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lundi 4 septembre 2023

Les évadés de Frank Darabont (1994) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Les films de prison sont légions et parmi eux, certains demeurent anecdotiques quand d'autres entrent véritablement dans la légende du septième art. Les évadés de Frank Darabont fait indéniablement partie de ces derniers. Une œuvre d'une formidable intensité adaptée d'une nouvelle écrite par un auteur dont on ne pouvait alors soupçonner à l'époque, la grande profondeur : L'écrivain Stephen King, roi de l'horreur et de l'épouvante, qui depuis un demi-siècle étend son univers de fiction à travers une certaine interconnexion entre des personnages et l'environnement dans lequel ils évoluent. L'un des axes centraux de cet univers porte le nom de la ville imaginaire de Castle Rock. Une commune des États-Unis située au sud-est de Maine. Une ville s'intégrant géographiquement dans le comté d'Oxford. Nombre de romans et nouvelles de l'écrivain firent de cette petite localité, le cadre de récits horrifiques. Et d'une manière plus large, le Maine où se situe justement celui des Évadés. Le titre original The Shawshank Redemption reprend en partie celui de la nouvelle d'où est extrait le scénario qu'a alors écrit Frank Darabont à l'attention de son projet personnel. Publié pour la première fois aux États-Unis en 1982, le recueil de nouvelles Different Seasons est constitué de quatre courts récits qui depuis ont tous été adaptés sur grand écran. L'un d'entre eux, Rita Hayworth and Shawshank Redemption, situe son action dans un centre pénitentiaire imaginaire. La prison de shawshank qui à l'origine était bien un pénitencier situé à Mansfield mais qui depuis a été reconverti en musée. Son nom : L'Ohio State Reformatory. Si depuis, Stephen King nous a habitué à passer de l'horreur au drame et vice versa, à l'époque, la parution de Different Seasons est du moins dans l'hexagone, un pavé dans la mare pour tous ceux qui attendent chaque livraison ''horrifique'' de l'écrivain américain. L'auteur de Simetierre, du Fléau, de Carrie ou de Shining aurait-il choisi de changer de braquet ? Pas vraiment si l'on considère qu'il a malgré tout, toujours su développer des univers qui ne s'attachaient pas strictement à décrire l'horreur du quotidien mais bien à exploiter la personnalité et le caractère de tout un tas de personnages bons ou mauvais. Cette faculté de description qui en épuisa sans doute certains mais qui fait foncièrement partie de son style narratif...


Les évadés n'est donc pas un film d'horreur. Ni même une œuvre fantastique en ce sens où tout repose sur toute une série d'éléments terriblement concrets. Au départ, un fait-divers presque banal: Nous sommes en 1948 et le banquier Andy Dufresne (Tim Robbins) est condamné à deux peines de prison à vie pour le double meurtre de sa femme et de son amant. Il est ainsi incarcéré à la prison d'état de Shawshank où les premières années s'avèrent difficiles puisqu'il est notamment malmené par trois hommes dont un certain Bogs Diamond (l'acteur Mark Rolston que l'on pu notamment découvrir en 1986 dans le rôle du deuxième classe Drake dans Aliens, le retour de James Cameron) ainsi que le tyrannique capitaine Byron T. Hadley (Clancy Brown). Fort heureusement, Andy va s'entourer de sympathiques co-détenus parmi lesquels, Ellis Boyd qu'interprète le formidable Morgan Freeman. À ce titre, le public français louera la grande qualité du doublage assuré par l'acteur Benoît Allemane). En effet, le long-métrage nous est conté à travers la voix de ce prisonnier condamné lui aussi pour meurtre. Les évadés est le premier long-métrage cinématographique de Frank Darabont qui plus tard signera deux nouvelles adaptations de Stephen King (La ligne verte en 1999 et The Mist en 2007) et développera pour la télévision la série The Walking Dead dès 2010. Les évadés est pétri de bons sentiments, de valeurs humanistes qui noient littéralement les aspects les plus sombres d'une incarcération dans un établissement où vivent des prisonniers de droit commun. Voleurs et meurtriers s'y côtoient et c'est dans ce contexte éminemment dangereux que va naître une réelle amitié entre les protagonistes, le scénario développant en outre quelques travers à l'image de la corruption qui gangrène l'autorité jusqu'à son sommet. Accompagné par la partition du compositeur américain Thomas Newman, Les évadés est un formidable témoignage d'humanité et d'entraide, parsemé de personnages iconiques, déployant des thématiques comme le retour à la liberté après des décennies d'enfermement. À l'époque, Tim Robbins est une véritable star du cinéma. Alors qu'il a déjà tourné pour Adrian Lyne dans le cauchemardesque L'échelle de Jacob en 1990, pour les frères Coen dans le génial Le grand Saut ou The Player de Robert Altman en 1992 pour lequel il obtint le Prix d'interprétation masculine à Cannes, le voilà une fois de plus sur le devant de la scène à armes égales avec l'immense Morgan Freeman dans cet authentique chef-d’œuvre du septième art....

