Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Philippe Katerine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Philippe Katerine. Afficher tous les articles

samedi 19 août 2023

La Plus Belle Pour Aller Danser de Victoria Bedos (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Derrière son titre passe-partout, son affiche d'une rare laideur et sa réalisatrice dont on ne savait jusque là encore pas grand chose, le film La Plus Belle Pour Aller Danser de Victoria Bedos avait toutes les chances de finir dans les bacs à un euro des magasins hard-discount. C'est d'ailleurs le sort que certains spectateurs et critiques lui destineront dès sa sortie. Il faut dire que cette comédie a la lourde tâche, une fois encore, de sortir le genre du marasme dans lequel la plupart des longs-métrages le plongent depuis bien des années maintenant. Si beaucoup ont abandonné tout espoir, il en demeure qui comme votre serviteur présument que ce jour arrivera. La Plus Belle Pour Aller Danser est pourtant bien l'un de ces petits miracles qui voient le jour tous les deux ou trois ans, n'en déplaise aux plus anciens qui ne révèrent que les comédies du milieu jusqu'à la fin du siècle dernier. Et pourtant, dans celle-ci, ne retrouvons-nous pas l'une des idoles de l'une de ces décennies perdues ? Trônant moins en évidence sur l'affiche du film que la jeune actrice Brune Moulin qui porte en très grande partie le film sur ses épaules, nous retrouvons en effet l'acteur Pierre Richard dans le rôle d'Albert, l'un des locataires d'une pension de famille où trôneront à ses côtés, quelques vieilles figures du cinéma français. Bien qu'elle porte le même patronyme que ce dernier, Firmine Richard n'a bien entendu aucun lien de parenté avec Pierre Richard mais ne s'est pas moins rendue célèbre grâce à son tout premier rôle au cinéma en 1989 dans l'excellent Romuald et Juliette de Coline Serreau dans lequel elle interprétait une femme de ménage. Parmi la vieille garde, nous retrouvons l'ancien Deschiens Olivier Saladin, Patrick Roux ou encore Guy Marchand. Les personnages qu'ils incarnent sont, au fond, très secondaires au regard de ceux qu’interprètent Loup Pinard et surtout Brune Moulin, laquelle tient efficacement la dragée haute à ses aînés. Certains devront sans doute s'armer de patience pour ne pas se laisser rebuter par des débuts qui fleurent bon l'ostéoporose, l'arthrose ou la polyarthrite rhumatoïde !


''Encore un film avec des vieux'' auront la tentation de d'affirmer certains... avant de revoir leur copie devant cette comédie légère au sujet ultra-rebattu d'une adolescente de quatorze ans amoureuse du nouvel élève qui vient d'arriver dans sa classe. Leur avis se muant alors en un ''Encore des mioches, toujours des mioches et pas un brin d'imagination'' que contrariera fort heureusement une dernière partie beaucoup plus convaincante. Pas sûr, pourtant, que tout le monde tienne jusque là. Ce qui serait dommage. Fille de Guy et sœur de Nicolas, Victoria Bedos signe donc son premier long-métrage et ''réinterprète'' de manière étonnante un sujet qui fait grand bruit bien qu'il ''n'intéresse'' qu'une très petite minorité. L'identité sexuelle des tous jeunes étant devenue l'une des préoccupations majeures de celles et ceux qui ne parviennent pas à remplir sainement leurs journées, Victoria Bedos nous épargne fort heureusement les aspects les plus crapuleux et les plus sordides du sujet en confrontant une adolescente mal dans sa peau qui du jour au lendemain va trouver l'amour au bras d'une très beau jeune garçon malheureusement (pour elle) homosexuel. Bien que La Plus Belle Pour Aller Danser soit le premier film dans lequel elle apparaît, la jeune Brune Moulin parvient sans mal à faire ses preuves dans le double-rôle de Marie-Luce Bison et de Léo. La transformation de la jeune fille en faux adolescent mimant la gestuelle et l'attitude générale des garçons de son âge fait parfaitement illusion. La jeune actrice est attachante jusque dans la démarche de son personnage, sa rébellion caractérisée par de très discrètes marques de rejet vis à vis de son père et des pensionnaires. La présence en tant que ''conseiller'' de Pierre Richard paraît finalement des plus minimes et si l'on devait choisir celui qui réellement se hisse à la hauteur de la jeune actrice, il semble évident que le nom qui viendrait à l'esprit en premier serait celui de Philippe Katerine. Car derrière cette douce attitude et cette naïveté qu'il intègre au personnage de Vincent Bison se cache une profonde blessure qui hante en sourdine le long-métrage jusqu'à cette très émouvante séquence lors de laquelle l'acteur est filmé en gros plan. Ne nous laissons donc pas rebuter par la l'apparente simplicité du l'écriture puisque La Plus Belle Pour Aller Danser est une très jolie surprise. Et croisons les doigts pour retrouver très rapidement Brune Moulin sur grand écran...

 

mercredi 8 mars 2023

Un homme heureux de Tristan Séguéla (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Pour cette nouvelle sortie cinéma au MÉGA CGR de Narbonne en cette matinée du 28 février, nous avons porté notre choix sur le dernier long-métrage de Tristan Séguéla dont nous connaissions déjà '' Docteur ? '' que nous étions allés découvrir en salle voilà trois ans. '' Un homme heureux '' met en scène Fabrice Luchini et Catherine Frot dans le rôle d'un maire déterminé à se faire réélire aux prochaines élections et de son épouse. Si la présence de l'un et de l'autre est plutôt rassurante, celle de Guy Laurent l'est déjà nettement moins. Pourquoi ? Pour une raison, au moins : sa participation aux projets '' Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu '', à sa première séquelle ainsi qu'à '' À bras ouverts''. Trois longs-métrages divertissants qui ont cependant été victimes de polémiques plus ou moins fondées sur de théoriques sous-entendus racistes. Après le noir, le maghrébin, le juif, le chinois et les ''roms'', voici que Tristan Séguéla s' attaque à un autre sujet de société à la mode : le transgenre ! L'on comprendra alors assez rapidement que l'homme du titre n'est pas celui auquel l'on croit (pas de panique ! L'info nous est dévoilée assez rapidement). Pour accompagner notre couple à l'écran (Édith/Catherine Frot et Jean Leroy/Fabrice Luchini), le réalisateur convie Philippe Katerine dans le rôle de l'ami et proche collaborateur du maire Francis, Artus dans celui de Thomas, un jeune homme chargé de communication sur les réseaux sociaux, Grégoire Bonnet dans le rôle de l'ami et confident d'Édith Gérald, ainsi que quelques seconds rôles incarnant les enfants du couple (dont l'humoriste sous lexomil Paul Mirabel) ou les membres d'un groupe réunissant divers transgenres. Mais alors que Philippe de Chauveron avait tendance à se '' moquer '' des origines ethniques de ses, personnages à travers tous les poncifs du genre, Tristan Séguéla aborde son sujet avec infiniment plus de délicatesse... 

