vendredi 12 octobre 2018

Cycle Stephen King : Children of the Corn de Fritz Kiersch (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Lorsque sort sur les écrans américains Children of the Corn (dont la traduction française, Les Démons du Maïs, laisse dès le départ envisager son accointance avec le domaine du fantastique), plusieurs cinéastes se sont déjà penchés sur l’œuvre de l'écrivain Stephen King. Brian de Palma avec Carrie, Stanley Kubrick avec Shining (version que Stephen King reniera quelque peu avant de participer bien plus tard à l'élaboration d'une mini-série relativement médiocre s'inspirant de son ouvrage éponyme), Lewis Teague avec Cujo, ou encore John Carpenter avec Christine et David Cronenberg avec The Dead Zone, deux des meilleures adaptations de ses romans. Le petit écran lui aussi commence à s'intéresser aux ouvrages de l'écrivain puisque dès 1979, le cinéaste Tobe Hooper y fait une incartade avec le téléfilm-fleuve Salem's Lot. Children of the Corn est l'adaptation de la nouvelle éponyme éditée avec d'autres écrits dans le recueil de nouvelles Night Shift (connu chez nous sous le titre Danse Macabre).
Comme aurait dû avant tout le signifier ce film réalisé par le cinéaste américain Fritz Kiersch dont il s'agissait de la première réalisation avant que le titre français ne nous en apprenne un peu trop sur son contenu dès l'entame, Children of the Corn n'est donc pas qu'un drame. Ce film aux allures de téléfilm qui fut interdit chez nous aux moins de 16 ans lors de sa sortie en salle oppose un couple de passage dans le Nebraska, qui à force de tourner en rond, accepte de s'arrêter dans la petite ville fictive de Gatlin. En chemin, Burton et son épouse Vicky ont renversé un adolescent qui se trouvait au beau milieu de la route. En examinant le cadavre, Burton comprend que le jeune garçon n'est pas mort des blessures causées par l'accident mais que quelqu'un lui a tranché la gorge.

Entourée de champs de maïs, Gatlin est une petite communauté assez étrange. Il semble qu'il n'y ait pas âme qui vive. Du moins n'y vivent aucun adulte, les enfants ayant pris le pouvoir trois ans plus tôt après avoir tué leurs parents. Dominés par le charismatique Isaac, chaque enfant a abandonné le prénom que lui a donné ses parents pour un autre, biblique. L'autorité d'Isaac est pourtant malmenée par le plus zélé des adolescents. En effet, malachai s'oppose de plus en plus à leur chef qui lui intime pourtant l'ordre de lui obéir à défaut de quoi, tout ceux qui se mettront en travers de sa route seront punis par le démon du maïs. Une créature diabolique qui ordonne que lui soient sacrifiés ceux qui atteignent la majorité...

La thématique de l'enfant diabolique a toujours été un sujet passablement dérangeant. Alors, lorsque déboule cette adaptation d'une nouvelle de l'écrivain d'épouvante Stephen King, avec ses dizaines de gamins totalement voués à la cause d'un gourou lui-même sous l'emprise d'un démon, on pouvait s'attendre au pire. Mais le pire, viendra d'ailleurs... parce que, qu'on le veuille ou non, Stephen King ou pas, Children of the Corn ne fait pas partie du haut du panier en matière d'adaptation. Si l'écrivain a connu des traitements bien pires que celui-ci (en adaptant par exemple lui-même sa propre nouvelle Trucks pour un résultat navrant sous le titre Maximum Overdrive), il en a également connu de bien meilleurs. En fait, le film de Fritz Kiersch souffre surtout de la comparaison avec Les Révoltés de l'an 2000 du cinéaste urugayen Narciso Ibáñez Serrador, considéré objectivement comme un classique de l'anticipation réalisé six ans auparavant. Children of the Corn manque terriblement de profondeur et n'est qu'une succession de courses-poursuites à pied dans une ville désertée entre un couple d'adultes formé par le duo Peter Horton (dont la carrière au cinéma sera relativement courte) et Linda Hamilton, la Sarah Connor de Terminator. Tout juste certains jeunes interprètes marquent par leur physique inhabituel (John Franklin) ou par la rage qu'ils développent pour leur personnage (Courtney Gains), ainsi que quelques scènes qui pour l'époque se révélaient relativement rares (le meurtre des parents ou ceux d'enfants). Pour un téléfilm, le fond et la forme passeraient aisément. Mais pour un long-métrage ayant connu une sortie cinéma, le résultat demeure léger. A noter que Children of the Corn a tout de même remporté le prix du meilleur film fantastique au Festival international du film fantastique de Bruxelles en 1984 et a depuis connu plusieurs suites puisque jusqu'à maintenant, la saga compte neuf volets dont le dernier Children of the Corn: Runaway date de 2018...

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