 

mercredi 24 octobre 2018

Cycle Stephen King : Thinner de Tom Holland (1996) - ★★★★★☆☆☆☆☆



1996. cette année là ne voit débarquer sur les écrans de cinéma qu'un seul long-métrage inspiré de l’œuvre de Stephen King. Ou pour être plus exact, de Richard Bachman, le pseudonyme qu'itilise l'écrivain lorsqu'il s'agit d'aborder des récits beaucoup plus sombres et pessimistes. Comme le fan aura pu le constater durant la longue carrière de Stephen King, il n'est pas rare que le romancier s'inspire de son propre vécu pour amorcer l'écriture d'un ouvrage. Avec Thinner, c'est donc à travers sa propre expérience auprès d'un médecin généraliste qui lui conseille de perdre du poids que Stephen King perçoit le potentiel d'une histoire tournant autour d'un avocat un brin suffisant, qui après avoir causé la mort d'une vieille gitane, est victime d'un sort jeté par le père de la victime. Un vieillard âgé de cent-six ans qui lance une malédiction sur diverses personnes ayant conduit à la relaxe de l'avocat lors du procès. Au cinéma, cela donne chez nous La Peau sur les Os. Partant d'un court roman assez efficace, le cinéaste américain Tom Holland, réalisateur de Frigth Night en 1985, Child's Play en 1988, et pour la télévision de The Langoliers en 1995, signe un long-métrage dans la moyenne de ce que semblent être capables de fournir la majorités des réalisateurs avides de contribuer aux adaptations des romans et des nouvelles du maître de l'épouvante.

Soit, ni un chef-d’œuvre, ni un nanar, avec toujours, cette esthétique lisse et désagréable à l’œil, typique des téléfilms ou des séries télé. Sauf qu'ici, nous sommes bien devant un long-métrage cinématographique qui n'a connu sur le territoire américain qu'un succès modéré en ne rapportant que 15 millions de dollars au box-office pour un budget initial de 14. Pourtant, Thinner n'est pas l'atroce navet auquel le peu de succès pourrait laisser croire. Non. Et même si le spectateur est renvoyé à la préhistoire en matière d'effets-spéciaux de maquillage, le film de Tom Holland se révèle parfois divertissant, la galère pratiquement insoluble dans laquelle est plongé le héros Billy Halleck étant parfois amusante. En tout cas, beaucoup plus qu'elle n'est terrifiante puisqu'au final, Thinner est tout sauf effrayant. D'un sujet passionnant (imaginez, un personnage obèse qui à la suite d'une malédiction va perdre du poids au point de mettre sa vie en danger), Tom Holland réalise une œuvre pourtant majoritairement décevante, surtout au regard des quelques pépites qu'il a réalisées jusque là.

Une série B, sans plus. Mais loin d'être péjoratif, le terme ici prend un sens qui ne le met pourtant pas en valeur. Comme écrit plus haut, Thinner est souvent très laid, et tient finalement plus sur l'aspect secondaire de son intrigue que sur l'éventuelle déchéance physique de son héros (incarné à l'écran par l'acteur Robert John Burke). Car marié à Heidi (Lucinda Jenney), plus il s'enlaidit, et plus Billy développe un état de paranoïa dû à un soupçon d’adultère de la part de son épouse dont le cinéaste laisse le soin au spectateur d'évaluer la réalité. Et ce, même si certains détails semblent corroborer ce fait. Thinner est également l'occasion d'une critique sociale mettant en avant le sort accordé aux gens du voyage et certaines pratiques occultes qui peuvent éventuellement leur être prêtées. Tom Holland, lequel a écrit lui-même le scénario en compagnie de Michael McDowell, d'après le roman de Stephen King, donc, a opté pour une fin très légèrement moins radicale que dans le roman. Au final, Thinner se regarde comme un petit film sans réelle envergure dont la seule qualité sera sans doute de pousser ceux qui ne connaissent pas le roman original à le découvrir. A noter la présence de l'actrice Kari Wuhrer et de Michael Constantine (maquillé pour l'occasion) dans les deux principaux rôles de gitans...

mardi 23 octobre 2018

Cycle Stephen King : Dolores Claiborne de Taylor Hackford (1995) - ★★★★★★★★☆☆



Lorsqu'un cinéaste adapte un ouvrage de qualité, on pourrait être en droit de penser qu'il part sur des bases beaucoup plus saines et solides que celui qui aura la dure mission de transformer un piètre roman en un long-métrage convainquant et que la réussite est acquise dès le départ. Mais encore faut-il que ce cinéaste puisse rendre à l'écran tout ce que l'écrivain a injecté dans son roman. Plus que jamais, Stephen King, celui que tout le monde à découvert un jour caché derrière l'un de ses romans d'épouvante, n'a sans doute jamais été aussi profond qu'en abordant l'écriture sous un angle différent. Quoique, l'épouvante pouvant ressembler à autre chose qu'à des fantômes, des vampires et autres loups-garous, l'auteur de The Dead Zone, de Misery, de Rita Hayworth and Shawshank Redemption, ou de The Body a déjà prouvé à maintes reprises qu'elle pouvait s'inscrire dans un contexte tout à fait crédible. Un peu comme cela est le cas avec son dix-neuvième roman Dolores Claiborne. Un excellent ouvrage qui montrera à ceux qui ne cessèrent de le conspuer en affirmant que son oeuvre est mineure, qu'il est capable de grandes choses.

Il fallait donc que son adaptation sur grand écran soit à la hauteur, et ainsi donc confié à un cinéaste capable de produire une œuvre aussi riche et profonde que l'est le roman. C'est donc au cinéaste américain Taylor Hackford qu'échut la responsabilité de mettre en scène ce drame poignant. Un cinéaste qui s'était notamment fait remarquer jusque là avec An Officer and a Gentleman en 1983. Dolores Claiborne n'est pas un film d'épouvante. Ou si peu...

