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jeudi 11 juin 2026

Aquarium de Frédéric Grousset (2004) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Que peut-on obtenir avec trois-mille euros de budget et un script tenant sur une simple feuille A4 ? Réponse : Aquarium. Après deux courts-métrages réalisés en 2002, le réalisateur, producteur et scénariste français Frédéric Grousset s'attaquait en 2004 à un type spécifique de projet cinématographique sous forme de huis-clos concentrant six personnages (trois femmes et trois hommes) confinés entre les quatre murs d'une pièce hermétiquement close. Un principe pas vraiment novateur en cette année 2004 puisque sept ans plus tôt, Cube de Vincenzo Natali reposait déjà sur le même principe même si les protagonistes avaient le choix de passer d'une pièce à une autre en bravant un certain nombre de pièges. À dire vrai, le long-métrage de Frédéric Grousset se rapproche davantage de Saw de James Wan sorti la même année aux États-Unis et un an plus tard en France. D'étonnantes similitudes qui pourraient faire croire que l'un des deux aurait éventuellement pu s'inspirer du second mais n'empiétons pas sur ce genre de terrain pour nous concentrer sur l'objectif premier consistant à évoquer les qualités et les défauts d'Aquarium. Ouais, parce que si l'on devait finalement faire la comparaison entre Saw et celui-ci, le film de Frédéric Grousset ne fait évidemment pas le poids. En même temps, James Wan bénéficia d'un budget d'un million et deux-cent mille dollars quand le français ne disposa que d'une somme quatre-cent fois inférieure. Expliquant en des termes propres à une idéologie dystopique la fonction de cette ''boite'' où des personnalités diverses et variées qui ne se connaissent ni d'Eve ni d'Adam se retrouvent enfermées, le long-métrage de Frédéric Grousset implique des protagonistes qui à l'extérieur n'auraient probablement pas eu de raisons de se côtoyer. L'intérêt étant d'ailleurs ici de faire interagir des hommes et de femmes de milieux sociaux et de caractères différents. Ici, l'ombre d'une certaine télé-réalité plane en outre au dessus des personnages, dont les moindres mouvements sont scrutés à l'aide d'une caméra positionnée en hauteur. La seule différence avec une émission du type Loft Story étant qu'ici ne demeure aucun recoin permettant d'échapper à l’œil de la caméra...


Une voix raisonne ponctuellement, édictant des règles strictes auxquelles nos six prisonniers sont contraints de se tenir. À défaut de quoi, c'est la mort assurée. Pas le temps de faire connaissance avec les personnages outre que leur prénom et leur profession. Mais qu'ont-ils pu bien faire à l'extérieur pour devoir se retrouver enfermés dans cette pièce nue qui au fil du temps ressemble de plus en plus à une tombe à mesure que les jeux (car il s'agit tout d'abord de cela) déclinent tout un tas de perversités ? Aquarium oppose deux types d'attitudes. Tandis que la voix (et donc celui qui se cache derrière) semble vouloir tester chaque prisonnier pour en tirer le meilleur (ou le pire) et ainsi donc n'en conserver qu'un seul à la fin, les six victimes de ce sinistre ''cirque'' vont devoir collaborer même si l'on devine rapidement que l'espoir de survie est pour la majorité d'entre eux, totalement illusoire... Coté casting, peu ou pas d'acteurs connus puisque Karen Bruere n'a ensuite tourné que dans un épisode de la série Candice Renoir dix ans plus tard, Abel Divol est apparu dans un épisode de Plus belle la vie en 2011 et Caïn l'année suivante, Capucine Mandeau ayant notamment figuré au casting de RRRrrrr !!! d'Alain Chabat, tandis que le reste du casting constitué de Julien Masdoua, Michel Robin et Sophie Talon n'a également tourné que dans une poignée de séries ou téléfilms en dehors du premier dont la carrière est au contraire étoffée d'une cinquantaine de projets parmi lesquels il a lui-même réalisé le téléfilm 24 minutes chrono en 2005. D'une manière générale, le concept étant ce qu'il est, toute la force d'un tel projet repose sur l'écriture et l'interprétation. S'agissant du jeu des actrices et acteurs, ça va même si l'on oscille parfois du côté de l'amateurisme. Du côté de l'écriture, Frédéric Grousset et le scénariste, réalisateur et producteur Jean Mach font assez vite le tour de la question même si le dernier acte réserve une surprise relativement inattendue. Bref, un tout petit film tourné avec amour et passion. Pas de quoi se relever la nuit mais tout de même touchant dans son engagement...

 

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