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samedi 7 février 2026

Elle l'Adore de Jeanne Herry (2014) - ★★★★★★★☆☆☆



Premier long-métrage de la réalisatrice française Jeanne Herry (qui n'est autre que la fille de Miou-Miou et Julienc Clerc), offre l'occasion de découvrir un duo formé autour de Sandrine Kiberlain et Laurent Lafitte. Non pas un couple, mais un chanteur populaire et sa plus grande fan. Deux personnages merveilleusement caractérisés. A ce duo, on pourra ajouté celui que forment Pascal Demolon et Olivia Côte. Cette fois-ci, un vrai couple. Flics tous les deux. Lui est capitaine, elle, adjudante. Si Antoine est fidèle, Coline, elle, a le feu au cul. Folle amoureuse de celui qui en plus d'être son compagnon est aussi avec lequel elle forme un duo de policiers, Coline est pourtant incapable de se tenir à carreau et dès que l'occasion se présente, elle trompe Antoine. Ils vont tous les deux se lancer dans une affaire concernant la petite amie de Vincent Lacroix, star de la chanteuse française qui pour sa famille, ses amis, ainsi que pour la police, a mystérieusement disparue. Mais pas pour les spectateurs qui découvrent assez rapidement qu'après une nouvelle crise de jalousie durant laquelle sa compagne meurt accidentellement, la star va tout faire pour se débarrasser du cadavre. Pour cela, il décide de faire appel à sa plus grande fan, Muriel Bayen. Esthéticienne, elle ne loupe jamais un concert. Et même si Vincent ne la connaît pas vraiment, c'est elle qu'il choisit afin de l'aider à se débarrasser du corps. Mais rien ne va se dérouler comme il l'a prévu...

Pour un premier film, la cinéaste Jeanne Herry réalise un thriller efficace, rondement mené, et magistralement incarné par son principal quatuor. La vie rêvée d'une star de la chanson qui va être bouleversée. Et celle de sa plus grande fan également qui voit sous un nouveau jour sa relation avec son idole qui jusque là n'était qu'un fantasme prenant vie lors des concerts et des innombrables documents collectés par la jeune femme dans une chambre entièrement dévouée au chanteur. Une esthéticienne pleine de vie, s'inventant parfois des histoires fausses pour amuser la galerie. Mythomane, Muriel ? Oui, sans doute, un brin. Ce qui lui portera forcément préjudice le moment venu...

Et puis, en parallèle, il y a ce couple qui s'aime et se déchire. Un point de vue assez particulier puisque l'on ne sait jamais vraiment s'il faut rire ou pleurer. Alors, Elle l'Adore, comédie ? Thriller ? Ou les deux ? Je pencherais plutôt pour la deuxième proposition. Peut-être l'humour m'at-il échappé ? Le long-métrage de Jeanne Herry est une proposition intéressante qui évite d'aborder son sujet sous un angle par trop médiatique. La réalisatrice s'attache davantage à démontrer l'ascendance d'une star de la chanson sur sa plus grande fan. Un artiste bien sous tout rapport et dont la vie bascule tout à coup. Un tourbillon qui emportera une Sandrine Kiberlain toujours aussi convaincante et un Laurent Laffite se décomposant au grès d'un récit ingénieux.

Jeanne Herry sème sur la route qu'empruntent ses personnages, de petites graines qui toutes, offrent d'intéressantes situations. En passant d'un couple à l'autre, la réalisatrice tisse un scénario aussi parfaitement pensé que reproduit à l'écran. C'est d'autant plus marquant qu'il s'agit de son premier long-métrage. Sans faire preuve à aucun moment du moindre prosélytisme, Jeanne Herry ne juge jamais ses personnages. L'attitude de Vincent n'est que le fruit de l'immense désarroi qui l'étreint. Du moins pouvons-nous percevoir le personnage ainsi. Formidable, Sandrine Kiberlain a remporté le Valois de la meilleure actrice au Festival du film Francophone d’Angoulême l'année de sa sortie...