Car la vie de cette femme au service d'une richissime vieille dame depuis plus de vingt ans va basculer du jour au lendemain, lorsque Dolores Claiborne va être surprise par le facteur, un rouleau à pâtisserie entre les mains, assise au dessus de son employeuse agonisante. Soupçonnée par l'infâme détective John MacKey (excellent Christopher Plummer) qui n'a jamais accepté que la gouvernante soit reconnue innocente de la mort de son époux il y a de nombreuses années, le film de Taylor Hackford revient sur le douloureux passé de Dolores Claiborne. De sa vie avec son époux Joe (génial David Strathairn), alcoolique et violent, jusqu'aux années passées au service de l’acariâtre et méprisante Vera Donovan (Judy Parfitt), en passant par les moqueries dont elle fut la victime de la part des habitants de Little Tall, dans le Maine.

Dolores Claiborne, c'est l'actrice Kathy Bates, qui cinq ans après son incroyable performance dans le film de Rob Reiner, Misery, réapparaît pour la seconde fois dans une adaptation d'une œuvre de Stephen King. A ses côtés, l'actrice Jennifer Jason Leigh incarne avec talent la propre fille de Dolores, Selena St. George. Deux personnages, une mère et sa fille, qui n'ont eu de cesse de subir des épreuves terribles et qui entretiennent des rapports difficiles et conflictuels depuis la mort du mari de la première et du père de la seconde. Alors ? Accident ou meurtre ? Le mystère se prolonge. Longtemps... Dolores a-t-elle tué son mari, et beaucoup plus tard, son employeuse ? C'est ce que tente d'établir le cinéaste qui avec Dolores Claiborne signe l'une des meilleures adaptations de Stephen King. Une œuvre profonde, oui, mais parfois, également, terriblement sombre. Comme si aucune fée ne s'était penchée sur le berceau de son héroïne, martyrisée par un Mal prenant autant de visages que Little Tall compte d'habitants.

Taylor Hackford bâtit une œuvre au scénario complexe mais d'une étonnante fluidité, revenant de manière incessante sur différentes périodes de l'existence de son héroïne. Bourru, le personnage magnifiquement incarné par Kathy Bates n'en est pas pour autant moins attachant. Au contraire, l'actrice y est si convaincante qu'il n'est pas rare que l'on soit bouleversé. Il ne faudra cependant pas éclipser Jennifer Jason Leigh, qui offre une composition qu'il serait dommage d'oublier vu l'immense présence de Kathy Bates à l'écran. Accompagné par une partition musicale signée du compositeur « attitré » de Tim Burton, Danny Elfman, Dolores Claiborne impressionne par la mise en scène du cinéaste et par le jeu absolument bouleversant de Kathy Bates et Jennifer Jason Leigh, ainsi que par celui, effroyable, de Christopher Plummer et David Strathairn. Un film majeur dans la carrière cinématographique "adaptée" de Stephen King... Regardez-le, vous n'en ressortirez pas indemne. Car lorsque l'on croit que tout est dit, Stephen King possède cette faculté stupéfiante consistant à nous asséner des coups de poignard supplémentaires. Comme si le spectateur n'avait pas suffisamment enduré d'épreuves. Un classique !!!

lundi 22 octobre 2018

Cycle Stephen King - Les téléfilms et autres courts-métrages (première partie : 1979-1995)



Petit aparté dans le cycle consacré au romancier Stephen King ; Comme je n'ai l'intention d'aborder pour l'instant que les longs-métrages cinématographiques inspirés de l’œuvre du maître de l'épouvante, je propose dans cet article en deux ou trois parties, de revenir de manière succincte sur les différents téléfilms et courts-métrages intégrés dans divers films à sketchs...
On commence avec Salem's Lot de Tobe Hooper, inspiré du roman éponyme écrit par Stephen King en 1979. Téléfilm en deux parties d'une durée totale avoisinant les trois heures, il fut, lors de sa sortie dans les salles françaises, amputé d'une très grande partie de ses scènes afin de respecter une certaine durée. Le téléfilm aborde le sujet des vampires avec un Kurt Barlow qui n'est pas sans rappeler le Nosferatu du cinéaste allemand Friedrich Wilhelm Murnau réalisé en 1922. Cinq ans plus tard, c'est au tour du cinéaste Michael Gornick (réalisateur de Creepshow 2) d'adapter l'écrivain. Cette fois-ci, il ne s'agit non pas d'un roman, mais d'une nouvelle intitulée The Word Processor of the Gods publiée chez nous sous le titre Machine divine à traitement de texte dans le recueil de nouvelles Skeleton Crew (Brume) à prendre forme sous ce même titre. Ce court d'une trentaine de minutes est disponible dans l'anthologie américaine Tales from the Dark Side de 90 épisodes créée au début des années quatre-vingt par le cinéaste George A. Romero.
Deux an plus tard, soit en 1986, c'est au tour de la série La Cinquième Dimension d'accueillir en son sein l'adaptation d'une nouvelle de Stephen King. Extrait du même recueil, Gramma est l'oeuvre de Bradford May et dure lui aussi une trentaine de minutes. En 1987, John Harrison réalise le court-métrage Sorry, Right Number que l'on retrouvera parmi les quatre-vingt dix épisodes de l'anthologie Tales from the Dark Side. Adaptation d'une nouvelle éponyme éditée dans le recueil Nightmares & Dreamscapes, ce dernier ne verra pourtant le jour aux États-Unis que six ans plus tard, et en France, qu'en 1994. Après une interruption de deux ans en terme d'adaptations, c'est l'acteur, scénariste et réalisateur Tommy Lee Wallace (qui réalisa notamment Friday the 13th Part VI: Jason Lives) qui remet Stephen sur le devant de la scène télévisuelle avec ce que certains considèrent comme l'une des plus brillantes transpositions de l'écrivain à l'écran. It est en effet une œuvre notable, de plus de trois heures, et dont l'ouvrage à l'origine de ce téléfilm a connu une adaptation cinématographique dont le premier volet est sorti l'année dernière.

