Découvrir Josiane
Balasko, Martin Lamotte, Gérard Jugnot, Marie-Anne Chazel ou encore
Bruno Moynot avant qu'eux et les autres membres de la Troupe duSplendid ne deviennent
célèbres la même année grâce aux Bronzés
de Patrice Leconte a de quoi aiguiser la curiosité. D'autant plus
que le film dont il est question de parler ici fut intégré dans la
section Perspectives
du Cinéma français née
quatre ans avant sa sortie sur grand écran sous l'impulsion de
Président du Festival de Cannes Robert Favre Le Bret et du Délégué
général Maurice Bessy qui voulaient l'un et l'autre proposer
d'autres catégories de films. Dire que Pauline
et l'ordinateur
échappe à celles communément proposées par le festival est un
euphémisme. Sans être aussi hermétique qu'un Themroc
signé en 1973 par Claude Faraldo et dont les dialogues n'étaient
qu'une succession d'onomatopées et de rugissements, le premier
long-métrage de Francis Fehr a de quoi laisser perplexe. Comédie au
ton inhabituel et dont les séquences semblent avoir été
majoritairement interprétées de manière improvisée, l'expérience
est ardue pour quiconque se réfère à la catégorie dans laquelle
le long-métrage semble devoir s'inscrire. Écrit par le réalisateur
lui-même, Pauline et l'ordinateur
est une comédie dont la subtilité est parfois, pour ne pas dire
majoritairement, difficile à saisir. Le soucis principal provenant
sans doute de l'implication d'interprètes (et donc de personnages)
qui n'ont malheureusement pas le talent suffisant pour tenir les
quelques lignes de dialogues qui leur ont été confiées sans que
quelques lacunes en matière de diction ne viennent pervertir les
échanges entre Josiane Balasko et chacun d'entre eux. Si le
principal soucis de l'héroïne paraît avoir un lien direct avec le
monde de l'informatique et des ordinateurs (d'où le titre) ainsi
qu'un problème de surpoids (ironique lorsque l'on songe que
l'actrice n'a sans doute jamais parue si mince à l'écran), le fond
de l'histoire est assez délicat à saisir. Pauline
et l'ordinateur
prend davantage l'allure d'une collection de sketchs permettant à
l'héroïne de croiser de nombreux personnages avec lesquels elle
échange en général sur le sujet qui l'obsède principalement !
Pour être tout à fait honnête, le long-métrage de Francis Fehr
s'avère plutôt pénible à regarder. Après un générique de début
plutôt étrange, voire anxiogène et qui ne cadre pas vraiment avec
le ton voulu par l'auteur du film, le réalisateur consacre la
totalité des plans à sa vedette. Une Josiane Balasko/Pauline qui
s'interroge sur le monde qui l'entoure.
Qui
s'interroge, oui. Mais qui aussi Interroge les autres. Et parmi eux,
des hommes et des femmes que nous n'aurons plus jamais l'occasion de
revoir sur grand ou petit écran et d'autres qui verseront dans une
carrière bien différente de celle qui les impose ici comme de
piètres partenaires. À l'image de Jacques Attali, célébrité
''multi-tâche'' qui pourtant échoue à donner la réplique à
Josiane Balasko. Concernant les membres de la Troupe
du Splendid
qui participent au projet, inutile d'espérer voir autre chose qu'un
contenu similaire aux quelques sketchs et fausses publicités de
leurs débuts. Même hésitation, même absence de dialogues
réellement percutants. Les uns et les autres tâtonnent sans jamais
pouvoir nous convaincre que l'expérience méritait que l'on y jette
un œil ! Pourtant, il m'est arrivé de me surprendre à rire à
deux occasions. La première ? Tout bêtement lorsque Josiane
Balasko pose sa jambe sur une barre d'entraînement de danse
classique comme le ferait un boucher sur son étal avec une pièce de
bœuf. Rire nerveux ou sincère, je ne m'en souviens plus vraiment.
Quant au second rire, quand a-t-il eu lieu ? Et dans quelle
circonstance ? Là encore, c'est le flou total ! Concernant
la bande musicale, elle est l’œuvre du compositeur français Éric
Demarsan. Une musique très étrange. Expérimentale et
électronique. Un courant musical balbutiant auquel sont ajoutés
quelques extraits du groupe culte originaire d'Allemagne, Tangerine
Dream.
Un groupe formé à l'époque par son fondateur Edgar Froese, alors
accompagné par les légendaires Christopher Franke et Peter Baumann.
Notons que les trois membres du groupe apparaissent d'ailleurs à
l'image lors d'une session d'enregistrement ! Mais en dehors de
ce fait relativement marquant pour les fans de ce groupe emblématique
de la Kosmische
Musik
propre aux années 60/70, Pauline et
l'ordinateur
demeure une œuvre beaucoup trop sourde aux sirènes du grand public.
Un long-métrage expérimental voué à échouer dans le cercle très
étroit des amateurs d'Objets Filmiques Non Identifiés. Bref, une
curiosité assez désagréable à suivre jusqu'à son terme...
J'allais dire "une curiosité"... jusqu'à ce que je lise ta dernière phrase !
RépondreSupprimerAttali, "célébrité multi-tâche"... dans tous les sens du terme ! :-)