Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Kevin Smith. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Kevin Smith. Afficher tous les articles

samedi 2 mai 2020

Red State de Kevin Smith (2011) - ★★★★★★★☆☆☆



Kevin Smith, l'auteur de Clerks, les Employés Modèles en 1994, de Méprise Multiple en 1997 ou de Tusk en 2014 signait en 2011 son dixième long-métrage cinéma avec Red State. Une œuvre délirante s'éloignant pourtant des comédies qui jalonnèrent jusque là sa carrière de cinéaste. Il y invoque les sectes et le fanatisme religieux. Un mélange détonnant qui renvoie directement aux sinistres mais néanmoins célèbres faits-divers que furent le plus grand suicide collectif situé dans la communauté de Jonestown en Guyane le 18 novembre 1978 et plus encore, le siège de Waco entre le 28 février et le 19 avril 1993 où étaient retranchés le gourou David Koresh et ses disciples. Des hommes charismatiques convaincus par l'arrivée prochaine de l'Apocalypse et qui trouvent dans cette fiction une itération ''célébrant'' la folie d'hommes près à sacrifier des dizaines, voire des centaines de leurs congénères au nom de Dieu...

Drôle de film que Red State, dont le propos délirant et la mise en scène parfois survoltée l'empêche d'aborder son sujet sous un angle exclusivement dramatique. On sentirait presque y poindre une certaine ironie teintée d'un humour particulièrement acide. Un combat entre le Bien et le Mal dont les contours s'avèrent si difficiles à cerner que l'on ne sait plus vraiment quel bord soutenir. Ce gourou prophétisant sur l'Apocalypse et réadaptant les textes de la Bible à sa sauce ? Ses disciples aveuglés, près à se sacrifier au nom du Seigneur ? Ces trois petits cons qui croient malin de faire un détour dans l'un des coins perdus du Midwest, vivier des rednecks en salopettes, afin de prendre leur pied à trois avec une MILF ? Ou bien ces flics mal préparés à l'assaut qu'ils s'apprêtent à donner dans la ferme de la secte ? Kevin Smith s'éclate, et nous avec. Le réalisateur nous perd dans des considérations qu'il balaye avec une affolante vigueur. Passant du rejet total pour cette bande de dégénérés dont on se demande dans quelles mesures la plupart d'entre eux ne seraient pas issus de multiples consanguinités à l'horreur d'un acte sacrificiel exécuté sur l'autel de Dieu, Red State ne se contente pas d'évoquer la religion et ses répercussions sur une Amérique malade et surarmée vivant à l'écart de toute civilisation et de tout modèle social.

Non, l’œuvre de Kevin Smith juge avec cynisme la réaction d'un gouvernement américain près à sacrifier jusqu'aux plus jeunes de ses ''enfants''. Cependant, plutôt que d'aller strictement dans le sens du spectateur ou de l'idée qu'il perçoit du récit, le réalisateur l'aborde en le faisant obliquer de manière inattendue vers différents points de vue afin de ne jamais blaser son public. Il devient alors parfois difficile de deviner quel tournant prendra Red State lors de la séquence suivante. Entre la comédie pour adolescent qui ouvre les hostilités, le survival en milieu sectaire, le drame et même, pourquoi pas, le fantastique, Kevin Smith multiplie les pirouettes en se moquant de toute crédibilité dans le déroulement des événements pour nous proposer un melting pot de sensations qui permettent cependant au long-métrage de conserver une certaine cohérence. Si tant est que l'on conçoive la possibilité que puissent surgir les Trompettes signifiant l'arrivée imminente de l'Apocalypse. Si Michael Parks campe un gourou totalement allumé, la présence de John Goodman dans la peau de l'agent Joseph Keenan est particulièrement appréciable. Au final, Red State traite son sujet de manière inattendue. Une œuvre bi-tri-quadricéphale qui part dans toutes les directions et ne ressemble à aucun autre film porté sur le sujet de l'embrigadement sectaire. Pas un chef-d’œuvre mais un très bon divertissement...

vendredi 20 mars 2015

Tusk de Kevin Smith (2014)



Wallace Bryton est un célèbre podcaster américain. Surtout connu pour interviewer des hommes et des femmes en marge, le jeune homme se rend au Canada afin d'y interviewer une nouvelle personne. Malheureusement pour, lui, ce dernier s'est donné la mort deux jours plus tôt. Désemparé et sur le point de repartir pour mes États-Unis, l'attention de Wallace est attirée par un mot accroché sur le mur des toilettes publiques d'un bar. Un certain Howard Howe y raconte son désir de partager ses souvenirs. Intrigué, le podcaster téléphone au vieil homme pour convenir d'un rendez-vous. Après deux heures de route, Wallace arrive enfin dans la luxueuse demeure de Howe.