vendredi 19 septembre 2025

De mauvaise foi d'Alberic Saint Martin (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Premier long-métrage du réalisateur et scénariste français Alberic Saint Martin, De mauvaise foi porte en son titre un double sens. Celui de la foi en la religion catholique et cette habitude qu'ont certaines personnes à ne jamais reconnaître qu'elles ont tort et qui par contraction sont incapables de se remettre en question. De cette dernière, nous retiendrons ainsi la duplicité de son principal personnage incarné à l'écran par l'acteur Pascal Demolon qui depuis quelques années est très présent sur les écrans de cinéma puisque rien que ces cinq ou six dernières années nous avons pu le découvrir dans pas moins de sept longs-métrages (sans compter sa présence dans divers téléfilms et épisodes de séries télévisées)... Et, comment dire... Ses choix artistiques étant plus que critiquables, on ne peut pas dire qu'il soit véritablement une valeur sûre au moment de se décider pour quel film l'on doit choisir de dépenser son argent au moment d'entrer dans le hall d'un cinéma ! Acteur pourtant relativement attachant, le pauvre nous a effectivement fait subir parmi les pires expériences cinématographiques ne serait-ce qu'entre 2020 et 2023. La liste est courte mais affreusement significative : à commencer par l'abominable Brutus vs César de Kheiron, Palme d'or de la plus immonde comédie française à avoir vu le jour en ce début de décennie. Suivi la même année de Connectés de Romuald Boulanger. Puis l'année suivante, Haters de Stéphane Marelli ou 38°5 quai des Orfèvres de Benjamin Lehrer il y a deux ans ! Peut-être la raison pour laquelle nous ne l'avons pas revu sur grand écran l'année dernière... ? Après un double passage à la télévision dans les séries Fiasco et L'incroyable Embouteillage 2 : Vive les mariés ! (cette dernière s'alignant allégrement sur la piteuse qualité des derniers longs-métrages qu'il incarna), Pascal Demolon revenait donc en 2025 au cinéma le 7 mai dernier avec De mauvaise foi. Une comédie dans laquelle il incarne le notaire Réginald, époux de la très pieuse Blandine (Herrade Von Meier) et père d'Athénaïs (Romane de Stabenrath) qui lors d'un dîner où les ont rejoint son petit ami Eliott (François-David Cardonnel), l'ami et collègue de Réginald, Edmond (Philippe Duquesne) ainsi qu'un jeune peintre prénommé Arthur (Jean-Baptiste Lafarge) va annoncer son mariage prochain avec son fiancé ! Pour le père mais surtout pour la mère, c'est la douche froide...


Peu apprécié par les parents d'Athénaïs, le jeune homme est un golden boy arrogant et fortuné qui intellectuellement ne présente pour Blandine, pas grand intérêt. Contrairement à Réginald qui dans la proposition du jeune homme de financer certaines réparations du château familial pour servir de cadre au futur mariage voit l'occasion d'effectuer les travaux à moindres frais. Arthur, lui, est le descendant d'une riche comtesse qui vient de décéder. Mais pour que le jeune homme puisse toucher son héritage, Réginald doit faire la preuve auprès du Père Magnifis (l'acteur Didier Vinson) que le jeune homme est un fervent catholique comme l'a expressément exigé la Comtesse. Ce que le jeune artiste-peintre n'est en réalité absolument pas ! Afin de lui donner la foi, Réginald se décide à accompagner son épouse et leur fille à Paray-le-Monial, haut lieu de pèlerinage ou les fidèles de l’Église espèrent en général rencontrer Sainte Marie-Marguerite Alacoque. L'occasion d'embarquer Eliott ainsi qu'Arthur alors que les deux jeunes hommes ne détestent cordialement. Et pour cause : le jeune peintre est tombé sous le charme de la future mariée... Filmé dans le charmant cadre de Paray-le-Monial au beau milieu d'une foule d'authentiques pèlerins, De mauvaise foi prend le contre-pied des différences raciales généralement invoquées dans ce genre de comédies passe-partout pour désigner d'une part les membres d'une famille de catholiques pratiquants (du moins la mère et la fille) et d'autre part, un fiancé et une belle-famille qui critique cette foi en l’Église, mari et femme la considérant ainsi de rétrograde. Rien de bien notable dans cette comédie légère qui comme la plupart de celles qui sont produites depuis maintenant un certain nombre d'années n'a rien de significatif à apporter au cinéma français. Tandis que certains cabotinent, d'autre dévoilent leurs sentiments et l'on sait déjà comment tout cela va se finir. À minima et s'agissant de l'énergie que les interprètes déploient tout au long du récit, le long-métrage d'Alberic Saint Martin est un divertissement honnête qui comblera ceux qui ne sont pas trop regardant sur le peu de séquences véritablement drôles. Développant des personnages peu originaux puisque déjà vu dans d'innombrables autres comédies françaises, De mauvaise foi se regarde, c'est vrai, mais s'oublie aussi très vite...


 