 

Ce qui n'empêchera pas le personnage incarné par Fabrice Luchini d'évoquer sa pensée profonde vis a vis de celle qui ne se reconnaît plus dans son corps de femme et se sent homme. Parfois très amusant, '' Un homme heureux '' apporte également de très intéressantes réflexions sur le sujet sans porter aucun jugement que l'on appartienne à un camp ou à l'autre. Quand bien même l'on reste généralement stoïque (et je reste poli) devant cette nouvelle '' mode '' qui semble devoir faire de nombreux '' adeptes '', certaines séquences qui a priori peuvent paraître moralisatrices s'avèrent au contraire très enrichissantes (à l'image des deux séquences se déroulant au sein du groupe de discussion). Si le personnage qu'interprète Catherine Frot semble en total décalage avec l'univers dans lequel baignent les habitants du village où se situe l'action, Fabrice Luchini semble l'être vis à vis des nouvelles mœurs qui s'installent dans le paysage français actuel en incarnant le prototype du politique français de droite traditionaliste. Un contraste qui fait illusion un temps avant que ne se tasse l'intrigue à travers de décevants raccourcis. En effet, certains aspects du long-métrage sont assez vite balayés (les élections...) au profit d'une conclusion idéalisée, sans doute pour une question de temps puisque '' Un homme heureux '' ne dure que quatre-vingt neuf minutes au lieu des quatre-vingt dix-sept d'origine. Tourné dans la commune de Montreuil-sur-mer, le long-métrage de Tristan Séguéla est une très bonne surprise. Et même si les talents de conteur de Fabrice Luchini n'y sont pas totalement exploités (on l'a effectivement vu plus en verve dans d'autres circonstances), son interprétation est sublimée par la présence d'une Catherine Frot étonnante se délestant des apparats de la féminité pour incarner un '' homme '' plutôt crédible...

dimanche 12 avril 2020

Merveilles à Montfermeil de Jeanne Balibar (2020) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆



Il y a des dizaines, des centaines, et peut-être même des milliers de façon de concevoir un film. D'un côté, il y a ceux qui passent des jours, des semaines, des mois, voire des années à coucher une idée sur papier avant de la concrétiser devant la caméra. C'est peut-être ainsi qu'un David Lynch pense son œuvre. Tout à fait à l'opposée, il y a ceux qui ont l'air de n'y avoir passé qu'un temps infime. Quelques heures à potasser sur le sujet d'un film tout entier et apparemment sans queue ni tête en ayant l'air de vouloir se payer la tête du public qui ira voir la chose sur grand écran. Quentin Dupieux est peut-être de ces garnements qui se moquent de nous, qui sait... Et pourtant, l'on ressort chaque fois conquis. Et l'on évoque là avec ces deux seuls exemples, qu'une infime partie du septième art en écartant systématiquement tout ce qui relève du nanar, de la série Z ou de la comédie franchouillarde.

Cinéaste mais également musicien, Quentin Dupieux qui parfois se cache sous le pseudonyme de Mr Oizo pour mieux caresser le poil de nos oreilles à contre-sens n'est pas le seul a avoir eu ''l'impudence'' de quitter sa zone de confort pour aller tutoyer les étoiles du septième art. Du quatrième art qui sépare celui-ci du cinéma, il n'y a que trois marches. Et pourtant, certains semblent avoir bien du mal à les descendre. Parmi eux, quelques-uns s'y sont même cassés la figure. Si je pensais vraiment ne jamais pouvoir revivre la désastreuse expérience Brillantissime de 2018, engeance signée sur un caprice d'actrice par la pourtant pétillante Michèle Laroque, j'allais deux ans plus tard réaliser que j'avais tort. Il ne s'agit pas tant d'évoquer Chacun Chez Soi, son deuxième effort de réalisatrice dont la sortie a été repoussée au 22 juin prochain (merci au Covid-19 soit dit en passant), mais d'évoquer plutôt Merveilles à Montfermeil, premier long-métrage réalisé en solo par l'actrice, scénariste, réalisatrice et chanteuse Jeanne Balibar. 

''Après Brillantissime, Merveilles à...'' 
(ou quand certains critères de choix en matière de titres devraient mettre la puce à l'oreille des spectateurs) 

Sept ans après un Par exemple, Électre mis en scène en collaboration avec Pierre Léon, la détentrice d'un César en 2018 pour son interprétation de Barbara dans le film éponyme de Mathieu Amalric signe son premier film, toute seule. La réalisation ainsi que le scénario. Donc, aucune excuse et aucun reproche à mettre sur le dos d'une tiers personne. Merveilles à Montfermeil tourne autour d'une initiative plutôt intéressante ou du moins, intrigante : "Montfermeil Intensive School of Languages" (pour entrer dans le détail, allez lire les articles qui couvrirent la sortie du film). Un concept original sur le papier, mais une fois les caméras tournant à plein régime, donne lieu à l'un des films les plus insupportablement fades de toute l'histoire du cinéma. Ou comment réaliser une comédie loufoque rimant avec ennui, soupirs, impatience et désespoir. Car oui, devant ces aventures sans queue ni tête où se croisent, la réalisatrice elle-même dans le rôle principal (pourquoi se gêner), Ramzy Bédia, Mathieu Amalric, Bulle Ogier et même Philippe Katerine (que j'affirmais il n'y a pas si longtemps, capable de sauver n'importe quel film du naufrage), ben oui, on s'fait chier ! Merveilles à Montfermeil a le culot de me fait mentir.

Bien que le budget ne s'élève qu'à une poignée de millions d'euros en partie financés par Martine Marignac de Pastorale Productions, par Mathieu Amalric et grâce à une aide financière délivrée par le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), on se demande où est passé le pognon. Certainement pas dans le script, la mise en scène et l'interprétation. Force est de reconnaître que Jeanne Balibar aurait dû rester à la place qui est la sienne et nous éviter ainsi de subir pendant une heure et quarante-cinq minutes les verbiages souvent indistincts de personnages s'exprimant dans diverses langues. On pourra louer Merveilles à Montfermeil pour son sens du partage pluri-communautaire dans lequel certains complotistes verront peut-être un message du moins propagandiste, sinon démagogue. Jeanne Balibar pousse le curseur de la fantaisie et de l'excentricité tellement loin qu'elle abandonne le spectateur au passage. Tout sauf divertissant, l'utopique vision de la cinéaste ne peut que braquer un public venu avant tout se divertir et surtout ne pas se prendre la tête. Si l'absurdité du synopsis laissait rêveur, le résultat n'est vraiment, mais alors vraiment pas du tout à la hauteur. Et pour ceux qui n'auraient toujours pas compris : en comparaison, le dernier long-métrage réalisé par Arielle Dombasle Alien Crystal Palace est un chef-d’œuvre. Ça y est, ça rentre ?