En 1991, c'est au tour du cinéaste Tom McLoughlin de mettre la main à la patte avec Sometimes They Come Back, adaptation de la nouvelle éponyme publiée dans le recueil Night Shift (Danse Macabre). Un long-métrage qui engendrera deux séquelles n'ayant que peu de rapports avec l'original : Sometimes They Come Back... Again d'Adam Grossman en 1996, ainsi que Sometimes They Come Back... for More de Daniel Berk en 1999. En 1991, soit deux ans avant sa publication dans le recueil Nightmares & Dreamscapes, la nouvelle The Moving Finger est adaptée pour la télévision américaine par le cinéaste Ken Meyers avec, dans le rôle principal, l'acteur Tom Noonan (l'effrayant Francis Dolarhyde du chef-d’œuvre de Michael Mann, Manhunter). Toujours en 1991 est produite la mini-série en sept épisodes Golden Years mettant en scène l'acteur Keith Szarabajka qui dans le rôle de Harlan Williams se voit rajeunir après l’absorption d'une substance expérimentale. Un effet secondaire qui intéresse de très près le gouvernement américain. Aidé par Terry Spann (Felicity Huffman)et le Général Louis Crewes (Ed Lauter), Harlan devra échapper à l'une des branches secrètes du gouvernement appelée La Boutique
Deux ans plus tard, en 1993, John Power s’attelle à la réalisation de The Tommyknockers, adaptation du roman du même nom publié en 1987. Une excellente surprise partant d'un matériau d'origine assez convainquant puisque l'ouvrage (et donc son adaptation sous la forme d'une mini-série en deux épisodes) nous narre l'histoire de Bobbi Anderson, une jeune femme vivant à Haven dans le Maine en compagnie de son chien, qui lors d'une promenade dans les bois met à jour une immense structure de métal enfouie sous la terre et émettant un étrange rayonnement. La conséquence de cette découverte va alors très vite se manifester auprès de Bobbi, de son chien, met également des habitants de Haven. 1994 marque une date importante avec l'adaptation pour le petit écran, de l'un des plus gros pavés de Stephen King. En tout cas, l'un des plus ambitieux. L'un de ceux qui créent une connexion entre divers ouvrages de l'auteur de The Stand. Celui-là même dont il s'agit ici. Un véritable voyage en terre dévastée et corrompue. A la suite d'une épidémie ayant décimé plus de quatre-vingt dix-neuf pourcents de la population mondiale, les survivants tentent de survivre dans un monde post-apocalyptique. Tous vivent une expérience curieuse : certains voient en rêve une vieille dame noire appelée Mère Abigail tandis que les autres, eux, rêvent d'un certain Randall Flagg. L'enjeux de The Stand est immense puisqu'il propose rien de moins qu'un duel entre le Bien et le Mal. Roman touffu, passionnant et parfois terriblement angoissant, la mini-série en quatre épisodes d'une heure-trente chacun perd beaucoup à être adaptée. Certaines séquences comme l'étouffante traversée du tunnel sont malheureusement réduite à leur portion congrue. A voir si l'on n'a pas lu le roman auparavant. Un semi échec de la part du cinéaste Mick Garris qui persévérera dans les années à venir avec pas moins de quatre autres adaptations. 
Mais pour l'heure, place à Tom Holland, le papa des excellents Fright Night en 1985 et Child's Play en 1988. En 1995, c'est à sa charge qu'est réalisée la mini-série de trois heures The Langoliers. Là encore, le cinéaste bénéficie d'un matériau original d'excellente facture éditée dans le recueil de nouvelles Four Past Midnight publié en deux tomes en 1990 (et chez nous, sous les titres Minuit 2 et Minuit 4). le résultat à l'écran, format télévisuel oblige, est esthétiquement laid. Mais en dehors de ce détail qui aurait eu son importance si The Langoliers était sortit sur grand écran, Tom Holland réussit là où d'autre ont échoué. On retrouve les personnages habituels et chers à Stephen King. The Langoliers se révèle extrêmement divertissant et même, parfois, angoissant. On y retrouve notamment l'acteur Dean Stockwell (Columbo, Code Quantum, Blue Velvet, etc..) et David Morse qui apparaîtra sur grand écran dans The Green Mile et Hearts in Atlantis, deux autres adaptation de l'écrivain...

