Réalisateur et
scénariste d'un futur projet qui pour l'instant ne porte pas d'autre
nom que celui de Untitled the Exorcist,
Mike Flanagan a notamment dans son bagage de cinéaste le
long-métrage horrifique Ouija : les
origines,
les mini-séries The Haunting of HillHouse
et La chute de la maison Usher,
les adaptations de Stephen King Jessie
et The Life of Chuck
et concernant Shelby Oaks
de Chris Stuckmann, il en est le producteur... Premier long-métrage
de ce dernier après une série de courts et d'épisodes de séries
télévisées, Shelby Oaks
est un film d'horreur qui débute de manière très classique en nous
présentant un groupe de jeunes adultes adeptes de phénomènes
étranges qu'ils filment et postent sur leur chaîne Youtube
''Paranormal
Paranoïds''.
Mais après une énième investigation tournée dans la ville fantôme
de Shelby Oaks, le groupe formé autour de Riley (Sarah Dum) va
totalement disparaître de la nature sans jamais donner la moindre
nouvelle durant des années. Les médias se font rapidement l'écho
de cette tragédie, les uns spéculant sur l'idée d'un canular
visant à attirer le plus de monde sur leur chaîne Youtube et les
autres s'inquiétant de leur disparition. Et parmi ces derniers, la
propre sœur de Riley, Mia (Camille Sullivan). Parmi les interprètes
principaux l'on retrouve l'acteur Keith David que l'on a pu découvrir
dans The Thing
et Invasion Los Angeles de
John Carpenter, Platoon
d'Oliver Stone ou bien Requiem for a Dream
de Darren Aronofsky. Ici, il incarne le rôle du directeur de la
prison de Shelby Oaks. Laquelle accueillit en son temps le
prisonnier Wilson Miles (Charlie Talbert). Un homme très étrange
qui sembla causer la lente dégradation de de Shelby Oaks jusqu'à ce
que la totalité de ses habitants la quittent pour devenir une ville
fantôme. Tandis que Mia se lance sur les traces de sa sœur après
que Wilson Miles ait sonné chez elle pour se suicider d'une balle
dans la tête devant sa porte d'entrée, la jeune femme investit
Shelby Oaks ainsi que sa prison désormais abandonnée. Loin de
prendre conscience du danger qui rode en ces lieux, Mia va découvrir
ce qui se trame réellement derrière toute cette histoire... Tout
d'abord filmé comme un faux reportage, un documenteur ou un Found
Footage (ce qui revient au même puisque le principe est identique),
Shelby Oaks sera
sans doute l'une des dernières petites ''sensations'' horrifiques
que les spectateurs auront pu découvrir en salle en cette année
2025 en matière de cinéma d'épouvante...
Confirmant
l'adage selon lequel c'est dans les vieux pots que l'on fait la
meilleure confiture, le long-métrage de Chris Stuckmann reprend la
structure et les visions cauchemardesques de quelques classiques du
genre en les transposant à sa façon. Et ce qui aurait pu n'être
qu'un gloubiboulga indigeste se révèle être en réalité une très
bonne surprise. Témoignant qu'un film d'horreur prend toute sa force
lorsque le spectateur se donne les moyens de le découvrir dans des
conditions idéales : seul et plongé dans le noir total. Ne
manque plus que d'avoir peu dormi la veille pour que toute la saveur
du film s'exprime et parvienne ainsi à faire sursauter son
auditoire. Alors que l'on aurait pu reprocher au réalisateur et
scénariste d'avoir choisi de filmer son œuvre à la manière d'un
Found Footage au format 4/3, le cadre s'élargit au point de voir
l'image exploiter ensuite le format 16/9 pour un confort visuel
nettement plus approprié pour une expérience en salle de cinéma.
Le film abandonne alors le ton faussement documentaire pour se
concentrer sur le personnage de Mia qui après avoir relevé
plusieurs indices lors du visionnage d'une cassette que tenait Wilson
Miles dans une main au moment de se suicider décide de se rendre sur
place ! De nuit. Et seule... Contraignant ainsi le spectateur à
se retrouver dans la même position que l'héroïne, témoin muet
d'une aventure nocturne, solitaire et glaçante, voire morbide et qui
va attirer Mia dans le repère d'une drôle de vieille dame, toute
dernière habitante de Shelby Oaks... Les inspirations sont ici
relativement nombreuses. Vu le cadre, on pense bien entendu à Silent
Hill
du français Christophe Gans (auquel on ajoutera le méconnu et
mésestimé Abandonnée
de l'espagnol Nacho Cerda), ainsi qu'au Projet
Blair Witch
et même à Rosemary's
Baby
de Roman Polanski pour son approche démoniaque du fantastique. Le
frisson naît tout d'abord ici du cadre nocturne et de l'isolement
autour de l'héroïne. Mais également de ce choix de poser parfois
la caméra et d'interrompre toute action jusqu'à ce que survienne un
élément extérieur dont l'apparition subite a de grandes chances de
faire réagir le public. Ces fameux Jump Scares qui habituellement ne
fonctionnent plus vraiment. Le climax du long-métrage se situant
alors dans l'antre de la sorcière, très bel exemple de repaire du
mal retranscrit jusque dans cette tapisserie investie par la
moisissure... A voir...
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