dimanche 5 avril 2020

Le Lion de Ludovic Colbeau-Justin (2020) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après avoir été directeur de la photographie sur une poignée de longs-métrages (Le Fils à Jo et On Voulait tout Casser de Philippe Guillard, Hollywoo de Frédéric Berthe, Tout le Monde Debout de Franck Dubosc et tout un tas de séries télévisées), Ludovic Colbeau-Justin est entre temps passé à la réalisation en 2013 avec les séries No Limit, Léo Mattéï, Brigade des Mineurs avant de passer aux choses sérieuses en tournant son premier long-métrage en 2017 avec C'est Tout Pour Moi. Après deux téléfilms en 2018, il revient en 2020 avec la nouvelle comédie interprétée par Dany Boon et Philippe Katerine, Le Lion. Sortie sur les écrans français le 29 janvier dernier, cette comédie d'espionnage pleine de rebondissements n'a pourtant attiré qu'un peu moins de 500 000 milles spectateurs en France. Un gouffre financier si l'on tient compte du fait que le film a coûté quatorze millions d'euros et n'en a rapporté dans l'hexagone qu'environ le tiers. Ce n'est pourtant pas faute pour Ludovic Colbeau-Justin d'avoir tenté d'apporter une pierre supplémentaire au Buddy Movie français dont les plus remarquables représentants (la trilogie La Chèvre, Les Compères et Les Fugitifs de Francis Veber) semblent avoir inspiré le scénario d'Alexandre Coquelle et Mathieu Le Nahour.

Le Lion se décompose en trois parties distinctes dont la seconde demeure la plus importante en terme de durée. Le film s'ouvre tout d'abord sous la forme d'une comédie d'espionnage à l'américaine : Bagnole et restaurant de luxe, costume de marque et jolie plante à son bras, Dany Boon y incarne Léo Milan dit ''Le Lion''. Un agent secret pris dans une fusillade à la suite de quoi... le décor change pour la cellule d'un hôpital psychiatrique où il se retrouve enfermé. Romain Martin est le psychiatre de Léo auquel ce dernier raconte ses aventures d'agent secret. Persuadé comme le reste du personnel que celui-ci affabule, Romain émet des doutes lorsque Léo lui confie avoir aperçu à la fenêtre de sa chambre un camion de fleuriste suivre sa compagne Louise. Lorsque celle-ci est finalement kidnappée, Romain commence à se demander si son patient ne serait pas réellement un agent secret, et aux abois, accepte de le libérer afin qu'il l'aide à retrouver sa fiancée. Le psychiatre quitte l’hôpital en compagnie de Léo et les deux hommes se lancent alors dans une aventure pleine de rebondissements et de cascades...

Si le roi mythologique Midas a la faculté de transformer tout ce qu'il touche en or, la présence de Philippe Katerine au générique de n'importe quel long-métrage donne à ce dernier l'opportunité de ressembler à autre chose qu'une comédie banale et sans saveur. C'est encore vrai avec Le Lion de Ludovic Colbeau-Justin, lequel ne repose que sur le duo que le compositeur-interprète campe aux côté de l'acteur Dany Boon. Un tandem qui pourtant ne tranche peut-être pas suffisamment puisque chez l'un comme chez l'autre, quelques fusibles, plombs ou câbles semblent avoir grillé ''là-haut''. C'est à se demander qui est le plus ''fou'' des deux. Et peut-être même à se poser la question de savoir si finalement, ni l'un ni l'autre ne l'est réellement... Car l'un des enjeux du long-métrage repose sur l'identité réelle que tente d'imposer le personnage incarné par Dany Boon. Est-il fou, ou bien est-il vraiment un agent secret ? Si Le Lion est d'un classicisme qui confine parfois le récit à l'ennui le plus pénible, le film fait preuve de sursauts miraculeux qui feraient presque regretter une grosse partie du scénario. En effet, alors que tout semble avoir été dit, Ludovic Colbeau-Justin nous réserve une très belle et très bouleversante surprise. Un changement de ton inattendu. Si les seconds rôles ne sont là que pour servir le tandem Dany Boon/Philippe Katerine et la sous-intrigue tournant autour du braquage de la Banque de France pour remplir les cases vides du scénario, Le Lion s'avère divertissant, bien rythmé et surtout, les deux acteurs prennent visiblement beaucoup de plaisir à jouer ensemble. Un plaisir communicatif...

jeudi 6 février 2020

Opium d'Arielle Dombasle (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Qui aurait cru que devant cette œuvre signée de l'improbable auteur du récent Alien Crystal Palace j'allais éprouver des sentiments plutôt positifs au regard de la malveillance que je m'attendais à exprimer une nouvelle fois ? Opium est le grand frère du dernier long-métrage d'Arielle Dombasle puisqu'il lui est antérieur de six années, et pourtant, lorsque l'on s'est infligé le spectacle d'un Alien Crystal Palace foutraque, grandiloquent, kitsch et très mal interprété, Opium, lui, paraît parfois bien innocent, sinon timide dans toutes les cases à cocher qui participent à l'élaboration du ''mythe''. Contrairement à son dernier effort, l'actrice-réalisatrice ne s'y offre pas le rôle principal mais le confie à l'acteur Grégoire Colin qui dans la peau de Jean Cocteau, a la difficile tâche d'évoquer ses amours avec le jeune écrivain Raymond Radiguet, surtout connu pour avoir très tôt été l'auteur du célèbre roman Le Diable au Corps. En consommateur d'opium, poète, dessinateur et auteur de pièces de théâtre, Grégoire Colin distille une certaine grâce, du moins, le charisme nécessaire pour croire à cette histoire que vécurent réellement les deux hommes sans que le film ne tombe tout à fait dans le grotesque et l'invraisemblable...

Arielle Dombasle réunit une brochette de célèbres personnages (le danseur Vaslav Fomitch Nijinski, Maurice Sachs, Coco Chanel ou encore Paul Morand) dans un tourbillon qui ne dépareillerait presque pas avec La Note Bleue d'un Andrzej Zulawski pour le coup, beaucoup moins inspiré. Car en effet, si l'on peut trouver à Opium de nombreux défauts, le montage de Xavier Sirvin (Moussem les Morts de Jean-Baptiste Alazard et Vincent Le Port en 2010, La loi de la Jungle d'Antonin Peretjatko en 2016), la mise en scène chaotique, la post-synchronisation parfois catastrophique, l’œuvre d'Arielle Dombasle possède un charme suranné qui, si elle n’envoûte jamais vraiment le spectateur, parvient tout de même à le garder concentré devant le spectacle. Une valeur qui a son importance si l'on tient compte du fait que la réalisatrice s'est attachée les services de Vincent Darré pour la direction artistique et d'un nombre important de professionnels spécialisés dans le Sound-Design et les effets visuels pour au final accoucher d'une œuvre qui oscille entre le pathétique et le poétique.

