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dimanche 5 avril 2026

Shadows of Blood de Sydney Ling (1988) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Icône du cinéma fantastique et d'épouvante espagnol, l'acteur, réalisateur, scénariste et ancien catcheur Paul Naschy a longtemps incarné le personnage de Waldemar Daninsky, un noble d'origine polonaise qui une nuit fut mordu par le lycanthrope Imre Wolfstein. Interprétant le personnage à plus de dix reprises entre 1968 et 2004, il est donc notamment apparu dans le rôle du loup-garou dans Les vampires du docteur Dracula d'Enrique Lopez Eguiluz, Dracula contre Frankenstein de Tulio Demichelli, Docteur Jekyll et le loup-garou de Leon Klimovsky ou encore La tombe du loup-garou de Fred Olen Ray. De son vrai nom Jacinto Molina Álvarez, sa carrière fut émaillée de nombreux seconds rôles et si même le cinéma fantastique ibérique a connu un certain déclin dans les années 80 et 90, Paul Naschy a connu un impressionnant regain d'intérêt auprès des amateurs de cinéma d'horreur dans le courant des années 2000... Si pour certains l'espagnol est donc devenu un acteur culte du cinéma fantastique ibérique, l'on ne conseillera pas à celles et ceux qui voudraient faire connaissance avec son cinéma de commencer avec le Shadows of Blood que signera en 1988 le réalisateur et scénariste Sydney Ling dont la carrière se résume à très peu de choses puisque après cet Objet Filmique Non Identifié que l'on rangera dans la catégorie des séries Z, il patienta douze ans avant de réaliser son second et dernier long-métrage intitulé Grandmother Martha. Un documentaire de plus de vingt-quatre heures suivant les traces d'une certaine Martha Stelloo... L'on ne reprochera pas au cinéaste néerlandais de n'avoir depuis, plus donné de nouvelles tant la projection de Shadows of Blood s'avère pénible sur la durée. Et pourtant, contrairement à la stupéfiante durée du documentaire qu'il consacra à Martha Stello, sa seule fiction ne dépasse pas les soixante-dix minutes. Du menu fretin qui paraît pourtant durer une éternité tant le film ressemble à un vade-mecum de tout ce qu'il ne faut surtout pas faire lorsque l'on se lance dans un projet cinématographique. Une purge, oui ! Une vraie ! De celles qui renvoient l’œuvre d'un auteur dans la grande benne du cinéma dans sa forme la plus laide. Car ici, rien ne va en dehors d'un script pourtant alléchant. Celui entourant deux tueurs en série qui ensemble se sont évadés de l’hôpital psychiatrique qui jusqu'à maintenant avait mis la population à l'abri de leurs exactions. On pourrait bien évidemment penser au cultissime Henry, portrait d'un serial killer de John McNaughton, sorti deux ans auparavant mais ce serait faire injure au cinéaste américain tant Shadows of Blood forme une série de contrepoints relativement homogènes s'agissant de leur grande médiocrité...


Ici, le film de Sydney Ling vogue entre meurtres multiples exécutés à la main, au couteau ou bien même à la perceuse et enquête policière effectuée avec tant de vigueur par des inspecteurs de police et un agent d'Interpol que l'on a souvent l'impression qu'en bons fonctionnaires, ceux-ci attendent la fin de la journée pour rentrer chez eux ! Paul Naschy apparaît à l'écran en binôme aux côtés de Barry Fleming dont la carrière se résume en comparaison avec l'espagnol à peu de chose puisque en dehors de Shadows of Blood, il n'est apparu que dans un seul épisode de la série Legacy en 1999 ainsi que dans le film fantastique The Still Unknown de Joshua David Johnston en 2006. L'on suit donc les pénibles pérégrinations de deux tueurs sadique qui après s'être échappés vont se séparer pour commettre chacun de leur côté un maximum de meurtres en espérant que l'un et l'autre seront les plus productifs et inventifs des deux. Seul élément véritablement marquant du long-métrage : le visage de Paul Naschy. Une vraie gueule de satyre au rire démoniaque probablement enregistré en post-production. Pour le reste, le film est une véritable infamie. Une douleur insupportable pour les oreilles. Une torture pour les yeux. Il suffirait de lister toutes les catégories techniques, de la mise en scène à la photographie en passant par la bande musicale signée par Sydney Ling lui-même pour les ranger dans la colonne des tourments que connut sans doute le tournage et la post-production alors même que, chose amusante, les meurtres perpétrés par nos deux tueurs en série semblent laisser de marbre les passants, témoins de ce curieux jeu auquel s'adonnent les deux acteurs. Trois notes de piano et de synthé, un montage et un mixage sonore aux fraises que l'on comparera au style si particulier du réalisateur, scénariste et directeur de la photographie vietnamien James Nguyen (la franchise Birdemic) et surtout, un jeu d'acteur lénifiant de la part de la totalité des interprètes venus toucher un cachet sans doute rachitique ! Mais à la vérité, une authentique curiosité, tellement foireuse à tous les étages que l'on pourrait éventuellement apprécier la chose sous l'effet de psychotropes ! Bref, vous êtes prévenus...

 

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