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vendredi 10 mars 2023

Corrective Measures de Sean Patrick O'Reilly (2022) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Heuuuu, j'aimerais que l'on m'explique un truc ! Des criminels dotés de supers-pouvoirs arrivent en prison lorsque l'un des gardiens chargés de leur surveillance leur indique ceci après que l'une de ses collègues ait utilisé une arme contre l'un d'eux : '' C'est un équipement anti-pouvoirs. EAP ou ''Annulard'' (Ouais... je sais... c'est juste... pathétique). Y'en a dans les lumières, l'eau et votre nourriture. Dehors vos supers-pouvoirs vous rendent invincibles. Mais ici, vous êtes comme tout le monde...''. J'veux bien, mais il me semble que deux minutes auparavant, un détenu protégé derrière un grillage avait les mains électrifiées !!! Oh, les gars, c'est bien beau de nous balancer un concept mais faudrait voir à vous relire avant de l'appliquer au cœur du récit, hum ? Et le film ne vient que de commencer. Ah ! Et puisque l'on parle d'incohérences, citons l'extraordinaire bagarre (je plaisante, bien sûr) qui ouvre le bal et lors de laquelle un mutant résiste aux balles mais pas à la raclée infligée par celui qui deviendra l'un des protagonistes du récit... C'est amusant mais qui parmi les amateurs de films de supers-héros eut connaissance de l'existence de Corrective Measures l'année passée ? Vu que le genre est encombré depuis maintenant pas mal d'années, à moins d'être un acharné du genre, le film de Sean Patrick O'Reilly est forcément passé sous les radars. Il faut dire qu'avec ses faux airs de X-Men fauché comme les blés, la chose avait peu de chance de pouvoir rivaliser avec les grandes figures de chez Marvel et DC ! Ici, toute forme de finesse est abandonnée au profit d'un récit qui ne change guère de ce que nous offrent pas mal de films situant leur action dans l'univers carcéral. Mais là où le long-métrage de Sean Patrick O'Reilly diffère de la majorité portant sur le sujet, c'est l'implication de personnages ''théoriquement'' dotés de supers-pouvoirs. Théorique puisque le moyen que semble avoir trouvé le réalisateur afin de pallier aux limites budgétaires fut d'évoquer un procédé visant à démunir les dangereux criminels enfermés dans la prison de San Tiburon de leurs pouvoirs acquis à la suite d'une impulsion. La Pulse comme tous la nomment. Parmi les taulards condamnés à plus ou moins long terme l'on retrouve le type qui tabassa un mutant en début de programme et qui dans l'enceinte de l'établissement va se faire un devoir d'envoyer en Enfer le plus de co-détenus possible. L'une des particularités de Corrective Measures (traduit chez nous sous le ridicule titre Mutants surpuissants) est de n'avoir en son sein aucun véritable personnage positif. Bref, que des antagonistes se frottant les uns aux autres, usant d'un langage de charretier auquel s'adonnent également les gardiens de prison, tel l'officier Morales qu'interprète l'actrice Kat Ruston. Seule clarté dans ce tableau plutôt sombre, le personnage du Docteur Isabelle Joseph dont Hayley Sales endosse l'uniforme...


Du sous X-Men, donc, avec tout ce que cela peut engendrer de défauts. Absence quasi-totale d'effets-spéciaux vu que les mutants du film ont été dépouillés de leur don, méli-mélo de sous intrigues qui rendent confus le récit principal, mise en scène ultra balisée dans la sphère du cinéma dont la vocation est de commencer et finir ses jours sur les plateformes VOD, interprétation pitoyable et caractérisation revue à la baisse. Ici, les amateurs de séries Z seront en terrain connu. Des films comme Corrective Measures, le septième art en charrie chaque année à la pelle. De la malbouffe cinématographique comparable aux chaînes de restauration rapide ou aux musiques jetables qui gangrènent le monde du quatrième art ! Aussi vite vu, aussi vite oublié. N'en déplaise aux fans de Bruce Willis ou à ceux de Michael Rooker (Henry, Portrait of a Serial Killer de John Mc Naughton), le long-métrage de Sean Patrick O'Reilly n'offre rien de vraiment passionnant. Dans ce film qui réunit à nouveau les deux acteurs après le White Elephant de Jesse V. Johnson, Michael Rooker campe un directeur de prison avide de vider les comptes en banque du ''Lobe'' qu'incarne Bruce Willis. Un individu lui-même enfermé en prison et qui possède l'enviable pouvoir de contrôler l'esprit de ses concitoyens. Un pouvoir dont l'ironie ne cesse d'ailleurs de grandir à mesure que l'état de santé de l'acteur se détériore au fil des mois ! Adapté du manga éponyme de Grant Chastain et Fran Moyano, Corrective Measures est une œuvre insipide qui se croit sans doute très sérieuse dans sa démarche mais qui à force d'accumuler les défauts finit par devenir pittoresque en ce sens où le rire se fait involontaire. C'est d'ailleurs bien là la seule attitude raisonnable qu'aura le spectateur face à l'indigence généralisée qui n'honore pas le manga d'origine. Notons que jusque là, Sean Patrick O'Reilly œuvra dans le cinéma d'animation et qu'il fut notamment producteur de bons gros bousins comme la trilogie d'Edward Drake Detective Knight ou de Deadlock de Jared Coh, lui-même interprété par Bruce Willis... Corrective Measures restera donc sans doute comme le meilleur film de supers-héros de 2022... pour qui déteste viscéralement le genre...