Sans ambages, osons définir Opium ainsi : mélange surréaliste, psychédélique, musical et nanardesque où croiseraient le fer David Lynch, Alessandro Jodorowsky, Andrzej Zulawski, Luis Buñuel et Salvador Dalí, le cirque Barnum, le cabaret, l'intelligentsia littéraire du début des années 1900 et une certaine idée de la poésie mise en images dans de très artistiques séquences en noir et blanc, le long-métrage d'Arielle Dombasle n'est pas la vision ridicule qu'aimeraient sans doute imposer ses détracteurs. Bien entendu, la réalisatrice est loin d'imposer un divertissement digne des grands noms cités plus hauts, mais cependant, quelques séquences, malheureusement gâchées par des scènes absolument indigestes, maintiennent le spectateur éveillés. Arielle Dombasle y met en image la poésie de Jean Cocteau sur lequel repose pas mal de monologues et de dialogues. Réduit à ses seuls passages en noir et blanc, Opium aurait peut-être été digne de figurer dans le top cent du courant cinématographique surréaliste. Certaines séquences demeurent tout de même parfaitement acceptables. Outre celles en noir et blanc, kitsch mais ô combien poétiques, le spectateur appréciera sans doute les errances intimes et intestines de Jean Cocteau, l’exubérance un peu surjouée de Samuel Mercer dans le rôle de Raymond Radiguet, la partition musicale, simple, mais plutôt jolie et mélancolique de Philippe Eveno (qui participa déjà à celle de Je suis un no Man's Land en 2010) et bien sûr la présence toujours appréciable de Philippe Katerine qui dans le cas présent incarne le danseur Nijinski...

lundi 27 janvier 2020

Le Poulain de Mathieu Sapin (2018) - ★★★★★★★☆☆☆







Employé au musée de la BD d'Angoulême, illustrateur de plusieurs mensuels pour la jeunesse et auteur de la revue Psikopat, le dessinateur français Mathieu Sapin a également conçu les effets-visuels des premiers et troisièmes opus de la saga cinématographique Arthur et les Minimoys avant de passer à la réalisation en 2014 avec le court-métrage Vengeance et Terre Battue en 2014 et le long-métrage Le Poulain quatre ans plus tard. Dans ce dernier qu'il adapte d'après un scénario qu'il a écrit lui-même en compagnie du scénariste et réalisateur Noé Debré (lequel fut entre autres à l'origine des scénarii des Gamins d'Anthony Marciano en 2013, de Problemos d'Eric Judor en 2017 et du Monde est à Toi de Romain Gavras en 2018), Mathieu Sapin met en scène Alexandra Lamy dans le rôle d'Agnès Karadzic, directrice en communication d'un homme politique (excellent Gilles Cohen) ainsi que l'acteur franco-britannique Finnegan Odlfield dans celui d'Arnaud Jaurès, poussé en avant par Daniel (Savoureux Philippe Katerine) qui le convainc de se présenter auprès d'elle afin d'intégrer l'équipe de campagne de Gilles Prenois, le politicien en question...

Féroce tout en ne versant cependant jamais dans l'humour noir, Le Poulain évoque tout d'abord les contradictions qui opposent un jeune homme qui a pris le parti de défendre auprès de sa petite amie la cause des inuits et une directrice en communication cynique et ambitieuse. Mathieu Sapin choisit de traiter son sujet sous l'angle de la comédie et nous offre une démonstration peu élogieuse du monde de la politique. Naïf, le jeune Arnaud s'y fait littéralement dévorer avant d'apprendre aux dépends d'Agnès Karadzic, les ficelles du métier, devenant lui-même aussi féroce et ambitieux qu'elle et parvenant finalement à se faire apprécier de ses collaborateurs et même du candidat Prenois lui-même...

Visionnaire à certaines entournures (le président de la république est une femme), Le Poulain tente une approche réaliste du monde de la politique en observant le comportement des principaux intéressés. Cependant, Mathieu Sapin ne se refuse pas quelques absurdes virées dans l'humour en provoquant des situations ubuesques (la mère du ''futur'' président décédant après un test d'effort à l'origine préconisé par le jeune stagiaire ou le comportement abusivement protecteur de Daniel vis à vis de celui-ci). Ce qui n'empêche pourtant pas au film de révéler une attitude parfois abjecte de la part de certains partenaires que le réalisateur s'amuse pourtant à pourfendre sur le ton de la comédie. On pense notamment au discours d'Agnès Karadzic se servant d'un texte ''volé'' à Daniel avant que l'on apprenne finalement que celui-ci s'est lui-même inspiré d'une publicité Macdonald. A cet univers froid, manipulateur, cynique et engagé, Mathieu Sapin oppose une étrange relation entre le poulain du titre et la directrice en communication. Un jeu de séduction qui étonnamment fonctionne dans ce contexte politique sacrément bien emballé lorsqu'interviennent notamment les médias lors de retransmissions télévisées proches de ce que l'on a l'habitude de voir. Le message de Mathieu Sapin est clair : tout en faisant la démonstration de cet univers implacable, le réalisateur positive en démontrant que tout n'y est pas si sombre. Maintenant, reste aux spectateurs de faire la part des choses entre réalité et fantaisie...

dimanche 13 octobre 2019

Yves de Benoit Forgeard (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆




Les amateurs de cinéma décalé peuvent d'ors et déjà se réjouir. Le dernier long-métrage du réalisateur Benoit Forgeard sort dans les bacs le 9 novembre prochain. Quatre ans après le déjà absurde Gaz de France qui réunissait Olivier Rabourdin, Philippe Katerine et Alka Balbir, Yves est du même tonneau. Autour d'une poignée d'interprètes faits de chair et d'os, le personnage qui donne son nom au titre est un réfrigérateur. Mais alors, pas n'importe lequel puisque doté d'outils révolutionnaires capables de faciliter la vie de son propriétaire Jérem, jeune rappeur peu talentueux poussé à composer son premier album de rap par son agent Dimitri, il est surtout doté d'omniscience. En effet, Yves est capable de prévoir à l'avance les pensées de Jérem, de ses goûts en matière de choix alimentaires jusque dans ses sentiments vis à vis de l'enquêtrice So travaillant pour le compte de l'agence Digital Cool et dont il va tomber amoureux. Mieux : alors que le jeune rappeur galère à composer les morceaux de son futur album, Yves l'aide à mener son projet au point de faire de ce petit rappeur sans envergure, l'artiste musical dont tout le monde va bientôt s'arracher le premier single. Contre tout attente, Yves va prendre une place grandissante dans le cœur et la vie de son propriétaire jusqu'au jour où il va s'interposer entre Jérem et So. Et là, c'est le clash.