dimanche 21 octobre 2018

Cycle Stephen King : The Dark Half de George A. Romero (1993) - ★★★★★★☆☆☆☆



The Dark Half et le long-métrage qui en découle sont des cas bien à part dans l’œuvre de l'écrivain américain Stephen King. Pour la simple et bonne raison que leur existence est la conséquence d'une légende entourant le nom de Richard Bachman. La vérité sur l'identité de l'auteur de Rage, The Long Walk, Thinner ou encore The Regulators ayant été dévoilée en 1985, c'est sur ce postulat que Stephen King se lança dans l'écriture d'un roman d'épouvante tournant autour d'un auteur de romans très violents sous le pseudo de George Stark. Pseudonyme sous lequel se cache en réalité l'écrivain Thad Beaumont dont les œuvres qu'il écrit sous son véritable nom sont en revanche beaucoup plus sérieux et nuancés. Le roman sort en 1989 et le film quatre ans plus tard. Dix ans tout rond après Creepshow, c'est la seconde fois que l'écrivain et le cinéaste George Romero collaborent sur un même projet cinématographique. Cette fois-ci, c'est le réalisateur lui-même qui s'occupe de l'écriture du scénario à partir du roman de l'écrivain. A l'origine, The Dark Half est un excellent bouquin, particulièrement prenant et anxiogène.
Le cinéaste en fait une adaptation bien moins convaincante même si la première demi-heure s'avère plutôt efficace. Au regard de quelque longs-métrages sans âmes ayant été peu inspirés par les écrits de Stephen King, on ne jettera cependant pas la pierre à un George Romero beaucoup plus à l'aise lorsqu'il s'agit de réveiller les morts et de leur ordonner de conquérir notre planète.

Ici, le mystère entourant le personnage de George Stark ne fait pas le poids très longtemps puisque George Romero n'attend pas la fin pour nous apprendre que le bonhomme, d'une certaine manière, existe réellement, alors même que jusqu'à ce que l'on découvre son visage, nous pouvions encore envisager que l'écrivain Thad Beaumont était tout simplement victime du frère jumeau parasite décelé lors d'une intervention chirurgicale du cerveau particulièrement dérangeante. Oeuvre schizophrène s'il en est, The Dark Half oscille entre enquête policière et fantastique. Dans le rôle du flic de service, l'acteur Michael Rooker qui sept ans auparavant allait marquer nombre de spectateur avec son incroyable interprétation du véritable tueur en série Henry Lee Lucas dans le traumatisant (mouais, pas tant que ça en fait) Henry : Portrait of a Serial Killer...

The Dark Half pèche quelque peu par sa trop longue durée. Deux heures alors qu'une heure-trente aurait sans doute suffit, le film de George Romero n'est cependant pas dénué de qualités. Malgré une image un peu trop léchée, quelques meurtres sanglants perpétrés à l'aide d'un rasoir à main à la lame particulièrement tranchante satisferont sans doute les amateurs d'hémoglobine. Plutôt pas mal joué, George Romero profite de l'occasion qui lui est donnée pour intégrer parmi les principaux interprètes du film, deux actrices cultes du cinéma d'horreur et d'épouvante en les personnes de Rutania Alda, qui fut Dolores Montelli dans le meilleur épisode de la saga Amityville (le deux, je précise), ainsi que l'actrice Julie Harris, l'héroïne du chef-d’œuvre de Robert Wise, The Hanting. Il était fort logique que George Romero s'intéresse au sujet du livre (la déliquescence de l'alter ego maléfique de Thad Beaumont le rapprochant sensiblement des zombies de l'auteur de Dawn of the Dead) même s'il semble que le choix de The Dark Half ne soit dû qu'au hasard puisque jusqu'à ce jour où lui fut confiée la réalisation de son adaptation, le cinéaste s'était vu refuser plusieurs autres scripts.
On notera les saisissantes séquences lors desquelles des milliers de passereaux furent utilisés, et auxquels furent ajoutés des milliers d'autres numériquement, et le final particulièrement gore durant lequel George Stark se fait littéralement dévorer le visage par des dizaines d'oiseaux. Malgré ses nombreuses nominations, The Dark Half fut un échec commercial et ne rapportera que deux tiers du financement initial...

samedi 20 octobre 2018

Cycle Stephen King : Needful Things de Fraser Clarke Heston (1993) - ★★★★★★★☆☆☆



À l'origine de Needful Things, le roman homonyme sortit chez nous sous le titre Bazaar en 1991. Une très bonne surprise que ce dix-huitième ouvrage grand format de Stephen King qui depuis un certain nombre d'années a publié quelques immenses gros pavés qui seront par la suite adaptés au cinéma et à la télévision avec plus ou moins de bonheur. The Stand, Pet Semetary, It, Misery, ou encore The Tommyknockers avec lequel Needful Things partage un certain nombre de points communs. Mais sans doute pas autant qu'avec le futur scénario original qu'il écrira à l'occasion de la mini-série en trois parties, Storm of the Century. Cette année 1993 est plutôt un bon cru pour le plus adapté des écrivains d'épouvante américains puisque outre le cinéaste Fraser Clarke Heston qui se penchera donc sur Needful Things, George Romero remettra les pieds dans le plat pour la seconde fois après Creepshow en 1982 avec The Dark Half cette année là.
L'intrigue se situe dans la ville de Castle Rock, une communauté fictive inventée par Stephen King et servant de cadre à plusieurs romans et nouvelles de l'écrivain. C'est là que s'installe l'antiquaire Leland Gaunt. Un vieil homme qui propose des objets hétéroclites (on y trouve notamment de rarissimes cartes de base-ball) à un prix défiant toute concurrence mais en échange desquels, l'acheteur est contraint d'accepter de lui accorder une petite faveur. Enfin, petite. Celle-ci aura toujours des conséquences dramatiques puisque jouant sur les nerfs et les inimitiés latentes des habitants de Castle Rock. D'abord ravi de recevoir dans sa petite ville un nouveau venu, le shérif Alan Pangborn se rend très vite compte que la double mort de deux de ses concitoyennes a un rapport avec l'arrivée de Leland Gaunt. Mais les accidents ne s'arrêtent pas là. En effet, comme mus par une force invisible les poussant à commettre des actes répréhensibles, tous les habitants agissent de manière anormale. Bientôt, Castle Rock devient le théâtre d'un chaos indescriptible que le shérif ne parvient malheureusement pas à contenir. Pendant ce temps là, L’antiquaire compte les points...

