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lundi 22 janvier 2024

L'empire des Ombres (Vanishing on 7th Street) de Brad Anderson (2010) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Cela fait trois fois que je vois L'empire des Ombres (Vanishing on 7th Street) et à chacune des projections, j'en ressors presque toujours aussi décontenancé. Merde, quoi ! C'est quand même Brad Anderson qui en est l'auteur. Celui de The Machinist, de Happy Accidents et de Session 9. Et à ce titre, j'ai fini par lui interdire d'être mauvais. Quoique le terme ne semble plus tellement adéquat puisqu'au fil des visions, je me suis demandé si à l'issue de la cinquième ou de la sixième projection je ne finirai finalement pas par aimer L'empire des Ombres ! Le sujet passionnant tenant autour de ces ombres qui dans l'obscurité totale sont capables de faire disparaître tout être fait de chair en laissant derrière lui ses oripeaux n'est pas tout neuf. En suivant déjà la première fois l'histoire de cette poignée de protagonistes ayant survécu à un fléau expliqué par l'un d'entre eux sous une forme philosophico-religieuse (pourquoi sommes-nous là, à cet instant précis, vivants et regroupés en un même endroit semble se demander Rosemary (l'actrice Thandie Newton)), on observera d'abord que le film use de certains codes propres à l'univers de Stephen King où l'enfance est d'une importance si considérable qu'elle semble devoir survivre dans un monde où toute trace des adultes paraît avoir disparue. Ensuite, et toujours par comparaison avec le plus célèbre écrivain contemporain de romans d'épouvante américain, le scénario d'Anthony Jaswinski semble avoir également été inspiré par deux ouvrages de ce même auteur. La longue nouvelle intitulée The Mist qui ouvrait le recueil de nouvelles Skeleton Crew en 1985 mais aussi et surtout le roman court The Langoliers qui lui se trouvait en première position du double recueil Minuit 2/Minuit 4 (sorti en un seul bloc sur le territoire américain sous le titre Four Past Midnight en 1990). Les deux ayant été respectivement adaptés pour le grand écran par Frank Darabont en 2007 avec The Mist et avant lui par Tom Holland pour la télévision en 1995 avec Les langoliers. J'aimerais d'ailleurs, si vous le voulez bien, revenir sur le concept de ce dernier.


Des créatures fantastiques au concept absolument remarquables puisque Stephen King les imaginait comme des gardiens du temps. De gigantesques créatures relativement repoussantes, aux dents acérées, dévoreuses du temps passé et dont la première nécessité semblait de bâtir l'avenir et ainsi préparer l'homme à y être plongé. En clair, un futur régénéré sur la base d'une matière première dévorée, digérée pour ensuite être recyclée. Les préoccupations de Brad Anderson semblent être en revanche beaucoup plus proches des visions propres à l'adaptation cinématographiques de The Mist. Sans prendre totalement le contre-pied du récit à l'origine duquel se situe donc Stephen King, Brad Anderson oppose à la lumière, l'obscurité et fait donc du moindre éclairage la source nécessaire à la survie de ses protagonistes. Deux hommes, une femme et un enfant. Une action se situant en grande partie dans un bar dont l'électricité est maintenue grâce à un générateur dont on sait, pour l'intérêt du suspens, qu'il cessera fatalement de fonctionner. Quelques sorties à l'extérieur histoire d'éviter la monotonie, L'empire des Ombres formule l'habituel message selon lequel toute intervention, qu'elle apparaisse bienfaisante ou non, entre dans une thématique d'ordre théologique. Le réalisateur n'empêchera donc pas l'un de ses protagonistes d'avancer des hypothèses religieuses comme semblent avoir besoin de le décrire tous ceux qui craignent un jour de mourir. Sortis de ces quelques considérations qui ne polluent pas trop l'intrigue, reconnaissons qu'il ne se passe pas grand chose. Beaucoup de bavardages et très peu d'action finalement. Heureusement, L'empire des Ombres a pour qualité de bien retranscrire cette peur ancestrale qui chez l'homme le pousse généralement à cheminer vers la lumière plutôt que vers l'obscurité. Encore un lien avec Stephen King puisque l'on parle bien là d'une peur qui remonte également à l'enfance. Le concept étant ce qu'il est, les effets-spéciaux, plutôt sobres, s'avèrent par contre relativement efficaces, bien que très répétitifs. Heureusement que le film nous assène d'ailleurs ces quelques séquences parfois bien Creepy car ce qui pose problème est le scénario. Trop attentiste, trop lent, le film est à des années-lumières d'un The Machinist pour ne citer que l'un des plus brillants longs-métrages de Brad Anderson. Allez, encore deux ou trois projections et je finirai bien par idolâtrer L'empire des Ombres...

 

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