Comédie d'anticipation, variation polissonne et délirante de la série britannique Black Mirror ou encore, film pour adolescents attardés, Yves est un Objet Filmique Non Identifié. Peut-être pas aussi absurde que l’œuvre de Quentin Dupieux, mais certainement pas aussi léthargique non plus. Car même si l'on est en droit d'aimer, adorer, idolâtrer le cinéma de cet autre cinéaste français à l'imaginaire débridé, avouons qu'il lui arrive parfois d'être passablement ennuyeux. Mais si Yves ne l'est pas, il n'empêche qu'à quelques encablures, il lui arrive d'être relativement puéril, ce qui peut dans certains cas, être assez déstabilisant au point d'avoir envie de mettre un terme à l'aventure avant le générique de fin. Les atouts d'un sujet au potentiel énorme participent malheureusement également à un enrobage pas toujours stimulant. La faute à des dialogues d'une pauvreté parfois affligeante et à des incartades humoristiques qui ne font pas toujours mouche. Ce côté ''Film pour adolescents attardés'' qui justement rabaisse les qualités d'un scénario qui se prolonge au delà de l'essentiel puisque le film, débarrassé de ces inutiles frasques portées sur le sexe et les soirées entre potes dont tout le monde se fiche, aurait gagné en énergie et en aplomb. Car dans cet univers décalé et anticipatif qui aurait mérité une certaine épure, quelques scènes méritent que l'on s'y attarde jusqu'au bout.

Il aura fallut en effet une bonne heure, entre séquences bêtifiantes et morceaux de bravoure inattendus pour toucher au génie d'un scénario qui repose sur le conflit entre un frigo et son propriétaire. Ouvrez votre esprit et rappelez-vous Baxter, le merveilleux film fantastique que réalisa un autre français, Jérôme Boivin, en 1988 et qui évoquait déjà quelque part ce genre de situation. Si William Lebghuil, Antoine Gouy (Yves) et Doria Tillier forment un trio pour le moins étrange et Philippe katerine un second rôle toujours aussi savoureux, Yves manque le coche qui lui aurait sans doute permis de s'emparer du titre de film le plus loufoque et le plus malin de l'année. Si en fin de projection, on ne regrette pas vraiment d'avoir été jusqu'au bout (le concours de l'Eurovision, le procès, la Battle opposant Jérem et Yves), on regrettera par contre que Benoit Forgeard n'ait pas simplement réalisé un court-métrage, voire un moyen-métrage débarrassé du superflu. À voir...

dimanche 24 février 2019

Le Grand Bain de Gilles Lellouche (2018) - ★★★★★★★★☆☆




Un prix, un seul pour Le Grand Bain de Gilles Lellouche aux Césars. Alors, bien entendu, je n'ai pas vu le Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin, le Jusqu'à la Garde de Xavier Legrand ou Les Frères Sisters de Jacques Audiard, mais à part ce dernier, la cérémonie des Césars semble s'être définitivement tournée vers une forme d’œuvre caritative mettant en avant les critiques sociales avant le divertissement. Entre un divorce qui se déroule dans des conditions délicates et la rencontre entre une jeune fille des quartiers populaires de Marseille et un ex-taulard de 17 ans, on aurait peut-être aimé que la divine comédie dramatique de Gilles Lelouche reparte avec davantage de statuettes que la seule offerte au savoureux Philippe Katerine (meilleur acteur dans un second rôle).
Les petits maux de chacun semblent avoir en effet beaucoup moins touché le jury. Des affres humaines qui touchent pourtant des millions d'âmes dans l'hexagone et plus encore de part le monde et à laquelle le réalisateur parfois sous-évalué (Narco est bien meilleur que certains l'affirment) Gilles Lellouche apporte une solution originale.

C'est dans le grand bain d'une piscine municipale que Bertrand, Laurent, Marcus, Simon, Thierry, Basile, Avanish, et plus tard John, vont retrouver le goût de vivre. Tous plus ou moins dépressifs ou en passe de le devenir, ils vont tous ensemble, sous l'impulsion de l'ancienne nageuse Delphine, former la première équipe de natation synchronisée masculine de France. Raillés par leurs collègues de travail respectifs, par certains de leurs amis, et même par l'équipe de water-polo masculine, les sept membres de l'équipe vont découvrir bientôt que cette discipline habituellement réservée aux femmes possède son propre championnat du monde situé en Norvège. C'est d'abord avec l'aide de Delphine, puis plus tard de l’entraîneuse paraplégique de l'équipe de water-polo, Amanda, que les sept hommes vont s'entraîner d'arrache-pied afin de monter jusqu'en Norvège et ainsi participer au championnat du monde de natation synchronisée masculine...

Je l'évoquais déjà l'année dernière : parmi les innombrables déceptions que le cinéma comique français produit chaque années, quelques long-métrages parvinrent à s'extraire du lot. En 2018, nous avions notamment eu droit aux excellents Le Retour du Héros de Laurent Tirard, à Tout le Monde Debout de Frank Dubosc, ou encore au Brillantissime de Michèle Laroque (pour ce dernier, évidemment, JE PLAI-SAN-TE... quoique, certains semblent avoir MIRACULEUSEMENT aimé cette abominable engeance). Et puis donc, ce Grand Bain, bébé presque exclusif d'un Gilles Lellouche qui n'y participera pas en tant qu'acteur mais qui sera non seulement derrière la caméra, mais également derrière l'écriture du scénario (assisté de Ahmed Hamidi et Julien Lambroschini) et des dialogues.

Le Grand Bain, c'est le genre de film qui vous met la banane, vous donne la pêche. On s'y fend la poire, sans se prendre le melon et sans avoir honte de rougir comme une tomate devant l'émotion que le réalisateur a ajouté à cette merveilleuse comédie qui tort le coup à toutes ces mauvaises pensées qui trahissent parfois notre bien-être. L’œuvre de Gilles Lellouche est un régime alimentaire à destination de l'âme. Après avoir vu Matthieu Amalric (le chômeur dépressif puis vendeur de meubles), Guillaume Canet (le directeur d'une aciérie et fils d'une mère sénile), Philippe Katerine (employé à la piscine municipale), Benoît Poelvoorde (le pisciniste), Jean-Hugues Anglade (le musicien raté) et les autres s'engueuler, partager leurs angoisses, un pétard, leurs espoirs et enfin la victoire, l'espoir renaît. Mieux qu'un anti-dépresseur, qu'une batterie de calmants, que l'alcool ou la drogue, le film est un bain de jouvence dans lequel des acteurs venus de bords différents forment un groupe soudé et convaincant.