Aussi dramatiques que puissent être les événements qui se déroulent dans une ville à l'apparence plutôt calme mais où couve en réalité une haine que partagent certains habitants (celle opposant Wilma Jerzyck et son ennemie jurée Nettie Cobb étant très représentative), il est possible de ressentir une certaine jouissance à voir se chamailler comme des gamins des adultes responsables avant que la mort ne les emporte. Des habitants d'une petite ville américaine aux prises avec celui que l'on sera tenté de comparer au Diable. Un démon qui peu à peu, et de manière insidieuse, montre son vrai visage. De longs doigts prolongés par des ongles ressemblant à des griffes, et des dents qui jaunissent à vue d’œil. Pas vraiment très esthétiques d'ailleurs, ces dernières, au vu de l'impeccable tenue générale d'un antiquaire superbement incarné par l'acteur franco-suédois Max von Sydow. Aussi impressionnant que talentueux, l'exorciste du film homonyme réalisé par William Friedkin en 1973, mais aussi et surtout l'acteur fétiche du cinéaste suédois Ingmar Bergman, cabotine tout en demeurant d'une méchanceté crasse, MAIS, distinguée.

Leland Gaunt fait partie de ces personnages charismatiques développés par Stephen King dans un certain nombre d'ouvrages au point que l'on pourrait se demander s'il n'est pas un seul et même individu se camouflant sous divers identités. Leland Gaunt ne partage-t-il pas en effet de nombreux points communs avec André Linoge de Storm of the Century ou Randall Flagg de The Stand et de The Dark Tower ? Ces dernières années, entre excellentes adaptations (Misery) et nanars (Sleepwalkers), le grand écran semble nous avoir habitués à des sorties plus ou moins convaincantes. Fort heureusement, Needful Things fait partie de ces bonnes choses qui furent extraites des écrits de l'écrivain d'épouvante. Un joyeux bordel mettant à jour le caractère pernicieux de l'âme humaine. Une partie d'échec entre le Diable et les pieux habitants d'une petite ville américaine qui cache quelques sombres secrets. Face à Max von Sydow, l'acteur Ed Harris, qui outre une carrière exemplaire à travers d'excellents longs-métrages (L’étoffe des Héros, Abyss, Apollo 13, A History of Violence), apparaîtra à plusieurs occasions dans des adaptations de Stephen king au cinéma (Creepshow) ainsi que sur le petite écran (The Stand). A ses côtés, l'actrice Bonnie Bedelia dont le visage ne nous est pas inconnu puisqu'elle interpréta le rôle de Holly Gennero dans les deux premiers volets de la franchise Die Hard, Piège de cristal et 58 minutes pour vivre...

vendredi 19 octobre 2018

Cycle Stephen King : Sleepwalkers de Mick Garris - (1992) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Plus nous continuons à explorer la filmographie issue des écrits du romancier d'épouvante Stephen King, et plus il paraît clair que dans la balance, pèsent plus lourd la somme des indigences que ne pèsent les œuvres pouvant revendiquer le statut d’œuvres cultes. Heureusement, il en fut pour rétablir une certaine vérité, mais combien de navets pour chaque chef-d’œuvre enfanté ? Trop, beaucoup trop. Qui se souviendra longtemps après leur sortie au cinéma de Children of the Corn, Maximum Overdrive, The Running Man ou de Graveyard Shift autrement que pour la vacuité de leur contenu ? Trop rares sont les George A. Romero, David Cronenberg, John Carpenter, Rob Reiner, ou Frank Darabont qui rendirent honneur aux ouvrages dont il s'inspirèrent, et en trop grand nombre sont ceux qui ont pillé l’œuvre labyrinthique de Stephen King pour n'en faire rien d'autre que des produits de consommation aussi rapidement vus qu'aussi promptement oubliés.
Sleepwalkers ne déroge malheureusement pas à la règle, et pour qui ne connaît de l’œuvre de Stephen King que quelques phrases relevées de ci, de là afin d'accompagner un article lui étant consacré, d'aucun ne pourrait imaginer la force d'imprégnation de certains de ses plus grands romans. On pourra toujours invoquer le fait que le film de Mick Garris n'est que l'adaptation d'une nouvelle de l'écrivain n'ayant sans doute pas assez d'envergure pour mériter sa place sur grand écran. Mais qu'en sait-on finalement, puisque cette nouvelle, justement, n'est jamais parue dans aucun ouvrage et que Stephen King n'a fait que la reprendre dans l'intention d'en faire un scénario digne d'un long-métrage ? Sauf que le résultat, à l'écran, peine à revendiquer la moindre capacité à faire peur. On pourrait même ranger Sleepwalkers dans la catégorie des comédies involontaires tant il est à l'opposé des ambitions de celui qui tentera pourtant par la suite, et à plusieurs reprises, de s'attaquer à nouveau à l’œuvre de Stephen King (The Stand en 1994, Desperation en 2006).

