrer de plus en plus commun dans son traitement. Certaines sinistres figures du septième art vont en effet s'y refléter. Comme celle du Creep de Christopher Smith et plus encore celle du [•REC] de Paco Plaza et Jaume Balagueró. Des détails pourtant nettement moins dérangeants que le final, lequel détruit toute chance pour Barbarian de devenir LA référence du cinéma d'épouvante de l'année 2022...


C'est d'autant plus rageant que pour une fois, les termes anxiogène, étouffant et terrifiant ne sont pas vraiment galvaudés. Le réalisateur possède l'art et la manière de nous foutre parfois le trouillomètre à zéro. Comme ce plan subjectif filmé à la troisième personne dans des galeries souterraines vraiment flippantes ou ces incessants jeux de lumières qui vont s'y produire. Les interprètes sont convaincants, avec une mention spéciale pour ceux qui interprètent Tess et Keith ainsi que Matthew Patrick Davis dans le rôle de ''la mère'', laquelle n'a presque rien à envier à la Tristana Medeiros de [•REC] si ce n'est qu'il arrive avec quatorze ans de retard. Bien qu'étant doté d'indéniables compétences narratives, le film est malheureusement sabordé par une dernière partie à ce point ratée qu'elle en devient risible. On veut bien imaginer que Zach Cregger ait ainsi pu vouloir désamorcer la charge qui pesait sur ses personnages et sur les spectateurs mais là, c'en est trop. Le spectateur devra donc s'attendre à une fin décevante. Ce qui ne devra en revanche pas le faire douter des qualités réelles de ce film d'horreur qui demeure malgré tout l'une des très bonnes surprises de cette année 2022...

 

dimanche 9 août 2020

Die Hard 4:Retour en Enfer de Len Wiseman (2007) - ★★★★★★★☆☆☆



Pourquoi cracher dans la soupe ? Pourquoi tirer sur l'ambulance ? Pourquoi pousser papy McLane dans les orties ? Ou vers la sortie ? Surtout lorsque après les troisièmes aventures de l'un des plus grands héros du cinéma d'action américain survenues douze ans auparavant, la saga Die Hard s’enrichit d'un nouvel opus qui n'a absolument rien à envier à ses prédécesseurs. Tout comme les réalisateurs John McTiernan (Piège de Cristal et Une Journée en Enfer) et Renny Harlin (58 Minutes pour Vivre), Len Wiseman peu s'enorgueillir d'avoir asséné au public un Die Hard 4:Retour en Enfer des plus tonitruant. Non, John McLane n'est pas mort. Et même si en cette année 2007 il porte sur lui les cinquante-deux ans de son impérissable et iconique interprète Bruce Willis, ce flic de la police new-yorkaise n'a pas dit son dernier mot et prouve dix-neuf ans après ses premières aventures cinématographiques qu'il en a encore sous sa botte d'indécrottable pourvoyeur de punchlines. Bruce Willis qui n'en fini pas d'être la victime de quolibets de la part d'individus qui ne voient plus en lui qu'un ersatz de l'acteur qu'il fut et qui ne serait donc plus qu'un interprète jouant de façon machinale et dénuée d'émotion, a encore un cœur qui bat dans la poitrine. Flic acerbe mais néanmoins demeuré le bon samaritain qu'il fut déjà à travers de nombreux films d'action avant ce quatrième opus de la saga Die Hard, John McLane va cette fois-ci être accompagné d'un jeune génie en informatique lors de l'une de ses missions les plus périlleuses...

Aux côtés de la star, le jeune Justin Long qui démarrait sa carrière sur grand écran huit ans auparavant dans le film de science-fiction Galaxy Quest de Dean Parison avant de revêtir l'apparence de Matthew Farrell. Ce génie en informatique physiquement proche de l'acteur Keanu Reeves au point que ce jeune homme contraint de marcher sur les pas de John McLane rappellera sans doute à certains cinéphiles le Thomas ''Neo'' Anderson du chef-d’œuvre de la science-fiction signé par les frères Larry et Andy Wachowski en 1999, Matrix. Poursuivi par des hommes qui veulent le tuer, Matthew est au centre d'une organisation criminelle dirigée par Thomas Gabriel (l'acteur Timothy Olyphant) qui officiellement a choisi de se venger du sort que lui a accordé le gouvernement américain à l'époque ou celui-ci l'employait au ministère de la Défense. Pour ce faire, lui et sa bande de hackers ont mis au point un système permettant de neutraliser les infrastructures du pays, semant ainsi le chaos à travers les différents états d'Amériques. Sauf qu'en grain de sable, John McLane ne va évidemment pas laisser les criminels agir à leur guise et tenter de les arrêter avant qu'ils ne mettent à exécution la dernière partie de leur plan. Bruce Willis forme avec Justin Long, un duo aussi étonnant qu'attachant. D'un côté, le flic expérimenté, capable de prouesses inenvisageables dans la vie réelle comme pourront le constater les spectateurs. Et de l'autre, un jeune hacker qui se demande perpétuellement ce qu'il est venu foutre dans cette galère...

