jeudi 3 mai 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (12)

Alors que la France connaît une grève générale d'ampleur nationale, Marc Roux, cadre ambitieux d'une entreprise et Vincent Disse (notez le jeu de mots foireux !), individu insaisissable, décident de faire route ensemble vers l'Italie, et plus précisément vers la ville de Rome où doit avoir lieu la signature d'un contrat très important pour la carrière à venir du premier. C'est donc sur le mode du covoiturage, très à la mode depuis quelques années que démarrent les aventures de ce duo antinomique formé par les acteurs français Patrick Timsit et Charles Berling. Une variation sur L'Emmerdeur d'Edouard Molinaro relativement pauvre en terme d'écriture et d'interprétation, ou sur celui du Boulet d'Alain Berbérian. Patrick Timsit qui s'était déjà intéressé au sujet à travers le personnage de François Pignon créé et mis en scène par l'auteur du scénario original Francis Veber dans le remake daté de 2008 campe cette fois-ci le rôle du partenaire agacé par la présence d'un individu ne partageant que très modestement ses différents points de vue.
Charles Berling est donc cet être difficile à cerner. Qui semble se ficher d'à peu près tout ce qui préoccupe principalement le héros incarné par Patrick Timsit. S'ensuit donc une série de séquences qui auraient normalement dû générer le rire mais qui au final parvient tout juste péniblement à retenir l'attention des spectateurs. Comédie en forme de Road-movie campagnard, Par suite d'un arrêt de travail... est plus triste que réellement amusant. On attend de pouvoir autant s'amuser que les acteurs, jouant aux cabotins l'un envers l'autre, mais l'une des principales faiblesses du récit demeure dans cette triste impression que l'on a que les deux interprètes jouent pour eux sans penser que derrière, des spectateurs attendent sans doute d'être emmenés dans leurs péripéties. A vrai dire, le film de l'écrivain et réalisateur français Frédéric Andréi (son second après Paris, Minuit en 1986) ne fait qu'emprunter la même voie que des longs-métrages tels que Trafic d'Influence de Dominique Farrugia (1998) et Fallait pas ! (1996) de (et avec) Gérard Jugnot, avec, cependant, beaucoup moins de bonheur même si, déjà, ces deux exemples n'avaient rien de remarquable.
Au final, et comme dans la généralité des cas abordés par ce type de comédies, Par suite d'un arrêt de travail... repose avant tout sur l'antagonisme de ses deux principaux personnages. Manquant cruellement de profondeur et de gags réellement drôles, le film se regarde sans véritable déplaisir même s'il ne laissera pas de souvenirs impérissables...

