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jeudi 6 février 2020

Opium d'Arielle Dombasle (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Qui aurait cru que devant cette œuvre signée de l'improbable auteur du récent Alien Crystal Palace j'allais éprouver des sentiments plutôt positifs au regard de la malveillance que je m'attendais à exprimer une nouvelle fois ? Opium est le grand frère du dernier long-métrage d'Arielle Dombasle puisqu'il lui est antérieur de six années, et pourtant, lorsque l'on s'est infligé le spectacle d'un Alien Crystal Palace foutraque, grandiloquent, kitsch et très mal interprété, Opium, lui, paraît parfois bien innocent, sinon timide dans toutes les cases à cocher qui participent à l'élaboration du ''mythe''. Contrairement à son dernier effort, l'actrice-réalisatrice ne s'y offre pas le rôle principal mais le confie à l'acteur Grégoire Colin qui dans la peau de Jean Cocteau, a la difficile tâche d'évoquer ses amours avec le jeune écrivain Raymond Radiguet, surtout connu pour avoir très tôt été l'auteur du célèbre roman Le Diable au Corps. En consommateur d'opium, poète, dessinateur et auteur de pièces de théâtre, Grégoire Colin distille une certaine grâce, du moins, le charisme nécessaire pour croire à cette histoire que vécurent réellement les deux hommes sans que le film ne tombe tout à fait dans le grotesque et l'invraisemblable...

Arielle Dombasle réunit une brochette de célèbres personnages (le danseur Vaslav Fomitch Nijinski, Maurice Sachs, Coco Chanel ou encore Paul Morand) dans un tourbillon qui ne dépareillerait presque pas avec La Note Bleue d'un Andrzej Zulawski pour le coup, beaucoup moins inspiré. Car en effet, si l'on peut trouver à Opium de nombreux défauts, le montage de Xavier Sirvin (Moussem les Morts de Jean-Baptiste Alazard et Vincent Le Port en 2010, La loi de la Jungle d'Antonin Peretjatko en 2016), la mise en scène chaotique, la post-synchronisation parfois catastrophique, l’œuvre d'Arielle Dombasle possède un charme suranné qui, si elle n’envoûte jamais vraiment le spectateur, parvient tout de même à le garder concentré devant le spectacle. Une valeur qui a son importance si l'on tient compte du fait que la réalisatrice s'est attachée les services de Vincent Darré pour la direction artistique et d'un nombre important de professionnels spécialisés dans le Sound-Design et les effets visuels pour au final accoucher d'une œuvre qui oscille entre le pathétique et le poétique.

Sans ambages, osons définir Opium ainsi : mélange surréaliste, psychédélique, musical et nanardesque où croiseraient le fer David Lynch, Alessandro Jodorowsky, Andrzej Zulawski, Luis Buñuel et Salvador Dalí, le cirque Barnum, le cabaret, l'intelligentsia littéraire du début des années 1900 et une certaine idée de la poésie mise en images dans de très artistiques séquences en noir et blanc, le long-métrage d'Arielle Dombasle n'est pas la vision ridicule qu'aimeraient sans doute imposer ses détracteurs. Bien entendu, la réalisatrice est loin d'imposer un divertissement digne des grands noms cités plus hauts, mais cependant, quelques séquences, malheureusement gâchées par des scènes absolument indigestes, maintiennent le spectateur éveillés. Arielle Dombasle y met en image la poésie de Jean Cocteau sur lequel repose pas mal de monologues et de dialogues. Réduit à ses seuls passages en noir et blanc, Opium aurait peut-être été digne de figurer dans le top cent du courant cinématographique surréaliste. Certaines séquences demeurent tout de même parfaitement acceptables. Outre celles en noir et blanc, kitsch mais ô combien poétiques, le spectateur appréciera sans doute les errances intimes et intestines de Jean Cocteau, l’exubérance un peu surjouée de Samuel Mercer dans le rôle de Raymond Radiguet, la partition musicale, simple, mais plutôt jolie et mélancolique de Philippe Eveno (qui participa déjà à celle de Je suis un no Man's Land en 2010) et bien sûr la présence toujours appréciable de Philippe Katerine qui dans le cas présent incarne le danseur Nijinski...

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