Icône du cinéma
fantastique et d'épouvante espagnol, l'acteur, réalisateur,
scénariste et ancien catcheur Paul Naschy a longtemps incarné le
personnage de Waldemar Daninsky, un noble d'origine polonaise qui une
nuit fut mordu par le lycanthrope Imre Wolfstein. Interprétant le
personnage à plus de dix reprises entre 1968 et 2004, il est donc
notamment apparu dans le rôle du loup-garou dans Les vampires
du docteur Dracula
d'Enrique Lopez Eguiluz, Dracula contre
Frankenstein
de Tulio Demichelli, Docteur Jekyll et le
loup-garou de
Leon Klimovsky ou encore La tombe du loup-garou
de
Fred Olen Ray. De son vrai nom Jacinto Molina Álvarez, sa carrière
fut émaillée de nombreux seconds rôles et si même le cinéma
fantastique ibérique a connu un certain déclin dans les années 80
et 90, Paul Naschy a connu un impressionnant regain d'intérêt
auprès des amateurs de cinéma d'horreur dans le courant des années
2000... Si pour certains l'espagnol est donc devenu un acteur culte
du cinéma fantastique ibérique, l'on ne conseillera pas à celles
et ceux qui voudraient faire connaissance avec son cinéma de
commencer avec le Shadows of Blood que
signera en 1988 le réalisateur et scénariste Sydney Ling dont la
carrière se résume à très peu de choses puisque après cet Objet
Filmique Non Identifié que l'on rangera dans la catégorie des
séries Z, il patienta douze ans avant de réaliser son second et
dernier long-métrage intitulé Grandmother
Martha.
Un documentaire de plus de vingt-quatre heures suivant les traces
d'une certaine Martha Stelloo... L'on ne reprochera pas au cinéaste
néerlandais de n'avoir depuis, plus donné de nouvelles tant la
projection de Shadows of Blood
s'avère pénible sur la durée. Et pourtant, contrairement à la
stupéfiante durée du documentaire qu'il consacra à Martha Stello,
sa seule fiction ne dépasse pas les soixante-dix minutes. Du menu
fretin qui paraît pourtant durer une éternité tant le film
ressemble à un vade-mecum de tout ce qu'il ne faut surtout pas faire
lorsque l'on se lance dans un projet cinématographique. Une purge,
oui ! Une vraie ! De celles qui renvoient l’œuvre d'un
auteur dans la grande benne du cinéma dans sa forme la plus laide.
Car ici, rien ne va en dehors d'un script pourtant alléchant. Celui
entourant deux tueurs en série qui ensemble se sont évadés de
l’hôpital psychiatrique qui jusqu'à maintenant avait mis la
population à l'abri de leurs exactions. On pourrait bien évidemment
penser au cultissime Henry, portrait d'un serial
killer
de John McNaughton, sorti deux ans auparavant mais ce serait faire
injure au cinéaste américain tant Shadows of
Blood
forme une série de contrepoints relativement homogènes s'agissant
de leur grande médiocrité...
Ici,
le film de Sydney Ling vogue entre meurtres multiples exécutés à
la main, au couteau ou bien même à la perceuse et enquête
policière effectuée avec tant de vigueur par des inspecteurs de
police et un agent d'Interpol que l'on a souvent l'impression qu'en
bons fonctionnaires, ceux-ci attendent la fin de la journée pour
rentrer chez eux ! Paul Naschy apparaît à l'écran en binôme
aux côtés de Barry Fleming dont la carrière se résume en
comparaison avec l'espagnol à peu de chose puisque en dehors de
Shadows of Blood,
il n'est apparu que dans un seul épisode de la série Legacy
en 1999 ainsi que dans le film fantastique The
Still Unknown de
Joshua David Johnston en 2006. L'on suit donc les pénibles
pérégrinations de deux tueurs sadique qui après s'être échappés
vont se séparer pour commettre chacun de leur côté un maximum de
meurtres en espérant que l'un et l'autre seront les plus productifs
et inventifs des deux. Seul élément véritablement marquant du
long-métrage : le visage de Paul Naschy. Une vraie gueule de
satyre au rire démoniaque probablement enregistré en
post-production. Pour le reste, le film est une véritable infamie.
Une douleur insupportable pour les oreilles. Une torture pour les
yeux. Il suffirait de lister toutes les catégories techniques, de la
mise en scène à la photographie en passant par la bande musicale
signée par Sydney Ling lui-même pour les ranger dans la colonne des
tourments que connut sans doute le tournage et la post-production
alors même que, chose amusante, les meurtres perpétrés par nos
deux tueurs en série semblent laisser de marbre les passants,
témoins de ce curieux jeu auquel s'adonnent les deux acteurs. Trois
notes de piano et de synthé, un montage et un mixage sonore aux
fraises que l'on comparera au style si particulier du réalisateur,
scénariste et directeur de la photographie vietnamien James Nguyen
(la franchise Birdemic)
et surtout, un jeu d'acteur lénifiant de la part de la totalité des
interprètes venus toucher un cachet sans doute rachitique !
Mais à la vérité, une authentique curiosité, tellement foireuse à
tous les étages que l'on pourrait éventuellement apprécier la
chose sous l'effet de psychotropes ! Bref, vous êtes
prévenus...



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