Dans la vie, il y a pire
que de perdre son emploi, son logement, sa famille ou sa fierté.
Pire que de partager une bouteille de mauvais vin avec un clochard,
dormir sur un banc public, ou être ignoré des passants. Le pire est
arrivé à Tom (l'acteur Stephen Rea), qui alors qu'il déambule dans
la rue à la recherche d'une mission où passer la nuit, est renversé
par une voiture au volant de laquelle se trouve Brandi. Une jeune
femme bien sous tous rapports. Une infirmière proche de ses
patients, compréhensive, mais dont le penchant pour certaines drogues
va la plonger dans un cauchemar sans fin. Un très mauvais rêve dans
lequel elle va attirer non seulement Tom, mais également son
compagnon Rashid. Le cinéaste Stuart Gordon se penche sur cette
sordide histoire inspirée d'un fait-divers authentique. L'auteur de
Re-Animator,
de From Beyond
et
de Dagon
signe en cette année 2007, ce qui demeure jusqu'à aujourd'hui, son
dernier long-métrage. Le cinéaste offre le premier rôle à
l'actrice américaine Mena Suvari que l'on a pu notamment voir dans
American Beauty
de Sam mendes, l'immonde Jour des Morts
de Steve Miner ou la série des American Pie.
Le britannique Stephen Rea n'est pas un inconnu des amateurs de
cinéma puisque dès le début des années quatre-vingt, il a débuté
une longue carrière qui l'a vu interpréter d'intéressants
personnages dans La Compagnie des Loups
de Neil Jordan, Citizen X
de Chris Gerolmo, ou encore V pour Vendetta
de James MC Teigue.
Stuck
est une excellente surprise, et même si son doublage en française
se révèle plutôt médiocre, l'épreuve subie par ses principaux
personnages a de quoi passionner les fans de thrillers et
d'épouvante. Le récit se résume simplement,, entre le garage d'une
jeune femme responsable d'un accident de la route ayant fait une
victime en la personne d'un SDF nouvellement... promu au statut de
clochard, et l’hôpital dans lequel elle travailler avec dévotion.
Le résultat est particulièrement satisfaisant. Surtout que l'on se
demande de quelle manière aboutira ce récit, entre la tentative
désespérée de la jeune femme de se débarrasser du corps encore
chaud de sa victime, et de cette dernière, dont les dernières
forces suffisent à le maintenir en vie et lui faire espérer que
quelqu'un lui viendra en aide. Une hypothèse qui ne débouche sur
rien, entre des voisin immigrés ne voulant pas provoquer le moindre remous, et
un très... 'précieux'
passant qui n'a d'yeux que pour son petit roquet, ignorant les
suppliques d'un homme en train de se vider de son sang dans le garage
d'une infirmière endossant le costume d'une hypothétique
meurtrière.
Stuart
Gordon évoque un temps les conditions précaires des laissés pour
compte. De la broyeuse administrative qui demande à son client de
remplir un dossier afin de s'inscrire à l'ANPE alors même qu'il a
déjà obtenu un rendez-vous après avoir rempli et envoyé ce même
document , jusqu'à la rue, dont le cinéaste nous épargne certains
aspects pour se concentrer davantage sur le choc, au sens propre, qui
va bientôt unir dans le sang, Brandi et sa victime. Considérant que
Stuck
est inspiré d'un fait-divers authentique, le spectateur ne pourra
qu'éprouver quelques frisson d'horreur à l'évocation du cauchemar
vécu par un homme qui passa plus de vingt-quatre heures encastré
dans le par-brise d'une voiture enfermée dans le garage de sa
propriétaire. Le personnage de Brandi nous étant tout d'abord
présenté comme une infirmière admirable, la jeune femme se mue peu
à peu en un monstre de froideur, allant jusqu'à demander à son
compagnon de tuer l'homme dont elle n'arrive décidément pas à se
débarrasser. Derrière l'horreur de cette situation, le cinéaste
imprime à son œuvre quelques séquences amusantes, pourtant liées
à l'horreur de la situation. Dans la peau de Rashid, l'acteur Russel
Hornsby déclenche des rires (in)volontaires de la part d'un public
amusé devant l'inaptitude du personnage à accepter la
responsabilité de se débarrasser du corps de Tom. Stephen Rea est
convaincant, et même parfois touchant, surtout au début, lorsque
son personnage est mis face à sa nouvelle condition de sans domicile
fixe. Stuart Gordon réalise là une série B très honnête à
laquelle nous pourrions cependant reprocher une esthétique un peu
trop lisse. Mais à part cela, Stuck est
une agréable surprise...
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