Le principal soucis avec Mick Garris est que quoi qu'il tourne, le résultat est digne d'un téléfilm et rien de plus. Sleepwalkers peut donc s'envisager comme une œuvre réalisée pour le petit écran. De moyenne envergure. Alors imaginez le produit finit, très en deçà des exigences du spectateur qui va payer sa place de cinéma pour aller voir ce qui aurait pu très largement se contenter d'un passage à la télévision. Une catastrophe. Un nanar comme semble être le nouvel emblème d'un Stephen King désormais presque systématiquement adapté au cinéma. Une image aussi lisse qu'une jeune vierge qui n'a même pas encore entendu parler du loup... Stephen King y aborde dans le scénario qu'il s'est lui-même chargé d'écrire, le thème de l'inceste. Sulfureux, Sleepwalkers ? Pas davantage qu'un épisode des Feux de l'Amour, je vous assure. Autre sujet abordé ? Celui des félidés, dont la définition est ici développée au delà de nos connaissances en éthologie, puisqu'on leur découvre ainsi des pouvoirs insoupçonnés comme celui de se camoufler sous l'apparence d'êtres humains.

Et c'est le cas de Charles Brady (Brian Krause) et de sa mère Mary (Alice Krige) qui, venus s'installer dans la petite communauté de Travis dans l'Indiana, vont très vite se mettre en chasse d'une vierge dont la force vitale leur permettra de prolonger leur existence. Dotés d'une force incroyable, ils ont cependant un ennemi avec lequel il doivent absolument conserver une certaine distance : le chat. Oui, cette petite boule de poils est effectivement le seul être sur terre à être en mesure de les tuer. Risible, n'est-il pas ? Et encore, vous n'avez pas vu les atroces costumes de latex dans lesquels nos deux interprètes vont être contraints de se faufiler afin de nous montrer leur vrai visage. J'écris sur le ton de l'humour, mais tout de même... une fois encore, donc, Sleepwalkers est une très grosse déception. Ennuyeux, sans enjeux et artistiquement pauvre, un long-métrage que l'on pourra aisément ignorer pour se concentrer sur quelques-uns de ceux qui allaient enfin redorer le blason de Stephen King et de ses écrits...

mercredi 17 octobre 2018

Cycle Stephen King : Tales from the Darkside - The Movie de John Harrison - (1990) - ★★★★★★★☆☆☆





Si j'ai décidé d'intégrer Tales from the Darkside: The Movie au cycle que je consacre à l'écrivain Stephen King, c'est parce que parmi les quatre segments que compte cette anthologie d'épouvante et de fantastique inspirée de la série télévisée homonyme, l'un d'eux fait directement référence à une nouvelle que l'auteur de Pet Semetary, Christine ou encore Misery écrivit et fit éditer en 1977 dans le magazine Cavalier (un mensuel dont la thématique est proche d'un certain... Playboy), avant de paraître chez nous dans l'anthologie de textes réunis par Ellen Datlow principalement axés sur nos félins préférés, et sous le titre Contes du chat pervers. Il faudra cependant attendre l'année 2008 pour que The Cat from Hell (titre original de la nouvelle adaptée dans le film qui nous intéresse ici) apparaisse dans un recueil de nouvelles intégralement consacré à Stephen King, Just After Sunset.
Précédé d'un segment mettant en vedette pas moins de trois célèbres acteurs américains (Christian Slater, Steve Buscemi et Julianne Moore) et une momie (Lot 249), et suivi d'un troisième sketch mettant en scène un artiste paumé et une créature ailée (celle qui orne les affiches américaine et française), Lover's Vow, le tout enrobé d'une histoire mêlant la chanteuse et actrice Deborah Harry (chanteuse du groupe de rock Blondie) et un gamin qu'elle a prévu de cuisiner à l'occasion d'un repas, Cat From Hell met en scène un vieillard cloué dans un fauteuil roulant, un tueur à gage, ainsi qu'un chat maléfique qui a jusqu'à maintenant décimé trois personnes dans l'entourage du vieil homme.

Arrivé à bord d'un taxi, le tueur à gages Halston est convié par l'hôte d'une immense demeure, un certain Drogan incarné à l'écran par l'acteur américain William Hickey (Unbertino de Casale dans Le Nom de la Rose de Jean-Jacques Annaud), a passer le temps qu'il faudra afin de le débarrasser du chat noir qui vit dans l'enceinte de l'inquiétante demeure. William Hickey prenant la place de Halston à bord du taxi, ce dernier se retrouve donc seul face à un chat dont il ignore encore les ressources. Car le petit félin, vêtu de son soyeux manteau noir, ne va pas se laisser abattre sans rien dire ni sans opposer la moindre résistance. Malgré les apparences, le duel qui va opposer le tueur à gages et le chat noir se conclura dans un bain de sang graphiquement très réussi que l'on doit à l'équipe de concepteurs d'effets-spéciaux, KNB EFX.