 

samedi 12 novembre 2022

White Elephant de Jesse V. Johnson (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

White Elephant de Jesse V. Johnson, c'est d'abord la réunion de trois grands noms du cinéma. Tout d'abord, Michael Rooker, la véritable vedette du récit. Rendu célèbre grâce à son rôle dans le film culte de John McNaughton Henry, portrait of a Serial Killer. Puis John Malkovitch que l'on découvrait notamment dans Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears en 1988 ou Dans la ligne de mire de Wolfgang Petersen cinq ans plus tard. Le réalisateur Spike Jonze lui offrira même un rôle dans une œuvre qui portera son nom : Dans la peau de John Malkovich ! Et puis, il y a Bruce Willis. L'éternel interprète de John McClane de la franchise Die Hard qui contrairement aux apparences laissées par l'affiche n'est pas le principal interprète de ce White Elephant sorti en salle et en VOD sur le territoire américain le 3 juin dernier. Ce dernier ainsi que le réalisateur s'étaient déjà rencontrés sur le tournage de Code Mercury dont Jesse V. Johnson était chargé des cascades. Au delà du seul fait que Bruce Willis apparaisse dans le cas présent dans un état diminué du fait de son aphasie, le tournage est pour l'équipe qui l'entoure, l'occasion de constater combien l'acteur a perdu de sa superbe même si tous conservent une certaine fascination et un éminent respect pour cet interprète qui ne cesse alors de promettre de faire de son mieux. Le réalisateur offre à Bruce Willis le rôle de l'antagoniste du récit en la personne d'Arnold Salomon. Il incarne en effet celui d'un baron de la Mafia qui ordonne à l'un de ses hommes (Michael Rooker dans le rôle de Gabriel Tancredi) d'éliminer le témoin d'une tentative de meurtre raté ordonné par celui-ci. Cependant, Gabriel refuse d'honorer le contrat et plutôt que d'assassiner Vanessa Flynn (l'actrice Olga Kurylenko), il prend la décision de la protéger...



Comme cela va être très rapidement visible à l'écran, Bruce Willis n'est donc pas la vedette de cette histoire mêlant enquête policière, règlements de comptes, trahison et Mafia. John Malkovitch n'est d'ailleurs pas non plus des plus impliqués. Pourtant, on n'aura rarement vu Bruce Willis aussi fréquemment à l'écran depuis ces dernières années que dans ce long-métrage. Quant à Michael Rooker, il incarne un personnage ambigu, capable de tuer froidement l'un des boss de la Mafia russe et ses hommes tout en conservant une certaine morale puisqu'il se refusera à éliminer Vanessa. Sans être admirablement caractérisé, son personnage se montre parfois touchant. Surtout à l'évocation de sa femme disparue. Après, force est de reconnaître que White Elephant ne concourt pas dans la catégorie des meilleurs films d'action et thrillers de ces dernières années. Une habitude chez Jesse V. Johnson dont la carrière émaillée de films d'action ne brille ni par son originalité, ni par la qualité de ses différentes mises en scène. L'un des gros points faibles de son dernier long-métrage se situe au niveau des fusillades opposant la flic aux membres de l'association dirigée par Arnold Salomon : en effet, alors que la jeune femme doit tout d'abord combattre seule face à des groupes lourdement armés (mitraillettes et fusils à pompes) formés de quatre à six hommes, l'inefficacité de ceux-ci relève de l'absurde ! Des dizaines de tirs visant à côté tandis que Vanessa fait mouche à chaque fois. Et puis, il y a cette fâcheuse habitude visant pour les grands méchants de l'histoire à ne tirer que lorsque l'un de leurs compagnons vient de tomber au sol. On comprendra que cette incohérence permet aux protagonistes de survivre plus longtemps mais l'incapacité de leur ennemis à tirer dans le tas d'un seul et même souffle nuit terriblement au rythme. Pourtant, White Elephant se situe très légèrement au dessus de la foultitude de navets dans lesquels est récemment apparu Bruce Willis. Un long-métrage que l'on recommandera prioritairement aux fans purs et durs de cinéma d'action en général et de l'acteur et de son acolyte Michael Rooker en particulier...

 

jeudi 15 avril 2021

Love and Monsters de Michael Matthews (2020) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Second long-métrage du réalisateur Michael Matthews après le western Five Fingers for Marseilles il y a quatre ans, Love and Monsters a débarqué en octobre dernier sur Netflix. De la science-fiction ? Du fantastique ? À vrai dire, un peu des deux, dans une aventure presque adolescente. Un conte moderne pour petits et grands qui ravira les premiers mais pourra décontenancer les seconds par son approche relativement puérile du récit. Pourtant, tout semble être là, dans cette recette dont chaque élément semble avoir été déjà utilisé mille fois auparavant et dont certains mélanges auraient pu faire craindre le pire. Le récit s'articule autour de Joel Dawson, sympathique jeune homme qui, généralement paralysé par la peur, se voit refuser l'accès à l'extérieur de l'abri dans lequel il vit maintenant depuis sept ans en compagnie d'hommes et de femmes tous en couples. Bricoleur, cuisinier et ''fée du logis'', Joel est parvenu à se rendre utile mais se sent de trop, son statut de célibataire lui pesant terriblement. C'est pourquoi, un jour, il prend la décision de partir pour rejoindre celle qu'il aime et qui vit dans un autre abri à cent-trente kilomètres de là. Un périple éminemment risqué, qu'il devra faire en solo, dans un monde dévasté et apparemment bienveillant mais qui cache en réalité d'innombrables créatures aux proportions monstrueuses. Car oui, aussi surprenant que cela puisse être, c'est en tentant de détruire à l'aide de missiles un astéroïde qui fonçait droit sur la planète que l'homme s'est lui-même condamné en éradiquant plus de quatre-vingt dix pour cent de son espèce des suites des retombées radioactives...


