Aux côtés de son
homologue Takashi Shimizu, le réalisateur japonais Hideo Nakata
demeure l'un des plus fameux créateurs de contenu horrifique de type
J-Horror. Tout comme lui, il
signa quelques classiques parmi lesquels plusieurs volets de la
franchise Ringu
et surtout, le chef-d’œuvre absolu du film de fantômes asiatiques
Honogurai Mizu no Soko Kara
plus connu chez nous sous le titre Dark Water.
Après avoir majoritairement mis en scène des films d'horreur tout
en étant désormais beaucoup moins exposé à l'échelle
internationale, Hideo Nakata continue aujourd'hui à explorer
l'univers des esprits belliqueux, notamment à travers Jiko
Bukken: Kowai Madori,
un antépénultième long-métrage qui prend en partie pour cadre le
petit monde de la télévision. Mais tout commence sur les planches
d'une salle de spectacle où sont en représentation Taisa Nakai
(Kôji Seto) et Yamame Yamano (Kazuya Kamenashi). Deux humoristes
qui ne parviennent absolument pas à faire rire leur public en dehors
de la jeune Kaori (l'actrice et chanteuse Megumi que l'on vit
notamment dans un certain nombre de longs-métrages mettant en scène
le célèbre Kaijū Godzilla). Les deux hommes décident alors de se
séparer. Le premier se voit offrir un emploi de scénariste mais le
producteur qui l'engage décide au bout du compte de se passer de ses
services. Quant au second, ce même producteur lui offre
l'opportunité de se rendre sur les lieux d'un drame à l'aide d'une
caméra lorsqu'il filme à son insu un phénomène paranormal.
Rencontrant un certain succès auprès du public médusé, Yamame
Yamano est désormais employé afin d'enregistrer toute intervention
surnaturelle se produisant en des lieux où survinrent des drames.
Par chance, Taisa Nakai est engagé à ses côtés. Quant à Kaori,
séduite par Yamame Yamano, la jeune femme décide de suivre l'ancien
duo d'humoristes lors de leurs nouvelles pérégrinations... Adapté
du roman éponyme de Tanishi Matsubara, Jiko
Bukken: Kowai Madori
met en scène trois personnages dans un mélange de film d'épouvante,
de fantastique et de romance s'inscrivant dans un contexte
télévisuel. Hideo Nakata les plonge donc dans l'univers de la
petite lucarne et nous propose une alternative originale du thème
des fantômes basée sur l'expérience vécue par Tanishi Matsubara
qui outre sa carrière de comique explora des appartements
prétendument hantés. Des expériences qui furent diffusées dans
l'émission de télévision japonaise Omaera
Ikuna dédiée
aux phénomènes paranormaux.
Le
concept est ici découpé en plusieurs chapitres, chacun
correspondant à l'investigation d'un appartement. Mais l'essentiel
du récit tourne précisément autour de l'un d'eux. Alors que le
père de Taisa Nakai n'a jamais cru en la carrière d'humoriste de
son fils et que Yamame Yamano est convaincu des bienfaits de rendre
les gens heureux, l'on découvre que Kaori développe depuis toute
petite le don de voir l'esprit des morts. Si l'acteur Kôji Seto est
souvent mis en retrait, Hideo Nakata s'investit davantage dans
l'écriture du duo Kazuya Kamenashi/Megumi afin d'en faire un couple
naïf et attachant. Durant près de deux heures, Jiko
Bukken: Kowai Madori reste
malgré tout très loin des œuvres les plus emblématiques du
cinéaste japonais qui retrouve donc ici l'une des ses thématiques
favorites. Mais à multiplier les interventions surnaturelles n'ayant
aucun rapports entre elles avant de fixer l'objectif des
protagonistes sur une inquiétante femme vêtue d'une robe rouge
victime d'un meurtre horrible, Hideo Nakata noie tout d'abord son
récit et brouille les pistes. Si certaines séquences font œuvre de
remplissage et si les interventions surnaturelles ne sont pas toutes
du meilleur goût, Jiko Bukken: Kowai Madori
bénéficie malgré tout de quelques séquences mémorables qui
rappellent combien le réalisateur et scénariste japonais compta
dans l'ascension à l'échelle internationale du genre J-Horror !
Si les événements se précisent et se précipitent véritablement
lors du dernier tiers du long-métrage, quelques scènes marquantes
permettent avant cela au spectateur de tenir jusque là. Comme cette
séquence lors de laquelle, séparés de quelques centaines de mètres
mais connectés par téléphones portables interposés, Yamame
Yamano et Taisa Nakai sont simultanément confrontés à la dite
femme en robe rouge. Hideo Nakata ne précise jamais véritablement
ses intentions. Du moins n'appuie-t-il jamais suffisamment fort sur
le côté émotionnel (la relation entre Yamame Yamano et Kaori) ou
sur le sensationnel pour que les spectateurs soient véritablement
bouleversés par l'idylle entre les deux personnages principaux où
effrayés par les différentes incarnations surnaturelles. Au regard
des classiques que réalisa dans le passé Hideo Nakata, Jiko
Bukken: Kowai Madori
apparaît certes comme une curiosité tout en étant n'étant
nettement moins convainquant...
Sans grand rapport mais cela me fait penser qu'il faudrait que je revois "The host"...
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