Après Oren Peli en 2007
et Tod Williams en 2010, on aurait pu croire que cela s'arrêterait
là. Mais c'était sans compter une fois de plus sur le désir de
certains d'exploiter au maximum un filon juteux qui demeure encore
aujourd'hui incompréhensible. Le premier Paranormal Activity
était d'une pauvreté scénaristique et d'une interprétation
insignifiante extraordinaire. Je m'étais laissé piégé une fois,
et avais fait l'effort volontaire de regarder le second histoire de
suivre l'évolution d'une saga qui était très mal partie malgré
les commentaires élogieux d'une ribambelle d'adolescents en mal de
sensations fortes pourtant absentes du projet. Cette fois-ci, ils s'y
sont mis à deux pour réaliser le troisième épisode. Avec un tel
renfort, on aurait pu penser que le film allait y gagner. Et bien,
pas du tout. Bien au contraire, s'il était possible d'imaginer que
l'on puisse faire pire que le premier volet, la saga régresse. On
atteint les abîmes de l'inconsistance, de l'inutile. Ou comment
jeter son argent par la fenêtre tout en comptant sur celui des
spectateurs crédules qui se laisseront à leur tour piéger par un
sujet, au départ, plutôt séduisant.
Cédant à la mode des
préquelles, Paranormal Activity 3 – Secrets de Famille
(mais où donc ont-ils été chercher un sous-titre aussi naze?)
revient sur les origines du phénomène. On retrouve donc les
personnages des deux sœurs Katie et Krysti Key mais beaucoup plus
jeunes et donc campées par deux actrices différentes, Chloe
Csengery et Jessica Tyler Brown. Pour commencer, on nous montre de
vielles bandes VHS pour nous signifier la décennie durant laquelle
vont se produire les événements. Ensuite, on découvre un père de
famille déjà très intéressé par la vidéo puisque la maison
familiale est inondée de caméras. Les deux réalisateurs tentent de
donner un peu de consistance à leurs personnages en faisant du
Dennis, un époux dont le statut social n'est pas très apprécié de
sa belle-mère. En fait, un détail dont tout le monde se fiche
puisque l'essentiel ici n'est pas de dresser un portrait social à la
manière d'un Ken Loach ou d'un Stephen Frears mais de nous montrer
des événements paranormaux. Chose qu'il va falloir attendre
patiemment car les entités vont se montrer particulièrement
frileuses au départ. Timides, les effets visuels tardent à nous en
mettre plein la vue. Et lorsqu'enfin déboulent des effets censés
saisir les spectateurs à la gorge, la moitié du public s'est déjà
endormi.
Paranormal Activity
3 – Secrets de Famille est tellement ennuyeux que l'on
n'attend qu'une seule chose. Qu'il se termine. Quand on pense que
certains le considèrent comme le meilleur opus de la saga, ça
laisse présager du pire pour la suite. De plus, plutôt que de
laisser de temps en temps le côté pris sur le vif en
laissant la caméra portée à l'épaule de côté et en filmant
comme le ferait un vrai cinéaste de fiction, Henry Joost et Ariel
Schulman préfèrent, en dehors des scènes filmées à travers les
caméras de surveillance, continuer dans un style cinéma-vérité
qui confine parfois au ridicule. Notamment lors de la scène se
déroulant dans la salle de bain. Quiconque assisterait aux
événements se produisant à ce moment-là aurait lâché sa
caméra pour fuir. Mais non, hurlant de peur, le jeune homme continue
à filmer tout en tentant de s'échapper du lieu sinistre où se
produisent d'étranges phénomènes. Risible. Le reste ne l'est
peut-être pas, mais sûrement pas non plus effrayant. Et c'est bien
là le plus grave. On ne ressent rien. Pas le moindre petit frisson,
pas un sursaut. Ce troisième épisode ne fait que proposer un plat
déjà servi par deux fois. Paranormal Activity 3 – Secrets
de Famille
n'aura donc aucun intérêt pour ceux qui ont comme films de fantômes
préférés, des œuvres de la trempe de The
Changeling,
Burnt Offerings
ou La Sentinelle de Maudits...


Je suis allé voir le dernier (j'espère) volet de la "franchise" Conjuring... Toujours pareils ce genre de films...
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