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mardi 30 janvier 2018

Bølgen de Roar Uthaug (2015) - ★★★★★★★★☆☆



Un film catastrophe scandinave, c'est suffisamment rare pour être évoqué. D'autant plus que dès l'introduction des personnages et de leur situation professionnelle, le cinéaste norvégien Roar Uthaug (lequel devrait, Ô mon Dieu, réaliser la prochaine adaptation cinématographique du jeu vidéo Tomb Raider) nous en met plein la vue avec les paysages de Geiranger, petite ville touristique norvégienne encaissée entre deux flancs de montagnes dans la région de Sunnmøre. C'est dans les hauteurs de cette merveilleuse destination prisée des touristes du monde entier qu'intervient le personnage incarné par l'acteur Kristoffer Joner, grande star norvégienne que l'on a pu notamment découvrir dans Naboer et Babycall, tous deux signés par le cinéaste Pål Sletaune en 2005 et 2011. Kristian Eikjord est géologue et travaille pour la Norges Vassdrags- og Energidirektorat qui n'est autre que la Direction des Ressources en Eau et de l'Energie norvégienne, une entité existant réellement depuis 1921. D'ailleurs, si le cinéaste norvégien a choisi de prendre pour cadre un tel décor en invoquant la NVE, c'est parce que Bølgen s'inspire d'un événement qui eut lieu dans le fjord norvégien Norddalsfjord dans la nuit du 7 avril 1973: Un immense glissement de terrain emportant deux millions de mètres cube de rocher provoqua un très important tsunami qui tua quarante personnes.

L'intrigue est donc sensiblement similaire et nous décrit le combat d'un homme face à l'irrémédiable catastrophe à venir. Bølgen est en quelque sorte l'alter ego norvégien du San Andreas du cinéaste canadien Brad Peyton. Mais la comparaison s'arrêtant là, le norvégien montre avec infiniment plus de finesse la bataille menée par un géologue contraint de sauver une population toute entière face à une catastrophe d'une ampleur incroyable. Contrairement au film américain cité ci-dessus, le long-métrage de Roar Uthaug tente avec succès de conserver dans une certaine mesure l'aspect réaliste d'un tel événement alors que le canadien, lui, réalisait la même année, un blockbuster enchaînant des dizaines de scènes improbables. Le ridicule ne tuant pas encore les spectateurs enfermés dans des salles obscures, Brad Peyton se permettait une vision aussi impressionnante que ridicule des ravages commis d'abord par un séisme de magnitude 9.6, suivi d'un énorme tsunami emportant tout sur son passage. Le fils spirituel du médiocre cinéaste allemand Roland Emmerich, en somme.

Dans le genre catastrophe, Bølgen est une belle leçon de cinéma qui prouve qu'il n'est jamais nul besoin d'en faire des caisses pour qu'un film soit réussi. En misant sur la finesse d'un script n'en rajoutant jamais en terme d'événementiel, Roar Uthaug q semble-t-il réalisé l'un des meilleurs films catastrophe de tous les temps, rien que ça. L'un des principaux atouts de Bølgen repose sur une interprétation sans faille et sur le visage d'une population décrite comme une communauté vivant dans la joie et la bonne humeur. Ici, pas de grand méchant. Et même les tensions qui pourraient naître d'un désaccord entre le héros et son supérieur hiérarchique n'ont pas cours dans cette petite station balnéaire. Si le tsunami tant désiré se fait attendre, c'est aussi parce que le cinéaste respecte ses personnages, et donc ses interprètes, et même les spectateurs. C'est ainsi donc qu'il prend le temps de les caractériser. Un bon moyen de les rendre attachant auprès du public. A la suite de cette première découverte du cadre paradisiaque qu'offre Geiranger et de ses habitants, on assiste avec une économie de moyens mais lors d'une scène de tension extrême, à l'effondrement d'une partie de la montagne générant par la suite un très impressionnant tsunami filmé de manière si ingénieuse qu'il semble foncer tout droit sur le spectateur. On a droit ensuite à la recherche des survivants comme dans tout bon film catastrophe. Là encore, le cinéaste joue à merveille avec le cadre (celui de l'hôtel où sont réfugiés l'épouse et le fils de Kristian) et l'élément liquide qui de manière inexorable, se faufile partout.

Bølgen est au final un spectacle d'une grande humanité ne cherchant pas systématiquement à nous en mettre plein la vue. L'efficacité de la mise en scène, la bande-son du compositeur Magnus Beite, les décors fantastiques de Geiranger et la formidable interprétation de tous les interprètes (avec en tête, une fois encore, le norvégien Kristoffer Joner) font du film de Roar Uthaug, l'un des tout meilleurs de sa catégorie, toutes origines et toutes époques confondues. Un must !

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