vendredi 29 août 2025

Discount de Louis-Julien Petit (2014) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après avoir notamment travaillé comme assistant-réalisateur aux côtés de Dany Boon sur Bienvenue chez les Ch'tis en 2007, de Quentin Tarantino sut Inglourious Basterds en 2009 ou encore de Christopher Nolan sur Inception deux ans plus tard, le réalisateur et scénariste français Louis-Julien Petit s'est lui-même lancé dans la mise en scène de longs-métrages dès 2013 avec le drame Anna et Otto. Avant de réunir à nouveau les actrices Corinne Masiero et Sarah Suco en 2018 dans les invisibles, le cinéaste les a tout d'abord engagées sur le tournage de Discount, une comédie sociale prenant pour cadre un supermarché et une partie de ses employés au moment même où la direction a pris la décision de faire installer des caisses en libre-service. Ce qui en langage ''inhumain'' coïncide avec le licenciement prochain de plusieurs salariés. Écrit par le scénariste Samuel Doux (lequel retravaillera aux côtés de Louis-Julien Petit sur le téléfilm Carole Matthieu en 2016) sur une idée du réalisateur, Discount s'intéresse donc à une poignée de travailleurs qui plutôt que de se lancer dans une grève illimitée comme cela est généralement le cas dans ce genre de long-métrage décident d'arrondir leurs fins de mois avant la date fatidique de leur licenciement. Comment ? En volant au sein même du supermarché qui les emploie des denrées dont la date limite est proche de l'échéance ainsi que des produits écartés par leurs propres soins de la mise en rayon. Mais alors que certains d'entre eux se montrent tout d'abord frileux, lorsque l'argent commence à rentrer, ce qui paraissait tout d'abord ressembler à un moyen de se remplir les poches et de faire payer à leur entreprise le sort qui allait leur être accordé va se transformer en véritable entreprise de solidarité entre collègues et au profit de clients triés sur le volet... Louis-Julien Petit signe avec Discount une comédie dramatique sociale plutôt réaliste. Un groupe de personnages interprétés par Corinne Masiero et Sarah Suco, donc, lesquelles interprètent les rôles des caissières Christiane et Emma, mais également par Olivier Barthelemy qui incarne, lui, leur collègue Gilles. L'instigateur du projet de détournement de marchandises...


Acteur que l'on redécouvrira notamment en 2018 dans la sympathique comédie Chacun pour tous de Vianney Lebasque ou dans le très inutilement controversé Vaincre ou mourir de Paul Mignot et Vincent Mottez en 2023. Autre acteur que l'on ne présente plus, Pascal Demolon interprète celui d'Alfred, lui aussi employé du supermarché, et que l'on a pu voir chez Xavier Gélin, Jan Kounen, Guillaume Nicloux, Tonie Marshall, Kheiron (dans l'infâme Brutus vs César) ou encore chez Albéric Saint-Martin dans le récent De mauvaise foi... Face à ce petit régiment de résistants qui acceptent logiquement mal leur sort, Zabou Breitman incarne Sofia Benhaoui, la directrice du supermarché. Une femme dénuée d'émotions qui ne vit qu'à travers sa carrière et demeure détachée vis à vis du ressenti de ses employés ainsi que sur le plan relationnel. Mais Discount ne met pas simplement à mal le concept de remplacement de l'humain par des machines automatisées conduisant ainsi à la mise au chômage des employés mais s'intéresse également au phénomène du Hard-Discount qui permet à des hommes et des femmes de pouvoir se nourrir à moindres frais et selon leurs moyens. Une entreprise hors-la-loi, risquée, mais finalement bénéfique... Les principaux interprètes forment un groupe soudé relativement attachant. D'autant plus que le réalisateur et son scénariste ne se contentent pas que de faire évoluer leurs personnages au sein du supermarché ou à travers le plan qu'ils ont en tête mais les font vivre au delà de leurs activités professionnelles. C'est ainsi que l'on découvre que Gilles vit auprès d'un père atteint de cécité ou qu'Emma élève seule et dans une grande difficulté, sa fille. Discount est dont l'occasion d'un spectacle parfois dramatique mais non dénué d'un certain humour. Notamment lorsque intervient le personnage d'Alfred. Bref, à choisir entre Le grand partage Alexandre Leclère qui vit le jour en toute fin d'année 2015 et le long-métrage de Louis-Julien Petit qui apparu sur les écrans français en janvier de la même année, dans le domaine de la comédie sociale le choix, à l' époque, devait impérativement se porter sur ce dernier...

 

samedi 24 septembre 2022

Hommes au bord de la crise de nerfs d'Audrey Dana (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La France... Ce si beau pays qui dégringole, qui fuit de partout, aux frontières poreuses, à l'éducation brinquebalante, aux mœurs de plus en plus délétères, future idiocratie qui n'en doutons pas, sera un jour dirigée par une ''intelligentsia'' décérébrée. Il n'y a pas si longtemps pouvions-nous encore nous changer les idées en nous enfermant dans les salles obscures, à rêver devant ces utopies où tout va bien et où le mauvais est invariablement balayé au détour d'un bon mot. Ces comédies écrites avec soin, par et pour des femmes et des hommes de bon goût ! Aujourd'hui, la comédie française est tel que nous est représenté notre pays. Désargentée, piteuse et artistiquement régressive. De la mal-bouffe numérique ou plus rarement imprimée sur pellicule. Il en est, mais si rares, qui heureusement sauvent les meubles chaque année. Mais combien d'entre eux ? Michel Hazanavicius et Coupez ! ? Oui, sans doute, mais à quel prix ? Celui de devoir aller chercher l'inspiration jusqu'en Asie et découvrir que sans l'habituel ''couplet/refrain'' (!?!), certains ne s'y retrouvent pas ? Hommes au bord de la crise de nerfs d'Audrey Dana, laquelle n'en est pourtant pas à sa première comédie signe avec celle-ci, un pur produit de consommation qui ne demande pas la moindre réflexion. Tout juste que l'on plonge la main dans son porte-monnaie pour y dénicher la poignée d'euros qui ouvriront les portes des salles obscures. C'est donc aujourd'hui que sort en dvd le nouveau long-métrage de la réalisatrice française. Et autant dire que portes-feuilles, portes-monnaie, comptes en banque et cartes bleues sont aux abois, suppliant que leur propriétaire n'aura pas la mauvaise idée d'acheter au format physique ce qu'ils avaient déjà enduré quatre mois en arrière au cinéma...