Le scénario de Mark Bomback est sans ambages : le spectateur venu en prendre plein les oreilles et les yeux va en avoir pour son argent. Et même bien au delà de ce que l'on aurait pu imaginer tant le film de Len Wiseman est généreux en terme d'action. Il ne faudra cependant pas s'offusquer des nombreuses séquences improbables qui jalonnent le récit. De cascades invraisemblables en fusillades abracadabrantes, Die Hard 4:Retour en Enfer est un spectacle en perpétuelle mutation. Dès que notre héros reçoit l'appel du central téléphonique de la police et jusqu'aux toutes dernières minutes de ce quatrième opus qui dépasse largement les deux heures, les scènes d'action s’enchaînent sans pratiquement aucun temps mort. John McLane qui nous avait habitué jusque là à des punchlines et à un humour des plus efficaces n'a pas perdu de sa verve même dans les situations les plus délicates. Bien que certaines séquences paraissent ridicules du fait de leur énormité, celles-ci demeurent souvent impressionnantes. Difficile de rester de marbre notamment lors de la séquence où juché derrière le volant d'un camion, John MacLane doit affronter un avion de chasse en vol stationnaire. Les plus fins observateurs auront remarqué la présence de l'acteur/cascadeur français Cyril Raffaelli qui fit notamment des merveilles quelques années en arrière dans Banlieue 13 de Pierre Morel dans lequel il incarnait le personnage du capitaine Damien Tomaso. Dans le film de Len Wiseman, il troque son costume de flic pour celui de l'un des hommes de main de Thomas Gabriel. Au final, Die Hard 4:Retour en Enfer est un excellent film d'action. Un divertissement de tous les instants dans lequel Bruce Willis se dépense sans compter et à côté duquel Justin Long incarne un Matthew vraiment attachant. Du grand spectacle pas toujours crédible d'un point de vue réalisme mais au fond, ses prédécesseurs l'étaient-ils davantage... ?

vendredi 20 mars 2015

Tusk de Kevin Smith (2014)



Wallace Bryton est un célèbre podcaster américain. Surtout connu pour interviewer des hommes et des femmes en marge, le jeune homme se rend au Canada afin d'y interviewer une nouvelle personne. Malheureusement pour, lui, ce dernier s'est donné la mort deux jours plus tôt. Désemparé et sur le point de repartir pour mes États-Unis, l'attention de Wallace est attirée par un mot accroché sur le mur des toilettes publiques d'un bar. Un certain Howard Howe y raconte son désir de partager ses souvenirs. Intrigué, le podcaster téléphone au vieil homme pour convenir d'un rendez-vous. Après deux heures de route, Wallace arrive enfin dans la luxueuse demeure de Howe.

L'homme est tétraplégique et se déplace en fauteuil roulant. Aprè avoir offert du thé à Wallace, Howard commence à lui parler de son passé. Notamment de sa rencontre avec Ernest Hemingway sur un bateau, et surtout de sa passion pour les morses depuis qu'il s'est retrouvé échoué sur une ile. En effet, d'après ses dires, c'est bien grâce à l'un d'entre eux qu'il a eu la vie sauve.

Ce que ne sait pas encore Wallace, c'est que Howe déteste l'humanité. Celui-ci a mis un somnifère dans son thé et le jeune homme ne tarde pas à s'endormir. A son réveil, Wallace n'a plus de jambes. Howard Howe a déjà commencé à travailler sur son projet : transformer Wallace en morse.
N'ayant plus de nouvelles de leur ami, Allison Leon et Teddy Craft se rendent au Canada afin de le retrouver...

Avec un tel sujet, le cinéaste Kevin Smith ne pouvait donner naissance qu'à un film barré. Et dire que Tusk l'est est un euphémisme. L'homme qui tourna vingt ans plus tôt le cultissime Clerks, les employés modèles met en scène des personnages tout droit sortis de cette frange du cinéma comique américain que l'on peut ou pas apprécier. Tusk est donc un curieux mélange de comédie, de drame et d'horreur. Presque majoritairement rejeté par le public, on peut se demander pourquoi l’œuvre s'est retrouvée si malmenée. Kevin Smith endosse un temps le rôle de fils spirituel de Tom Six qui s'est rendu responsable de la crapoteuse trilogie The Human Centipede qui, rappelons-le, mettent en scène des timbrés désireux de transformer des hommes et des femmes en mille-pattes !!!

Là ou Tom Six donnait dans le franchement glauque, Kevin Smith lui, injecte suffisamment d'humour pour désamorcer l'horreur de la situation. Peut-être cela en a-t-il gêné certains, toujours est-il que la mayonnaise prend plutôt bien. Autre reproche formulé : l'abondance des dialogues. Ben ouais, ça parle, et même beaucoup. Mais alors que les conversations (lorsqu'il ne s'agit pas des monologues du dingue de service) prennent en otages ceux qui auraient aimé un peu plus d'action et moins de bavardage, l'écriture nous épargne tout de même de devoir nous assoupir. Le personnage de Howerd Howe campé par Michael Parks est suffisamment barré pour que la moindre de ses interventions nous interpelle. Tusk est aussi marquant pour ses ruptures de ton. On passe de la comédie adolescente et boutonneuse à l'horreur pure d'une salle d'opération qui voit le héros Wallace (Justin Long) se faire charcuter par un type un peu trop amoureux des animaux. La créature est presque grotesque dans sa conception et fait plus rire que pleurer.

On remarquera la présence de l'excellent Johnny Deep qui une fois de plus endosse un rôle des plus original. Ce qui donne une fois encore l'occasion au cinéaste de créer une rupture. Si l'apparition de l'acteur semble en avoir incommodé certains, il faut reconnaître que sa présence donne quand même un sacré coup de main à une œuvre qui connaît très vite des limites et que seul Johnny Deep parvient à masquer. Tusk demeure une œuvre atypique, pas vraiment drôle pour celui qui n'aime déjà pas particulièrement l'humour post-adolescent venus des States, pas du tout effrayante non plus, et encore moins compatissante envers son héros martyrisé. Et pourtant, quelque chose fait que l'on s'y attache un peu. Comme ces films faits de bouts de ficelle, avec juste ce qu'il faut d'amour pour que la recette fonctionne...


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...