Dans l'immense fosse septique qui attire tous les amateurs de
productions horrifiques bas de gamme que l'on trouve à un euro au
format dvd à l'avant des caisses de supermarché, il suffit de
tendre le bras, les yeux fermés, pour être certain de mettre la
main sur une pépite chaque fois que l'on tente sa chance. Et devinez
qui cette fois-ci a encore eu l'opportunité de gagner ? Et oui,
votre humble serviteur a de nouveau servi de cobaye pour une
expérience cinématographique qu'il crut d'abord n'être qu'un petit
téléfilm sans consistance avant de découvrir que dans son pays
d'origine, le Royaume-Unis, il eut l'incompréhensible honneur d'une
sortie en salle le 12 août 2005. Chez nous, les distributeurs
n'auront pas eu l'outrecuidance d'en faire autant puisque Spirit
Trap
connut une sortie directement en DVD le 9 avril 2009. Quatre ans plus
tard... Pourquoi ? Sans doute le temps nécessaire pour faire
oublier que de l'autre côté de la Manche le film ne rapporta que la
ridicule somme de cent-quatre vingt-sept mille livres sterling
environ pour un budget estimé à trois millions ! Bref, un
véritable panier percé dont le Louis de Funès de La
folie des grandeur
aurait été désespéré de perdre le contenu lors de la célèbre
séquence consécutive au prélèvement des impôts. De l'argent jeté
par les fenêtres dont les seuls bénéficiaires ne furent donc pas
de pauvres paysans en haillons mais des (télé)spectateurs qui
durent éprouver moins de plaisir à assister au désastre artistique
que le ramassage de quelques pièces d'or par des hommes et des
femmes spoliés par le ministre du roi et collecteur des impôts Don
Salluste de Bazan. Stoppons net cette déshonorante comparaison pour
ne nous concentrer que sur le sujet principal de ce post. Après
avoir découvert récemment les trois premiers volets de la franchise
Wishmaster,
un peu de repos, m'étais-je dis, me ferait le plus grand bien. Et
comme la dernière fois que j'eus la chance de voir un film centré
autour d'une famille installée dans une nouvelle demeure hantée
date de 2023 avec le sympathique We
Have a Ghost de
Christopher Landon (dont le conseille vivement le dernier
long-métrage intitulé Drop
Game),
je n'ai pas hésité un seul instant à me procurer Spirit
Trap
de........... David Smith. Ouais, avec un nom aussi peu original,
j'aurais dû me douter qu'il y avait une entourloupe !
Mais
trop tard. Amazon
s'empressant d'encaisser mon paiement par carte-bleue (j'imagine
l'employé qui le jour suivant s'occupa de ma commande et qui
sûrement hurla à ses collègues : ''Hé! Les gars! Ça y est ! On a
réussi à en vendre un exemplaire !''), je recevais quelques jours
plus tard l'objet en question. Le prototype habituel de DVD qui tente
vainement de vous en mettre plein la vue avec sa jaquette sur
laquelle trône un crâne superbe surmontant les cinq protagonistes
du récit ! Sur la base d'un script qui au tout départ tient plutôt
la route (quatre étudiants acceptent une colocation dans une très
vieille demeure située à Londres), on se demande ensuite ce qui a pu
les pousser à finalement poser leurs valises dans cette bâtisse qui
d'emblée fait penser à un authentique décor de film d'horreur.
Bref, Jenny, Nick et le couple formé par Adèle et Tom s'installent
chacun dans une chambre. Attiré par une étrange horloge apparemment
en panne, Nick (interprété à l'écran par Sam Troughton) parvient
à la réparer. Ce qui déclenche un étrange phénomène: en effet,
les Portes de l'Enfer semblent désormais ouvertes et bla, bla,
bla... Le truc classique. Nos héros vont devoir non seulement faire
face à des phénomènes paranormaux mais aussi devoir combattre
entre eux et contre leurs propres démons. Idée sympa mais sous sa
forme, Spirit Trap
est raté! Des effets-spéciaux à l'interprétation en passant par
l'ambiance sonore ou visuelle, il n'y a guère que quelques éléments
de décor pour retenir l'attention du spectateur qui a de fortes
chances de s'endormir devant un déroulement qui n'a de jubilatoire
que la libératrice amorce du générique de fin, signe que le
calvaire va enfin cesser ! Ouais, David Smith signe en réalité un
pauvre téléfilm sans âme et assez piètrement incarné (le casting
est prolongé par les présences de Billie Piper, Luke Marbly, Emma
Catherwood ainsi que celles de personnages secondaires, tels Tina
(Alsu) ou Edmund Joseph (Chiké Okonkwo)). Surtout, Spirit
Trap
propose des effets-spéciaux d'une laideur aveuglante et parfaitement
inconcevable dès lors que le vingt et unième siècle fut franchi.
Bref, à part caler le pied d'une chaise ou jouer au frisbee avec le
chien du voisin, je ne sais absolument pas ce que je vais pouvoir
faire du DVD. Certainement pas le mettre à côté des quelques
classiques qui trônent dans ma collection. Imaginez que le virus
s'étende et que ceux-ci se transforment subitement en nanars ! Non,
non, pas question...
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