Love and Monsters repose donc en partie sur un bestiaire qui, il faut l'avouer, se révèle particulièrement original. Le long-métrage de Michael Matthews peut s'envisager comme une relecture non officielle de Des monstres attaquent la ville de Gordon Douglas (1954) et de tous ces longs-métrages qui mirent en vedette, et surtout dans les années cinquante, nombres de créatures aux dimensions surprenantes. Crapaud et Escargot géants donnent le sentiment d'avoir été piochés dans les quelques créatures qui hantent l'univers de L'histoire dans fin de Wolfgang Petersen tandis que le reste est propre à toute cette vague de longs-métrage de science-fiction post-apocalyptique qui font le bonheur des amateurs de dystopies et notamment de fin du monde. Sur ce plan là, Love and Monsters est un régal visuel. Il ne manque presque rien. Des villes abandonnées à la végétation avec tout ce que peut constituer une telle dégradation, même si le plus gros du récit est tourné dans des paysages sauvages, ce qui a sans doute permis de réduire le budget. Des créatures en image de synthèse convaincantes, même si au fond, le traitement de l'histoire écrite par Brian Duffield et Matthew Robinson le prédispose davantage à un public féru de comédie fantastique ou de science-fiction qu'à l'amateur pur et dur de films d'horreur et d'épouvante. Si le ton est léger, c'est cependant sans doute bien là le problème.


En effet, si suivre les aventures de Joel Dawson (interprété par l'acteur Dylan O'Brien, héros de la trilogie Le labyrinthe) n'est pas une gageure d'un point de vue intellectuel (aucun cerveau ne devrait logiquement se mettre à fumer devant l'absence de complexité et de profondeur du scénario), chaque séquence semble avoir été construite de manière à n'en retenir qu'une armature légère et dénuée de toute ''chair''. Love and Monsters déroule donc le fil de son intrigue sans prendre le moindre pari d'exploser les codes. C'est fluide mais sans aspérités. Tout juste les amoureux d'espèces canines auront-ils une pensée émue en se remémorant cet adorable bête à poils prénommée Boy qui suit de près notre héros. L'un des vrais plaisirs, outre le fait d'avoir entre les mains une véritable aventure humaine et familiale, est sans doute d'y retrouver l'acteur Michael Rooker qui en baroudeur couperosé prénommé Clyde aurait mérité de suivre les traces du personnage principal jusqu'au terme du récit. Un récit qui se termine sur cette même approche un peu trop bâclée qui parasite l'ensemble du long-métrage. Love and Monsters n'est donc ni un mauvais film ni une pépite. Tout juste un très bon divertissement qui ne souffrira cependant peut-être pas d'une seconde projection...


 

vendredi 26 mars 2021

Replicant de Ringo Lam (2001) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

''Tentative d'homicide envers une femme et son enfant''. Pauvre homme... Qui nous dit qu'il est venu les tuer ? Peut-être veut-il simplement violer la mère et jouer à la dînette avec son rejeton ? Ça démarre mal, dites-donc... Pauvre Ringo Lam qui à quelques années près aurait été à la mode si seulement était évoqué un féminicide et non pas un homicide. Nous sommes en 2001 et c'est à cette occasion que ce réalisateur originaire de Chine retrouve pour la seconde fois l'acteur belge Jean-Claude Van Damme avec lequel il tourna son tout premier film américain Risque Maximum en 1996. Les deux hommes se retrouveront d'ailleurs en 2003 avec ce qui demeure sans doute comme l'un des meilleurs films de l'un et de l'autre, In Hell. Mais pour l'instant, nous sommes donc en 2001 et Ringo Lam offre à Jean-Claude Van Damme l'opportunité de jouer dans un film mêlant action, thriller et science-fiction. L'une des particularités de ce long-métrage est qu'il permet à la star belge d'interpréter non pas un rôle, mais deux. Celui d'un tueur en série dont l'une des spécificités est de brûler ses victimes après les avoir tuées. Mais également celui du Réplicant qui sert de titre au film.Un clone du tueur qui sera employé afin de tenter de mettre la main sur le serial killer Edward Garrotte, surnommé ''la Torche''. L'autre héros du récit, c'est Jake Riley. Un inspecteur de police chargé de l'enquête qui prend sa retraite avant d''être contacté par des agents du gouvernement qui l'informent de leur intention de créer un clone à partir d'un échantillon d'ADN prélevé chez le tueur. L'ancien flic va alors reprendre du service et s'allier au Réplicant afin de mettre hors d'état de nuire le tueur en série...


Jake Riley est interprété par l'acteur Michael Rooker qui débutait sa carrière quinze ans auparavant après s'être vu confier le rôle de l'un des pires tueurs en série de toute l'histoire criminelle mondiale par le réalisateur John McNaughton. Henry, Portrait of a Serial Killer est encore aujourd'hui considéré comme l'un des grands chefs-d’œuvre de sa catégorie. Michael Rooker y est simplement époustouflant et le film particulièrement déstabilisant. C'est pourquoi retrouver l'acteur dans un rôle de flic peut paraître étonnant, lui que l'on aurait pu imaginer cantonné dans des rôles de méchantes grosses brutes. En même temps, on ne peut pas dire que son rôle dans Replicant lui fasse bénéficier d'une interprétation toute en finesse puisque son personnage s'avère particulièrement antipathique et brutal (une attitude que souligne encore davantage son doublage en français effectué par l'acteur Pascal Renwick, lequel décède cinq ans plus tard en juillet 2006). Cela peut paraître étonnant pour quiconque estime que Jean-Claude Van Damme n'est qu'un gros tas de muscles sans cervelle uniquement capable d'enchaîner les combats, mais dans ce double rôle de tueur en série et de clone, l'acteur s'avère relativement convaincant. Peut-être davantage d'ailleurs lorsqu'il interprète le rôle du clone que celui du tueur au look improbable de play-boy au blouson de cuir et aux cheveux longs et ondulés !