Parmi lesquels on n'oubliera pas de noter la présence féminine de Virginie Efira, dans le rôle de Delphine, et de Leïla Bekhti dans celui d'Amanda. Le Grand Bain est drôle, original, ponctué de quelques savoureux échanges verbaux (Claire/Marina Foïs réglant ses comptes avec sa sœur Clem/Mélanie Doutey entre les rayons d'un supermarché), mais aussi, parfois, très émouvant (Delphine témoignant de son expérience douloureuse). On n'oubliera pas non plus la présence de l'increvable Claire Nadeau dans le rôle (plus amusant que dramatique) de la mère sénile de Laurent/Guillaume Canet.  Deux heures (ou presque) de Cinéma...

samedi 8 décembre 2018

Je suis un No Man's Land de Thierry Jousse (2010)) - ★★★★★★☆☆☆☆



Philippe Katerine jouant dans un O.F.N.I, étonnant ! Non ? Pas vraiment en fait. Aussi atypique sur grand écran qu'en musique lorsqu'il se met lui-même en scène (Peau de Cochon) ou que d'autres s'en chargent (Hibou de Ramzy Bédia) comme en témoigne en 2011 ce film signé de Thierry Jousse, Je suis un No Man's Land dont il s'agit actuellement de la seconde réalisation après Les Invisibles en 2005. Peu productif, le cinéaste a cependant le don de nous faire voyager dans des paysages sonores et visuels différents. Entre mélancolie, nostalgie, comédie et poésie, Je suis un No Man's Land est un retour à la nature, dans un coin de France paisible où vivent les parents de Philippe. Ceux-là mêmes qu'il n'a pas revu depuis cinq ans. Depuis surtout, que le succès est au rendez-vous pour ce chanteur accaparé par sa carrière qui un soir reçoit dans sa loge, une groupie très étrange qui l'invite à venir chez elle. En fait, une ancienne camarade de lycée que Philippe a bien entendu, oublié. Un verre d'alcool et le voilà flippant, s'échappant, courant dans la forêt, tombant sur un cheval, marchant longuement jusqu'à se retrouver là où il vivait étant enfant. Il y tombe nez à nez avec un couple de vieux qui ne sont autre que ses parents. Le lendemain matin, après avoir dormi dans sa chambre d'enfant, Philippe est réveillé par sa mère, inquiet à l'idée de manquer le car pour l'école...

On aurait pu croire Philippe Katerine à l'origine du script et pourtant, c'est bien Thierry Jousse en compagnie de Jérôme Larcher et Camille Taboulay qui en est l'auteur. Une histoire un peu folle parcourue de jolis instants de vie. Émouvant comme les retrouvailles d'un gamin qui a peut-être grandit trop vite tout en gardant son âme d'enfant. Lentement, mais sûrement, Je suis un No Man's Land diffuse son parfum de nostalgie et de regrets. Ceux qui mettent notre héros face aux remords de n'avoir pas été là alors que sa mère se mourrait d'une grave maladie. Mais alors qu'il ne lui reste que très peu de temps, comment rapprocher un Philippe maladroit deson père, méfiant. Une distance toute paysanne, bourrue, entre le géniteur et sa progéniture.

Philippe, le chanteur, fait l'école buissonnière. Quitte pour un temps le show-business et les paillettes pour un retour à la réalité. Celle des odeurs de foin, du monde paysan. Un décalage pas toujours évident à assumer. Surtout pas auprès de Patrick Vidal, son ancien guitariste qu'il a laissé choir, un jour, sur le bas-côté de la route tandis que lui, partait conquérir le public. Un ancien copain avec lequel il entretient désormais des rapports houleux. Et puis, il y a cette drôle de fée qui débarque la nuit au beau milieu d'une forêt tandis que Philippe fait l'amour à un arbre. C'est là que l'ornithologue apprend au chanteur qu'il est dendrophile. Car oui, philippe aime les arbres. Il les caresse, et les pénètre comme on fait l'amour à celui ou celle que l'on aime. Faut-il pour autant y voir une vision pervertie de l'amour ? Non. Surtout pas chez Philippe Katerine auquel on donne le bon Dieu sans confession. Lui qui ici se révèle comme à son habitude, d'un naturel déconcertant. Naïf et mal préparé à tout ce qui est nouveau. Un chanteur pas vraiment comme les autres. Ici, on parle évidemment de l'acteur, du chanteur, et du personnage qu'il incarne bien entendu.

A ses côtés, la toujours décalée Julie Depardieu dans le rôle de Sylvie, l'ornithologue. Judith Chemla est Chloé, cette inconditionnelle du chanteur un peu flippante. Patrick, l'ancien pote de Philippe est quant à lui incarné par Jean-Michel Portal. Quant aux parents du héros, ils sont respectivement interprétés par Aurore Clément, et le toujours approximatif Jackie Berroyer. Je suis un No Man's Land ne ressemble à rien de commun si ce n'est à l'univers propre à Philippe Katerine. On pourra le comparer, toutes proportions gardées, à Michel Gondry, Quentin Dupieux, ou même Ramzy Bédia et son Hibou pour son côté décalé et parfois naïf. Un long-métrage qui siéra aux rêveurs de tous poils amateurs d'Objets Filmiques Non Identifiés auquel le film de Thierry Jousse appartient indéniablement. Les autres, pas ou peu préparés, risquent malheureusement de faire la grimace...

dimanche 2 décembre 2018

Hibou de Ramzy bédia (2015) - ★★★★★★☆☆☆☆



Ramzy Bédia, la moitié du duo Eric et Ramzy que l'acteur humoriste et réalisateur formait aux côtés d'Eric Judor aura attendu bien des années avant de s'affranchir totalement de son binôme avec Hibou, son second long-métrage après Seuls Two qu'ils réalisèrent ensemble mais dont il est désormais l'auteur unique. Un investissement de quatre millions d'euros pour un résultat avoisinant les quatre-vingt mille entrées sur le seul territoire français. On pourrait, oui, appeler ça un bide. Le public n'a pas suivi sans doute à cause d'un manque de promotion mais aussi parce que la sortie fut contrecarrée par des événements parallèles qui l'ont alors passé sous silence. Et puis, il y a cette affiche, significative, mais laissant le public dans l'interrogation. Ce qui saute très rapidement aux yeux, c'est la grande ressemblance entre l'univers ici construit par Ramzy Bédia, Fadette Drouard et François Reczulski avec celui qu'à bâtit, brique après brique, le cinéaste et compositeur Quentin Dupieux auprès duquel Ramzy Bédia a justement collaboré sur le très curieux Steak. Culte pour certains, véritable daube pour d'autres, le film ne laissait en tout cas pas indifférent. Entre fascination et rejet. Pas sûr que Ramzy parvienne au même résultat avec Hibou, et pourtant, dans la peau du cinéaste se mettant lui-même en scène, il a réussi l'exploit d'aller jusqu'au bout de son idée même si au final, son film n'a pas tout à fait la même saveur que ceux du cinéaste auquel il est impossible de ne pas faire la comparaison.

