Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


lundi 29 janvier 2018

Naboer de Pål Sletaune (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆



Il est très intéressant de voir comment la presse et une partie du public sont prêts à réduire certaines œuvres au simple titre de films d'horreur. Ce principe pouvant avoir de lourdes conséquences, on ne s'étonnera donc pas de tomber sur des critiques acerbes relevant de l'ignorance. Comme en fut la victime ce Naboer du cinéaste, scénariste et producteur norvégien Pål Sletaune qui signait là, son troisième et avant-dernier long-métrage à ce jour. Car non, ce long-métrage scandinave (la Norvège, la Suède et le Danemark y ayant contribué) datant de 2005 n'est pas simplement qu'un film d'horreur s'inscrivant dans le quotidien somme toute banal d'un individu abandonné par sa petite amie mais bien un thriller psychologique plutôt effrayant incarnant une vision moderne du Locataire de Roman Polanski sans pour autant en atteindre les mêmes qualités.
Car quoi que l'on en dise, quoi qu'on en pense, il demeure dans Naboer, des similitudes avec l’œuvre du polonais. Comme il en demeure dans bien d'autres par ailleurs (pour exemple, le Musarañas de des espagnols Juanfer Andrés et Esteban Roel), son héros incarné par l'acteur norvégien Kristoffer Joner vit seul dans son appartement depuis que sa compagne Ingrid (l'actrice Anna Bache-Wiig) est partie filer le grand amour auprès de Ake (l'acteur suédois Michael Nyqvist que l'on a pu notamment voir dans la trilogie Millenium).

Pål Sletaune développe donc son intrigue autour du mal-être de son personnage principal tout en lui opposant deux voisines particulièrement collantes et dont le comportement ne laisse rien présager de bon. L'un des défauts majeurs de Naboer demeure dans la caractérisation outrancière des personnages interprétés par les actrices Cecilie A. Mosli et Julia Schacht. Les traits forcés de ces deux spécimens de la gente féminine particulièrement barrées avaient-il besoin d'être si caricaturaux pour que les spectateurs puissent les identifier comme nocives pour le personnage de John? Non, certainement pas. Leur attitude exagérée aura tendance à énerver le spectateur à force de le prendre par la main, et ainsi donc, pour un idiot. Fort heureusement, de Naboer, il reste encore de sympathiques choses à retenir. Comme le personnage incarné par Kristoffer Joner tout d'abord. Plutôt convaincant dans le rôle d'un John fragilisé par sa rupture d'avec Ingrid. Là encore, le trait est forcé. Non pas celui de John, plutôt finement interprété, mais plutôt celui d'une Ingrid au comportement irritant. Au point que l'on n'ait aucune forme d'attachement pour ce personnage qui semble parfois tendre la main pour se faire battre.

Le climat de Naboer est parfois pesant. Peut-être pas aussi lourd que dans Répulsion ou dans Rosemary's Baby (tous deux de Roman Polanski) qui convoquent à leur façon une même prison dorée, mais accentué par une géométrie des lieux assez curieuse et parfois étouffante. Un cadre se modifiant au gré de l'intrigue, certains passages disparaissant purement et simplement jusqu'à un climax final qui se révèle finalement moins surprenant que ce à quoi le spectateur aurait pu ou dû prétendre ( Musarañas oblige).
Les effusions de sang sont rares et n'interviennent que lors des quelques moment de tension opposant John aux femmes qui constituent presque exclusivement son entourage. Le soucis avec Naboer, c'est que son auteur manque véritablement de culot pour se distinguer de la majorité des films proposant ce genre d'intrigue. Pål Sletaune ne fait qu'empiéter sur des plate-bandes déjà foulées bien avant lui. On retiendra tout de même la scène opposant Kristoffer Joner et Julia Schacht durant laquelle l'érotisme un peu morbide aura pour effet d'agir sur les hormones de ces messieurs. Une scène relativement excitante réchauffant à sa manière pourtant peu engageante, une atmosphère toute scandinave. Naboer est au final un long-métrage qui se regarder avec un certain plaisir mais si on aura tôt fait de l'oublier...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...