C'est que l'on finirait par oublier que Thierry Lhermitte fit partie de la troupe du Splendid, que Ramzy Bédia fut l'acolyte d'Eric Judor, que François-Xavier Demaison incarna au cinéma un Coluche convainquant ou que Laurent Stocker... Hein ! Quoi ? Ouais, non, pas lui ! Pour être tout à fait honnête, j'exagère peut-être un peu. Car entre le mauvais souvenir de sa vision en salle et sa redécouverte en DVD par l'entremise d'un ami achetant en magasin tout et n'importe quoi de manière compulsive, force est de reconnaître que Hommes au bord de la crise de nerfs n'est pas si mauvais qu'il n'y paraît. Au contraire même, ce bol d'air frais tant rêvé que promet la situation géographique du récit réussira le temps de sa projection à faire oublier presque n'importe lequel de vos tracas. Projet réunissant la vieille et la nouvelle garde de la comédie française (du quasi septuagénaire Thierry Lhermitte au jeune Max Baissette de Malglaive du haut de ses vingt-deux ans), le nouveau long-métrage d'Audrey Dana se montre en réalité fort généreux. Écrit par ses soins ainsi que ceux de Claire Barré, le scénario plonge ses protagonistes en pleine nature avec à leur disposition, un service minimum : une yourte et des produits locaux poussant ou gambadant à portée de main. Sans oublier Marina Hands qui dans le rôle légèrement perché d'Omega va tenter de leur faire oublier tous leurs tracas. Si le film commence sous les meilleurs augures avec sa brochette de personnages tantôt dépressifs, tantôt râleurs, contraints d'obéir à un concept de thérapie de groupe plutôt original, au fil de récit l'on finit par s'attacher aux personnages. Une thérapie exclusivement réservées aux hommes mais coachée par une femme ! Malgré les divers désagréments et les personnalités différentes de ces sept adultes se comportant parfois comme des enfants, la bonne humeur va lentement mais sûrement s'installer. Une bonne humeur communicative qui parviendra d'ailleurs à se transmettre jusque chez le spectateur. Si Hommes au bord de la crise de nerfs n'est clairement pas la comédie de l'année (laquelle l'est-elle d'ailleurs?), les personnages sont attachants, suffisamment différents les uns des autres pour s'y retrouver ici ou là et l'environnement ''aéré'' particulièrement séduisant. De la tendresse et de l'humour, quoi demander de plus... ?

 

lundi 10 janvier 2022

Haters de Stéphane Marelli (2021) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

D'une profondeur inouïe, Haters de Stéphane Marelli s'est pris et continue à se prendre de monumentales gifles de la part de la presse et du public. C'est à se demander si les uns et les autres ont sur relever la portée philosdophique du message qu'à voulu transmettre le réalisateur dont il s'agit ici du premier long-métrage. Véritable phénomène de société, les youtubeurs font désormais partie du paysage médiatique mondial. Avec leurs fanatiques, ces millions de followers qui ne manqueraient pour rien au monde les dernières vidéos mises en ligne par ces idoles d'un nouveau genre qui pullulent sur la toile et gagnent ainsi leur vie. Avec leurs détracteurs également, ces individus dont la fonction est de venir polluer leurs comptes de messages orduriers, avilissants, tout aigris qu'ils sont et parfois incapables de produire eux-même leurs propres vidéos ! C'est pourquoi Haters doit figurer parmi les œuvres essentielles, à l'écriture intelligente, clairvoyante et admirablement interprétées. Fouillant les tréfonds de l'âme humaine pour en extirper ce qu'elle a de plus beau mais aussi de plus vil........................ Voilà ce que j'aurais aimé pouvoir dire du long-métrage de Stéphane Marelli..................... si seulement Haters avait pu être autre chose qu'une énième erreur de parcours dans la filmographie de Kev Adams, cet ''humoriste'' pour adolescent(e)s attardé(e)s qui ne parvient décidément pas à prouver qu'il n'est rien d'autre qu'un concept insignifiant qui d'une certaines manière est peut-être après tout, un génie. Car comment expliquer cette faculté exceptionnelle qui est la sienne lorsqu'il s'agit, film après film, de s'enfoncer un peu plus profondément dans l'indigence ? Un sacerdoce ? Sans doute, oui. Une aptitude à s'entourer de metteurs en scène tout juste capables de l'ériger au rang de piètre acteur comique (Pierre-François Martin-Laval, Arthur Benzaquen, Lionel Steketee, Fabien Onteniente)...