Si l'on n'assiste pas à la naissance d'un nouveau mythe (faut quand même pas déconner), Jean-Claude Van Damme est en fait assez ''remarquable'' dans la peau de ce clone dont l’attitude parfois enfantine s'avère au fond assez touchante. Comme un enfant qui découvre le monde, les yeux tournés vers le ciel, Ringo Lam a le bon goût de n'en pas faire un combattant parfaitement accompli. Ce qui transparaît lors de combats approximatifs qui participent de l'éducation de ce personnage assez gauche. Avec ses dix-sept millions de dollars, Replicant ne bénéficie que de très peu de moyens consacrés aux effets-spéciaux. Si une ou deux explosions émaillent le récit, la teneur en matière de science-fiction s'offre une partie encore moins importante du récit puisque le sujet du clonage n'est que survolé, la mise en scène et le montage faisant alors le reste afin de confronter le tueur et son clone. On n'échappe évidemment pas au quota de combats entre le tueur, son clone ou face à de grosses brutes. Le réalisateur construit son œuvre autour d'un véritable scénario et pas uniquement autour des combats, ce qui s'avère relativement plaisant, voire reposant. Si Replicant est loin d'être un grand thriller et un grand film de science-fiction, il est de ces films incarnés par Jean-Claude Van Damme que ses détracteurs devraient sans doute visionner en premier histoire de changer, peut-être, d'opinion sur le plus célèbre des acteurs belges...

 

vendredi 12 mars 2021

The Trigger Effect de David Koepp (1996) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Réalisateur dernièrement du décevant You Should Have Left, David Koepp débutait sa carrière sur grand écran en 1996 avec The Trigger Effect. Et déjà, à l'époque, nous pouvions remarquer la faiblesse d'une mise en scène dans l'incapacité à sublimer un thème pourtant captivant. Sur un scénario écrit de ses propres mains en compagnie de James Burke, David Koepp accouche en effet d'une œuvre timide même si parfois il est vrai, l'on ressent une certaine tension. Palpable notamment lorsque le héros Matthews est confronté à l'anarchie ambiante qui s'instaure d'elle-même lorsqu'un black out d'ampleur nationale provoque la paralysie de tout un état. Si le suspens est bien présent avec le risque d'assister à tout moment à un bouleversement dans l'existence d'un couple presque tout à fait irréprochable, le film repose cependant sur des bases relativement fragiles dues au manque de panache et à la timidité de la mise en scène du réalisateur américain. Survivre à ce qui pourrait devenir une apocalypse d'ordre électromagnétique (bien qu'ici l'on ne sache en réalité par grand chose sur la question) semble la principale préoccupation de David Koepp qui cependant, et malgré de bonnes idées de scénario, avance avec prudence, les conflits débouchant alors sur des conséquences dramatiques mais jamais vraiment jusqu’au-boutistes. Et ce, malgré quelques séquences relativement violentes. À dire vrai, The Trigger Effect a tout du brouillon et n'est alors pas comparable au chef-d’œuvre de Steve De Jarnatt, Miracle Mile, lequel dans un contexte assez éloigné, osait faire des propositions qui relançaient sans cesse la vapeur...


Matthew et Annie Kay forment un couple d'américains moyens, vivant dans un lotissement auprès de voisins apparemment charmants. Bien que le scénario du film soit à l'origine l’œuvre du réalisateur et de son scénariste, The Trigger Effect donne le sentiment étrange d'avoir été tout d'abord calqué sur l'un des meilleurs épisodes de la série de science-fiction The Twilight Zone. En effet, le long-métrage de David Koepp évoque The Monsters Are Due on Maple Street dans lequel une coupure d'électricité provoquait la panique dans la rue principale d'une petite ville. Un sentiment de paranoïa s'y instaurait mais semble absent ou presque de The Trigger Effect qui déroule son intrigue sous la forme de séquences se succédant parfois de manière tout à fait déconnectée. Il y a donc des trous dans ce récit que le réalisateur aurait sans doute eu la bonne idée de combler en rallongeant son œuvre d'une bonne demi-heure. De quoi apporter davantage de chair à un film qui pourtant, n'est pas dénué d'intérêt. Car si The Trigger Effect n'est pas le survival que l'on aurait aimé découvrir, le réalisateur l'alimente pourtant en caractérisations. Celle de Matthew par exemple. Ce poltron qui face à l'adversité va se sortir les mains des poches pour trouver ce courage nécessaire qu'il devra mettre à profit s'il veut survivre dans un monde qui semble glisser vers un retour à la barbarie. Annie, l'épouse désillusionnée, qui rêvait sans doute d'une vie plus riche au bras d'un homme plus fort. Joe, ce copain cynique proche de la rupture. Ou encore Raymond, cet inconnu victime du regard des autres en raison de sa couleur et capable de tout pour protéger sa fille. 