Ramzy Bédia incarne le personnage de Rocky, un employé de bureau que tout le monde ignore, à tel point que l'on se demande dans quelle mesure il ne serait pas transparent. Un soir, à l'issue de sa journée de travail, il tombe chez lui nez à nez avec un Hibou Grand-Duc qui ne décollera plus de son salon. Il en parle à ses collègues, ainsi qu'au propriétaire d'une animalerie qui lui conseille de le nourrir à l'aide de souris mortes. La présence de l'animal lui donne une idée. Dès le lendemain, Rocky se présente au travail vêtu d'un déguisement de hibou. Mais là encore, le monde qui l'entoure continue de l'ignorer. Personne ne semble s'être aperçu du changement. Desespéré, il va pourtant faire la connaissance d'une jeune femme vêtue d'un déguisement de panda avec laquelle il va sympathiser et surtout, s'affirmer auprès des autres...

Œuvre particulièrement atypique, Hibou offre l'occasion à Ramzy Bédia de composer aux côtés d'une Élodie Bouchez planquée sous le costume du panda. Si l'on ne rit pas aux éclats, ce qui, je pense, ne faisait de toute manière pas partie des attentes de l'acteur-réalisateur, il arrive cependant que l'on sourit, charmés par cette tentative qui ne ressemble pas vraiment au cinéma pépère et souvent indigent, que le cinéma français, en terme de comédies, nous sert un peu trop régulièrement. L’œuvre de Razmy est touchante, poétique, et principalement axée sur son personnage principal. Un individu naïf dont l'attitude est en total décalage avec le monde qui l'entoure. Presque une œuvre « féminine » qui s'offre parfois des décors rose-bonbon plutôt jolis et des situation parfois cocasses. Des idées, c'est sûr, Ramzy en a beaucoup. Si certaines parviennent à faire mouche, ce n'est pas le cas de l'ensemble dont plusieurs évoquent encore l'immaturité d'un cinéaste, espérons-le, en devenir. Razmy Bédia s'offre de sympathiques seconds rôles à l'image d’Étienne Chicot dans le rôle du propriétaire totalement barré de l'animalerie, Philippe Katerine dans le rôle du voisin et ancienne gloire de la chanson française selon Rocky, Francis Banane, ainsi que Guy Marchand dans le tout petit rôle du père de Rocky.
L'air de rien, sous ses airs charmeurs et bucoliques, Hibou réussit à mettre en évidence le statut des individus effacés et physiquement marginaux face à l'impérialisme du paraître où l'apparence et le bagou sont des armes contre lesquelles l'homme discret l'est tant qu'il en devient invisible. Une jolie surprise qui manque cependant d'ampleur pour convaincre tout à fait...Qui sait, peut-être la prochaine fois ?

vendredi 9 mars 2018

Sélection de 4 films à voir, à revoir... ou à éviter (2).

On commence par du très, très, très lourd. The House That Drips Blood On Alex de l'américain Jared Richard qui semble n'avoir plus rien tourné depuis 2010, année de création de ce court-métrage horrifique. Au générique, la 'star' Tommy Wiseau. L'un des principaux, et reconnaissons-le, en réalité, seul atout de cette œuvre, est qu'elle confirme que l'acteur, producteur, scénariste et acteur auquel James Franco a rendu dernièrement hommage avec son biopic The Disaster Artist ne fut pas victime d'un coup de fatigue lorsqu'il tourna son unique long-métrage devenu depuis, œuvre culte pour amateurs de nanars, The Room. Le film de Jared Richard confirme tout le 'mal'' que l'on pensait de l'égocentrique cinéaste qui allait pondre sept ans plus tôt, l'un des pires films de toute l'histoire du cinéma. Car même dans le cadre d'un court-métrage n'excédant pas le quart-d'heure, Tommy Wiseau est mauvais. Mais mauvais... à un point presque inimaginable, il y campe le rôle d'Alex qui après avoir acheté une demeure, constate qu'il s'y déroule de curieux événements. Oser faire appel au grand Tommy pour le faire jouer dans un film d'horreur dont les cordes sont usées depuis des lustres était un bien grand risque. A moins que, plus malin qu'il ne semblait l'être, Jared Richard avait-t-il peut-être hypothéqué sur l'éventuel aura future qu'allait avoir son narcissique interprète?
Le personnage qu'incarne Tommy Wiseau accepte de signer le contrat d'achat de sa future demeure de son sang devant un promoteur que l'on comparera au Malin. Enfin, presque... désormais acquéreur d'une maison implantée devant une rue sobrement intitulée 'blood' et loin d'avoir la gueule de celle d'Amityville, l'intérieur ne vaut pas tripette non plus. Se servant de l'emménagement d'Alex pour justifier l'économie de moyens concernant la déco de la maison, Jared Richard installe Tommy Wiseau dans une demeure totalement vide, avec juste ce qu'il faut de cartons traînant sur le sol pour rendre crédible la situation dans laquelle se trouve son personnage. La maison qui dégouline de sang sur Alex est tragiquement mauvais. Au moins autant qu'il est drôle. Si vous avez trouvé Tommy Wiseau mauvais dans The Room, alors, c'est que vous n'avez encore jamais vu The House That Drips Blood On Alex. Afin de s'aligner au jeu presque invisible de son acteur principal, l'auteur du court-métrage propose une œuvre vide de tout intérêt, de toute mise en scène et finalement, de toute spéculation en matière de fantastique. The House That Drips Blood On Alex n'a tout simplement aucun autre intérêt que d'être moqué, ridiculisé, diffusé lors de soirées alcoolisées consacrées aux plus grands nanars de l'histoire du cinéma. Bref, c'est du grand Tommy Wiseau !!! 💔💔💔💔💔💔💔💔💔