Dans Haters, la vedette au chignon est entourée d'une pléthore de seconds rôles qui ne parviennent jamais à élever le curseur comique. Tout ou presque y est indigent. Volontiers caricatural, le film de Stéphane Marelli se veut sans doute comme une étude du phénomène de youtubeur et des haters qui par la voie de l'insulte le poursuivent à travers les réseaux sociaux. On ne peut pas dire que le réalisateur ait choisi le plus intelligent d'entre eux puisque Thomas le Lama (pseudo sous lequel se cache le personnage qu'interprète Kev Adams) propose des vidéos aussi miséreuses que sa propre personnalité (obsédé par son compte youtube, il en oublierait presque sa relation avec sa petite amie) mais qui ont attiré jusque là un millions de fidèles. Du moins, jusqu'à ce que soit révélée une vidéo qui fera chuter son audience et attirera des malveillants (les haters du titre) et sous laquelle ils s'acharneront à l'insulter jusqu'à même souhaiter sa mort. D'où l'idée de Thomas d'aller sonner à la porte de ses détracteurs afin d'obtenir des explications quant à leurs insultes ainsi que des excuses. Accompagné de son seul véritable ami Kualalumpur (l'acteur et chanteur Estéban qui demeure encore celui qui s'en sort le mieux) armé d'une caméra, Thomas fait le tour du pays à la rencontre de personnages tous plus bigarrés les uns que les autres. Si sur le papier, le concept est intéressant, le résultat à l'écran est désastreux. D'abord parce que le film, censé être une comédie, n'est pas drôle, mais aussi et surtout parce qu'y viennent s'y corrompre des actrices et acteurs qui auraient mieux fait de rester couchés chez eux lors du tournage...


Alors que Jean-Claude Van Damme semble peu à peu renaître de ses cendres depuis quelques années, il aura fallut seulement deux réalisateurs et deux films français pour qu'en 2021 on se pose des questions sur la pérennité de sa carrière à venir. Haters donc, dans lequel l'acteur belge est tout bonnement affligeant, mais également l'immonde Le Dernier Mercenaire de David ''tâcheron'' Charhon dans lequel il était déjà douloureux de le voir apparaître. Déjà que l'actrice Nadia Farès est devenue relativement rare sur nos écrans, on se demande ce qui a pu motiver sa présence à l'écran dans le ridicule rôle de la gitane Matcha Mama. Et que dire de Fred Testot, Sara Forestier, Philippe Lacheau, Frank Dubosc, Vincent Desagnat ou bien même de l'acteur américain William Baldwin auxquels sont ''offert'' des lignes de dialogues d'une assourdissante connerie ? Curieusement, ce qui pouvait fonctionner chez le Laurent Baffie des Clés de bagnole est ici anéanti. On comprend mieux lorsqu'est évoqué le nom du scénariste : Romuald Boulanger. L'homme responsable en 2020 du nullissime All Inclusive. Ce sous-Bronzés moins amusant qu'une cérémonie d'enterrement ! Il n'y a donc décidément rien à soutirer à Kev Adam auquel Estéban qui avec son look et son accent a tout de même le culot de lui voler la vedette. Inutile de s'attarder sur ce nouvel échec de la comédie française que l'on conseillera uniquement à une certaine catégorie de youtubeurs. À noter tout de même la présence à l'écran de l'acteur Pascal Demolon qui, sans sauver le film (faut pas rêver), lui évite le naufrage complet dans le rôle de l'ancien graphiste dépressif. À part ça, rien à signaler...

 

vendredi 4 décembre 2020

Connectés de Romuald Boulanger (2020) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il fallait bien que cela arrive un jour, et ce jour là est arrivé. Connectés de Romuald Boulanger est le premier film portant officiellement et en partie son sujet sur le confinement. Mais à vrai dire, à part quelques allusions au début du film, Connectés évoque en premier lieu un autre long-métrage qui fit beaucoup parler de lui bien avant que l'épidémie de Covid ne cloue les gens chez eux. Ce film, c'est Unfriended du soviétique Levan Gabriadze. Le concept des deux films est le même. Un groupe d'amis se réunit chacun devant son ordinateur pour discuter de choses et d'autres avant que n'intervienne ce qui s'apparente à un hacker. Un pirate informatique qui s'incruste dans la conversation sans pour autant y avoir été invité. Mais alors que Unfriended pouvait se vanter d'apporter une touche d'originalité à l'époque (2014), le film de Romuald Boulanger se plante, lui, dans les grandes largeurs. Mélange de thriller et de comédie, Connectés convie neuf amis à se retrouver afin de partager un apéro virtuel lorsque l'un d'eux est sauvagement agressé par un inconnu qui s'introduit dans l'appartement qu'il occupe. Inquiets, ses amis tentent de reprendre contact avec lui lorsque devant l'écran d'ordinateur de la victime désormais inanimée, surgit son agresseur. L'homme porte un masque noir, des lunettes noires une casquette noire ainsi qu'un poncho rouge !