 

Et puis, il y a Gary, formidable Michael Rooker (Henry Portrait of a Serial Killer), dont l’ambiguïté glaçante en fait l'antagoniste le plus intéressant mais qui à l'image ne fait malheureusement que passer... Kyle MacLachlan (Blue Velvet et Dune de David Lynch, la série Desperate Housewives) et Elisabeth Shue (le sublime Leaving Las Vegas de Mick Figgis, Retour vers le Futur 2 & 3 de Robert Zemeckis) campent le couple Kay. Dermot Mulroney celui du copain Joe et Richard T. Jones le personnage de Raymond. The Trigger Effect se clôt comme il a vécu durant les quatre-vingt quatorze minutes qui ont précédé. Sur une ellipse ne résumant même pas de manière trop hâtive, le passage du black-out au retour à la normalité. Un petit thriller sans prétention, ponctué de quelques séquences prenantes mais qui aurait mérité davantage de soin de la part des scénaristes et du réalisateur...

 

lundi 17 février 2020

Nightmare Island de Jeff Wadlow (2020) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Chapeau Melon et Bottes de Cuir, L'Agence tous risques , Drôles de Dames, Starsky et Hutch. Ces séries télévisées et bien d'autres ont toutes connu de désastreuses adaptations sur grand écran. Et malgré quelques rarissimes tentatives réussies (Mission : Impossible de Brian de Palma en 1996), le public ne peut généralement constater que l'étendue des dégâts. Dernière série culte à avoir eu les honneurs (les horreurs diront certains sans mauvais jeu de mots) d'une adaptation cinématographique : la très sympathique Île Fantastique créée par Gene Levitt et diffusée aux États-Unis pour la première fois en janvier 1977 sous la forme d'un épisode pilote avant que ne soient produits sept saisons entre 1977 et 1984. Le principe était clair et simple : sur une île paradisiaque (en réalité, le Jardin Botanique et l'Arboretum d'Arcadia de la ville de Los Angeles), Monsieur Roarke (l'acteur mexicano-américain Ricardo Montalbán) et son assistant Tattoo (le français Hervé Villechaize) accueillaient des hommes et des femmes désirant réaliser leur rêve. Chaque épisode proposait deux aventures distinctes surveillées de très près par leur hôte Monsieur Roarke et son adorable assistant.

Le réalisateur américain Jeff Wadlow en reprend donc la structure mais transforme L'Île Fantastique de Gene Levitt en un ''Gloubi-boulga'' horrifique qui ne ressemble en fait que de très loin à la série à laquelle le long-métrage est tout d'abord censé rendre hommage. Il y a différentes manières d'aborder Nightmare Island, et certainement deux qui dominent l'ensemble des manifestations de joie ou de colère que peut engendrer le film de Jeff Wadlow. Pour faire simple, et élaguer le champ des possibilités, disons que l'on peut adorer le concept ou bien le détester. Les spectateurs qui bouffent du film d'horreur au kilomètre sans se soucier de l'interprétation, de la mise en scène, de la caractérisation des personnages, de la qualité plus que relatives des débordements sanglants, ou de tout autre paramètre artistique seront aux anges. Cerise sur le gâteau : ceux-ci auront droit à quelques séquences 'bas du front'' du type, fête autour d'une piscine avec bimbos en bikini et poitrines gonflées à l'hélium, dégénérés du bulbe ''testostéronés'', musique techno abrutissantes et dialogues pour individus n'ayant pas encore fait le deuil de leur adolescence.

Pour les fans de la série originale, le constat est plus... mitigé. Voire, carrément désastreux. En effet, si Nightmare Island peut faire illusion quelques minutes, Jeff Wadlow use de l'immense renommée de cette série culte pour s'en approprier l'héritage et proposer un film d'horreur vulgaire qui ne fait en réalité que recenser toute une séries d'actes déjà décrits dans d'innombrables longs-métrages. Si cette île de cauchemar accueille bien une poignée d'individus désirant réaliser leur rêve et que tel est le cas dans un premier temps, chaque protagoniste fini par rejoindre le groupe pour finir par mener une seule et même quête, convoquant une étrange fontaine, source de leurs fantasmes mais surtout, de leurs ennuis, et même de pseudos zombies qui, soit dit en passant, sont ''drôlement'' pathétiques ! De plus, si l'on retrouve bien le personnage de Monsieur Roarke (ici interprété par l'acteur Michael Peña, lequel ne parvient malheureusement pas à faire oublier l'excellent Ricardo Montalbán de la série originale), Tattoo, lui, a tout simplement disparu de l'histoire et s'avère remplacé par un personnage tout à fait anodin si ce n'était sa taille exceptionnelle. On passera sur la présence de Michael Rooker (Henry, Portrait of a Serial Killer) qui est venu se perdre dans cette production bas de gamme, sur Ian Roberts qui incarne un ''Chirurgien/boucher'' parfaitement stupide, ou sur ces malfrats portant des masques aussi ridicules que le jeu de leur interprète respectif, pour se concentrer sur une écriture des plus affligeante, même pas rattrapée par des rêves d'une vacuité affolante. De plus, Jeff Wadlow et les scénaristes Sean Albertson, Jillian Jacobs et Christopher Roach n'éprouvant apparemment aucune espèce d'empathie pour leurs protagonistes, le spectateur se fichera royalement de leur sort, qu'il meurent ou qu'ils survivent à cette île de malheur. Quant au spectateur, il devra se faire une raison : Nightmare Island n'étant ni drôle, ni effrayant, et encore moins fidèle à l'original, ça n'est pas encore cette année que nous aurons droit à une honorable adaptation de l'une des séries cultes de notre enfance... Aïe ! Aïe ! Aïe !

vendredi 2 novembre 2018

Slither de James Gunn (2006) - ★★★★★★★☆☆☆



Demeurant indifférente aux avances de son époux, le riche homme d'affaires Grant Grant, la belle Staria le voit lui échapper une nuit, partit se consoler dans un bar où il croise le regard d'une ancienne connaissance prénommée Brenda au bras de laquelle Grant se dirige dans un bois. Là-bas, et alors qu'il se refuse finalement à la jeune femme par amour pour Starla, il tombe nez à nez avec une étrange forme gélatineuse qui s'est extraite quelques instants auparavant d'une météorite tombée du ciel. De l'organisme extraterrestre surgit tout à coup un dard qui pénètre aussitôt l'organisme de Grant, lequel est dès lors victime d'une curieuse et monstrueuse mutation. En enlevant Brenda et en l'infectant à son tour, l'époux de Starla se prépare à l'invasion de milliers de limaces qui vont chacune à leur tour, tenter de prendre possession des habitants de Wheelsy en prenant place dans leur cerveau. Seuls Starla et le shérif Bill pardy que Grant soupçonne être l'amant de son épouse s'opposeront à la menace grandissante...