L'homme est tétraplégique et se déplace en fauteuil roulant. Aprè avoir offert du thé à Wallace, Howard commence à lui parler de son passé. Notamment de sa rencontre avec Ernest Hemingway sur un bateau, et surtout de sa passion pour les morses depuis qu'il s'est retrouvé échoué sur une ile. En effet, d'après ses dires, c'est bien grâce à l'un d'entre eux qu'il a eu la vie sauve.

Ce que ne sait pas encore Wallace, c'est que Howe déteste l'humanité. Celui-ci a mis un somnifère dans son thé et le jeune homme ne tarde pas à s'endormir. A son réveil, Wallace n'a plus de jambes. Howard Howe a déjà commencé à travailler sur son projet : transformer Wallace en morse.
N'ayant plus de nouvelles de leur ami, Allison Leon et Teddy Craft se rendent au Canada afin de le retrouver...

Avec un tel sujet, le cinéaste Kevin Smith ne pouvait donner naissance qu'à un film barré. Et dire que Tusk l'est est un euphémisme. L'homme qui tourna vingt ans plus tôt le cultissime Clerks, les employés modèles met en scène des personnages tout droit sortis de cette frange du cinéma comique américain que l'on peut ou pas apprécier. Tusk est donc un curieux mélange de comédie, de drame et d'horreur. Presque majoritairement rejeté par le public, on peut se demander pourquoi l’œuvre s'est retrouvée si malmenée. Kevin Smith endosse un temps le rôle de fils spirituel de Tom Six qui s'est rendu responsable de la crapoteuse trilogie The Human Centipede qui, rappelons-le, mettent en scène des timbrés désireux de transformer des hommes et des femmes en mille-pattes !!!

Là ou Tom Six donnait dans le franchement glauque, Kevin Smith lui, injecte suffisamment d'humour pour désamorcer l'horreur de la situation. Peut-être cela en a-t-il gêné certains, toujours est-il que la mayonnaise prend plutôt bien. Autre reproche formulé : l'abondance des dialogues. Ben ouais, ça parle, et même beaucoup. Mais alors que les conversations (lorsqu'il ne s'agit pas des monologues du dingue de service) prennent en otages ceux qui auraient aimé un peu plus d'action et moins de bavardage, l'écriture nous épargne tout de même de devoir nous assoupir. Le personnage de Howerd Howe campé par Michael Parks est suffisamment barré pour que la moindre de ses interventions nous interpelle. Tusk est aussi marquant pour ses ruptures de ton. On passe de la comédie adolescente et boutonneuse à l'horreur pure d'une salle d'opération qui voit le héros Wallace (Justin Long) se faire charcuter par un type un peu trop amoureux des animaux. La créature est presque grotesque dans sa conception et fait plus rire que pleurer.

On remarquera la présence de l'excellent Johnny Deep qui une fois de plus endosse un rôle des plus original. Ce qui donne une fois encore l'occasion au cinéaste de créer une rupture. Si l'apparition de l'acteur semble en avoir incommodé certains, il faut reconnaître que sa présence donne quand même un sacré coup de main à une œuvre qui connaît très vite des limites et que seul Johnny Deep parvient à masquer. Tusk demeure une œuvre atypique, pas vraiment drôle pour celui qui n'aime déjà pas particulièrement l'humour post-adolescent venus des States, pas du tout effrayante non plus, et encore moins compatissante envers son héros martyrisé. Et pourtant, quelque chose fait que l'on s'y attache un peu. Comme ces films faits de bouts de ficelle, avec juste ce qu'il faut d'amour pour que la recette fonctionne...


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...