Connectés repose sur un concept évidemment assez simple puisque sous la forme d'une intrigue à la Hercule Poirot du pauvre MAIS, d'un nouveau genre, les spectateurs devront se faire une idée sur l'identité du bonhomme dont le cynisme rend l'ensemble aussi peut crédible qu'inquiétant. À défaut de semer le trouble autre part que parmi les personnages et ne parvenant à aucun moment à générer le moindre sentiment de tension, ce long-métrage d'une durée avoisinant les soixante-quinze minutes a le seul mérite de n'être finalement pas trop long. Si le concept est séduisant, surtout qu'il s'agit d'un film français, l’œuvre repose parfois sur du vide que tentent de remplir des interprètes qui ne semblent pourtant pas tous près à s'investir corps et âme dans le projet.


Si l'on compte la présence de Franck Dubosc durant le tout dernier acte qui ne dure qu'une toute petite poignées de minutes, la parité hommes/femmes est respectée. Cinq actrice pour cinq acteurs. D'un côté, Audrey Fleurot, Nadia farès, Vanessa Guide, Claudia Tagbo et Dorothée Pousséo. De l'autre, Pascal Demolon, François-Xavier Demaison, Michael Youn, Stéphane de Groodt et Franck Dubosc, donc. Tous n'ont pas l'air scrupuleusement impliqués, et tous n'ont pas le même temps de présence à l'écran. Un écran d'ailleurs splitté en deux, trois, quatre ou même cinq écrans., pour un rendu visuel étonnamment laid. Ce qui n'empêche pas la lisibilité puisque contrairement au long-métrage de Levan Gabriadze, celui de Romuald Boulanger ne requiert à aucun moment l'utilisation des claviers des personnages. Tout ne nous est donc retranscrit qu'à travers la vidéo et la parole des personnages. Parmi les interprètes, Stéphane de Groodt paraît être celui pour qui le procédé semble le plus compliqué à mettre en place. Hésitant souvent, nous mettrons ça sur la personnalité de son personnage. Scénario quasi inexistant, interprétation parfois hésitante (ici, pas de vrai live mais plutôt un montage parfois laborieux), humour de très faible intensité... Connectés est vraiment peu satisfaisant. Sans que l'on s'y ennuie, on peut en revanche se demander l'intérêt de développer un tel concept... Effet de mode ? Très certainement...

 

dimanche 27 septembre 2020

Baby Phone d'Olivier Casas (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆

 



Un père atteint de narcolepsie (excellent Michel Jonasz), une mère froide, rigide et très critique (savoureuse Marie-Christine Adam), une épouse quelque peu délaissée (épatante Anne Marivin), un ami d'enfance manager (génial Pascal Demolon) d'une chanteuse à succès (Barbara Schultz) ainsi qu'un addict au sexe (Lannick Gautry)... C'est autour de ses parents, de son épouse, de ses amis et d'une chanteuse qu'il rencontrera pour la première fois que Ben (Medi Sadoun) décide sans avoir d'abord consulté Charlotte, d'organiser un dîner le vendredi à venir. Parents d'un tout jeune bébé, c'est sa mère qui s'en occupe dans une grande majorité des cas puisque le père, lui, est accaparé par son ambition de devenir célèbre grâce à ses compositions musicales. Un sujet au centre de nombreux désaccords non seulement entre les époux, mais également entre Ben et sa mère Monique qui verrait bien son fils prendre la place de son père à l'usine afin de permettre à ce dernier de prendre enfin sa retraite.... Alors que tous les convives (ou presque) sont présents, les amis Simon et Nathan passent voir le bébé endormi dans sa chambre tandis que Monique, son époux Hubert, Ben et Charlotte sont dans le salon. Penchés au dessus du berceau, les deux hommes prennent un ton moqueur et se font des révélations sans savoir qu'un Baby Phone retransmet justement dans le salon tout ce qu'ils disent. Ben et ses parents apprennent notamment que Nathan a couché avec Charlotte. Dès leur retour parmi leurs hôtes, les deux hommes constatent que l'ambiance est devenue glaciale...


C'est dans ce contexte que partagent beaucoup de longs-métrages que le réalisateur et scénariste Olivier Casas (ici aidé à l'écriture du scénario par Serge Lamadie et Audrey Lanj) réalise son tout premier format long après une série de courts-métrages dont l'un, éponyme, et d'un durée de quinze minutes traitait déjà du même sujet. Ou comment un simple petit appareil censé surveiller à distance les faits et gestes d'un bébé endormi peut avoir de lourdes conséquences sur une soirée. Baby Phone réuni tout un panel d'excellents interprètes eux-même soumis à un cahier des charges plutôt réjouissant : chacun y va en effet de son hypocrisie, certains avec nuance quand d'autres y vont franchement dans la démesure. Dans le domaine de la courtoisie, c'est Michel Jonasz/Hubert qui remporte le trophée de la bienveillance. Caché derrière son personnage atteint de narcolepsie qui passe le plus clair des quatre-vingt quatre minutes que dure le film à dormir, les rares fois où l'acteur/chanteur s'exprime c'est avec prévenance et dans ces moments là, on se tait et on l'écoute. Marie-Christine Adam qui incarne son épouse est l'exact contraire de Hubert. Froide et critique, elle ne se résigne jamais à tenir son rôle de convive mais passe son temps (peut-être avec un malin plaisir d'ailleurs) à remettre en question tout ce que dit et fait sa belle-fille. Charlotte qui elle, bouillonne véritablement. Pascal Demolon, égal à lui-même, est sans doute l'une des pièces maîtresses de ce petit jeu de massacre qui souffre parfois étrangement de silences. Sans doute placés ça et là pour que le spectateur ressente la gêne au sein de ce petit groupe d'amis et de membres d'une même famille qui ont des choses à cacher et donc, autant de choses à révéler...