Alors qu'une controverse est née à la sortie du film après que de nombreux fans du Night of the Creeps de Fred Dekker sortit vingt ans auparavant aient relevé des similitudes avec le long-métrage de James Gunn, Slither entretient en réalité des rapports avec d'autres œuvres signées bien avant que l'ancien collaborateur de Lloyd Kaufman (le co-fondateur de Troma avec lequel Gunn réalisa Tromeo and Juliet) ne fasse sa route en solo. Slither est donc le premier long-métrage que James Gunn a entièrement écrit et réalisé seul. Une excellente petite série B qui se permet de piller quelques références notables, aspect de l’œuvre que l'on pardonnera au cinéaste au vu du résultat relativement satisfaisant. Du film de Fred Dekker titré chez nous Extra Sangsues, il s'inspire des zombies et des sangsues, mais pioche également quelques idées chez l'immense David Cronenberg, et notamment ses monstrueuses créatures de Shivers (Frissons en 1975), ainsi qu'au délirant Society que réalisa Brian Yuzna en 1989, et même au Blob de Chuck Russel (1988).

Mêlant comédie et horreur, Slither ne réinvente sans doute pas grand chose mais offre un spectacle suffisamment réjouissant pour qu'on lui pardonne ces quelques emprunts pas vraiment fortuits. Les amateurs de gore profiteront de quelques effets particulièrement réussis, tel un corps coupé en deux dans le sens de la longueur, un Michael « Henry Lee Lucas » Rooker dans un costume en latex qui lui fit endurer un tournage arrassant, une jolie explosion de tête, ou encore plusieurs maquillages prosthétiques et mécaniques assez spectaculaires orchestrés par les spécialistes des effets-spéciaux Dan Rebert, Todd Masters et l'entreprise spécialisée dans la création d'effets-spéciaux, Mastersfx. Le résultat à l'écran est un hommage poussé et volontaire de la part de James Gunn pour le cinéma horrifique des années quatre-vingt renvoyant à tout un pan du genre. Le récit se complaît à traîner ses personnages dans une mare sanglante et gluante et permet à son auteur de prouver qu'il est capable de rendre hommage au genre horrifique sans avoir pour cela recours aux dernières méthodes en matière d'effets-spéciaux numériques. Un film voué à devenir culte, si cela n'est déjà pas le cas...

dimanche 21 octobre 2018

Cycle Stephen King : The Dark Half de George A. Romero (1993) - ★★★★★★☆☆☆☆



The Dark Half et le long-métrage qui en découle sont des cas bien à part dans l’œuvre de l'écrivain américain Stephen King. Pour la simple et bonne raison que leur existence est la conséquence d'une légende entourant le nom de Richard Bachman. La vérité sur l'identité de l'auteur de Rage, The Long Walk, Thinner ou encore The Regulators ayant été dévoilée en 1985, c'est sur ce postulat que Stephen King se lança dans l'écriture d'un roman d'épouvante tournant autour d'un auteur de romans très violents sous le pseudo de George Stark. Pseudonyme sous lequel se cache en réalité l'écrivain Thad Beaumont dont les œuvres qu'il écrit sous son véritable nom sont en revanche beaucoup plus sérieux et nuancés. Le roman sort en 1989 et le film quatre ans plus tard. Dix ans tout rond après Creepshow, c'est la seconde fois que l'écrivain et le cinéaste George Romero collaborent sur un même projet cinématographique. Cette fois-ci, c'est le réalisateur lui-même qui s'occupe de l'écriture du scénario à partir du roman de l'écrivain. A l'origine, The Dark Half est un excellent bouquin, particulièrement prenant et anxiogène.
Le cinéaste en fait une adaptation bien moins convaincante même si la première demi-heure s'avère plutôt efficace. Au regard de quelque longs-métrages sans âmes ayant été peu inspirés par les écrits de Stephen King, on ne jettera cependant pas la pierre à un George Romero beaucoup plus à l'aise lorsqu'il s'agit de réveiller les morts et de leur ordonner de conquérir notre planète.

Ici, le mystère entourant le personnage de George Stark ne fait pas le poids très longtemps puisque George Romero n'attend pas la fin pour nous apprendre que le bonhomme, d'une certaine manière, existe réellement, alors même que jusqu'à ce que l'on découvre son visage, nous pouvions encore envisager que l'écrivain Thad Beaumont était tout simplement victime du frère jumeau parasite décelé lors d'une intervention chirurgicale du cerveau particulièrement dérangeante. Oeuvre schizophrène s'il en est, The Dark Half oscille entre enquête policière et fantastique. Dans le rôle du flic de service, l'acteur Michael Rooker qui sept ans auparavant allait marquer nombre de spectateur avec son incroyable interprétation du véritable tueur en série Henry Lee Lucas dans le traumatisant (mouais, pas tant que ça en fait) Henry : Portrait of a Serial Killer...