Maintenant, direction la Roumanie, à deux kilomètres sous la surface de notre planète, là où plusieurs années en arrière, des soldats découvrirent une crypte menant à un labyrinthe avant d'y être ensevelis. De nos jours, une équipe de spéléologues menée par Jack McAllister décident d'explorer les lieux afin d'y découvrir si oui ou non, l'endroit est le théâtre d'un écosystème inconnu. Dire qu'ils vont être satisfaits est un faible mot au regard des créatures qui vivent sous terre. C'est ce que promet The Cave, œuvre américano-germanique réalisée en 2005 par le cinéaste Bruce Hunt et notamment interprété par Cole Hauser, Morris Chestnut, Lena Headey, Daniel Dae Kim et Eddie Cibrian, ce dernier étant plus habitué aux plateaux de séries télévisées que de cinéma (on a pu le découvrir par exemple dans Beverly Hills 90210 ou bien Les Feux de l'Amour entre 1994 et 1996). The Cave (chez nous, La Crypte) démarre comme un mauvais remake de La Forteresse Noire de Michael Mann, puis se poursuit avec aussi peu d'imagination en mauvais remake de Sanctum d'Alister Grierson, et enfin, en mauvais remake de The Descent de Neil Marshall. En bref, The Cave n'est qu'une pâle copie d'un certain nombre de longs-métrages qui lui sont infiniment supérieurs. Le creature-design est particulièrement raté, l'interprétation est convenable, sans plus, la mise en scène, pas vraiment originale, et surtout, la caractérisation des personnages, aux abonnés absents. Et que dire de l'aspect horrifique que l'on s'attend à ressentir devant un tel script et qui n'aura sans doute d'effet que devant le très jeune public ou les mémés de plus quatre-vingt dix ans? The Cave est ennuyeux pour quiconque a déjà vu les films cités plus haut. Inutile et jamais anxiogène. Étant effrayé à l'idée de mourir un jour noyé sous les eaux, je peux vous dire que j'attendais avec une certaine appréhension les passages sous-marins. Teuh, teuh, teuh. Autant plonger le nez dans un verre d'eau, c'est là tout l'effet que procure ce petit film fantastique sans intérêt...💔💔💔💔💔💔

Petit passage vers notre beau pays pour vous parler de Belle et Sébastien 3: le Dernier Chapitre (voilà un titre qui a de la gueule !). Jeune, je prêtais déjà autant d'intérêt au roman et à la série télévisée éponymes de Cécile Aubry qu'au Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry. C'est vous dire si j'avais envie d'aller m'enfermer durant plus d'une heure trente dans une salle obscure pour aller voir les élucubrations d'un gamin et de sa chienne. C'est donc par erreur que ma compagne, ma belle-fille et moi avons posé nos fesses sur les fauteuils du Cinéma des Corbières à Sigean alors que nous nous attendions à voir le dernier bébé de Dany Boon, La Ch'tite Famille. La présence de Tchéky Karyo au générique me rassurant, je cessais de faire cette tête d'enterrement qui s'est dessinée sur mon visage dès que j'ai compris notre erreur. Première (bonne ou mauvaise) surprise, l'acteur Clovis Cornillac est aux commandes du projet. J'apprendrai par la suite qu'il n'en est pas à son premier coup d'essai et qu'il a déjà dans son bagage de réalisateur le film Un peu, beaucoup, aveuglément et plusieurs épisodes de la série Chefs. Quant à Belle et Sébastien 3: le Dernier Chapitre, comment vous dire... ben, à part le jeune public, je ne vois pas quel véritable amateur de cinéma peut aimer ce long-métrage qui ne dégage pas la moindre émotion. On reste assis dans son fauteuil à compter les tâches de graisse et de soda qu'ont laissé d'anciens spectateurs avides de pop-corn et de Coca-Cola sur les fauteuils vides qui nous entourent. L'unique salle de Sigean n'accueille déjà pas grand monde habituellement, le nombre de spectateurs ce soir-là se comptait sur les doigts d'une paire de mains, et de quelques orteils en plus. Si les interprètes font leur job et que le film permet de profiter des sublimes décors du Briançonnais, de plusieurs communes Haute Maurienne Vanoise ainsi que du Jura, nous ne sommes pas venus feuilleter un catalogue de vacances mais bien assister à du cinéma. Sous ses faux airs de Leonardo Dicaprio, Clovis Cornillac interprète un chasseur prétendant être le vrai maître de Belle. Un type odieux qui fera tout pour mettre la main sur la chienne. Sébastien (Félix Bossuet) et son grand-père (Tchéky Karyo) se battront quant à eux pour conserver la garde de Belle (la chienne demeurant la meilleure actrice du film). Joseph (le chasseur en question) est stéréotypé au possible. Tellement que cela en devient ridicule. Vous comprendrez pourquoi si vous allez voir le film tant qu'il demeure à l'affiche. Tchéky Karyo est sous-exploité. Tout juste regrettera-t-on que l'actrice Anne Benoît apparaisse aussi tardivement dans le récit car son personnage de Madeleine offrait des perspectives fort intéressantes. En tout cas, la seule incarnation dont la caractérisation est aboutie. A part cela, Belle et Sébastien 3: le Dernier Chapitre, c'est du vide, rien que du vide. Pas d'émotion, un récit réduit à sa plus simple expression, et des interprètes sous-employés. Demeurent quelques rares moments sympathiques comme le voyage en quatre chevaux en compagnie du maire Urbain (excellent André Penvern)... 💔💔💔💔💔💔

Pour finir, un OFNI. Le seul long-métrage qu'à réalisé jusqu'à maintenant le chanteur Philippe Katerine après un court-métrage intitulé 1 KM à pieds, lui-même inclus dans ce Peau de Cochon aussi intimiste que sur...réaliste. Aussi intriguant que déroutant. Entre le témoignage de son enfance ( 1 KM à pieds remonte le chemin qu'empruntait Philippe Katerine lorsque petit, il se rendait à pieds à l'école) et fiction improvisée, le chanteur, compositeur et donc, cinéaste Philippe Katerine propose une expérience qui sort des sentiers battus. Nostalgie, amateurisme, absence totale de maîtrise de l'objet 'caméra', ultra-réalisme, et sûrement sans s'en être rendu compte, élève indiscipliné du cinéaste américain Harmony Korine. Peau de Cochon est le pendant cinématographique de l’œuvre musicale de son auteur. Ne vous étonnez donc pas si l'ensemble est absurde et paraît tenir avec des bouts de ficelle. Ont participé à ce projet aussi bancal qu'attractif (surtout si l'on apprécie le 'personnage'), les chanteurs Gaëtan Chataigner et Dominique A, la compagne de Philippe, Helena Noguerra, sa propre fille Edie Blanchard , ainsi qu'Anthony Karoui. Peau de Cochon est amusant. Une fois. Pas deux. L'engouement de la presse pour ce long-métrage atypique paraît tout de même exagéré. D'un point de vue technique, le film ne ressemble à rien d'autre qu'à une collection de petits courts-métrages mal filmés, mal interprétés, et pour la plupart, même pas scénarisés. Mais bon, c'est Philippe Katerine. Certains sont donc prêts à lui pardonner tout ce qu'il entreprend même si cela reste indigeste. Le plus drôle, c'est que certains se croient obligés d'invoquer des hypothèses quant à l'existence de cet objet filmique non identifié. J'avoue quand même avoir sourit et même rit en quelques occasions (les sketchs RN137 et 1973-2013) A réserver aux fans exclusifs du chanteur et aux amateurs d'expérimentations cinématographiques... 💔💔💔💔💔
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...