Pascal Demolon, donc. Dans le rôle outré du manager hypocrite rattrapé (et donc sauvé) par ses émotions lors d'un dernier quart-d'heure qui explose les certitudes concernant l'issue de cette comédie plus légère que vraiment grave tout en se concluant de manière relativement touchante. Chacun y est à sa place, et même si l'on ne vit jamais de grands moments comme cela pu être le cas devant des classiques tels que Un Air de Famille de Cédric Klapisch en 1996, Cuisine et Dépendances de Philippe Muyl en 1992, Le Prénom d'Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte en 2012 ou de manière plus grave comme par exemple dans le cas de Préjudices d'Antoine Cuypers en 2015, on ne s'ennuie pas un seul instant. Medi Sadoun sort un peu de ses rôles de français d'origine maghrébine un peu lourds (Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu de Philippe de Chaveron et sa séquelle) pour celui d'un individu ivre de reconnaissance (faire croire que son père est sur le point de mourir pour parvenir à convaincre Simon de participer au dîner, il fallait oser!). Sans être un chef-d’œuvre ni proposer d'étourdissants dialogues, Baby Phone est cependant divertissant et permet de réunir une brochette d'interprètes attachants. Le film d' Olivier Casas est d'abord une sympathique comédie. Simple et sans prétentions...


lundi 14 septembre 2020

Jamais le Premier Soir de Melissa Drigeard (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Julie vient de se faire plaquer. Pire, son ancien compagnon l'a quittée en faisant lâchement intervenir un coursier. Pour la trentenaire, c'est la tuile et bientôt le célibat. Mais heureusement pour elle, Julie peut compter sur sa mère, et surtout sur ses deux meilleures amies Louise et Rose. Mais c'est en réalité grâce à l'ouvrage Le Bonheur, ça s'apprend du très populaire écrivain Viktor Bells que la jeune femme va s'épanouir dans un registre différent de celui qu'elle a connu jusqu'à maintenant. Grâce à ce livre qui se vend comme des petits pains, elle va s'attacher à suivre les préceptes qui y sont érigés au grand dam de Louise et Rose qui pensent un instant que leur amie a perdu la tête. Julie fera notamment la connaissance Charles, d'Ange et même de Marc, propriétaire d'une librairie dont elle dévore le rayon consacré à l'épanouissement personnel. Tandis que ses deux amies tentent de faire bonne figure face au nouveau mode de vie de Julie, celle-ci les convie à un séjour très particulier lors duquel elles devront elle-même se révéler...

Jamais le Premier Soir est le premier long-métrage de la réalisatrice française Melissa Drigeard. Un film réalisé par une femme, avec en vedette, des femmes, et privilégiant sans aucun doute avant tout un public féminin. C'est à peu près ce que doit ressentir le public masculin qui dès les premières secondes assiste à la scrupuleuse démolition de l'appartement du conjoint de l'une des trois héroïnes interprétées par Alexandra Lamy, Mélanie Doutey et Julie Ferrier. Trois amies pour trois visions différentes des rapports entre hommes et femmes. Alexandra Lamy incarne celle qui tente à avoir une relation amoureuse des plus stable et des plus conventionnelle même si pour cela, elle doit passer par des aventures sans lendemains. Mélanie Doutey incarne une Louise qui couche avec son boss (excellent Pascal Demolon) et n'a pas froid aux yeux lorsqu'il s'agit de faire de nouvelles rencontres. La relation la plus délicate est celle que porte sur les épaules Rose qu'interprète Julie Ferrier. Avec son compagnon, il y a bien longtemps qu'ils n'ont plus eu de rapports sexuels. Ce qui la pousse à se demander si elle l'aime encore...