The Dark Half pèche quelque peu par sa trop longue durée. Deux heures alors qu'une heure-trente aurait sans doute suffit, le film de George Romero n'est cependant pas dénué de qualités. Malgré une image un peu trop léchée, quelques meurtres sanglants perpétrés à l'aide d'un rasoir à main à la lame particulièrement tranchante satisferont sans doute les amateurs d'hémoglobine. Plutôt pas mal joué, George Romero profite de l'occasion qui lui est donnée pour intégrer parmi les principaux interprètes du film, deux actrices cultes du cinéma d'horreur et d'épouvante en les personnes de Rutania Alda, qui fut Dolores Montelli dans le meilleur épisode de la saga Amityville (le deux, je précise), ainsi que l'actrice Julie Harris, l'héroïne du chef-d’œuvre de Robert Wise, The Hanting. Il était fort logique que George Romero s'intéresse au sujet du livre (la déliquescence de l'alter ego maléfique de Thad Beaumont le rapprochant sensiblement des zombies de l'auteur de Dawn of the Dead) même s'il semble que le choix de The Dark Half ne soit dû qu'au hasard puisque jusqu'à ce jour où lui fut confiée la réalisation de son adaptation, le cinéaste s'était vu refuser plusieurs autres scripts.
On notera les saisissantes séquences lors desquelles des milliers de passereaux furent utilisés, et auxquels furent ajoutés des milliers d'autres numériquement, et le final particulièrement gore durant lequel George Stark se fait littéralement dévorer le visage par des dizaines d'oiseaux. Malgré ses nombreuses nominations, The Dark Half fut un échec commercial et ne rapportera que deux tiers du financement initial...

lundi 12 mars 2018

The Belko Experiment de Greg McLean (2016) - ★★★★★★★☆☆☆



J'adoooore le cinéma de l'australien Greg Mc Lean. Des quelques projections auxquelles j'ai pu assister, une seule m'a déçu jusqu'à maintenant. Qu'il s'agisse d'agression animalière (Rogue), de serial killer/survival inspiré d'un fait divers authentique (Wolf Creek), ou de paranormal et de fantastique (le décevant The Darkness), le cinéaste propose à chaque fois, un spectacle différent. C'est également le cas avec The Belko Experiment qu'il a réalisé en 2016. C'est la seconde fois que Greg Mc Lean quitte son pays natal pour livrer une œuvre 100% américaine. Il situe son intrigue à Bogotá, en Colombie. C'est là-bas que sont installés les locaux de l'entreprise Belko dont les employés, au fond, ne savent pas vraiment la raison pour laquelle ils y ont été embauchés. Tous ont en revanche un point en commun. Ils portent tous à l'arrière du crâne un traceur censé les protéger des risques d'enlèvement qui polluent la planète.

Ce matin là, quatre-vingt d'entre seulement vont intégrer leur bureau. Les autres seront renvoyés chez eux. La raison ? Ces dizaines d'hommes et de femmes, d'âge, d'origine et de confession religieuse différentes vont être les cobayes d'une expérience pour le moins extra-ordinaire. Dans l'incapacité de fuir l'immeuble recouvert de plaques fondues dans un métal ultra résistant, ces quatre-vingt individus, dont font partie Mike Mitch, Leandra Florez, Wendell Dukes, et leur directeur général Barry Norris vont tous être l'objet d'un ultimatum lancé par une voix diffusée par des hauts-parleurs installés un peu partout dans le bâtiment.

Mike, Leandra et les autres ont exactement deux heures, cent-vingt minutes, pour choisir parmi les quatre-vingt employés, les trente qui devront mourir. Si passé ce délai, la demande n'a pas été remplie, ce ne sont plus trente personnes qui seront tuées mais le double. Afin de convaincre tout le monde qu'il ne s'agit pas d'une mauvaise blague, quatre d'entre eux sont tués. Mais alors que les soixante-dix sept autre employés de Belko sont persuadés qu'ils ont été abattus une balle en pleine tête par un tireur à l’affût, l'un d'eux réalise que leur crâne a explosé de l'intérieur. En fait de traceur, on leur a implanté une micro-bombe déclenchable à distance. Devant le danger, le comportement d'une partie des employés devient alors incontrôlable...

The Belko Experiment demeure d'un point de vue scénaristique, d'une simplicité exemplaire. Le twist final lui-même ne permettra pas de réévaluer à la hausse ce récit des plus basique déjà rencontré ailleurs et voulant qu'un groupe d'individus se décime pour une question de survie. Il va donc falloir à Greg Mc Lean jouer sur un autre tableau s'il veut que son œuvre ne tombe pas dans une platitude absolue. Mêlant thriller, action, et horreur, The Belko Experiment n'est pratiquement qu'une succession de meurtres dont certains se révèlent d'une très grande sauvagerie. Armes à feu, couteaux, hachoirs, clavier d'ordinateur (!!!), etc... tout est bon pour mettre la main sur une arme contondante. Qui pour faire le plus de victimes, qui pour se protéger des attaques d'un minuscule groupe formé de plusieurs dirigeants. D'où une certaine critique acerbe de la société et une vision outrée du management. Apparemment, Greg Mc Lean s'éclate, et le spectateur avec lui. Bien que parfois très sanglant, il n'est pas rare que l'on se mette à rire involontairement devant l’invraisemblance du propos. La violence et la décadence nées de la peur de mourir y sont tellement démultipliées que le spectateur ne peut faire autrement que rire devant un tel étalage de barbarie.