La Horde est l’œuvre d'un binôme de cinéastes formé par Yannick Dahan et Benjamin Rocher. Si le premier n'a réalisé que cette collaboration en matière de long-métrage cinéma, le second, lui, après cette première tentative en 2009, persévérera quatre ans plus tard sur un sujet similaire mais beaucoup plus original (en réalisant le premier segment du diptyque Goal of the Dead dont la seconde partie à été confiée à Thierry Poiraud). Pour un premier film, nous ne nous appesantirons pas sur son flagrant manque d'originalité. Car oui, le film, comme beaucoup d'autres avant lui, emprunte une foule d'idées à plusieurs films de genre. Le [rec] des espagnols Paco Plaza et Jaume Balagueró, le français Banlieue 13 de Pierre Morel, ou encore le plus lointain The Raid de Gareth Evans.
Amateurs de finesse, la porte de sortie se situe sur votre droite. La Horde est bourrin, vulgaire, et ne s'adressera qu'aux amateurs de gore, d'action effrénée et de scénarios bas du front. A tel point qu'une partie du public aura presque le reflex d'abandonner les personnages à mi-course vue la pauvreté de l'ensemble. Pourtant, je ne sais par quel fruit du hasard, le film parvient à augmenter sa vitesse d'un cran au dessus et offre une dernière demi-heure dont le principal argument est de déployer une armada de scènes d'horreurs, agrémentant même la chose d'un nouveau personnages particulièrement gratiné.Accompagnant un trio principal de personnages interprétés par Claude Perron, Jean-Pierre Martins et Eriq Ebouaney, l'acteur Yves Pignot, celui-là même qui joua sur les planches du Feydaux, du Guitry ou encore du Marivaux ou joua dans de nombreux films pour le cinéma et la télévision incarne ici le personnage de René, un bon gros raciste, pantagruélique, marqué par la guerre, et surtout grand amateur de haches puisqu'il s'agit de son arme de prédilection. On pourrait presque l'imaginer sous le masque de Leatherface mais dans une version à visage découvert et ayant abandonné la tronçonneuse pour la hache ! En terme d'horreur, La Horde est tout sauf avare. Ça pisse à tous les étages d'un immeuble assiégé par une horde (celle du titre) d'infectés, et même si de très nombreuses scène frôlent le ridicule par leur incohérence, on passe finalement un très agréable moment.
Détail fort amusant que les plus attentifs auront certainement distingué lors de la mort de Greco, le gitan incarné par l'acteur Jo Prestia en mode 'infecté', le sort accordé à cet individu fort peu recommandable semble faire écho à celui auquel le personnage du Ténia échappa lors de l'éprouvante scène située dans la boite gay du traumatisant Irréversible de Gaspar Noé. Sans doute l'une des meilleures idées qu'eurent Yannick Dahan et Benjamin Rocher lors du tournage de ce petit film d'horreur à la française...

Pour finir, une devinette : quels rapports entretient True Lies du cinéaste américain James Cameron (Terminator 1&2, Abyss, Avatar) avec le film qui clôt cet article ? Quel rapport peut-il y avoir entre un film d'action interprété par l'hyper bodybuildé Arnold Schwarzenegger et une comédie essentiellement interprétée par nos acteurs locaux Thierry Lhermitte, Miou-Miou, Eddy Mitchell (savoureux comme à son habitude) et Michel Boujenah ? Et bien, le premier est le remake du second. Et oui, une fois encore, les américains nous 'piquaient' une idée de scénario pour l'adapter à leur sauce. Mais c'est sans chauvinisme aucun qu'il est bon de préciser que l’œuvre de Claude Zidi y est mille fois supérieure, et ce, grâce notamment à l'interprétation d'un quatuor d'acteurs impeccables : Miou-Miou en maîtresse de maison soignée, Thierry Lhermitte et Eddy Mitchell en faux agents des Telecom mais véritables agents secrets, et Michel Boujenah en mythomane et séducteur assez lourd.
Si l'action est présente, c'est pourtant l 'humour qui domine ici le récit. Le scénario de Didier Kaminka, Simon Michaël et Claude Zidi est aux petits oignons et fait la part belle aux répliques humoristiques dont le chanteur et acteur Eddy Mitchell semble être le principal bénéficiaire puisque ses dialogues sont parmi les plus drôles du film. La Totale mêle la comédie à un brin d'action. l'émulsion fonctionne à merveille et les interprètes semblent beaucoup s'amuser des péripéties qui les opposent à des personnages secondaires notamment interprétés par Jean Benguigui, François Hadji-Lazaro (d'abord connu pour avoir été le leader du groupe de rock français alternatif Les Garçons Bouchers), ou encore Sagamore Stévenin, le fils d'un certain...Jean-François...
Si j'osais, j'affirmerais que le film est une TOTALE réussite dans le domaine visé. On s'amuse beaucoup, et l'on attend avec ferveur chacune des interventions d'Eddy Mitchell auquel les cinéastes ont décidément pris l'habitude d'offrir des répliques cinglantes. Un bonheur que d'entendre par exemple son personnage relancer son ami et collègue François Voisin sur l'hypothétique orientation sexuelle de son fils Julien...

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