Face aux trois interprètes féminines, la réalisatrice leur oppose tout un panel de spécimens du sexe opposé eux aussi, ayant des comportements qui divergent les uns des autres. Avec son look de baroudeur, sa barbe de trois jours et sa philosophie qui colle parfaitement avec celle de Julie, Grégory Fitoussi incarne un Ange séduisant mais cachant bien son jeu. Julien Boisselier interprète le rôle de Charles, l'un des hommes que rencontrera Julie à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il dévoile son véritable visage. C'est peut-être en fin de compte Jean-Paul Rouve/Marc qui saura trouver le ton juste pour séduire une Julie dont il n'est cependant pas forcément le genre d'homme. Sans être irrésistiblement drôle, Jamais le Premier Soir se laisse regarder comme une comédie tendre et fraîche sur les relations entre les hommes et les femmes. Pour autant, le film de Melissa Drigeard n'atteint pas vraiment, voire pas du tout ses objectifs. À moins qu'il ne s'agisse de ceux des producteurs ou du distributeur qui promettaient à travers l'accroche ''Attention, ce film rend heureux'' une séance qui aurait dû donner la pêche au spectateur. Pourtant, c'est sans être totalement conquis par le résultat qu'on la quitte, persuadé d'avoir passé un moment agréable en compagnie de personnages et d'interprètes attachants sans que l'expérience fut pour autant inoubliable. Une comédie légère mais dispensable donc...

vendredi 6 décembre 2019

Cette Femme-là de Guillaume Nicloux (2003) - ★★★★★★★★☆☆



Josiane Balasko dans un long-métrage signé Guillaume Nicloux ? Après Anémone, Jean-Pierre Darroussin, Thierry Lhermitte et avant Monica Bellucci, Guillaume Canet, Isabelle Huppert ou Gérard Depardieu pourquoi pas ? D'autant plus que l'actrice plus souvent habituée des comédies nous offre ici une interprétation à contre-emploi magistrale. Cette Femme-là est le deuxième volet d'une trilogie policière débutée par Guillaume Nicloux un an auparavant en 2002 avec Une Affaire Privée et conclue en 2007 avec La Clé. Difficile d'affirmer que Cette Femme-là est le meilleur d'entre tous, mais une chose est certaine : le cinquième film du réalisateur français, également auteur du scénario est de ces longs-métrages qui laissent une entaille profonde dans l'inconscient des spectateurs qui s'en référeront forcément chaque fois qu'ils seront par la suite confrontés à ce type de films. Cette Femme-là est un policier... un thriller du meilleur cru. Outre l'incarnation d'une Josiane Balasko absolument remarquable dans la peau d'une flic hantée par un drame personnel dont elle n'arrive pas à se soigner (le personnage de Michèle Varin qu'elle interprète porte le deuil en permanence), la mise en scène de Guillaume Nicloux est absolument remarquable...

Alambiqué et ''contaminé'' par le style si particulier de l'auteur de The End ou des Confins du Monde, Cette Femme-là est tantôt incommodant dans son approche relativement complexe, tantôt passionnant lorsque le spectateur subit les incessants cauchemars de son héroïne, faisant de l’œuvre de Guillaume Nicloux, un film à la limité de l'épouvante. Le long-métrage se doit d'être découvert sans que le spectateur ne se soit au préalable intéressé à la bande-annonce, au synopsis, ni au moindre commentaire ou la moindre critique. Il faut s'y plonger vierge de la moindre connaissance à son sujet pour que le flou qui entoure l'intrigue vous imprègne de sa chape de plomb. De son austérité, de son caractère dramatique mais aussi de l’ambiguïté que revêt l'extrême complexité de certains personnages ou certaines situations. S'apparentant parfois au fantastique à travers l'évocation du Diable ou plus loin lors de séquences dont on ne sait plus trop si elles reflètent la réalité ou l'imaginaire de l'héroïne, Guillaume Nicloux endosse le costume d'un transfuge. Celui du cinéma cher au génial David Lynch dont il s'inspire de certaines postures et certains décors pour nous offrir des tableaux macabres aussi beaux qu'anxiogènes...

Loin d'être ridicule, le réalisateur signe une œuvre parfaitement cohérente même si parfois l'on peut ressentir une certaine gêne lorsqu'il s'agit d'expliquer et de comprendre certains passages. C'est peut-être d'ailleurs ce qui différencie l’œuvre de l'américain de celle du français. En effet, contrairement à David Lynch, Guillaume Nicloux semble parfois perdre le contrôle des événements. Une hypothèse à mettre pourtant entre guillemets et un ''fait'' dont l'importance s'amenuise face à l'ampleur du spectacle auquel il nous est donné d'assister. Le scénario de Cette Femme-là, dont le récit est symbolisé par l'art du puzzle dont l'héroïne est une adepte, est un incroyable enchevêtrement de pistes, parfois abstraites, tantôt concrètes. Un thriller croisant le fer avec un pseudo-fantastique et des personnages dont l'approche les rend parfois aussi troublants que l'héroïne. Aux côtés de Josiane Balasko, on retrouve Eric Caravaca, Aurélien Recoing, Frédéric Pierrot, Pascal Bongard ou encore Pascal Demolon ici, dans un rôle digne du plus frappadingue des personnages évoluant dans la sphère ''lynchienne''. À noter l'apparition en forme de clin d’œil de Thierry Lhermitte qui rendosse pour une poignée de minutes le personnage de François Manéri qu'il incarnait l'année précédente dans Une Affaire Privée... En attendant, Cette Femme-là est un thriller terriblement prenant, énigmatique et oppressant. À découvrir absolument...
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