Tourné de nuit, dans une immense demeure rendue inquiétante par la seule présence d'un félin hurlant à s'en faire péter les cordes vocales et par un tueur qui déchantera assez rapidement, le cinéaste américain John Harrison enrobe ce second segment d'une anthologie qu'il réalisera seul d'un halo lumineux rendant la séquence particulièrement anxiogène. La traque entre le tueur (incarné à l'écran par l'acteur (et ancien chanteur du groupe New York Dolls) David Johansen et le chat, incarné par... un chat, est assez mouvementée. Du moins, suffisamment pour que l'on n'ait pas le temps de s'ennuyer. Le final est quant à lui jouissif et carrément gore. Ou comment mettre en appication à grands renforts d'hémoglobine, l'expression "Avoir un chat dans la gorge". Imparable... Quant au reste de l'anthologie, il demeure d'une qualité égale et permet d'y constater le talent de l'un des plus grands maquilleurs de tous les temps : celui de l'américain Dick Smith (L'Exorciste)...

mardi 16 octobre 2018

Cycle Stephen King : The Running Man de Paul Michael Glaser (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆



The Running Man fut le premier long-métrage de pure science-fiction à être adapté d'une œuvre de Stephen King. Pourtant, le roman qui en est à l'origine et que l'auteur écrivit sous le pseudonyme de Richard Bachman n'était pas sa première tentative en la matière puisque Rage, en 1977 et The Long Walk (Marche ou Crève), en 1979 abordaient déjà des thématiques ouvertement anticipatives. Fort curieusement, le roman de Stephen King/Richard Bachman lui aussi intitulé The Running Man contient de grandes similitudes avec un ouvrage écrit par le romancier américain Robert Sheckley en 1958 (The Prize of Peril). A tel point que lorsque l'on découvre les adaptations cinématographiques respectives des deux romans (la seconde étant intitulée Le Prix du Danger, réalisé en 1983, soit quatre ans avant le film de Paul Michael Glaser (le Starsky de la série policière américaine Starsky et Hutch)), on pourrait penser que le premier s'est inspiré du second. Sans chauvinisme aucun, on peut cependant objectivement reconnaître que le film du cinéaste français Yves Boisset est indéniablement supérieur à celui de l'acteur/réalisateur américain.

En vedette, l'acteur américain d'origine autrichienne Arnold Schwarzenegger, dans le rôle d'un policier à la morale beaucoup moins douteuse que celle de ses collègues qui, en refusant de tirer sur une foule d'individus affamés et non armés, se retrouve derrière les barreaux. Nous sommes en 2017 (sic!), et accompagné de ses co-détenus, Ben Richards parvient à s'échapper. Fugitif, il est remarqué par Damon Killian, l'animateur vedette d'une émission intitulée The Running Man dans laquelle un homme doit échapper à des tueurs s'il veut espérer demeurer en vie. Contraint malgré lui d'y participer auprès d'Amber Mendez, William Laughlin et Harold Weiss (ces deux derniers étant deux de ses anciens co-détenus), et haï par un public manipulé grâce à des images trafiquées le montrant massacrer des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants alors qu'il s'y était au contraire opposé, Ben jure à Killian qu'il reviendra lui faire payer...

The Running Man est donc la première incartade de l'écrivain Stephen King dans le domaine de la science-fiction au cinéma, lui que l'on a surtout connu s'intéressant de très près à l'épouvante. Librement adapté d'un ouvrage qu'il écrivit sous le pseudonyme de Richard Bachman, la tâche est confiée à l'acteur Paul Michael Glaser qui, sans faire de miracles, propose un spectacle relativement divertissant. Mais là s'arrêtent les points positifs car en dehors de ça, le long-métrage, malgré un important budget s'élevant à vingt-sept millions de dollars, The Running Man ne se révèle n'être au final qu'une série B friquée flirtant presque avec le Z et pas davantage maîtrisée qu'un bon vieux nanar italien des années 70/80. Aux côtés de la vedette américano-autrichienne, on retrouve l'actrice vénézuélienne Maria Conchita Alonso qui interpréta le rôle de Leona Cantrell dans Predator 2, mais cette fois-ci, sans la star bodybuildée. Du premier Predator, on retrouve par contre l'acteur Jesse ventura, l'un des compagnons d'Arnold Schwarzenegger qui aura le triste privilège d'être la première victime à mourir des assaults de l'hyper-charismatique extraterrestre venu sur terre afin de chasser l'homme. Yaphet Kotto fait lui aussi partie de l'aventure dans le rôle de William Laughlin, mais connaîtra un sort pas plus enviable que celui qu'il interpréta dans le cultissime Alien de Ridley Scott. N'oublions pas l'acteur Richard Dawson qui dans The Running Man incarne à merveille la pourriture de service. Le film de Paul Michael Glaser tourne autour d'un état aux mains de la milice, et d'une population crevant de faim que l'on abreuve d'images mensongères afin de la détourner de ses principales préoccupations. Une thématique visionnaire dont certains éléments sont proches de l'état actuel de certaines grandes nations.

Malheureusement, The Running Man tourne assez rapidement en rond et n'est rien d'autre qu'un film de science-fiction mâtiné d'action pas vraiment intelligent et encore moins fin en terme de scénario. Les décors sont laids et l'interprétation basique. A réserver aux fans de la star musclée (qui reviendra trois ans plus tard avec une autre œuvre d'anticipation beaucoup plus ambitieuse avec le Total Recall de Paul Verhoeven) et à ceux de Stephen King. Un film mineur...
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