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vendredi 19 mai 2017

Seytan ou, Turkish Exorcist de Metin Erksan (1974) - ★★★★★☆☆☆☆☆



26 décembre 1973. Les États-Unis découvrent dans les salles obscures le Diable dans sa plus terrifiante des représentations. Certains critiques reconnaissent avoir été effrayés tandis que d'autres le décrivent comme une ânerie aux grotesques effets-spéciaux. Il en sera même pour qualifier le chef-d’œuvre de William Friedkin de film pornographique religieux quand d'autres lui reconnaîtront un certain réalisme. Récompensé par deux Oscars alors qu'il fut nommé à dix reprises, L'Exorciste devait fort logiquement faire des émules et influencer des cinéastes de par le monde. A commencer par son pays d'origine qui ne tarda à donner une suite en 1977 avec L'Exorciste 2 : l'Hérétique, inspirant même le cinéaste Richard Donner en 1976 qui signa un autre classique du genre avec La Malédiction.
Pourtant, s'il demeure un long-métrage ayant été totalement influencé par l’œuvre de William Friedkin, c'est bien Seitan (qui en turc signifie le Diable). Plus qu'un hommage revendiqué, il s'agit ni plus ni moins que d'un remake produit aux confins de l'Asie et de l'Europe par un certain Metin Erksan dont Seytan fut le dernier long-métrage. Tourné un an seulement après le classique dont il s'inspire, le cinéaste reprend à son compte la totalité de l'intrigue, filmant presque plan par plan des scènes entières pillées dans l’œuvre de William Friedkin.

Tout commence dans le désert où un archéologue, sosie involontaire du Jodorowski de El Topo, découvre une statue représentant un démon. Puis le film nous emmène jusqu'à Istanbul. Là, dans une belle et grande maison (mais atrocement décorée), vivent Gul et sa mère. La jeune fille, âgée de 12 ans seulement, s'est découvert un ami imaginaire avec lequel elle joue innocemment au Ouija. Alors que des bruits se font entendre au grenier et que la mère ordonne à l'un des domestiques de s'occuper des rats qu'elle soupçonne être responsables, Gul tombe malade. Un mal incurable, que les symptômes laissent les médecins perplexes. Ces derniers, lors de véritables séances de tortures, vont se concerter et décider que la jeune fille est victime de graves troubles mentaux. Ce que semblent contredire certains événements. Car en effet, le lit de Regan... pardon, Gul, se soulève seul, et la jeune fille commence à porter les premiers stigmates d'une possession que la médecine ne parviendra pas à guérir.
C'est ainsi que rentre en jeu non pas un prêtre, mais un écrivain. Tugrul Bilge est l'auteur d'un ouvrage sur la question du Diable et de ses différentes manifestations. Un livre que la mère de Gul découvrira dans le grenier de la maison sans que la signification quant à sa présence en ces murs ne nous soit justifiée. Incapable de mener le combat seul face à cette représentation juvénile du Diable, l'écrivain est soutenu par l'exorciste qui donne son titre au film original. Un prêtre musulman remplaçant le chrétien originel. Après une longue, très longue, trop longue séance d'exorcisme, le film de Metin Erksan se clôt comme celui de William Friedkin, l'écrivain venant s'écraser au pied d'un immense (ouais, heu...) escalier, la tête retournée à 180 degrés.

Bien qu'il s'agisse d'un véritable remake, Seytan ne vous fera pas peur. Jamais il ne provoque le moindre sentiment de malaise ni le plus petit frisson. Au contraire, c'est une franche rigolade qui s'exprime le plus souvent. Entre les séances d’électrochocs remplaçant les fameuses (et traumatisantes) scènes d'examens médicaux et la tentative désespérée du cinéaste turc pour nous immerger dans l'ambiance terrifiante d'une chambre de petite fille transformée en antre du Diable, l'oeuvre montre rapidement ses limites budgétaires. Les effets-spéciaux sont médiocres (le vomi granuleux est à l'image du reste, totalement foiré), l'exorcisme ne possède pas une once du charisme de l'extraordinaire Max von Sydow et quant aux scènes plagiées, aucune n'arrive à la hauteur de celles que tourna l'année précédente le cinéaste américain. Metin Erksan « oublie » certains détails importants comme le message de Regan à l'intention de l'un des invités de sa mère. La jeune Gul urine très discrètement devant la caméra turque (c'est qu'il ne faut point trop choquer le futur public), mais omet de prévenir l'un des convives de sa mort prochaine. A part les coupures au visage et quelques lévitations plutôt bien senties, quelques effets-spéciaux font vraiment peine à voir. A l'image des meubles censés traverser la chambre de la jeune fille mais qui font peine à voir. On devine derrière leur douloureuse traversée, des machinistes tirant sur des câbles. Pathétique. On retiendra également l'utilisation éhontée de la bande originale composée par le multi-instrumentiste Mike Oldfield dont Metin Erksan reprend le célèbre thème Tubular Bells. Bien que pétrit de défauts, Seytan demeure un vrai bon nanar dans le registre des remakes turcs...

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