Un mystérieux assassin
rode de nuit dans les rues de Paris et tue des hommes afin de leur
dérober l'argent qu'ils portent sur eux. Le commissaire Wenceslas
Vorobeïtchik enquête mais piétine. C'est ainsi que son supérieur
directe lui enjoint d'arrêter le coupable dans les deux jours.
Fiancé à Mila Malou, jeune chanteuse d'opérette qui crève d'envie
d'être embauchée, celui que tous surnomment Wens apprend de la
bouche d'un indic que l'assassin habite au 21 de la rue Junot. Pour
ne pas éveiller les soupçons du meurtrier, Wens se fait passer pour
un ecclésiastique et loue une chambre à la pension du 21 rue Junot.
Tenue par l'imposante Mme point, pour laquelle travaillent Juliette
et Armand, l'endroit est fréquenté par Mademoiselle Cuq, romancière
qui attend toujours qu'un éditeur veuille bien prendre en main l'un
de ses manuscrits, le Docteur Linz, un ancien soldat de la
coloniale, ou encore Lalah-Poor, fakir et illusionniste étrange dont
une jeune infirmière, responsable des soins apportés à un aveugle,
est tombée amoureuse.
Le commissaire Wens
questionne, fouille, bref, enquête parmi une petite dizaines
d’énergumènes, jusqu'au jour où débarque sans prévenir Mila
Malou. Malgré la bonne volonté de Wens, les meurtres continuent
malheureusement à être perpétrés. L'une des résidentes fini même
par être la victime du tueur qui, une fois de plus, a laisser sa
carte de visite au nom de Monsieur Durand.
J'nai
jamais aimé le spectacle des ruines
(Le
Docteur Linz)
Premier long métrage de Henri-Georges Clouzot,
L'assassin Habite au 21
s'inspire d'un roman éponyme signé de Stanislas-André Steeman. Le
cinéaste préfère évoluer ses personnages à Paris plutôt qu'à
Londres comme cela est le cas dans l'ouvrage du belge. Les qualité
de cette œuvre vieille de plus de soixante-dix ans n'ont pas été
diluées par l'usure du temps. Au contraire, voir ces interprètes se
battre en duel à grands renforts de dialogues savoureux est devenu
aujourd'hui relativement rare.
Pierre
Fresnay, Suzy Delair, Jean Tissier, Noël Roquevert ou encore Marc
Natol interprètent des personnages bien typés, au langage riche et
fleuri. En effet, on ne compte plus les répliques cinglantes et la
répartie de chacun.
Pour
son tout premier film, Henri-Georges Clouzot réussi le tour de force
de mettre en scène des interprètes d'un niveau exceptionnel. La
mise en scène est inventive, énergique et sans temps morts. Bien
que le Paris de cette époque soit assez terne, voire terriblement
sombre avec ses extérieurs plongés dans l'obscurité, l'humour est
omniprésent. La romance entre le commissaire et sa jeune fiancée
est mise à mal à travers leurs joutes verbales incessantes.
L'enquête policière est très « second
degré » et l'on se demande
comment les autorités vont pouvoir arrêter le coupable avec un tel
manque de sérieux. Et pourtant...
On
aura beau mettre un visage sur ce fameux Monsieur Durand, le twist
final que nous offre Henri-Georges Clouzot est inattendu et bien
venu. L'assassin Habite au 21
est un grand classique du cinéma français et laisse présager du
meilleur concernant le cinéaste qui prouvera de nombreuses fois par
la suite qu'il est l'un des grands cinéastes et dialoguistes de
l'époque...



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