The Belko Experiment étale sur grand écran toutes les formes de comportement et les prises de positions disponibles dans ce genre d'événement. Du tueur involontaire qui ne pense qu'à sa propre survie, jusqu'au pervers qui trouve dans le meurtre une source d'inspiration éternelle (John C. McGinley et Tony Goldwyn, totalement givrés dans les rôles de Wendell Dukes et de Barry Norris), en passant par quelques rares cas d'individus conservant leur humanité face au choix cornélien qui suppose de prendre trente de ses collègues et amis pour les sacrifier. Tout le monde en prend pour son grade: Musulmane, black, jeunes, vieux, héros et anti-héros. Greg Mc Lean ne signe pas un film intelligent, ne donne pas dans la sobriété, mais offre à l'amateur de sensations, un spectacle rouge-sang fort réjouissant. Carrément pas le film de la décennie, ni de l'année 2016, mais une œuvre juste... bandante !

jeudi 14 septembre 2017

À l'Aube du 6e Jour de Roger Spottiswoode (2000) - ★★★★★★☆☆☆☆



Le clonage humain est depuis longtemps la matière à diverses entreprises. Si en 2008, la firme californienne Stemagen réussit à cloner deux individus sur cinq sujets, la destruction des embryons ne laisse jusqu'à ce jour, pas entrevoir une quelconque évolution en matière de science et de législation, la pratique étant absolument interdite. C'est pourtant dans ce registre que bon nombre de romanciers et de cinéastes ont puisé leur inspiration. Un fantasme sur lequel même certains des plus illustres farfelus se sont empressés de mettre la main. C'est ainsi que le jeudi 26 décembre 2002, la scientifique (et mythomane) française Brigitte Boisselier, protégée du fondateur et chef du mouvement raëlien, Raël, affirmait la mise au monde d'un bébé obtenu par clonage. Un événement qui fit beaucoup parler de lui mais qui ne fut jamais prouvé. Le cinéma ne s'étant jamais fait l'écho de ce mensonge éhonté, certains ont pourtant évoqué le sujet. Steven Spielberg l'investissant à travers le clonage des dinosaures, ou comme ici, le cinéaste britanico-canadien Roger Spottiswoode
avec À l'Aube du 6e Jour. À l'époque, l'acteur américain d'origine autrichienne Arnold Schwarzenegger a beau être l'une des plus grandes stars du cinéma aux États-Unis, on sent bien que le film ne sera pas d'une finesse exemplaire. Bien que le scénario écrit à quatre mains par Cormac et Marianne Wibberley ne soit pas des plus désagréable, À l'Aube du 6e Jour est avant un film d'action dans un contexte d'anticipation.
Les auteurs du scénario imaginent donc un futur dans lequel la technologie à pris une place considérable dans le quotidien des habitants des grandes métropoles. Un atout majeur dont savent profiter bon nombre de concitoyens, dont Adam Gibson qui vit avec son épouse Natalie, leur fille Clara, ainsi que leur chien Oliver. Alors que le clonage humain demeure interdit, celui pratiqué sur les animaux reste quant à lui, tout à fait légal. La société Re-pet se charge en effet de cloner des animaux de compagnie en préservant l'intégrité des données mémorielles de l'animal concerné. C'est ainsi qu'Adam en fera les frais à ses dépends.

Le jour même de son anniversaire, alors qu'il s'apprête à transporter des skieurs à bord d'un hélicoptère, Natalie lui téléphone pour lui annoncer que Oliver est mort. Forcé de se rendre dans les locaux de Re-pet, Adam étudie la possibilité de faire cloner Oliver malgré les contraintes morales que cela lui impose. Sachant que les siens préparent pour le soir-même une fête en son honneur et que son meilleur ami et collège Hank Morgan a accepté de le remplacer au pied lever pour un transport de la plus haute importance, Adam décide cependant de ne pas faire cloner Oliver et retourne à la maison avec entre les mains, un cadeau pour Clara. Mais alors qu'il arrive chez lui, il constate que leur chien est bien vivant. Pire, il entend à l'intérieur son épouse, sa fille et leurs invités entonner un chant d'anniversaire. Passant le visage devant la fenêtre du salon, Adam constate avec effroi qu'un clone a pris sa place. Dès lors, il est traqué par les hommes de Michael Drucker, PDG d'une entreprise spécialisée dans le clonage. Adam est maintenant un fugitif. Mais en cours de route, il apprend que plusieurs personnalités ne sont en fait que des clones. L'existence même de deux Adam Gibson risque de mettre en péril l'existence de l'industriel Michael Drucker ainsi que celle de ses collaborateurs. Adam doit donc mourir. Mais ce dernier fera tout pour rester en vie et surtout protéger les siens des hommes de mains de Michael Drucker...

À l'Aube du 6e Jour de Roger Spottiswoode n'est clairement pas le meilleur film de son auteur, mais vu la manière dont le cinéaste a décidé d'aborder le problème, le film s'en sort malgré tout avec les honneurs. Arnold Schwarzenegger est dans son élément et fait preuve d'une belle énergie dans sa tentative de découvrir la vérité sur les expériences menées par l'industriel. Si certains effets-spéciaux ont bien mal vieilli, on se réjouit d'un spectacle qui pour une fois ne surcharge pas l’œuvre en matière d'effets numériques. Les véritables amateurs de science-fiction et de technologie remarqueront cependant, et ce malgré les évidentes qualités des interprètes et de la mise en scène, qu'un tel sujet, pour atteindre les cimes du genre, ne pouvait être confié qu'à de grands, très grands spécialistes dans le domaine. Ici, c'est du pur spectacle, sans presque aucun véritable réflexion en la matière. Un petit blockbuster des familles qui réjouira un public peu aguerri à la question du clonage et peu habitué à la hard science-fiction. Une honnête série B.
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